‹ Traité de nosographie médicale (volume 2)Chapitre 95 sur 125 · CLASSIFICATION ET NATURE DES FIÈVRES INTERMITTENTES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION ET NATURE DES FIÈVRES INTERMITTENTES

l’adjectif larvées, comme si cette addition pouvait faire que ces mots fièvres intermittentes continues ne fussent réellement étonnés dese trouver réunis! Qu’on ne nous objecte pas que chez les mêmes individus on peut rencontrer à la fois une fièvre intermittente et une fièvre continue. Dans ces cas mêmes, on admet, sans s’en douter, la distinction sur laquelle nous insistons, puisqu’on est obligé de se servir des deux dénominations de fièvre intermittente et de fièvre continue. Donc l’une n’est pas la même chose que l’autre; donc, pour la dernière fois, c’est un énorme vice de nomenclature que d’appeler fièvres intermittentes des fièvres continues.

Cela bien entendu , nous ne prétendons pas que sous l’influence des mêmes causes qui produisent des fièvres intermittentes et rémittentes, il ne puisse se développer des fièvres continues; mais cela n’infirme en rien la doctrine que nous développons. Les fièvres intermittentes n’en restent pas moins différentes des fièvres continues, dans les termes, dans les limites que nous avons fixés plus haut. C’est ainsi que, sous l’influence des mêmes causes agissant sur une grande masse d’individus , on voit régner à la fois de véritables phlegmasies de divers organes et de simples névralgies, comme des pleurésies et des pleurodvnies , des arthrites rhumatismales et de simples névralgies des membres, etc., etc. S’ensuit-il qu’une pleurésie soit la même chose qu’une simple pleurodynie; qu’une simple névralgie des nerfs des membres soit aussi la même chose qu’une violente arthrite rhumatismale? Non , certainement; il en est exactement de même des fièvres intermittentes comparées aux fièvres continues.

V. Par toutes les considérations qui précèdent, l’auteur de cet ouvrage espère n’avoir fait que se conformer aux principes qui doivent présider aux classifications vraiment naturelles , d’une part en faisant rentrer les fièvres dites essentielles des différents types dans la grande famille des

maladies appelées irritations, c’est-à-dire des maladies dont un surcroît de l'excitation normale constitue l’élément vital prédominant, et d’autre part, en plaçant dans deux ordres distincts les fièvres continues et les fièvres intermittentes , jusque là confondues en un seul et même ordre.

INous rappellerons , avant d’aborder l’histoire des nombreuses espèces dont ces deux grands ordres se composent, que les fièvres continues et intermittentes se partagent les unes et les autres en deux principaux genres, selon qu’elles sont ou quelles ne sont pas compliquées d’un élément septique, typhoïde, miasmatique , soit simplement infectieux , soit contagieux. Il est de la plus haute importance de ne jamais perdre de vue le grand fait que nous signalons encore une fois dans ces généralités, et sur lequel nous aurons si souvent à revenir dans les descriptions particulières que nous allons tracer.

Page 1