I. Wiener mm. Zeitschrift, t. XXXIII, 226 (Jul. Cahn
Fig. 1827
§ XXIX. — Fille de Bâle.
Dans le dernier quart du xiv« siècle, les bourgeois de Bâle prirent la Monnaie épiscopale à leur propre compte; on attribue à cette date les bractéates, muettes ou marquées des lettres BA. ornées du baselstab^ c'est-à-dire des armes de Bâle (non de Tévèché). Au xv« siècle, la ville, adoptant le système monétaire du Rappen-mûn^bund, émit, comme ses voisines de TAlsace et du Brisgau, des pièces de 4 rappen (doubles vierer)^ puis, à partir de 1435, le gros et le demi-gros. Le GROSSVS * BASILIENSIS (fig. 1827) a pour type les armes de Bâle et, au revers, la légende salve regina misericordie dulcedo vita(e) en deux cercles entourant la croix.
Le revers du demi- gros (MONE- TA- NOVA -BASILIENSIS) porte la Vierge à Tenfant avec ave Maria gracia p(lena). Le verset gloria in excelsis d(eo) orne le double vierer, tandis que le simple (créé en 1462 et ne valant que 2 rappen) répète les premiers mots du gros : salve regina miserQcordïaé).
En 1429, TempereurSigismond établit à Bâle un atelier impérial pour la frappe du^onw d'or, mais deux ans après, il le mit en gage, et le monnayage fut continué, pendant 80 ans, par son créancier Conrad de Weinsberg et les descendants de Conrad. Nous avons des florins d'or bâlois aux noms de Sigismond, Albert II, Frédéric III et Maximilien I^^ (jusqu'en 1 509). Types : le globe impérial et, au revers, la Vierge à l'enfant avec l'écusson des Weinsberg. Ces pièces n'ont pas de millésime antérieur à 1491.
§ XXX. — Ville de Soleure.
Les bractéates au nom de saint Ours (p. 7^5) sont remplacées, dès le xiv« siècle, par celles qui représentent le buste du saint, parfois casqué et en cotte de mailles, entre les lettres S-0, et qu'on regarde comme plus spécialement municipales.
De 1310a 1 38 1 , la Monnaie était affermée par l'empereur à la famille de Thorberg, dont les bractées portentune tour, armes parlantes de ces seigneurs. Mais la ville fit partie de l'alliance monétaire de 1 377.
1240 dUATRlfeME PARTIE
Vers le milieu du xv^ siècle, Soleure abandonne le système des monnaies unifaces et fait frapper Atsfunfer et des plapparts en billon. On y voit récusson de la ville, surmonté de Taigle impériale et accosté de S-O. Au revers, les mots SANCTVS VRSVS (quelquefois avec MARTIR) entourent une croix ou bien la figure du saint debout, armé de pied en cap et tenant une bannière.
§ XXXI. — Ville impériale de Berne.
Les bractéates à Y ours passant durent jusqu'au xvi« siècle. Une série importante de monnaies bernoises en billon porte au rever§, autour de la croix, la légende SANCTVS VINCENCIVS. Ce sont d'abord les plapparts et tiers deplappart (ces derniers très rares) frappés en 1421 et qui se maintiennent jusqu'en 1 528; puis les bat^en (de bet:^, ours) ou rollbat^en qui ne sont pas antérieurs à 1490. Le bat^en valait 24 haller ou 4 kreu^er, le plappart valait 1 s haller. L'avers de toutes ces pièces porte les armes de la ville, Tours passant, et au-dessus, l'aigle de l'Empire. La frappe de l'or, autorisée par une bulle du pape Sixte IV, commence en 1479, peut-être plus tôt. Saint Pierre debout, tenant la clef et révangiliaire,est le type choisi pour le florin d'or.
§ XXXII. — Ville de Burgdorf.
Au xiv« siècle, les comtes de Kyburg, seigneurs de la ville de Burgdorf (1 218-1384), ont frappé de petites bractéates quadrangulaires d'un assez bas titre. On y lit le mot BVRDORF autour d'une tête dîadémée de face, ou bien, les lettres B-V accostent un personnage en buste, coiffé d'un chapeau à larges bords. C'est probablement l'effigie du comte.
L'an 1 328, rpmpereur Louis IV avait accordé à Eberhard de Kyburg le droit de battre monnaie. Rodolphe prit part à l'alliance monétaire de I ^77. Après la vente du fief aux Bernois (i 384), l'atelier des Kyburg fut transféré à Wangen, mais pour une très courte durée, et au renouvellement de l'alliance (i 387), la ville de Burgdorf s'y associa en son propre nom.
§ XXXin. — Ville impériale de Friboutg, De 1277 à 1442, la ville appartenait à la maison d'Autriche. En 1452,
elle se donna un nouveau maître, le duc de Savoie, puis se fit admettre dans la confédération suisse en 1481.
Le droit monétaire lui avait été conféré, l'an 1422, par l'empereur Sigismond,.mais l'atelier ne se trouva prêt qu'en 1455. On émit d'abord de petites pièces concaves, deniers et mailles, au blason de la ville (château fort SiWQC l'aigle impériale, parfois les lettres F-B). Plus tard, dès 1446, on frappa des gros, demi-gros et tiers de gros, suivis de toute une série de billons: plappart, fûnfer et fort (à 5 haller). La croix du revers y est régulièrement entourée de la légende SANCTVS NICO- LAVS.
§ XXXIV. — Fille de Ltuernc',
Lucerne, comme d'autres villes suisses, reçut ses droits monétaires de l'empereur Sigismond à Tépoque du concile de Constance (1418), mais son nom figure déjà parmi les signataires du Rappenbund de 1 ^87. Les petites pièces concaves, qu'elle faisait frapper de 1422 à 1426, étaient en argent, plus tard en billon. Elles portent Técusson communal. Bientôt \e plappart de billon (MONETA • LVCERNENSIS) parut à son tour, avec le vierer et le kreu^er. Au revers de ces pièces, on lit le nom de saint Léodegar. Le même saint, avec l'instrument de son martyre, le foret, apparaît en pied depuis 1484 sur le schilling et en buste sur le demi'bat^en.
§ XXXV. — Canton de Schw\%,
On cite quelques bractéates du xv« siècle portant 1 ecusson du canton, qui est de gueules (PooXe^ Swiss coins inthe South Kensington Muséum, p. 542).
§ XXXVL — Abbaye d'Einsiedeln.
On attribue dubitativement à cette vieille abbaye de l'ordre de saint Benoît les bractéates carrées qui représentent un corbeau sous une croisette. Le corbeau ferait allusion à la légende de saint Meinrad, fondateur de Fabbaye.
1. Gitalogue de la vente Dreyer-Wengi,Z.M^«'«tfr Mûnieniind MedailUn, Francfort (^Ad, Cahti), 1904.
§ XXXVn. — Possessions suisses de la Maison d'Habsbourg (Zofingen) ^
Aux p. 7^2 et 755, nous avons parlé des bractéates quadrangulaires frappées à Zofingen. En 1 285, Zofingen passa sous le sceptre de Rodolphe d'Habsbourg et devint la capitale des possessions autrichiennes en Suisse. Les ducs d'Autriche continuèrent la fabrication de ces bractéates, en prenant pour type une couronne ducale parée de plumes de paon ou un casque orné de la même couronne et des mêmes plumes. Les lettres Z ou Z-0 n'y figurent pas toujours.
En 1415, la ville fut conquise par les Bernois. Les bractéates portant le blason municipal de Zofingen semblent appartenir à Tépoque qui suivit cette conquête.
§ XXXVIIL — Fille de Laufenbourg.
Les comtes d*Habsbourg-Laufenbourg ont exercé, au xiv^ siècle, leur droit de monnayage en frappant de nombreuses petites bractéates, la plupart quadrangulaires, rarement arrondies. Ces pièces représentent le buste du lion d'Habsbourg entre les lettres L-o. L'an 1564, Rodolphe VIII (J- 1582) engagea sa Monnaie à la ville, qui se servit des mêmes coins. Ayant obtenu, en 157^, de l'empereur Charles IV, la confirmation de son privilège, le comte choisit un autre type, allusif au décor de casque des comtes de Rapperswil, un col de cygne, qu'il venait d'admettre dans son blason (1572). Sur ses nouvelles bractéates, on voit un casque couronné, surmonté d'un col de cygne qui tient dans son bec un anneau de mariage. Légendes: Lo, L-O. Z. L'an 1587, Jean IV d'Habsbourg (-}- 1408) prit part à l'alliance monétaire des villes suisses et du Haut-Rhin, mais bientôt il vendit la seigneurie de Laufenbourg à Léopold d'Autriche. L'archiduc Sigismond(i469), pressé par ses créanciers, la donna en gage àCharles-le-Téméraire; puis Maximilien I^^ renouvela le privilège (1503), et la ville fit frapper des plapparts, vierer et doubles vierer à ses propres armes (Jion debout). Les plapparts eurent au revers un saint Jean-Baptiste, les vierer la croix du Rappenbund ^ La jalousie des villes voisines mît fin à ces émissions dès 1507.