‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 13 sur 165 · I. Caron, Monnaks fcodaks, p · texte numérisé non relu

I. Caron, Monnaks fcodaks, p

nois), le nom KROL est inscrit dans le champ, sous une mitre; sur d autres, on voit un grand K, mitre ou non, entre deux lis. Ce seraient des contrefaçons de la monnaie française si la légende PRIMA SEDES, souvent avec GALLIARVM, n y était pas conservée. L'atelier de Tévêque était installé dans son château de Bechevilain ; Tatelier royal, transféré de Mâcon à Lyon en 1414, n'y fonctionna effectivement qu'à la fin du xv*" siècle.

§ Xn. — Principauté de Bombes ^

Au commencement du xiv*" siècle, Humbert IV de Thoire et Villars et son frère Henri, archevêque de Lyon, résidaient à Trévoux et y battaient monnaie à l'exemple de la plupart des barons et prélats du royaume d'Arles. Humbert VII, en 1402, vendit sa seigneurie à Louis II, duc de Bourbon, dont le fils, Jean I" (i4io-i4?4), ouvrit un atelier monétaire à Trévoux dès 141 4. Prisonnier des Anglais à la bataille d'Azincourt (141 5), il mourut, vingt ans après, en captivité; mais sa femme, Marie de Berry, et son fils Charles (1434-1459), comte de Clermont en Beauvoisis, continuèrent en son absence la fabrication de la monnaie, malgré l'opposition du duc de Savoie. Jusqu'ici, aucune pièce remontant à cette époque, ni à la période antérieure, n'a été retrouvée; la série numismatique des Dombes ne commence qu'avec le fils aîné de Charles, Jean II, duc d'Auvergne (1459-1488).

Jean est le premier prince français qui ait frappé des pièces d'or au type italien de la Renaissance ; il s'inspirait de celles du duc de Milan, François Sforce. Sur le teston d'or, on voit son buste, diadème, paré du collier de Tordre de Saint-Michel et entouré de la légende: lohs dux Borbonii Trevorci dns. L'ordre de Saint-Michel a été fondé en 1469, et Jean de Bourbon fut de la première promotion. Au revers du teston, les mots dextera dni exaltavit me se lisent autour de la figure du duc à cheval. Les billons sont presque tous copiés sur la monnaie royale, à cette différence que les petites couronnes décoratives sont supprimées et remplacées par des flammes, et qu'une brisure accompagne les lis héraldiques. Le nom de Trévoux est orthographié : Trevorci, Trevoici\ 7>/(volci). Comme légende de revers, le sit nomen, etc. des pièces françaises est maintenu, s'il ne s'efface pas devant des paroles de charité chrétienne : date et dabitur vobis ou dispersit dédit pauperibus,

I. Maiitcllier (P.), Notice sur la monnaie de Trévoux et de Dombes. Paris, 1844.

ANCIEN ROYAUME D ARLES

On possède un essai unique, en cuivre, de Técu d'argent que Jean II se proposait de faire frapper. Son type est le duc debout, tenant Icpce (collection Hoffmann, Monnaies féodales^ n. 46^).

Pierre H (1482-1 $03), sur les monnaies antérieures à la mort de son frère, s'appelle comte de Clermont (cornes Clan'montis), car il n'était alors que seigneur du Beaujolais. Son teston d'or existe en deux variétés : l'un pareil à celui de Jean, lautre anonyme et portant autour du buste, au lieu d'un nom propre et d'un titre, la légende pieuse: in te domine speravi (fig. i)97). Sur le billon, les lis à la brisure et le verset

dispersit dédit pauperibus se retrouvent fréquemment. Les lettres PA dans les cantons de la croix sont les initiales de Pierre et de sa femme Anne de France, fille aînée de Louis XI.

§ Xliï. — Évèché de Grenoble,

Pendant une cinquantaine d'années, les évoques de Grenoble ont monnayé en commun avec le Dauphin de Viennois, comte d'Albon. L'une des faces de la monnaie était réservée au prince qui y mettait ses armes (le dauphin) et son titre dalphinus Vien(nensis)^ sans y ajouter son nom ; le revers restait à la disposition de Tévèquc et porte la légende

eps Gronopol\ ou simplement ses Vincencius (fig. 1 598). Mais ces pièces anonymes, en argent et en billon, furent bientôt suivies d'autres, portant l'initiale du nom du dauphin. Celles d'Humbert V' (1280- I J07) ont une A', celles de Guigues VIII (1 519-13^0' ^Jï"^ O, s'il n'y a pas, comme sur le carlin, GVIGO en toutes lettres. De Jean H (i 307-

1319), on ne connaît pas de pièce attribuable à ce monnayage mixte, qui nous donne une idée des pièces analogues fabriquées à Arles et non encore retrouvées.

Cependant, nous ferons remarquer qu'à une seule exception près (denier et obole d'Humbert), les mots eps Gronopol' sont remplacés par le nom de saint Vincent sur toutes les pièces portant l'initiale du nom du Dauphin.

§ XIV. — Archevêché d'EmbrunK

On ne connaît que quatre monnaies d'Embrun, frappées par les quatre prélats suivants:

Raimond III de MéduUion (1289-1295).

Raimond IV Rabaud (13 19-1325).

Pasteur de Sarrats (1339-1351).

Michel-Etienne de Perellos (i 379-1427).

Toutes ces pièces portent au revers le mot EBREDVNENSIS. et à l'exception de Pasteur, dont le nom est écrit en toutes lettres (Pasior archi'eps), l'initiale seule du prénom (R pour les Raimond, M pour Michel) indique l'archevêque qui a exercé son droit monétaire. Il y a trois types: le prélat mitre debout, bénissant et tenant la crosse (gros d'argent attribué à Raimond III, et double denier de Pasteur), le buste mitre de profil {double denier de Raimond IV), enfin la mitre seule (denier de Michel)^ imitée de celle du pape d'Avignon. Dans des ordonnances de 1401 et 1420, Michel-Etienne figure comme faux-monnayeur; il avait maintenu son atelier à côté de celui du roi-dauphin, transféré de Mirabel à Embrun, dès l'année 1406, pour faire cesser les abus qui y régnaient.

§ XV. — Comlé, puis duché de Savoie^. Le monnayage des comtes de Savoie était extrêmement actif. Déjà

1. Maxc-Wcrly, Recherches sur ks monnaies des archevêques d* Embrun (Valence, 1890). — R. Vallentin, Documents inédits relatifs au monnayage des arclKvéqucs d'Embrun. Bull, de num. III (1895), p. 10.

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