‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 139 sur 165 · DYNASTES GRECS ET GRANDS-MAITRES DE UORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

DYNASTES GRECS ET GRANDS-MAITRES DE UORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM

Jusqu'à la prise de Constantinople par les princes croisés, l'île de Rhodes avait appartenu à lempire byzantin. Profitant de l'anarchie qui suivit cet événement, le gouverneur grec, Léon G a bal as (1204-40), se rendit indépendant et devint le fondateur d'une souveraineté qui réussit à se maintenir jusqu a la conquête de l'île parles chevaliers de Saint-Jean. Sur ses monnaies de cuivre, qui ne portent que des légendes (trois lignes sur chaque face), il s'intitule César etserpiteur de l'empereur d'Oritnt:

1. Le mot néo-gtec xapT^i'a est une détérioration de /.aXxoç, cuivre.

2. Voir la suite dans notre TraiU de num. moderne, t. I, 483.

KA\CCAP (sic) o TABAAAC O AOYAOC TOY BACIA€(w<;). Ces mots sont quelquefois accentués.

De son frère et successeur, Jean Gabalas (1240-50), nous connaissons des pièces analogues, avec |C0 O TABAAAC et le titre, plus byzantin, O AV06NTHC (seigneur) THC POAOV.

Un nombre considérable de vilaines monnaies de cuivre, souvent quadrangulaires, aux angles rabattus, et qui ne se trouvent qu a Rhodes, doivent avoir été frappées dans l'île entre 1250 et 1309, sous les Paléologues. Elles ont pour type principal la lettre B, parfois deux B accolés, ou quatre B placés dans les cantons d'une croix. Ces quatre B. qu'on a pris longtemps pour des briquets, constituaient alors les armes de Tempire d'Orient. On a aussi des pièces d'argent du xiii^ siècle, frappées par les sultans seldjoukhides et contremarquées de deux B (fig. i959)-

Fig. 1959

Les Chevaliers de l'Hôpital, chassés de Syrie après la perte de Saint- Jean d'Acre (1291), et retirés à Limassol de Chypre, réussirent en 1309 à s'emparer de Rhodes. Le conquérant de l'île. Foulques de Villaret (1305-19), grand-maître de l'Ordre, fit tout de suite acte de souveraineté en frappant une série de monnaies: gros, demi-gros et denier. Il est le créateur d'un coin qui se maintiendra pendant plus de cent cinquante ans et qui représente le grand-maître, en froc, une croisette sur l'épaule, agenouillé devant la croix patriarcale. Le revers de son gro5 (encore unique), avec sa double légende, rappelle le gros tournois

Fig. i960

français; sur le demi-gros (fig. i960), on lit FRATER FVLCO- MAG(iste)R HOSPITAL'; le denier de billon a pour types un châtel à trois tours et une croix.

Jusqu'en 1376, tous les grands-maîtres étaient d'origine française, la plupart de langue provençale. Hélion de Villeneuve (1319-46) ne

L ORIENT LATIN

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