CLASSIFICATION DF.S PHLEGMASIFS DF. LA PE AL
Je dis que ces maladies ont été rangées dans la classe des simples inflammations. Expliquons-nous à cet égard. En m’exprimant ainsi , j’entends que le lupus, le cancer de la peau, etc., sous le nom de phlegmasies tuberculeuses, forment un simple genre, une forme élémentaire des phlegmasies cutanées, comme la variole, l’acné, etc., en forment un autre, sous le nom de phlegmasies pustuleuses^ la rougeole, l’érvsipèle, etc., un troisième, sous le nom de phlegmasies exanthémateuses, etc.; l’herpès, l’eczéma, etc., un quatrième, sous le nom de phlegmasies vésiculeuses, etc. : or, c’est précisément ce rapprochement qui ne me paraît rien moins que naturel. En effet, les maladies décrites ici sous le nom de lupus , de cancer , d'éléphantiasis des Grecs, etc., ne se présentent pas d'abord et comme d’emblée sous cette forme, ainsi qu’il arrive pour celles à côté desquelles on les a placées , à titre de simple genre. On reconnaît que ce lupus , ce cancer , etc., sont des phlegmasies chroniques. Or , les phlegmasies chroniques, à bien peu d’exceptions près , ont été précédées de phlegmasies aiguës, dont elles ne sont que la suite et comme la dégénérescence. Il fallait donc, s’il en était ainsi pour celles qui nous occupent , les rattacher à des phlegmasies cutanées aiguës nettement déterminées. Que si, au contraire, ces affections étaient toujours primitivement des phlegmasies chroniques, il fallait montrer en quoi elles différaient des altérations morbides qu’entraînent à leur suite certaines phlegmasies aiguës de la peau prolongées ou passées à l’état chronique. I)e quelque façon qu’on s’y prenne, on ne pourra réellement complètement justifier la classification que nous examinons.
Ce n’est pas, on le sait bien, que je méconnaisse les rapports de filiation qui existent le plus souvent entre les lésions chroni'jues-organûjues et les états inflammatoires. J’ai consacré bien du temps à l’éclaircissement de ce point important de pathogénie; mais, comme je l’ai démontré
dans les considérations sur 1’inllammation en général, pour être les produits , les suites , et , si j’ose le dire , les descendants plus ou moins directs d’une inflammation, combien d’états morbides ou anormaux ne persistent-ils pas lorsque l’inflammation qui a pu leur donner naissance a depuis longtemps disparu complètement , et de combien de métamorphoses, de transformations ultérieures ne peuvent-ils pas ensuite devenir le siège! Or, n’est-il pas clair que dans ce cas même, si l’on veut les étudier à la suite des inflammations auxquelles ils doivent leur origine première, il ne faut pas du moins les décrire exactementsousle même titre?
Je n’insisterai pas plus longtemps sur un sujet tant de fois discuté dans le cours de cet ouvrage.
ARTICLE II
QUELQUES APERÇUS GENERAUX SUR CHACUNE DES ESPÈCES DES PHLEGMASIE8 CUTANÉES DÉCRITES DANS CE TRAITE.