CHAPITRE ONZIÈME LA HONGRIE ET LA SLAVONIE
§ L — Le royaume de Hongrie^.
La numismatique hongroise se transforme sous le règnede Charles I Robert d'Anjou (1308-42), qui introduit à la fois le florin d'or et le gros d'argent. Si \q florin au lis a pour différent une aigle, on ne peut plus le distinguer de celui que Charles IV faisait frapper à Francfort, la légende KAROLV REX s'appliquant aux deux rois ; mais si le différent est une couronnelle, la pièce appartient à la Hongrie. Les groSy copiés sur ceux de Naples et de France, représentent le prince assis sur un trône, et au revers Técu parti d'Anjou-Hongrie, parfois incliné sous un casque à col d'autruche. Leurs inscriptions varient : GROSI REGIS VNGARIE, ave gratia plena dns iecum, honor régis tudiciu(m) diligit, ou le même verset biblique avec ius dat pacem pax salutem. Les deniers et oboles du règne sont innombrables; aux types du roi assis, de son buste ou de sa tête couronnée, de sa couronne seule ou de son chiff're (K), on associe les emblèmes les plus divers: écusson, ange, aigle, faucon, autruche, château fort, heaume ou couronne au col d'autruche, fleur de lis angevine, double croix, croix fleurdelisée, couronne ailée. Souvent les emblèmes seuls sont répartis sur les deux faces de la monnaie ou alternent avec d'autres : le lion passant, le basilic, l'autruche allant couver ses œufs, trois poissons, etc. Il arrive aussi que le roi s'appelle KAROLVS PMS (primus). Beaucoup de pièces portent des lettres monétaires, dont Tusage commence maintenant et qui seront plus tard d'un grand secours pour la répartition des florins entre les princes homonymes.
Charles I«r et sa femme Elisabeth de Pologne figurent, assis ou en buste, mais toujours tournés l'un vers l'autre, sur quelques oboles,