‹ Traité de moraleChapitre 96 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. - DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. - DE LA VERTU

de recevoir par le Sacronu'nl de périileiu-e l'absolution de ses péchés et la charité justillante, que les pécheurs reçoivent par ce Sacrement, lors(iii"ils s'en approciienl par le mouvement qu'inspire le Saint-Esprit, quoi(iu"il n'habite pas encore eniaix. Voici la preuve de ce que j'avance.

X. Jésus-Christ après sa résurrection, apparut à .ses Apôtres, et l(îur dit : La paix soit avec vous; comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie aussi de même : et ayant dit ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront pardonnes à ceux à qui vous les pardonnerez *, etc. D'où il est clair premièremeni, que les Apôtres, et les Prêtres par conséquent, ont le pouvoir de remettre les péchés : et cela ne peut guère se contester; en second lieu, que ce Sacrement, et même tous ceux de la nouvelle alliance, pour d'autres raisons que celles que je donne présentement, confèrent la charité justifiante ou l'amour habituel et dominant de l'Ordre immuable.

Comme - Dieu ne juge point d'une âme sur ce qu'il connaît en elle de passager et d'actuel, mais sur ses dispositions stables et sur ses habitudes permanentes ^, donc ^ l'amour actuel de l'ordre ne justifie pas, mais l'amour habituel : car Dieu qui aime l'ordre invinciblement = ne peut pas aimer un cœur déréglé, un cœur plus disposé au mal qu'au bien. Or le Prêtre a le pouvoir de remettre les péchés. Donc il a celui de rendre le pécheur agréable à Dieu. Son absolution change doncl'acteen habitude, en disposition permanente. Car enfin le Prêtre ne peut pas juger de l'état du pénitent, mais seulement de sa résolution actuelle, il ne peut juger du pénitent que par « la déclaration que le pénitent lui fait : et le pénitent lui-même ne peut savoir si l'amour qu'il a pour l'ordre est habituel ou non. Car on ne peut juger de soi que par le sentiment intérieur qu'on en a, et ce sentiment ne représente que les actes qu'on sent actuellement, et nullement les habitudes, si elles ne sont excitées. Ainsi le Prêtre ayant le pouvoir d'absoudre, et ne pouvant former son jugement que sur les dispositions connues du Pénitent, il faut de nécessité que l'absolution change l'acte en habitude puis-

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