IV. Inflammations pustuleuses
« Elles sont caractérisées par des pustules, c’est-à-dire par des élevures d’une demi-ligne à trois lignes de diamètre, circonscrites, souvent entourées d’une auréole enflammée, et formées dans leur état par du pus ou une humeur non séreuse déposée dans la cavité d’un follicule ou entre la surface externe du derme et les couches épidermiques. Les pustules peuvent se terminer par la résorption ou par la dessiccation de l'humeur qu’elles contiennent [croûtes), par ulcération ou par induration tuberculeuse , et laissent à leur suite des taches, et quelquefois des cicatrices. » Telle est l'idée générale que , d’après M. Rayer, l’on doit se former des phlegmasies pustuleuses qu’il admet au nombre de sept, savoir : la variole et ses modifications (varicelles, varioloïdes ) , la vaccine et ses modifications ( vaccinelles), l’acné, la couperose, lamentagre, l’impé-
122 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, tigo, le favus et l’ecthyma , espèces auxquelles il faut ajouter les pustules artificielles et les syphilides pustuleuses.
Dans la première période de leur développement, les pustules ont une grande ressemblance avec les vésicules , et c’est en vertu de cette circonstance que Bateman avait classé dans les vésicules la vaccine et les varicelles. Mais, comme à l’époque de leur plein et entier développement les pustules de la vaccine et de la varicelle contiennent une matière évidemment purulente, où se trouve d’ailleurs un virus spécifique , il est clair que leur place naturelle est bien celle qui leur a été assignée dans la classification que nous avons adoptée avec M. Rayer.
Je n’ai pas besoin de faire remarquer que dans ce groupe, comme aussi dans les précédents, on trouve à côté les unes des autres des pblegmasies qui ne se tiennent en quelque sorte que par la forme, et qui diffèrent essentiellement par les causes qui leur donnent naissance. Quelle énorme différence, sous ce dernier rapport, entre la rougeole ou la scarlatine et l’érythème, entre la gale et de simples sudamina, entre la variole et l’acné ou la mentagre, etc. ! Dans un cas, les phlegmasies cutanées constituent à elles seules toute la maladie; dans l’autre cas, au contraire, elles ne sont qu’un élément d’une maladie générale, qu’une partie d’une affection complexe et spécifique.
Ajoutons que dans quelques affections de ce dernier genre, la variole, par exemple, la phlegmasie cutanée se complique souvent d’une phlegmasie de certaines membranes muqueuses, telles que les membranes muqueuses buccale, pharyngée , laryngo-bronchiqüe, génitale, etc., sur lesquelles on a constaté l’existence de pustules varioliques.