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deux grandes séries de faits médicaux appartenant à la même catégorie. Mais ces différences ne portent que sur des conditions accessoires, et n’empêchent pas qu’on ne puisse, en procédant avec toute l’attention et les lumières convenables, calculer les éléments sur lesquels porte le pronostic médical avec une probabilité qui, nous le répétons, va quelquefois bien près de la certitude (i). On en verra des exemples dans le cours de cette Nosographie.
Si dans les maladies aiguës en général , aujourd’hui comme du temps d’Hippocrate (2) , les prédictions, soit de mort , soit de guérison , ne sont pas tout-à-fait sûres , c’est que la rigoureuse détermination de toutes les conditions de ces maladies , dans un cas donné , est parfois extrêmement difficile.
Ce serait, d’ailleurs, une grande erreur que de professer, avec certains praticiens, que le pronostic doit être le même, quelles que soient les méthodes employées contre les maladies aiguës en général ; en d’autres termes, que la durée et la mortalité de ces maladies ne changent pas sous les diverses méthodes de traitement. J’affirme, au contraire , de la manière la plus formelle, et sur la foi de plus de douze années d’une expérience comparative qui ne saurait me tromper, j’affirme, dis-je, que la diversité des méthodes et des formules thérapeutiques exerce une immense influence sur la durée et la mortalité des maladies aiguës. C est ainsi, par exemple, que la pneumonie et 1 affection dite fièvre typhoïde, traitées à temps , d’une part
( 1) « La probabilité d’un événement quelconque eonsisie, comme l’a dit le célèbre auteur du Calcul des probabilités , dans le rapport du nombre des cas favorables à celui de tous les cas possibles. C’est une fraction dont le numérateur est le nombre des cas favorables , et dont le dénominateur est le nombre de tpus les cas possibles; quand tous les cas sont favorables a un événement, sa probabilité se change en certitude , et son expression devient égale à l’unité. »
(2) In acutis morbis , a dit Hippocrate, non omnino tutœ sunt predictiones, negue mords, neque sanitatis.
XL1V PROLÉGOMÈNES
par les méthodes et les formules généralement suivies jusqu’à nous, et d’autre part par la méthode que nous avons formulée , feront périr dans le premier cas le tiers au moins des malades et auront une durée moyenne de trois à quatre septénaires au moins chez les malades guéris (i) , tandis que, dans le second cas. elles ne feront pas périr un malade sur vingt, et n’auront qu’une durée moyenne d’un septénaire environ. Par cela même que la diversité du traitement contribue si puissamment à faire varier la durée et la mortalité des maladies aiguës (2), il est clair que pour obtenir les succès dont il vient d’étre mention, il importe que le traitement auquel sont dus de tels succès soit ponctuellement exécuté. J’ai vu quelques cas où le défaut de cette dernière condition a été funeste aux malades.
Pour de plus amples détails sur le grave sujet qui vient de nous occuper, je renvoie le lecteur à 1 Essai sur la philosophie médicale , et à la Clinique médicale de 1 hôpital de la Charité.