DES MALADIES
1. On a donné le nom d’anatomie pathologigue a la connaissance des lésions matérielles de 1 organisation , par opposition à celui d'anatomie, sous lequel on désigne la connaissance des conditions normales de cette même organisation (2). Or, de même que 1 étude des phénomènes physiologiques exige impérieusement la connaissance préliminaire du corps ou des organes sains qui sont les instruments de ces phénomènes , ainsi 1 étude
(1) Sous le nom de vie, je comprends ici et la vie extra-utérine et la vie intra-utérine.
(2) Il n’est pas besoin de répéter que l’organisation résulte du concours des solides et des fluides , et que par conséquent les lésions d’organisation comprennent celles des fluides comme celles des solides.
CARACT. ANATOMIQ. LT PII VSIOLOOfQULS DLS MALADIES. XXVII des phénomènes pathologiques doit être précédée de lu connaissance du corps ou des organes lésés qui sont le siège de ces phénomènes pathologiques.
II. Depuis 1ère nouvelle seulement, on a su faire la part réelle des caractères anatomiques pour la détermination de la connaissance des maladies. Pinel et Richerand lui-même, esprit d’ailleurs si judicieux et si exact, avaient à peine signalé cet élément de diagnostic pour les maladies internes , et insistaient particulièrement sur les signes extérieurs. D'ailleurs Richerand, sous la dénomination dé signes, comprenait certains caractères anatomiques, comme on le verra par le passage suivant de sa nosographie.
« Nous ne connaissons les maladies, écrivait ce dernier, que par les signes extérieurs ; et parmi ces signes, ceux qu’on acquiert par l'exercice immédiat des sens, par la vue, l’ouïe, le toucher, etc. , appliqués au corps du malade, lés signes sensibles, en un mot, sont les plus propres à nous fournir des notions certaines. Le sens de la vue, par exemple, suffit souvent à lui seul pour reconnaître la maladie et déterminer son espèce, et les lumières que nous puisons dans l’inspection des malades, les signes tirés de leur habitude extérieure , sont d’une telle importance , qu’une suite de tableaux où se trouveraient fidèlement représentés un épileptique, un maniaque, un malade atteint d’une fièvre adynamique, bilieuse, inflammatoire, du scorbut, des écrouelles, ferait mieux connaître ces diverses maladies que les descriptions les plus détaillées. Une semblable galerie serait à coup sûr une très bonne école de séméiotique. Il est vrai qu il faudrait le talent d’un Gérard Dow (i) pour exécuter une pareille entreprise. » .
III. Il est évident que Richerand ne distingue point ici les caractères anatomiques de ce qu il appelle les signes extérieurs. Mais, dans la plupart des maladies qu’il énumère ,
(i) Autour, comme on sait, du célèbre tableau de la Femme hydropique.
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l’I’.OLEGOMENES.
ce ne sont pus seulement les signes fournis par l'inspection de l’ habitude extérieure qu’il faudrait, en quelque sorte, peindre, pour que le tableau fut complet. Il faudrait peindre aussi les signes fournis par l’inspection des organes intérieurs , j’ai presque dit de Y habitude intérieure.
§ I«r. Siège et localisation des maladies.
I. S’il est un axiome en médecine, c’est assurément cette proposition, savoir, qu’il n’existe point de maladie sans siège, ou, ce qui revient au même, sans lésion d’un organe ou d’un élément organique. Soutenir le contraire, ce serait soutenir implicitement qu’il peut exister des fonctions sans organes, c'est-à-dire une palpable absurdité.
Ce n’est pas seulement dans les organes et appareils proprement dits (solides et fluides compris), c’est dans les éléments , dans les principes immédiats des organes euxmêmes qu’il faut quelquefois chercher le siège des maladies. Cette localisation en quelque sorte intime et moléculaire ne peut, d’ailleurs, être constatée que par la méthode d’exploration connue sous le nom d 'inspection microscopique.
II. A. l’étude du siège des maladies se rattache la fameuse question des maladies locales et générales , question qui a été la source de nombreuses controverses. On verra la fin de ces disputes vraiment surannées, lorsque les médecins ne se serviront que de termes parfaitement définis, et qu’ils apporteront à l’examen du sujet dont il s’agit ici, un esprit attentif et libre de toute opinion préconçue. INier les maladies générales , ce serait nier les systèmes ou appareils généraux , tels que l’appareil sanguin et l’appareil nerveux. Une maladie quelconque qui , primitivement ou secondairement, affecte ces systèmes tout entiers, est nécessairement générale, puisque partout il y a du sang et des vaisseaux d’une part, des nerfs et un influx nerveux d’autre part.