Anxiété plus considérable encore; hoquet. ( Une sai
gnée du bras. Le sang coulant difficilement et sans jet, on n’en tire qu’une palette et demie.) — Le soir, a cinq heures, le hoquet est continuel, l’anxiété si grande que le malade ne sent point son mal; fièvre brûlante, visage animé, langue rouge et sèche, soif insatiable, pouls fiequent, assez de veloppé , mais facile à déprimer, comme rebondissant; peau sèche; léger trouble des facultés intellectuelles, ventre toujours météorisé, non douloureux à la pression ; la respiration ne s’entend point a la partie inféiiewe du coté droit de la poitrine ; le visage est rétréci, contracté. (4o sangsues au côté droit et sur I épigastre ; potion calmante.') A dix
heures du soir, l’anxiéte est moindre, le hoquet très îare, le pouls bien développé. A onze heures, légère épistaxis, vomissement d’environ un demi-verre de sang liquide d un rouge brun; respiration anhéleuse; pâleur du visage; pouls précipité, faible et peu développé; oeil languissant; tendance au sommeil ; région épigastrique sonore à la percussion. — Dans la nuit, persistance de l’écoulement de sang par la bouche et le nez.
g. Râle trachéal; visage pâle et décomposé, lèvres décolorées, œiléteint; voix basse, faiblesse extrême; agonie...» mort à deux heures après midi, le malade ayant conservé jusqu’au dernier moment 1 usage de son intelligence.
Autopsie cadavérique vingt-quatre heures après la mort.
i° Habitude extérieure. Rigidité cadavérique très prononcée; cadavre d’un jeune homme vigoureux, ayant les muscles rouges et bien développés. Un liquide noirâtre abreuve la bouche : oh le fait couler en abondance en comprimant le ventre.
2° Organes thoraciques. La plèvre gauche est généralement injectée, rouge, surtout à la base du poumon, où l’on voit des plaques d’un rouge si foncé qu’on croirait qu’il existe une infiltration de sang : ses portions pulmonaire, médiastine, costale et diaphragmatique adhèrent entre elles au moyen d’un tissu cellulaire frais, tendre et hien organisé. Le poumon gauche, principalement à son bord postérieur, est gorgé d’un sang qui s’en écoule en écumant. Le poumon droit, refoulé par le foie vers la clavicule, offre des adhérences à son sommet. La plèvre diaphragmatique est très rouge et admirablement injectée. Les deux poumons sont d’ailleurs crépitants. Les gouttières destinées à recevoir le bord postérieur de ces organes contiennent une sérosité sanguinolente. Les bronches et leurs ramifications sont tapissées d’un mucus sanguinolent, et leur membrane muqueuse est d’un rouge foncé. Le tissu cellulaire souspleural et sous-péritonéal est rouge et légèrement infiltré de sang.
Le péricarde contient une médiocre quantité de sérosité d’un jaune foncé. Le cœur est volumineux, robuste et bien conformé. Il contient des caillots de sang mollasses, blanchâtres dans les cavités droites et noirs dans les gauches. La membrane interne présente , surtout à gauche, une couleur Lun rouge brun, contrastant avec une rougeur rutilante de f aorte pectorale et ventrale, dont la membrane interne , ainsi colorée, est très facile à détacher. Le tissu clu cœur est flasque et mou ( i ).
3° Organes encéphaliques. L’arachnoïde et la pie-mère sont généralementinjectées; sérosité rougeâtre, à la base du crâne et dans les ventricules. La substance cérébrale , d’une bonne consistance, n’est pas beaucoup piquetée de sang.
4° Organes abdominaux. Le ventre est dur, distendu par des gaz , et à peine ses parois sont-elles incisées que les cir-
(t) Qu’on sc rappelle bien qu'il existait une forte rigidité cadavérique, que les muscles étaient rouges, et que rien n’annonçait encore la décomposition cadavérique.
FIÈVRES DITES ESSENTIELLES SOUS LE NOM DE TYPHUS. 265 convolutions intestinales s’échappent à travers l’ouverture. L’estomac et les intestins , niais particulièrement le cæcum et l’arc du colon , sont énormément dilatés par des gaz, de telle sorte que le foie, refoulé jusque vers la troisième côte, a pour ainsi dire envahi la majeure partie de la place du poumon droit; à gauche, l’estomac est également refoulé vers la poitrine (i). La cavité abdominale contient environ deux verres d’un liquide presque purement sanguin; le péritoine est généralement injecté, rouge, sec et comme visqueux.
l.e foie présente une injection sous-séreuse très considérable ; son tissu est en général plus dense et plus grenu que dans félat naturel. Plongé dans sa profondeur, un scalpel a pénétré dans un foyer rempli de bile jaune, à peu près pure, foyer qui pouvait contenir un œuf ordinaire, et était ta pissé de toutes parts par une membrane pulpeuse, d'une couleur jaune-verdâtre; autour de ce foyer central en ont été trouvés cinq autres, de même étendue, plus voisins de la face concave que de la face convexe du foie, mais contenant, au lieu de bile, un pus légèrement verdâtre, liquide et fétide. Tous ces abcès sont enkystés : le kyste est une membrane albumineuse, fragile , qui se détache aisément du tissu du foie. Axdour des foyers purulents , la substance du foie est ramollie, d'une couleur lie de vin qui tranche avec la couleur pâle-jaunâtre du reste de l'organe. Du sang est infiltré dans la substance ramollie , comme cela arrive dans les ramollissements du cerveau.
« La teinte ictérique de la peau, le vomissement de sang noir, les selles de même nature, la gravité des symptômes généraux, la rapidité de la mort, telles sont les raisons qui m’ont fait dire que la maladie de Cognasse avait de [la ressemblance avec la fièvre jaune.
(i) Ceci explique la matité de la partie inférieure du cùté droit de la poitrine, notée pendant la vie, et en même temps l’oppression observée , surtout dans les derniers jours (toutefois, d’autres causes concouraient à produire celte oppression).
266 de l’inflammation et de la fièvre.
» La fièvre jaune sporadique , dont je viens de rapporter un exemple, est à la fièvre jaune épidémique ce cpiestla fièvre adynamique ou putride sporadique aux fièvres putrides épidémiques (typhus).
» On ne saurait trop engager les médecins qui ouvriront désormais des sujets morts de fièvre jaune à examiner attentivement le système vasculaire. Je crois que cet examen dissipera tôt ou tard une partie des ténèbres dont l’iiistoire du typhus jaune est encore enveloppée. Mais la connaissance des lésions vasculaires elles-mêmes est peut-être moins importante encore que celle de l’altération du sang. Nous ne saurions donc, je le répète, cultiver avec trop de soin celte portion si longtemps négligée de la science
anatomico-pathologique. »
IL. Telles sont les opinions que, dès 1826, je m’étais formées sur les trois espèces de typhus que Pinel avait rangées dans sa classe des fièvres essentielles . Depuis celte 0pQ(-|yg , je n ai rien vu dans les recherches nouvelles, ti es incomplètes malheureusement, faites sur ces affections fébriles, qui fût de nature à modifier profondément mes premières opinions. J’ajouterai quelles se trouvent confirmées par les faits recueillis, depuis quelques années seulement, sur deux affections appartenant essentiellementàla famille des fièvres d origine miasmatique ou des typhus, je veux d ire la morve et le farcin aigus observés chez 1 nomme. En effet, dans ces deux affections, ou plutôt dans ces deux formes d’une seule et même affection , une infection putride de la masse sanguine et diverses phlegmasies purulentes ou gangréneuses, tels sont les deux éléments fondamentaux de ce nouveau typhus.
En dernière analyse donc, tout observateur exercé qui examine d’un esprit attentif les diverses fièvres graves et les typhus dont les auteurs nous ont transmis des monogi lipides plus ou moins complètes, ne tarde pas à fè'connaîti e que, sous les noms imposés à ces affections, 011a compris