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partit pour Rhodes qu'en 1332. Cest avec lui que commence la série des gigliatî, dont la croix se distingue des croix fleuronnées ordinaires par quatre petits ovales, fixés aux extrémités des croisillons et renfermant chacun une croisette à long pied. Le gigliato d'Hélion (fig. 1961) oflFre
Fig. 1961
deux variétés; il faut regarder si la barbe du grand-maître est longue ou courte, et si son froc a le capuchon ou non. En voici les légendes: FR(ater) ELION DE VILANOVA DEI GRA- MR — OSPITAL- S- lOHIS- IRLNI • 9T (conventus) RODI.
A Dieudonné de Gozon (1346-53), devenu célèbre par son combat avec un crocodile, nous devons le premier yZor/n ou ducat d'or. Cette pièce, imitée des sequins de Venise, figure le grand-maître à genoux, recevant des mains de saint Jean-Baptiste une bannière; au revers, l'ange assis sur le tombeau du Christ tient un sceptre fleurdelisé. Il est vrai que les successeurs de Gozon (DÉODAT • D : GOSONO)? jusqu'à Fluviano, n'ont plus de ducats dans leurs séries monétaires, mais ils doivent en avoir frappé, et on les retrouvera un jour. A Rhodes,
le ducat valait 6 — besants
le besant — i — gigliati
le gigliato — 2 aspres Taspre — 8 carats le carat — 2 deniers.
Lq gigliato de Pierre de Corneillan (1354-55) porte F* PETRVS CORNILLIANIou CORNILLIANO. Sur ceux des grands-maîtres suivants, et sur les aspres^ on voit, à partir de Roger de Pins (1355-65), régulièrement un écusson ou une pièce héraldique dans le champ. Roger (ROGIERIVS D. PINIBVS)y place une pomme de pin, même sur ses deniers anonymes, qui ne sont reconnaissables qu'à ce détail; Raymond, fils de Bérenger (1365-74), dont on ne connaît que Vaspre (RAIMVNDVS BERENGARII), et Robert de Juilly (ROBERTVS D. GVLIACO. 1374-76) y mettent leurs armes.
De l'Espagnol Jean de Heredia (1376-96), fils de Fernand (lOA- NES FERRANDI ou FERDINANDI), un des combattants de la bataille
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de Crécy, et de Philibert de Naillac (1396-1421), anciennement grand-prieur d'Aquitaine (PHILIBERT • DE NAILLACO ou NEILHACO), on a aussi le tiers de gigliato; mais sur les pièces de ce dernier, les légendes du revers sont à peu près inintelligibles. Enfin, deux nouveaux ducats font leurapparition sous le gouvernement d'Antoine Fluviano (1421-37), qui faisait graver ses coins à Venise. L'un deces ducats représente saint Jean tenant la bannière, l'autre est identique au sequin de Venise, car le grand-maître y reçoit la bannière des mains de saint Marc. Comme Hërédia, Fluviano était d'origine espagnole; ses monnaies d'argent se réduisent au gigliato, dont les subdivisions ne sont pas retrouvées encore; ses noms sont écrits en latin : ANTONIVS FLV- VIANI, tandis que son titre est en italien : grammastro(pu gran ma[str]o) di Rodi.
Nous arrivons à deux anciens grands-prieurs d'Auvergne, Jean de Lastic (i437-54)et Jacques de Milly (1454-61), dont on n'a que des aspres. Le premier (JOHS D. LESTIC ou lOHS LESTIC. rarement DE LASTIC) choisit, pour le revers de ses pièces, un dessin nouveau : saint Jean à mi-corps, portant l'agneau et l'étendard, type que ses successeurs adoptent à leur tour. Du second (lACOBVS DE MILLI ou MILI) on possède aussi le ducat d'or. Deux aspres seulement sont connus de Pierre Zacosta (1461-67), fils de Raimond (PERE RAMON SA- COSTA)» qui appartenait à la noblesse castillane; l'Italien Jean-Baptiste Orsini (1467-76), qui avait été grand-prieur de l'Ordre à Rome, fit frapper des ducats vénitiens et les derniers gigliati avec leurs subdivisions, Yaspre et le sixain. Son nom s'écrit BAPTISA (sic) DE VRSI- NIS. C'est avec lui que finit la numismatique médiévale de Rhodes, et les monnaies de son successeur seraient mieux à leur place dans notre volume suivant.
En effet, l'abandon du gros et l'introduction d'une espèce plus forte, se rapprochant du thaler, est due à un grand-maître français, le cardinal Pierre d'Aubusson (1476-1503), descendant des anciens vicomtes de la Marche. Ses premiers ducats ont encore des lettres gothiques, qui, peu à peu, cèdent la place aux lettres romaines, jusqu'à leur disparition complète. Comme types, la grande pièce d'argent de Pierre porte, sous un chapeau de cardinal, Técu écartelé aux armes de l'Ordre et des d'Aubusson (croix ancrée); au revers, entouré de la légende: ecce agnus deiy ecce qui tollit peccata mundi, saint Jean debout tient la bannière et l'agneau. Sur le demi-écu, les armes sont écartclées dans le champ, mais la figure du revers reste la même, comme sur le denier d'argent ou de billon, qui n'a plus que les armes personnelles du grandmaître, une croix ancrée.
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Aimeri d'Amboise (1503-12), frère du cardinal d'Amboise, conserve ce nouveau système et cette nouvelle figure du saint Jean debout. Son ducat simple a l'aspect d'un sequin de Venise ; mais son double ducat porte au revers le type du vieux mouton d'or français : l'agneau tenant la bannière {ecce agnus det etc.), tandis que le champ de la face principale est écartelé à ses armes et à celle des Hospitaliers. Il s'appelle MERICVS ou EMERICVS DAMBOYSE. A l'ecwetau demi-écu, il ajoute le quart; sur ses denierSy on voit tantôt la croix de Jérusalem (^ l'agneau au pennon), tantôt l'écu à ses armes ou d'autres combinaisons héraldiques.
Les monnaies de Gui de Blanchefort (15 12- 13), neveu de Pierre d'Aubusson, et qui mourut pendant la traversée, ont été frappées en Europe. Ce sont des cuivres à l'écu écartelé (GVI DO: DE; BLANCHE- FORT) et à l'écu de l'Ordre (IN HOC SIGNO VINCES).
L'amiral génois Fabrice del Carretto (1513-21) est le dernier grand-maître dont nous ayons une série monétaire à peu près complète : sequin d'or, écu d'argent, demi et quart d'écu, tous d'une extrême rareté. L'île de Rhodes tomba au pouvoir du sultan Soliman le i'^ janvier 1523, pendant la maîtrise de Philippe Villiers de l'Isle- Adam (1521-23) qui, avant son élection, fut grand-prieur de France et résidait à Paris. Les pièces frappées à Rhodes par Philippe Villiers (PHPS DE LILE ADAM) se réduisent à un ducat vénitien et à un demigros d'argent, donf il existe une variété en or. Cette variété représente son buste, de profil à gauche, coiffé d'un bonnet; Técu écartelé du revers est cerné du verset biblique : da mihi virtutem contra hosies tuos.
En dehors de ces pièces dont l'attribution n'est pas douteuse, on possède un certain nombre de deniers anonymes au type du châtel et à la légende MAGISTER OSPITALIS. Ceux qui portent, en outre, les mots CIVITAS RODI doivent appartenir aux premiers successeurs de Foulques, les autres, avec CONVENTVS RHODI etc., résistent au classement chronologique et doivent se répartir entre plusieurs grands-maîtres.
§ VL — Principauté d'Achaïe.
Un seul nom reste à ajouter à la liste des princes d'Achaïe que nous avons dressée plus haut (p. 917). C'est celui de Robert d'Anjou- Tarente (1346-64), le dernier souverain qui paraisse avoir frappé des deniers tournois {KO^l F ACHI) à Chiarenza. Ses pièces d'or sont des imitations de monnaies étrangères : \t florin au lis (R • CLAR-ENTIA) et le ducat vénitien, tous deux du plus mauvais aloi.
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§ VIL — Duché de y Archipel \
On sait (p. 922) qu'en 1210, l'empereur latin Henri avait conféré à un noble vénitien, Marc Sanudo, le titre de Duc de la Dodécanèse ou de la Mer Egée. Le prince eut sa résidence à Naxos. Ses arrière-petits-fils Nicolas I^^"" (1323-41) et Jean (1341-62) ont frappé monnaie, de petites oboles d'argent au type de la tête chevelue de face, avec, autour de la croix du revers, l'inscription : AGIOPEL' NIXE ou NIXIE.
§ VIIL — Les Génois seigneurs de Chio,
L'an 1304, le Génois Benoît Zaccaria, apparenté à la maison des Paléologucs, s'empara de l'île de Chio et la reçut ensuite en fief. Ses petits-fils, Benoît II et Martin Zaccaria (1314-30), ont frappé des quarts de ducat, l'un à leurs armes, l'autre au Christ assis, puis quelques
jolies pièces d'argent qui représentent le mur d'enceinte de Chio (CIVITAS SYI) avec ses tourelles (fig. 1962). Les deux frères n'y mettent que les initiales de leurs prénoms, M'7'B. puis ZA ou ZA- CHARIE en toutes lettres, et s'appellent servi tmperatoris pour reconnaître la suzeraineté d'Andronic Paléologue. Le nom de Martin Zaccaria seul (M'Z) figure sur un matapan au type du seigneur debout, recevant la bannière des mains de saint Isidore, patron de l'île; ses deniers tournois portent aussi la légende CIVITAS SYI.
Après un court interrègne de gouverneurs grecs, les Génois prirent définitivement possession de Chio en 1346. De cette seconde période datent les curieux gigliaii anonymes {ï\^. 1963), où la légende DliX lANbSNS QI5EN (sic) DEI5S P(ro)TEGAT entoure l'image du doge assis de face et coiffé de son chapeau caractéristique. Le nom du roi Conrad, écrit au revers, ne pouvait manquer sur une monnaie génoise. Sur le tiers de gigliato, il n'y a que le buste du doge, et la formule « que dieu protège » y est supprimée, mais le nom du roi Conrad s'y retrouve; le denier tournois conserve le type traditionnel du château fort.
Dès la fin du xiv^ siècle, la compagnie de patriciens génois établie à