‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 60 sur 119 · F AV US · texte numérisé non relu

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parce qu’elle adhère trop fortement, et que cette matière va toujours s’accumulant, l’orifice s’élargit, s’abaisse au niveau du fond du follicule, lequel forme ainsi une sorte d’excavation superficielle, ce qui explique la disposition remarquable b. laquelle le faims doit son nom.

M. Rayer admetavec M.Baudelocque que le favus réside dans les follicules pileux. Il suppose que la matière morbide est sécrétée entre le derme et l’épiderme qui se décolle, et qu’elle forme autour du noyau central et primitif une croûte circulaire, proéminente à sa circonférence et déprimée à son centre.

M. Rayer décrit ainsi qu’il suit ce que l'on observe après la mort dans le favus du cuir chevelu bien caractérisé. A la face interne de la peau , il existe des rougeurs qui correspondent aux groupes du favus, et un certain nombre de petits renflements d’un blanc jaunâtre formés par une matière solide parfaitement identique à celle des croûtes extérieures. Ces renflements pénètrent plus ou moins profondément la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, et ils se terminent là par une extrémité effilée. On voit souvent un poil sortir de ces renflements croûteux.

La présence d’un poil dans les renflements croûteux, le siège de ceux-ci , leur forme, leur dimension , sont autant de circonstances qui conduisent M. Rayer à penser que la matière faveuse est déposée dans la cavité dilatée des conduits épidermiques des poils. Mais la forme très effilée de l’extrémité profonde de la croûte fait supposer à cet observateur que la plus grande partie de la portion de cette croûte, qui est cachée dans h épaisseur de la peau ou au-dessous d'elle , nestpas contenue dans la cavité proprement dite du follicule pilifere.

§ IV, Causes.

L’étinlogiedu favus n’est pas encore aussi avancée qu’on pourrait le désirer, lies dermatologistes lui reconnaissent

3 28 PHLEGMASIES ET IRRITATIONS EN PARTICULIER, la propriété de se transmettre par voie de contagion. Le favus du cuir chevelu se communique facilement parmi les enfants qui se servent du même peigne ou de la même brosse. Willan dit avoir vu dans une école un enfant propager cette maladie à cinquante autres dans l’espace d’un mois. M. Rayer rapporte les faits suivants : une femme avait l'habitude de porter un de ses enfants atteint du favus, de telle sorte que la tête de l’enfant était appuyée sur l’avant-bras de sa mère. Or, il survint sur cette partie un petit groupe de favus , dont les croûtes étaient très bien dessinées. Il n’existait de pustules ou de croûtes de favus sur aucune autre région du corps. M. Rayer a traité d'un favus un petit garçon de cinq ans, dont la mère contracta plusieurs pustules sur les doigts pour lui avoir lavé la tête deux fois par jour avec une décoction émolliente. Deux sœurs de cet enfant, avec lesquelles il avait des rapports habituels, furent atteintes de semblables pustules sur la lèvre supérieure et sur les doigts.

A part la malpropreté, les causes qui, indépendamment de la contagion, peuvent produire le favus, ne sont pas bien connues. Celui du cuirchevelu est au nombre des maladies les plus fréquentes. Bien que les personnes un peu avancées en âge n’en soient pas absolument exemptes , néanmoins, il règne particulièrement chez les enfants. Le plus grand nombre des admissions faites au bureau central des hôpitaux, appartient à des sujets âgés de 7, 8 ou 9 ans ( de 5 à 7 ans surtout ).

§ V. Pronostic.

Le favus du cuir chevelu est une maladie plus dégoûtante que grave. Il ne compromet point l’existence des individus qu’il affecte. C’est bien à tort que INI. Plumbe et quelques autres considèrent le favus comme une des maladies cutanées qui exercent une action salutaire sur la constitution. Seulement, quand il est intense, et que par

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sa longue durée il constitue une sorte d’émonctoire ou de vaste révulsif, auquel l’organisme s’est pour ainsi dire habitué, il importe d’apporter toute la prudence nécessaire dans l’emploi des moyens propres à en amener la disparition.

Quel que soitle traitement employé jusqu’ici, la durée du favus est ordinairement fort longue. Cette maladie peut guérir spontanément au bout de quelques mois de durée, après avoir entraîné la chute des poils des follicules affectés. Mais le plus souvent, quand il est abandonné à luimême, le favus peut se prolonger plusieurs années.

§ VI. Traitement.

Le favus qui n occupe pas le cuir chevelu cède facilement aux bains locaux et généraux, secondés par les autres moyens antiphlogistiques locaux dont nous avons parlé si souvent (voy. en particulier l’article impétigo).

Le favus du cuir chevelu, au contraire, est une des phlegmasies les plus rebelles, surtout quand le médecin n’est pas consulté dès les premiers temps de la maladie. M. Rayer pense, qu’emplovés peu de temps après l’invasion du favus, les émollients appliqués sur la tête , préliminairement rasée, secondés par les bains généraux, et l’établissement de deux vésicatoires aux bras , suffisent assez souvent pour guérir le favus du cuir chevelu.

Dans les favus anciens du cuir chevelu , la guérison complète et radicale ne peut être obtenue qu’à la condition de I avulsion ou de la chute des cheveux , lesquels constituent une sorte de corps étranger qui entretient et alimente le travail inflammatoire. M. Rayer dit, avec raison , que cette condition est aussi indispensable au succès du traitement que l’arrachement des ongles dans certains cas d’oay.m.

Parmi les diverses méthodes épilatoires , celle connue sous le nom de calotte , est plus fameuse encore par sa barbarie que par ses succès. MM. Mahon affirment avoir vu un

330 PHLEGMASIES F.T IRRITATIONS EN PARTICULIER. enfant mourir deux jours après cette horrible opération (l’application de la calotte).

La méthode épilatoire généralement employée aujourd’hui est celle de MM. Mahon , auxquels l’administration générale des hôpitaux a confié le traitement des teigneux qui se présentent pour être admis dans les hôpitaux (i). De 1807 à 18 1 3, 439 sujets du sexe féminin ont été guéris par cette méthode, au bureau central des hôpitaux (la durée moyenne du traitement a été de 56 pansements); 469 garçons ont été également guéris au bout de 53 pansements (j’ignore quel intervalle existait entre chaque pansement). L’expérience a démontré : i° que les cheveux repoussent constamment sur les points où la pommade de MM. Mahon avait opéré une alopécie artificielle, pourvu toutefois que le favus n’eut pas profondément altéré ou détruit complètement les follicules pilifères ; a0 que cette pommade épilatoire ne donne lieu à aucun accident interne et n’altère pas le cuir chevelu.

Ajoutons que, parmi les malades dont MM. Mahon ont obtenu la guérison , un grand nombre avaient été infructueusement traités par la plupart des autres méthodes jusque là employées, sans en excepter celle de la calotte.

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