‹ Traité de moraleChapitre 94 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE.- DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.- DE LA VERTU

VI. Dieu n'ajiit jamais s.iiis raison, et il n'a (|ue doux raisons {ijV'niTalcs qui lo (li'iorminent ;i agir : l'Ordre ([ui est sa loi inviolable, et les lois j-énérales qu'il a établies et qu'il suit constauiment, afin (jue sa conduite porte le caractère de ses attributs. Ainsi, comme il n'arrive rien dans les créatures, (|ue Dieu ne le fasse en elles, et qu'à l'égard des pécheurs l'Ordre immuable de la justice n'exige pas que Dieu leur fasse aucun bien; le pécheur ne peut rien obtenir et surtout la grâce, qu'il n'ait recours à la cause occasionnelle qm détermine la cause véritable à la communiquer aux hommes. C'est donc une espèce de nécessité de savoir distinctement quelle est précisément celte cause occasionnelle, alin de s'en approcher avec confiance, et obtenir les secours sans lesijuels j'ai fait voir qu'il n'est pas possible de prendre seulement la résolution de sacrifier à la loi de Dieu sa passion dominante.

VII. Lors([u'un malade craint la mort, qu'il est pleinement convaincu ([u'il n'y a (ju'un certain fruit capable de lui rendre la santé, sa crainte suffit, alin qu'il fasse quelque effort ' pour en recouvrer. Le premier homme n'était immortel, que parce qu'il savait que le fruit de l'arbre de la vie conservait la vigueur et donnait l'immprtalité, et qu'il était en son pouvoir de s'en nourrir. Ainsi lorsqu'on craint l'enfer, et qu'on sait distinctement que Jésus-Christ est l'arbre de vie, dont le fruit donne l'immortalité : ou pour parler clairement et sans équivoque aux Philosophes, lorsqu'on sait que Jésus -Christ est la cause occasionnelle de la Grâce, la crainte actuelle de la mort éternelle suffit pour l'invoquer, afin qu'il forme par rapport à nous quelques désirs qui déterminent Dieu comme cause véritable à nous délivrer de nos maux.

VIII. Or, encore un coup, car on ne peut trop imprimer cette vérité dans les esprits, Jésus-Christ, comme homme, est seul la cause occasionnelle de la Grâce ; et il est plus certain et plus sûr que ses désirs ou ses prières influent l'esprit qui nous vivifie, qu'il n'est sûr que le Soleil répandra demain la lumière, et le feu la chaleur et le mouvement. Le feu a respecté - le corps des Martyrs : le Soleil s'éclip.se souvent, et la nuit il nous laisse dans les ténèbres. "Mais Jésus-Christ n'a jamais prié en vain. Car, si Jésus-Christ, avant que de consommer son sacri-

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