‹ Traité de nosographie médicaleChapitre 59 sur 119 · F AV C · texte numérisé non relu

F AV C

Les dépressions offrent ordinairement un point central traversé par un poil. Sous quelques croûtes anciennes, le derme est aminci, et M. Rayer l a trouvé quelquefois ramolli et (Fuit rouge violacé.

Dans le fa vus prolongé du cuir chevelu, celui-ci présente quelquefois des ulcérations superficielles au lieu de simples dépressions. Ces ulcérations peuvent avoir de deux à trois lignes de diamètre ; et dans les cas de plaques formées par la confluence des croûtes isolées, ces petites ulcérations sont elles-mêmes confluentes, mais ordinairement séparées les unes des autres par des gerçures plus ou moins profondes. Le favus du cuir chevelu détermine assez souvent une inflammation chronique des ganglions lymphatiques voisins. Des légions de poux fourmillent ordinairement entre les croûtes de ce favus, et les malades trouvent une grande jouissance à se gratter et à écorcher même les parties malades, ce qui donne lieu à la formation de nouvelles croûtes plus épaisses que les croûtes primitives, et qui diffèrent d’ailleurs de celles-ci , en ce que le sang qui s’écoule par le gratter concourt à leur composition.

Dans le favus du cuir chevelu , les croûtes sont disposées parfois de manière à représenter des espèces d'écussons ou d 'anneaux, ce qui constitue l’espèce décrite sous le nom de porrigo scutu/ata par Willan , de teigne nummulaire ou annulaire d’autres dermaLologistes, etc.

Abandonné à lui-même, 1 e favus en groupes peut s’étendre, se propager à l’instar des autres inflammations en général, ou bien encore, selon M. Rayer, par suite d’inoculations successives de l humeur ou de la poussière fournis par les groupes formés les premiers. La maladie peut entraîner graduellement la dénudation d’une plus ou moins grande étendue du cuir chevelu, et de nouvelles croûtes se forment incessamment tant que l’inflammation persiste audessous de celles qui se détachent.

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L’odeur des croûtes du favus a été comparée à celle de l’urine de chat. Lorsque ces croûtes ont été ramollies par des applications émollientes, elles exhalent une odeur différente de la précédente : fade, nauséabonde, et analogue à celle des os qu’on fait bouillir avec leurs ligaments.

Selon M. Thénard, la composition chimique de cent parties de croûtes du favus est la suivante : albumine coagulée, 70; gélatine, 17; phosphate de chaux , 5 ; eau et perte, 8.

§ III. Recherches sur le siège du favus.

D’après les recherches de MM. Mahon, les bulbes des poils ou les follicules pilifères seraient le siège immédiat de l’inflammation cutanée qui porte le nom de favus. Selon ces messieurs, la dépression du favus n’est autre chose que l’orifice du follicule devenu apparent. «Le principe faveux, disent-ils, a pour mission de détruire le bulbe des poils. Aussitôt cette destruction opérée, il s’évanouit. » En laissant de côté ce qu’il y a de trop poétique dans ce langage, on ne saurait s’empêcher de reconnaître que l’opinion de MM. Mahon est au moins très vraisemblable, opinion qui, d’ailleurs, avait été déjà proposée par Duncan et Underwood.

Considérant que le favus affecte spécialement les régions de la peau oü les poils abondent le plus, le cuir chevelu surtout, et qu’il existe constamment un ou plusieurs poils dans les croûtes faveuses, M. Baudelocque enseigne également que cette maladie siège dans les follicules pilifères. Voici comment il s’exprime sur le mécanisme de l’éruption. Le follicule sécrète une humeur qui forme bientôt un noyau concret dans sa cavité, qui s’en trouve à la fois remplie outre mesure et distendue; et comme la matière qui tend à s’échapper par le col et l’orifice du follicule s y trouve retenue, soit par la présence de l'épiderme, soit

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