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LES CONTREMARQUES

Comme dans la numismatique grecque et romaine, les contremarques jouent un rôle important sur les monnaies du moyen âge. 11 est rare qu'une contremarque soit un simple caprice d'orfèvre ; dans la plupart des cas, l'apposition d'un poinçon indique que la pièce a été contrôlée, soit dans son pays d'origine, soit par un gouvernement étranger, et que rien ne s'est opposé à lui donner libre cours dans le pays désigné par la contremarque. Une variété vraiment prodigieuse de ces poinçons se trouve sur les gT05 de Wenceslas III, roi de Bohème, qui inondèrent l'Allemagne pendant tout le xv« siècle, changeant, d'année en année, de poids et d'aloi, et provoquant partout la contrefaçon ou le faux monnayage. On signale des exemplaires qui portent quatre poinçons différents. L'an 1422, les Hussites s'étant emparés des mines d'argent et de l'atelier royal de Kuttenberg, on y frappa de grandes quantités de gros de Bohême, avec les coins mêmes du roi, mais d'un poids inférieur et d'un métal moins pur. Cette émission frauduleuse amena naturellement des interdictions de cours, et pour distinguer plus vite d'avec la fausse monnaie les pièces reconnues bonnes, on mit sur celles-ci une marque aux armes du prince ou de la ville qui les avait vérifiées et qui en autorisait le cours. Malgré cela, l'an 1423, le Wurtemberg et les villes de Souabe se virent forcés d'interdire absolument la circulation du gros de Bohême, les poinçons (aigle ou étoile) qu'on y avait apposés n'empêchant pas le cours des pièces non estampillées. Voici la liste des contremarques relevées, jusqu'ici, sur cette monnaie :

I. Grote, Mûnistudicn, t.VI, 12$. VII, 387.— Fiala, Sammlung Do»^^a««-, p. 86-88. III. 90

Aalen-sur-le-Kocher.

Aix-la-Chapelle.

Amberg.

Augsbourg (ville et évêché).

Bamberg.

Brème.

Brunswic.

Constance.

Erfurt.

Francfort-sur-le-Mein .

Goslar.

Hall-sur-le-Kocher.

Isny.

Kamenz.

Kaufbeuern.

Kempten.

Mâhringen.

Mulhouse.

Munich.

Murbach.

Neisse.

Nordhausen.

Nôrdlingen.

Nuremberg.

Pologne (voir p. 1325).

Ratisbonne.

Ravensbourg.

Salzbourg.

SchaHhouse.

Schlettstadt.

Schweinfurt.

Stade.

Stargard.

Strasbourg.

Straubing.

Ulm.

Urach.

Wangen.

Worms.

Wurtemberg.

Wurzbourg.

Zwolle.

Quelques autres restent à déterminer; la marque attribuée à Liège n'est pas de cette ville.

Mais les gros de Wenceslas ne sont pas les seules pièces qu'on ait poinçonnées. Les gros de Misnie se trouvent dans le même cas. On possède des Jlorins d'or de Juliers contremarques à Lubeck, des rosesnobles d'Edouard IV d'Angleterre portant les armes de Cambrai, de Groningue et de Danzig; Vange d'or d'Henri VII était contrôlé en Hollande, celui d'Henri VIII en Zélande, le gros d'un Galéaz de Milan à Isny, dans le Wurtemberg. En Orient, où le manque de monnaies d'appoint devenait une véritable entrave au commerce, les conquérants autorisaient volontiers le cours des espèces frappées par les vaincus. Très souvent, les pièces du royaume de Chypre portent des contremarques vénitiennes; les monnaies seldjoukhides ont des poinçons byzantins (p. 1414), et sur les cuivres de l'empire de Constantinople on voit des poinçons arabes.

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