INFLAMMATIONS A PLUSIEURS FORMES ÉLÉMENTAIRES
, Exanthéinateuse.
' Bulleuse, f Gangréneuse.
r Exanthémateuse.
I Bulleuse.
[.Gangréneuse.
Exanthémateuse.
Bulleuse.
Vésiculeuse.
Pustuleuse.
Squameuse.
Papuleuse.
Tuberculeuse.
Végétante.
III. La classification de M. Rayer repose uniquement sur les formes diverses que peut revêtir l’inflammation de la peau, sans egard formel pour le siège de cette affection dans tel ou tel des éléments constituants de l’organe complexe que nous venons de nommer, ce qui, d’après ce que nous avons dit plus haut , est une grave imperfection (i).
(i) MM. Brcscliet et Roussel de Vauzème n’ont pas manque de signaler les avantages d’une classification des maladies de la peau, d’après leur siège dans telle ou telle des parties constituantes de cet appareil , et ils ont essayé de démontrer ces avantages par quelques exemples. En effet, voici ce que nous lisons dans leurs Recherches : « Si on parvenait à localiser les maladies de la peau, et nous en concevons la possibilité, c’est-à-dire si Ion pouvait, prenant pour guide l’anatomie, indiquer le siège de chaque II. 8
i° Brûlures.
2° Engelures.
3° Svphilides.
, 32. Slrophulus.
,33. Lichen.
I34. Prurigo.
’ 35. Pityriasis.
I 3G. Psoriasis.
| 3 7. Lèpre.
^38. Pellagre.
'39. Lupus.
4o. Eléphanliasis des Grecs.
,4t. Cancer.
1 14 PIILEGMASIKS KT IIUUTATIONS EN l’AHTICUI.lEU.
De plus , comme elle ne s’applique qu’à la forme de l’inflammation, et qu’une seule et même inflammation peut, à ses diverses périodes, revêtir des formes différentes , il s’ensuit que cette seule et même inflammation pourrait appartenir à des ordres différents , selon qu’on l’étudierait à telle ou telle de ses périodes. Cependant nous nous y conformerons provisoirement, avec quelques changements, et nous souhaitons que l’excellent observateur qui va nous servir de guide, poursuivant le cours de ses recherches, finisse par enrichir la science d’une classification qui ne laisse plus de prise à aucune objection sérieuse.
Au reste, comme, parmi les phlegmasies des divers ordres que nous venons de faire connaître , il en est qui sont plus particulièrement du domaine de la chirurgie, nous nous sommes abstenu de les décrire dans cet ouvrage
maladie cutanée , ce serait un véritable progrès pour la médecine et pour l’anatomie pathologique...
» Dans les ampoules du vésicatoire (In fl. bulleuses indiquées plus haut), les cantharides agissent sur les organes sécréteurs de la peau d’une manière spéciale , activent la sécrétion au point d’occasionner la rupture des vaisseaux, mais elles ne produisent aucun effet sur l’épiderme; elles attirent le sang dans le canevas érectile du derme, qui s’en débarrasse par une sécrétion abondante.
» Lesdesquamations furfuracées des exanthèmes et les diverses espèces d’ichtbyoses pourraient être envisagées comme ayant principalement leur siège dans les organes sécréteurs de la matière cornée... Les affections de la matière cornée proprement dite doivent présenter des formes squameuses différentes, suivant les diverses parties de la peau où elles établissent leur siège, sans pour cela changer de nature; car la forme et les usages de certaines régions du corps déterminent dans l'arrangement des écailles, dans la disposition des lignes, etc., des modifications pour ainsi dire locales, qui n’influent en rien sur la nature des organes sécréteurs et sur le produit sécrété , etc., etc. »
M. Rayer, de son coté, a eu bien soin de faire ressortir l’importance delà détermination de la part que prennent les divers éléments de la peau aux diverses formes qu’il a établies; mais il eût fallu que sa classification et sa nomenclature fussent établies sur celte grande base anatomique. ( Traité théorique et pratique des maladies de la peau. 2e édit., Paris, 1 335,
CLASSIFICATION DES PHLEG MAS1ES DE LA l'EAU. 115 ( orgeolet, clou, furoncle, anthrax, charbon, pustule maligne, brûlures, engelures, etc.). Nous ajouterons d’ailleurs queparmi ces phlegmasies il en est: i°qui appartiennent moins à la peau proprement dite qu’à d’autres tissus ; 2° qui sont compliquées d’un élément gangréneux, putride, dont nous traiterons plus tard, ou de quelque élément spécifique inconnu dans sa nature intime (élément syphilitique), qui mérite également une place à part. Les phlegmasies désignées sous les noms d 'engelures et de brûlures sont souvent elles-mêmes des états morbides qui n’intéressent pas la peau seulement , mais les tissus sousjacents, et qui, à un certain degré, se composent évidemment d’éléments très distincts les uns des autres.
Il est un autre groupe des phlegmasies cutanées admises par M. Rayer, que nous n’avons pas cru pouvoir décrire comme constituant un ordre naturel : je veux parler des phlegmasies tuberculeuses. En voici les raisons principales.
M. Rayer a décrit sous cette dénomination quatre inflammations chroniques qu’il désigue sous les noms particuliers de lupus , de scrofule , de cancer et d 'éléphantiasis des Grecs. Je n’ai pas besoin de dire combien de telles dénominations sont peu précises, et le défaut de précision dans la nomenclature n’indique malheureusement que trop jusqu’à quel point nos connaissances elles-mêmes sont peu avancées sur la nature et le siège spécial des maladies auxquelles s’applique cette nomenclature. Quoi qu’il en soit, il est certain que sous les noms indiqués on a décrit des altérations , consécutives à des phlegmasies cutanées, il est vrai, mais constituant ensuite par elles-mêmes des états morbides particuliers , tels que : i° des épaississements , des hypertrophies de l’un ou de •plusieurs des éléments de la peau, épaississements , hypertrophies, tantôt simples ou sans altération notable des tissus, tantôt, au contraire, avec dégénérescence ou transformations de ces tissus ; 20 des épanchements, des
1 l(i PI1LEGMASIES ET IHIUTAT10NS EN PAUTICÜL1EU.
infiltrations de liquides plus ou moins altérés ; 3° des obstructions, des oblitérations des vaisseaux sanguins ou lymphatiques des parties malades, etc.
Toutes ces altérations ne sauraient constituer une seule et même maladie, et rentrent dans plusieurs de celles que nous étudierons plus loin. Ces composés pathologiques sont bien difficiles à analyser, et c’est pour cela qu’ils ont été si longtemps , et que quelques uns sont encore décrits comme des états morbides simples , ce qui jette dans la science la plus déplorable confusion. Ce n’est que par l’élude approfondie des états morbides pour ainsi dire élémentaires, considérés dans les divers tissus et dans les divers liquides , que l’on peut faire disparaître une pareille confusion. Veut-on un frappant exemple d’une confusion de ce genre que l’on est enfin parvenu à dissiper? Le voici. Pendant combien de temps n’a-t-on pas décrit, sous le nom d’anévrisme du cœur, des affections rès complexes de cet organe, survenues consécutivement à des phlegmasies de cet organe ! Eh bien ! aujourd’hui chacun des éléments morbides qui se trouvaient compris sous cette dénomination a été étudié à part et convenablement classé. Il en sera quelques joui s ainsi des divers éléments morbides de la peau et des tissus sous-jacents, compris sous les noms étranges et vraiment barbares de lupus, de scrofule cutanée, de cancer, d 'éléphantiasis. Nous tâcherons de concourir, selon nos moyens, â ce nouveau progrès, et c’est, à notre avis, y concourir déjà, que de renvoyer aux diverses parties de cet ouvrage dans lesquelles il est traité de l’hypertrophie, des produits accidentels, des dégénérescences des solides et des liquides , pour la connaissance de ces maladies complexes qui ont été placées dans la classe des simples, inflammations de la peau; car, en conscience, peut-on laisser à côté l’une de l’autre le lupus et la rougeole, la variole et l’éléphanliasis des Grecs, la scrofule et la miliaire?