‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 58 sur 125 · RAPPORTS · texte numérisé non relu

RAPPORTS

ARTICLE PREMIER

DE LA FRÉQUENCE DE l’iNFLAMMATION.

Tous les médecins et môme tous les chirurgiens qui ont sérieusement étudié au lit des malades s’accordent à reconnaître que, de toutes les maladies, l’une des plus fréquentes, la plus fréquente peut-être, est l’inflammation. De cette conclusion clinique à celle qui considérerait l’inflammation comme la seule maladie qui existe, il y a loin, etautant l’une est conforme à l’exacte et saine observation , autant l’autre

FRÉQUENCE DE I, 'INFLAMMATION. Itf

lui répugne. D’ailleurs, grâce au ciel , les temps sont passés où l’on croyait devoir se donner la peine de discuter la question de savoir si l’irritation et l’inflammation étaient, en effet, ou n’étaient pas les seuls états morbides vitaux qui se rencontrassent dans la pratique (i). Aune ère d’exactitude, telle que celle qui s’ouvre pour la médecine, les exagérations ne sont plus permises. Mais on peut, sans s'exposer à en être accusé, résumer les résultats de la clinique bien faite, en disant que , à divers degrés, les maladies inflammatoires tiennent le premier rang dans le cadre des maladies de l’ordre vital, et que, parmi celles-ci, ce sont elles qui, depuis des siècles, ont joui du triste pi i\ îlége de faire périr le plus grand nombre d'hommes. JNous apprendrons heureusement plus loin le secret de diminuer le chiffre de leur mortalité, et de prévenir leurs ravages.

Depuis douze ans passés que j’ai fait recueillir sous ma dictée les observations de tous les malades admis dans mon service clinique, et que je me suis imposé le rude travail de faire inscrire en tête de chacune d’elles le diagnostic exact delà maladie, j’ai pu constater, de la manière la plus rigoureuse , la vérité de ce que je viens d’énoncer sur la fréquence des maladies inflammatoires, soit franches, simples, soit spécifiques , soit compliquées d’un élément typhoïde. Sur cinq à six mille cas, il en est plus des deux tiers qui sont relatifs à ces maladies existantes au moment même de l’entrée des malades, ou bien à des lésions organiques, soit mécaniques et physiques ou de structure externe, soitorganico-vitales ou de structure interne,

(i) Une «elle question paraît si étrange aujourd'hui , qu’on ne comprend guere comment elle a pu être discutée. Eh bien ! il fut un temps (et il n’y a pas vingt ans de cela), il fut un temps, dis-je, où l’auteur d'un Traité de médecine clinique commençait son ouvrage par la discussion d une thèse bien plus étroite encore, et formulée en ces termes : La r vs TitiTE n’est pas la seule MALADIE. (L. Rostan, Médecine clinique , t. I ) ~

/,3 DR R'iNKLAMMATION RT DR LA FIÈVRE.

et dont la première origine remontait à une phlegmasie dont on n’avait pu prévenir les eflets. Voyez, d ailleurs, les ouvrages classicpies des nosographes les moins enclins à exagérer la fréquence et l’importance des diverses maladies inflammatoires, maladies dans la classe desquelles rentrent les fièvres dites essentielles ; voyez, entre autres, la Nosographie philosophique de Pinel, par exemple, et vous trouverez que ces maladies comprennent les deux tiers de l’ouvrage. Vous vous convaincrez, de plus, que, parmi les maladies contenues dans l’autre tiers, il en est qui sont incontestablement les suites de phlegmasies négligées.

ARTICLE II

DES DIVERSES ESPECES n’iNFLAMMATION. TENDANCE DE CETTE AFFECTION

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