DES CAUSES MORBIFIQUES ET DE LEUR MÉCANISME. LI
une grande masse d’individus, on appelle épidémiques les affections qu elles déterminent, et on réserve le nom d’e/idémiquesk celles rpii dépendent de causes particulières à telle ou telle contrée.
VIII. Lorsque les individus atteints d’une certaine affection peuvent la communiquer à d’autres individus, on dit que cette maladie est contagieuse. Dans l’un des livres de cette Nosographie , nous étudierons les divers modes de contagion.
IX. Les causes ont été divisées en locales et en générales , expressions qui emportent avec elles leur définition. Les mêmes causes peuvent être tantôt locales et tantôt générales. C'est ainsi, par exemple, qu’une seule partie du corps peut être exposée à l’action d’un air trop chaud ou trop froid, et que d’autres fois cette action peut s’exercer sur le corps tout entier, bien qu’à différents degrés pour chacune de ses parties.
Les aliments de mauvaise nature, les virus, les miasmes, les poisons, etc., introduits dans la masse du sang, sont autant de causes générales.
ARTICLE II
ni; MODE d’action ou du mécanisme des causes pathogémques.
I. On ne saurait attacher trop d'importance a la connaissance exacte et rigoureuse de l’influence des divers agents mécaniques, physiques et chimiques dans la production des maladies. Grâce aux découvertes non interrompues de la saine observation, il a été démontré qu’il fallait rapporter à cet ordre d’agents une foule de maladies qu'on avait attribuées à des causes tout-à-fait chimériques et même surnaturelles.
Mais il ne suffit pas de rapporter une foule immense de maladies à des agents physiques ou chimiques; il faut encore s’efforcer de déterminer positivement la manière
PROLÉGOMÈNES
LU
dont se comportent ces agents mis en contact avec les parties solides et liquides de notre économie. W. Edwards, dans son ouvrage intitulé : De l'influence des agents physiques>, et quelques autres observateurs modernes peuvent servir de modèle en ce genre.
Iï. Ce n’est pas afin de satisfaire une vaine curiosité que nous devons ne rien négliger pour parvenir à la connaissance des diverses modifications physiques et réactions chimiques, qui s’opèrent au sein de l’organisme sous 1 influence de certaines causes de maladies. En effet, comme on le conçoit aisément, et comme nous le développerons plus loin, cette connaissance est de la plus haute importance sous le rapport de la thérapeutique, puisque, sans elle, cette partie capitale de la médecine manquerait de toute base rationnelle , et marcherait , pour ainsi dire, en aveugle. Les chimistes les plus célèbres de l’époque actuelle , tels que MM. Dumas et Liébig, entre autres, et plusieurs de leurs nombreux disciples, parmi lesquels MM. Mialhe, Bouchardat, etc., méritent une mention spéciale, s’appliquent avec succès à nous dévoiler quelques unes des innombrables opérations chimiques dont le corps, j’ai presque dit le laboratoire vivant, est incessamment le siège. (Tout récemment, dans son Traité de l’art de formuler, M. le docteur Mialhe a présenté les considérations les plus intéressantes sur les réactions chimiques opérées au sein de nos organes sous l’influence des aliments, des médicaments ei des poisons, )
III. Mais, diront quelques uns, que nous importe la connaissance des actions physiques et chimiques des causes des maladies? Ce que nous avons besoin de savoir, c’est l’action de ces causes sur les forces vitales, sur les conditions dynamiques du corps vivant. Nous répondrons que l’une de ces connaissances n’empêche pas l’autre, et qu’il faut étudier l’action des causes sous tous les rapports. Nous ajouterons que bien souvent les effets qu’on appelle