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DES CAUSES MORBIFIQUES ET I>K LEUR MÉCANISME. dynamiques ou vitaux des agents morbifiques ou pathogéniques, paraissent subordonnés aux actions physiques et chimiques de ces agents , ainsi que nous le verrons dans le cours de celte Nosographie , et comme l’a très clairement prouvé M. Mialhe dans l’ouvrage cité tou t-à -l'heure.
Au reste, il importe de ne pas confondre l'action chimique locale de certains agents morbifiques avec l’influence qu’ils exercent sur l’ensemble de l’économie, une fois qu’ils ont été introduits, en tout ou en partie, dans le torrent circulatoire. Sous ce rapport, on peut, avec les modifications convenables, appliquer à une foule de ces agents les considérations suivantes de M. Giacomini sur les poisons corrosifs :
« Les expériences qui nous son? propres, dit cet auteur, éclairent singulièrement l'action mécanique, chimique des poisons dits corrosifs; elles prouvent jusqu’à l’évidence que l’action chimique n’est pas la seule que ces substances possèdent, et que celte action n’est pas celle qui produit les phénomènes de l’empoisonnement et la mort immédiate. Les effets chimiques sont, à circonstances égales , en raison inverse des effets dynamiques; la mort est toujours due à ces derniers. Un acide concentré quelconque, un alcali caustique, le plomb en fusion, le verre en poudre, 1 huile bouillante, le fer rouge, peuvent produire des effets mécanico chimiques pareils à ceux du sublimé, ou meme plus prononcés, et pourtant on ne peut, à la rigueur, les considérer comme des poisons. U est vrai de dire que 1 inflammation traumatique, la cautérisation à l’œsophage, a I estomac, que ces substances occasionnent comme le sublimé corrosif, 1 arsenic, le nitrate d’argent, la cantharide, etc., peuvent entraîner dans quelques cas des conséquences funestes, indépendamment de leur action dynamique; mais cela n’a pas lieu subitement comme après le véritable empoisonnement. Il y a ordinairement, dans ces circonstances, une réaction fébrile dont la marche et
LIV PROLÉGOMÈNES
la terminaison exigent un certain temps comme à la suite de certaines blessures de l'estomac. Ajoutons quel inflammation dont il s’agit est de nature maligne , car elle est accompagnée de gangrène dans l’estomac : aussi peut-elle causer la mort, mais jamais aussi rapidement que la véritable intoxication Il est certain qu’on ne peut re-
garder la mort produite par l’arsenic, le sublimé, etc. , comme celle qu’occasionnent les acides concentrés, le verre en poudre et l’huile bouillante, etc. (i). » ( Traité de mat. medic. ; trad. en Français , Paris , i 83p, p. i i 6.)
Le fond de la doctrine de M. Giacornini est à l’abri de toute objection sérieuse; mais on se tromperait fort si l’on croyait que l’action mécanico-chimigue des poisons ou autres agents morbides ne s’exerce que sur les parties où ces agents sont immédiatement appliqués. La portion de ces agents introduite dans le sang peut, à son tour, exercer une action de ce genre sur quelques uns des éléments de ce liquide vivant si compliqué, action qui n’empêcherait pas celle qu’on appelle dynamique.