I. Sources: p
1320 QUATRIEME PAKTIE
Louis le»* d'Anjou (1342-82), depuis 1370 roi de Hongrie et de Pologne, continue d'abord la frappe du florin au lis {différent : une couronne), puis il remplace le lis par l'écusson d'Anjou-Hongrie dans un sexilobe. A côté de ces deux espèces, il crée le florin au saint Ladislas, quj restera dorénavant le type principal du ducat hongrois. Son nom s'écrit presque toujours LODOVICVS. Sur ses gros d'argent, c'est saint Ladislas assis ou c'est le roi assis qui servent de type; deniers et oboles ne portent que le buste royal, de face ou de profil, ou la couronne, la fleur de lis, la croix d'Anjou à double traverse, etc. La série se termine par deux pièces de cuivre, dont l'une représente la tête de more des monnaies de Sicile, l'autre un écusson entouré du mot AVE trois fois répété.
Marie (1382-86), l'une des filles de Louis I«% placée sous la tutelle de sa mère, Elisabeth de Bosnie, eut le malheur de tomber au pouvoir des Croates et de rester leur prisonnière jusqu'en 1387. Ses monnaies d'or sont aujourd'hui très rares; on n'a que son ducat au saint Ladislas, et deux deniers à la croix d'Anjou, l'un avec une M gothique couronnée, l'autre, dont il existe de nombreuses variantes, avec la couronne seule.
Pendant la captivité de Marie, le royaume échut à Sigismond de Brandebourg (1387-1437), fils de l'empereur Charles IV et plus tard roi de Bohême (1420-36). Les fleurs de lis d'Anjou n'ayant plus leur raison d'être, on leur substitue l'aigle de Brandebourg ou le lion de Bohême. Sur le ducat, c'est l'écu à quatre quartiers, soit de Hongrie- Brandebourg, soit de Hongrie-Bohême, qui forme le type essentiel, et les émissions continuent d'être différenciées par des lettres et marques monétaires. Mais sur les deniers et oboles, la croix à double croisillon, qui est proprement la croix d'Anjou, se maintient, à côté de la croix pattée, qui se montre ici pour la première fois sur les monnaies de Hongrie, avec quatre couronnes dans ses cantons. L'argent n'est déjà plus qu'un mauvais billon; la frappe de grandes pièces de cuivre suit son cours régulier.
Le gendre de Sigismond, Albert d'Autriche (1437-39), en même temps roi des Romains et bientôt roi de Bohême (1438-39), n'a régné que deux ans, mais sa petite série numismatique offre des détails curieux. Sur un de ses deniers, on voit le buste couronné du roi; sur d'autres, quatre petits écussons sont disposés en trèfle et encadrés dans une bordure tréflée; un denier et une obole anonymes ne portent dans le champ du revers que deux lettres monétaires, KR, dont la dernière est surmontée d'une croisette.
Le court règne de Ladislas Jagiello (1440-44), roi de Pologne, fournit des ducats aux armes de Hongrie-Pologne-Lithuanie et surtout
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beaucoup de pièces d'appoint à Taigle polonaise. Mais comme, dans l'espace de 60 ans, il y eut trois rois du nom de Ladislas, la répartition des monnaies entre ces trois règnes n'est pas chose facile.
Après la mort de Jagiello à la bataille de Varna, nous assistons à un i n ter règne de deux ans (1444-46), pendant lequel on doit avoir continué à se servir des coins du roi défunt; seuls, quelques des billons anonymesont la légendeMONETA REGNI VNGARIE DALMACIE CROACIE ETC. Jean de H unyad, gouverneur de la Hongrie pendant la minorité de Ladislas Postume (1446-52), ajoute son blason de famille (un corbeau) aux armes du royaume. Il s'écrit Jean DE HWNIADE et prend le titre de regni Ungarie gubernator, en le complétant une fois par le nom de son pupille. Sur deux de ses deniers^ on lit : tempore lo(annis) gubernator(is).
Un nouveau type du ducat est créé sous Ladislas Postume (1452- 57), qui est en même temps roi de Bohême. A la place du saint national, on choisit l'aigle éployée avec les armes d'Autriche sur sa poitrine. Les monnaies d'appoint représentent tantôt le roi debout, tantôt la croix à double traverse émergeant de trois collines, ou les trois têtes de léopard couronnées de la Dalmatie.
Mathias Corvin (1458-90) monte sur le trône à l'âge de quinze ans. 11 fait frapper des ducats, quarts de ducat et grands gros au type de la Madone, qui, sur les pièces d'argent, reçoit le titre àtpatrona Hungan'e. Le corbeau, avec un anneau au bec, figure sur un grand nombre de monnaies. Pendant dix ans (1468-78), Mathias était roi de Bohême, duc de Moravie, de Silésie et de Lusace. Nous avons fait reproduire (p. 1308) son gros de Breslau ; d'autres pièces silésiennes sont citées p. 13 1 1 et suiv.
§ IL — Fille de Bude.
Parmi les grandes raretés numismatiques du règne de Charles d'Anjou, il faut signaler les oboles frappées au nom de la ville de Bude (MON ETA BVDE...). Leurs types sont ceux des monnaies royales (casque ou couronne au col d'autruche), mais l'une d'elles porte l'inscription LIBERTAS BVDENSIV et, au revers, les armes municipales (château à trois tours) surmontées d un dauphin. Ces pièces n'ont pu être émises sans autorisation spéciale.
Sous Louis I^r d'Anjou (1342-82), qui transféra le siège de son gouvernement de Visségrad à Bude, nous trouvons des oboles à la légende MONETA BVDENSIVM, Tune avec la grande L, initiale du nom royal, l'autre au type du cerf passant.
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§ ni. — Le royaume de Slavonie.
Le monnayage de ce petit royaume n'a duré qu'un siècle. II commence sous Bêla IV (1235-76), dont les deniers (p. 890), à côté de la légende MONETA REGIS, portent déjà MONETA DUCIS ou les sigics HR, le gouvernement de la Slavonie ayant été donné en apanage à un des fils du roi de Hongrie. Sous les règnes suivants, on emploie d'autres sigles :
*Stcphan V (1270-72), SR SL 'André III (1290-1301), RA et récusson
*La(lislas IV (1272-90), LR RL (lion debout) des Babonic.
•Otton (1305-08), OT
Charles l^^ d'Anjou (1308-42) maintient l'inscription MONETA REGIS P(ro) SCLAVONIA. mais il permet à ses chefs debanat de placer près de l'initiale du nom royal (K) celle de leur prénom : S (Stefan Babonic(i3 10-18), |(Ivan Babonic, 1313-23), M(Mladen Subie, 1312-22). On appelle les pfennings slavons : denarii banales. Bientôt, les bans se sentent plus indépendants et n'emploient plus que leurs propres sigles, en supprimant celle du roi : MB (Mikad Prodanic, 1323-42), BN (Nicolas Buzad, 1343-46, 1353-55)» NI ou NI BA (Nicolas Sec, 1346-48, 1355-66). Dans les chartes, on ne cite que les ateliers d'Agram et de Pakrac.