CHAPITRE DIX-NEUVIÈME L'ARMÉNIE ET LA GÉORGIE
§ I. — Le Royaume de la Peiite-Anninie.
Héthum II (1289-1305), succédant à son père Léon III, se convertit avec son peuple à la religion catholique, pour obtenir Tappui du pape contre les Musulmans, dont les incursions devenaient de plus en plus menaçantes. On n'a de lui que des pièces de cuivre, en deux modules, imitations des coins de Gui de Lusignan, roi de Jérusalem, des émirs de Konieh et des empereurs latins de Constantinople. Elles représentent le roi assis de face, le roi à cheval, ou sa tête couronnée de face; le pied de la croix, souvent à double traverse, est enjolivé de feuillages. Toutes ces monnaies sont frappées dans la ville forte de Sis. Le roi ayant abdiqué deux fois, ses frères Thoros (Théodore) 1 1 1 (1293-95), Sempad (1295-98) et Constantin II (1298-1300) prirent successivement le pouvoir. Leurs monnaies portent les types nationaux du lion passant et des deux lions adossés contre une croix longue, mais les pièces des Lusignan (roi assis) et des Seldjoukhides de Konieh (cavalier) continuent de servirde modèles et se retrouvent sous Léon IV (1305-7), Ochin (1308- 20) et Léon V (1320-42).
A la mort du dernier descendant de Roupène, les barons offrirent la couronne à Jean de Lusignan, qui régna sous le nom de Constantin III (1342-43), mais dont on ne signale pas de monnaie. De son frère Gui de Lusignan (1343-45), il n'existe qu'un tahégan d'argent au type du cavalier. Un parent de la dynastie roupénienne, Constantin IV (1345- 63), élu après l'échec des princes de Chypre, fit frapper une pièce d'or, la seule de toute la série arménienne. Ce /énar d'or, au type du cavalier, figure un château à trois tours (légende : cest le château royal de Sis\ copié sur celui des monnaies de Tripoli.
Les derniers princes arméniens dont on ait des monnaies sont
aUATRlÈME PARTIE
Pierre de Lusignan (1368-69), roi de Chypre, et Léon VI, un de ses parents. Pierre, qui se trouvait à Rome au moment de son élection, fut assassiné avant son arrivée en Cilicie; Léon mourut à Paris (1393) et nous voyons son inscription tombale dans Tabbaye de Saint-Denis. Dès 1374, la Petite-Arménie fut conquise par les troupes du sultan de Bagdad.
§ IL — La Géorgie.
Après l'invasion des Mongols (vers 1244), les rois bagratides sont obligés de mettre sur leurs monnaies le nom du khan qui, en réalité, est le maître du pays. Ils le font en se servant de la langue mongole et se contentent parfois d'un simple monogramme géorgien, indiquant leur nom. L'ordre chronologique de ces rois est le suivant :
•Dawith V Soslan (1243-69). •Giorgi VII (i 395-1407).
•Démétré II le Dévoué (1273-89). •Costantiné II (1407-14).
•Dawith VI (1292-1310) et Wakhtang III •Démétré d'Iméreth (1447-52).
(1301-07). •Giorgi VIII (1452-59).
•Bagrat V (i 360-95). •Bagrat d'Iméreth.
Sur une monnaie de Dawith V, on voit le prince à cheval ; celles de Bagrat V représentent le roi et la reine debout (fig. 1967), tenant ensemble une croix, et, au revers, la sainte Vierge assise. Plus tard, sous Giorgi VIII, des têtes de profil ou de face, à longues moustaches, ou
le roi couronné debout, en robe byzantine, se montrent sur des pièces d'argent infiniment barbares. Mais ce sont les dernières traces du monnayage chrétien.
Déjà, des inscriptions mongoles, très développées, envahissent les deux faces de la pièce. Dawith V s'appelle, en arabe, sur ses monnaies frappées à Tiflis : serviteur du khan ?naitre du monde, Daoud roi, ou par la toute-puissance de Dieu, serviteur du pouvoir de Gaïouk-khan, Daoud roi. Giorgi VII et Costantiné II placent leur nom et leur titre, en géorgien, dans une bordure carrée, mais en réservant le revers à une légende mongole : au nom de dieu. Démétré d'Iméreth s'intitule encore Roi des rois; son exemple n'est plus suivi par ses successeurs.
Fig. 1967