‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 116 sur 125 · NOTF, SUR LE SYSTEME CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

NOTF, SUR LE SYSTEME CAPILLAIRE

ordre, subdivision des précédents, n’ont pas de parois perceptibles, et là le sang a paru à M. Dubois ( d’Amiens) véritablement ruisseler à travers la matière animale. Les courants de ce dernier ordre sont limités par deux lignes ombrées , parallèles à ces courants.

Les capillaires du calibre le plus considérable peuvent être distingués en artériels et en veineux. Ceux du second ordre, simples canaux sans parois, ne livrent passage qu’à un seul globule de front, constituent un réseau intermédiaire entre les capillaires artériels et veineux du premier ordre, dans lequel on n’observe plus les distributions denelitriques des capillaires proprement dits, et ne peuvent pas être, comme ceux-ci, nettement distingués en artériels et en veineux. Les îles de matière animale, où se répandent les canaux du second ordre, forment, en général, des espaces irrégulièrement quadrilatères d’une étendue variable.

Le calibre des capillaires du premier ordre permet à plusieurs globules d’y circuler de front, lesquels colorent leur trajet, et sont enveloppés à leur périphérie par une couche de sérum. Ces capillaires communiquant parfois directement entre eux, on a pu fort judicieusement les comparer à un système à' aqueducs établi dans la trame de quelques parties. Leur forme est cylindrique, et ils vont en s’amoindrissant, les artériels, à mesure qu’ils’en détache de nouvelles branches-; les veineux, à mesure que des radicules s’y adjoignent. Les capillaires du second ordre, courants sans parois, conservent toujours sensiblement le même volume , malgré la multitude de leurs anastomoses, par la raison que celles-ci ne résultent pas d’adjonctions ou de distributions, mais bien de simples communications. Ils peuvent être considérés comme un véritable système réticulé d 'irrigations, dans lequel les capillaires artériels représentent des tubes d’ importation pour cette espèce de sol a vivifier, et les capillaires veineux des tubes à! exportation. Quant aux îles de substance animale, circonscrites par ces mêmes courants, on ignore comment elles y puisent leurs cléments de réparation , de sécrétion , etc. , et la nature de cette substance nous échappe à peu près complètement.

B. Lorsqu’on examine attentivement la marche du sang dans les capillaires, dit M. Dubois (d’Amiens), on voit qu’à l’état

NOTES

normal ses courants ne sont en aucune manière précipités ou ralentis par un mouvement quelconque dû aux parois des capillaires ou à la substance animale quand il n’y a plus de parois. Dans les capillaires pourvus de parois , les globules courent de front et comme par fusées continues avec tant de précipitation qu’on ne voit plus ces globules qu’en masse , et sans que ces capillaires offrent de pulsations. Dans les courants capillaires privés de parois , le mouvement du sang paraît encore se faire avec une excessive rapidité, les globules isolés se précipitant les uns à la suite des autres , sans que la matière animale qui les limite soit le siège du moindre mouvement. La direction du courant sanguin n’est pas toujours la même dans les canaux de ce dernier ordre , comme elle l’est dans les canaux du premier (capillaires pourvus de parois). M. Dubois (d’Amiens) reconnaît avec Haller, contrairement aux assertions de quelques autres auteurs , qu’on ne peut apprécier rigoureusement la vitesse des courants capillaires. L’expérience prouve qu’elle est plus grande dans les capillaires artériels que dans les veineux , et au centre même du courant qu’à sa périphérie. Ajoutons qu outre leur mouvement de propulsion, les globules paraissent en éprouver un de rotation sur eux-mêmes. Le mouvement est favorisé par une couche de sérum intermédiaire aux globules , ainsi que Haller l’avait établi ; et dans ces derniers temps M. Poiseuille a insisté sur la présence d’une couche semblable à la paroi interne des vaisseaux , dont il a signalé l’importance dans le mécanisme de la circulation.

Les anomalies , les ralentissements , les oscillations , les saccades , les mouvements rétrogrades, les suspensions plus ou moins prolongées qu’on observe parfois dans les courants capillaires ne tiennent ni à la prétendue contraction des vaisseaux capillaires , ni à la prétendue mobilité intrinsèque ou spontanée des globules , mais aux accidents divers des résistances que le sang doit vaincre , et aux degrés variables de la force propulsive du cœur. -

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