DE TEMPS DANS LEQUEL ILS DOIVENT ETRE EMPLOYES
I. Il v a deux choses, deux données fondamentales à considérer , quand il s’agit de la formule d’une méthode thérapeutique, savoir : i° la dose des remèdes quels qu’ils soient (et j’entends ici par remède tout ce qui peut guérir une maladie, soit que cela consiste à donner, soit que cela consiste, au contraire, à retrancher); l’espace de temps dans lequel doit être administrée cette dose.
Assurément, une dose déterminée d’un remède quelconque ne produira pas exactement les mêmes effets, selon qu elle sera administrée dans l’espace de quelques heures ou dans l’espace de plusieurs jours. On peut dire que , dans des circonstances données , une médication quelconque agit en raison directe de la masse des éléments dont elle se compose et de la rapidité avec laquelle cette médication a été appliquée.
Ce principe trouve une éclatante confirmation dans les résultats si différents qu’on obtient des émissions sanguines, selon qu’on les emploie conformément aux anciennes pratiques ou conformément à la nouvelle formule, laquelle, dans les cas où les saignées doivent être répétées un certain nombre de fois, consiste à laisser entre elles un espace de temps beaucoup moins long qu’on ne le faisait avant nous. Grâce, en effeL, à cette nouvelle formule, convenablement appropriée aux différentes catégories de cas que présente la pratique, la mort est devenue une exception très rare dans les graves maladies inflammatoires qui, traitées par les anciennes pratiques, font périr le tiers au moins des malades.
Dix nouvelles années d’expérience ont confirmé de la manière la plus heureuse les succès que nous avions an-
PROI.ÉGOM È N ES.
nonces dans V Essai sur la philosophie médicale , ouvrage publié quatre ans après les premières épreuves de la formule nouvelle (i).
11. Ou conçoit à merveille que plus les méthodes mises en usage sont énergiques, plus il importe de les formuler de manière à ne pas dépasser le point précis au-delà duquel elles ne manqueraient pas d’être nuisibles, et en-deçà duquel elles seraient insuffisantes. C'est à la recherche de ce vrai juste-milieu , si difficile à fixer en toutes choses, que nous avons constamment consacré nos faibles efforts.
(i) On trouvera tous les détails relatifs à cette formule dans la partie de cette Nosographie que nous avons consacrée à l’étude des pldegmasies ( voj. la classe première de maladies ).
Au moment où j’écris (mars 1846), plus de quatre mille faits exactement et authentiquement recueillis depuis quatorze ans, ont démontré de la manière la plus évidente que la nouvelle formule des émissions sanguines appliquée a temps est vraiment toute-puissante contre les maladies inflammatoires et en réduit la mortalité presque à zéro. Qu’il me soit permis de consigner ici le passage suivant de l 'Essai sur la philosophie medicale , relatif à la thérapeutique en général , et au traitement des maladies aiguës en particulier.
« La thérapeutique est, au fond, un art qui se rapproche de celui de la guerre : c’est une sorte de guerre contre les maladies. Or, comme l’art de la guerre proprement dit, celui qui consiste à combattre les maladies doit être soumis à des règles précises, et la tactigue thérapeutique, si j’ose ainsi parler, doit être formulée comme la tactigue ordinaire. Les principes généraux de cette tactique thérapeutique doivent s’accommoder, d'ailleurs, se plier aux différentes circonstances au milieu desquelles se développent les diverses maladies.
Dans les maladies aiguës, violentes, qui compromettent d’une manière plus ou moins prochaine la vie des malades , on doit avoir pour premier principe d’agir le plus promptement possible, et d’opposer au mal , c’està-dire à l’ennemi, des moyens qui le surpassent en force et en rapidité. Les moyens généralement employés jusqu’à ces derniers temps étaient bien au-dessous de ce que réclamaient souvent Y intensité et la marche rapide de la maladie. Aussi ces moyens échouaient-ils dans un très grand nombre de cas C’est pour éviter de pareils échecs (pic nous avons agi avec plus de force et de rapidité que ne le faisaient nos devancions, et, grâce au ciel , le succès a couronné nos efforts au-delà de toutes nos espérances. »
NOMKNCf.ATUHK.
1 II. Etant donnés les principes généraux de la formule au moyen de laquelle on doit employer une méthode thérapeutique quelconque, il reste à bien déterminer, ainsi que nous l’avons fait pour la nouvelle formule des émissions sanguines, quelles sont les modifications que la formule doit subir selon une foule de circonstances, telles que l’âge, la constitution, la force des sujets, l’étendue, l’intensité de la maladie, les complications, etc., etc.
Voilà qui est bien difficile sans doute , et pour vaincre les difficultés de tout genre que présente l’art de guérir, il ne faut rien moins que ce travail opiniâtre au moyen duquel onvientàbout de tout : labor omnia vincit improbus.