CHAPITRE II
DE LA FIÈVRE ET DES FIÈVRES DITES ESSENTIELLES ; DE L’iDENTITÉ DE CES MALADIES , SOIT AVEC LES VÉRITABLES PHLEGMASIES , SIMPLES OU COMPLIQUÉES , SOIT AVEC LES EXCITATIONS OU IRRITATIONS PUREMENT DYNAMIQUES OU NERVEUSES.
Considérations préliminaires et division du sujet.
Nous avons vu que la fièvre était la compagne constante, inséparable , de toutes les grandes inflammations , qu elle les accompagnait, si j’ose ainsi parler, comme l’ombre suit le corps, et qu’elle en constituait le symptôme général ; de là 1 épithète de symptomatique ou de secondaire sous laquelle on connaît cette fièvre. Il est pour certains pathologistes une autre espèce de fièvre, une fièvre, selon eux, indépendante de toute inflammation locale ou générale, et à laquelle ils ont en conséquence donné l’épithète d’essenliélle ou de primitive, pour la distinguer de celle qu’ils appellent symptomatique ou secondaire ; de là cette fameuse division des fièvres en symptomatiques et en essentielles.
Cette classification pyrétologique est-elle naturelle, légitime? Grave question qui, depuis plus de vingt-cinq ans qu’elle est agitée sous toutes ses faces, n’est pas encore complètement résolue pour quelques médecins. Elle léserait assurément pour tous les bons esprits, si les faits propres à les convaincre leur eussent été présentés par les hommes chargés de l’enseignement, avec cette clarté , cette précision , cette exactitude et cette bonne foi qui sont comme lame de toute science en général , et de la médecine en particulier. Malheureusement il n’en a pas été ainsi. Depuis vingt ans que l’auteur de cet ouvrage étudie la grande, l’immense question des fièvres, il n'a rien négligé pour concourir au triomphe delà vérité , et il va continuer ici le