DES PHLEGMASIES OU INFLAMMATIONS PROPREMENT DITES EN PARTICULIER
Nous ne devons nous occuper ici que des phlegmasies qui sont du ressort de la médecine ou de la pathologie interne. Nous n’avons point adopté la méthode de classement ou de distribution des plegmasies par systèmes, telle quelle a été suivie dans la Nosographie philosophique. C eut été, non sans de graves inconvénients, séparer les unes des autres les diverses phlegmasies dont peut être affecté un seul et même organe composé de plusieurs éléments ou systèmes anatomiques, tel que le cœur, le poumon, le cerveau, etc.
Il nous a semblé tout-à-fait naturel , en effet, de rapprocher dans leur étude les diverses phlegmasies qu un seul et même appareil, qu’un seul et même organe d un appareil général peut éprouver. Et comme l’appareil sanguin est pour ainsi dire le grand théâtre où se passent directement, là les phénomènes des maladies longtemps décrites sous la dénomination de fièvres essentielles continues , ici ceux des maladies connues sous le nom de phlegmasies ou de fièvres locales (i), on ne sera pas étonné que nous ayons mis en tête de l’ordre des phlegmasies celles de 1 appareil que nous venons de nommer.
Immédiatement après ces phlegmasies , j ai placé 1 inflammation rhumatismale des articulations ( rhumatisme articulaire). En agissant ainsi, c’est, j’en conviens, rapprocher
(j)En parlant du siège des inflammations (Anatomie gékéiule, ait. des systèmes capillaires) , Bicliat a dit : « Il y a manifestement deux genies de maladies relatives à la circulation : i 1 celles qui troublent la générale, 2° celles qui affectent la capillaire. Les différentes fleures forment spécialement le premier genre ; les éruptions diverses, les tumeurs , les inflammations, etc., produisent le second. »
INFLAMMATION DK l'aPPAREIL SANGUIN. 331
des phlegmasies de parties qui , sous le double rapport de leur situation et de leurs fonctions spéciales , ne présentent pas d’étroites affinités ; mais les lecteurs voudront bien ne pas oublier que les phlegmasies des articulations appartiennent à un genre d’organes dont les maladies sont du domaine spécial de la chirurgie. Par conséquent, en extrayant ainsi du nombre de ces maladies celle qui porte . le nom de rhumatisme articulaire, et que revendique à si bon droit la médecine, il fallait nécessairement, après l’avoir séparée de ses compagnes naturelles sous le rapport de ce qu’on pourrait appeler la pathologie des régions, lui trouver en quelque sorte un asile auprès de quelques unes des phlegmasies dont il nous appartient de traiter. Or, sous ce point de vue, quoi de plus naturel que de placer l’arthrite rhumatismale à côté de ces phlegmasies du système sanguin avec lesquelles elle est liée, dans certains cas, par une grande loi de coïncidence que nous ferons connaître plus loin! Cette considération justifie suffisamment, ce me semble, l’espèce d’infraction qui vient d’être signalée à la méthode générale de classement que j’ai adoptée.