CAR A CT. ANAT0M1Q. ET PHYSIOLOGIQUES DES MALADIES. XXIX
Quant au mécanisme par lequel se développent, primitivement ou consécutivement, rapidement ou lentement , ces affections universelles, ces élats morbides généraux ou constitutionnels, nous tâcherons de l’exposer lorsque, dans le cours de cette Nosographie, nous aurons à nous occuper des diverses maladies des deux grands appareils sanguin (Je sangeompris) et nerveux (l’influx nerveux compris).
III. La localisation des maladies dans les organes proprement dits eux-mémes, offrait encore de grandes et nombreuses lacunes parmi lesquelles il en est quelques unes que nous avons essayé de combler, laissant à d’autres le soin de rectifier, au besoin, et de compléter notre ouvrage. Que savait-on, par exemple, sur la localisation d’une foule de maladies désignées sous le nom de névroses , telles que la chorée, Y épilepsie , l’hystérie, la catalepsie, etc.? Que savait-on sur le siège précis d’un grand nombre de paralysies, telles que la perte de la parole, la paralysie connue sous le nom de paralysie générale des aliénés , etc. ?
On trouvera dans cette Nosographie le résultat de nos longues et laborieuses recherches sur ces questions fondamentales , dont la solution se liait si étroitement à celle des problèmes relatifs à la détermination des fonctions des nombreuses parties que comprennent les grands centres nerveux ( cerveau , cervelet , protubérance annulaire, moelle allongée et moelle épinière). Mais qu’il reste encore ii faire sur un sujet si vaste, si compliqué, si difficile !
§ II. Des caractères dits anatomiques des maladies.
1. L’anatomie pathologique embrasse la connaissance de tous les changements qui peuvent survenir dans les parties dont traite l’anatomie normale , laquelle , comme on sait, n étudie le corps qu’à l’état de repos, et, pour ainsi dire, à I état de cadavre, tandis que la physiologie, celle sorte d anatomie vivant c (anntome animula) , suivant une
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heureuse expression de Haller, l’étudie à 1 état de mouvement, à' activité , de vie.
I I. L’anatomie pathologique, ainsi restreinte (i), n en constitue pas moins une science très étendue, tant sont nombreuses les conditions matérielles dont elle a pour objet d’étudier les changements dans les diverses parties, soit solides, soit fluides, dont le corps est composé, et tant sont nombreux eux-mêmes ces changements.
III. Lorsque les maladies ont leur siège dans les organes extérieurs , on peut, pendant la vie, constater directement l’existence d’un certain nombre des changements matériels, des altérations anatomiques de ces organes. Mais quand il s’agit des octanes intérieurs, c’est après la mort seulement que la plupart des altérations anatomiques sont constatées, et l’on donne le nom d'ouverture du cadavre ou d'autopsie cadavérique à l’ensemble des opérations ou des investigations pratiquées à cet effet (2).
IV. Que de genres de recherches un examen cadavérique exact et complet ne réclame-t-il pas aujourd'hui !
(1) Pour que l’anatomie pathologique aspirât à connaître des changements relatifs aux conditions',dynamiques elles-mêmes, il faudrait, contrairement à l’usage reçu, que ces conditions dynamiques, vitales onanimattices fussent elles-mêmes du ressort de l’anatomie normale. Quoi qu’il en soit, si l’on veut , avec quelques auteurs , appliquer, par une généralisation extrême, le nom de lésions de l organisation , lésions organiques aux changements morbides qui ne sont ni visibles , ni tangibles , ni pondérables ^ il est clair que par le mot organisation il faudrait comprendre à la fois et les conditions matérielles proprement dites ou qui tombent directement sous nos sens, et les conditions dynamiques, vitales, qui se dérobent à l’observation immédiate, et ne tombent pour ainsi dire que sous le sens de la raison. Mais il y a toujours quelque inconvénient h changer la signification que les mots ont reçue, et, à mon avis, le changement dont il s’agit ici ne serait pas heureux.
( 2) Nous verrons, à l’article Diagnostic , comment, par induction ou par voie de raisonnement , on parvient, pendant la vie, à reconnaître les altérations anatomiques des organes soustraits à la portée de nos sens. Les sens internes, et, si j’ose le dire, les yeux de l’esprit, remplacent alors les sens externes, les yeux du corps.
CAHACT. ANATOMIQ. K T PHYSIOLOGIQUES DES MALADIES. XXXI
L analyse mécanique ou Ja dissection proprement dite ne constitue plus qu un des éléments de cet examen. Ce u est pas, en effet, par elle, mais bien par l'anal vse, et, si l’on ose le dire, par la dissection physique et chimique, laite avec un soin extrême, que nous pouvons connaître les modifications survenues dans la composition des solides et des fluides , ainsi que dans les proportions des éléments constituants de ces parties.
Une ouverture de cadavre, même en laissant de côté les délicates opérations de physique et de chimie qui en constituent au moins le complément, est encore une œuvre difficile à bien faire , surtout si l’on ne s’y est pas familiarisé par une longue habitude.
L exploration doit porter à la fois sur les solides et sur les fluides (liquides ou gazeux), et toutes les lésions doivent être décrites, non d une manière vague, approximative, mais, autant que faire se peut, d’une manière précise. Ces lésions sont relatives au nombre, à la forme, à l’étendue, au volume, au poids, à la consistance, à la position , à la couleur, à la sonoréité, à la composition, en un mot, à toutes les conditions de ce qu’on appelle la structure externe et la structure interne des organes et des éléments médiats ou immédiats de ces organes. Les méthodes et les procédés mathématiques , mécaniques , physiques et chimiques , sont donc , je le répète , les sources de tout ce que nous pouvons savoir en matière d’anatomie pathologique.
ARTICLE II