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CHAPITRE Ier

DES INFLAMMATIONS DE L’APPAREIL SANGUIN EN GÉNÉRAL ET DE CHACUNE DE SES DIVISIONS EN PARTICULIER (l).

Réflexions préliminaires.

L’inflammation de l’appareil sanguin en général, et de chacun des divers éléments dont il se compose, na été

(t) Les principales divisions de ce grand appareil sont le cœur ou 1 organe central de la circulation du sang, les artères et les veines. Les capillaires sanguins n’étant que les dernières ramifications des artères et des veines, ne constituent pas, à rigoureusement parler, une division distincte des deux dernières. Leur inflammation se confond, au reste, d apres les auteurs, avec celle du tissu même des organes, puisque, comme nous

332 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, bien étudiée que depuis le commencement de notre siècle. Déjà, cependant, quelques observateurs du siècle dernier avaient recueilli d’utiles matériaux sur cet important sujet; tels sont : G. Hunter, Sherwen, Pierre Frank, Schmuk, Abernethy, Meckel , Sasse, etc. Mais ces auteurs étaient bien loin de se douter de toute l’extension que l’on ne tarderait pas à donner à la phlegmasie qu’ils avaient constatée dans quelques cas.

Pierre Frank, le premier, a noté que des traces d ’infammation se rencontraient dans une étendue plus ou moins considérable des vaisseaux sanguins , à la suite de la fièvre inflammatoire ( i ) . Pinel , comme nous l’avons vu , n’ignorait pas les recherches de P. Frank; mais il ne saisit pas le rapport réel qui existait entre la phlegmasie dont nous traitons et la fièvre inflammatoire ou angioténique, puisqu’il fit de celle-ci un ordre particulier de ses fièvres essentielles, c’est-à-dire de maladies qui, dans son système nosologique, constituaient une classe différente de celle des phlegmasies.

Parmi les auteurs qui , au commencement de ce siècle, entrevirent le mieux le grand rôle de laphlogose du système sanguin dans le développement de la fièvre considérée en elle-même, on doit placer Tommasini (a). Pinel ne tint pas plus de compte des idées de ce célèbre observateur que des

l’avons vu , ces auteurs nous enseignent que l’inflammation, considérée d’une manière abstraite et générale , a son siégé dans les capillaires sanguins. D’après cela , faut-il s étonner si les inflammations des organes spéciaux sont si souvent accompagnées de cet état général qn on appelle fièvre continue , puisque cette fievre n est réellement, ou que la phlegmasie même des capillaires propagée, avec plus ou moins d intensité , à 1 ensemble du système sanguin, ou que la réaction simplement irritative exercée sur cet appareil par la voie du système nerveux qui lui est affecté ? Quoi qu’il en soit, l’artérite et laphlébitecapi//airesjouent , en efieî, un rôle immense dans les phénomènes attribués à 1 inflammation considérée d’une manière générale.

(1) Voy. Traite' de médecine pratique. Nouv.édit. Paris, ifi/ja, 1. 1, p-99' ,

(2) Voy. son traité, déjà cité, sur la fièvre jauné, publie en 1 bo5.

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