Jul. Cahn, àer RappenmmiTibundy p
§ XXXIX. — Zurich, abbaye et ville impériale.
Pendant tout le xiv« siècle et même le xv^^, les bractéates de Tabbaye, d'un beau travail, conservent leur forme quadrangulaire. On y voit le buste de Tabbesse, posé de face, voilé, souvent paré d'un collier et d'un diadème de perles (p. 752). Leur légende, s'il y en a, est Z-V, Z-i ou ZVRICH. Les bractéates rondes, avec quatre besants au pourtour, datent de 1424, époque d'un traité monétaire conclu avec Schaffhouse et Saint-Gall. Cette convention stipulait que les monnaies nouvelles n'auraient plus de cercle perlé et que ce cercle serait remplacé par quatre besants. Un des coins ayant servi à frapper ce type existe encore aux Archives de Zurich.
Quant aux bractéates municipales, on en connaît une quadrangulaire, où l'aigle de l'Empire est entourée du mot Z'V-R'hC'H, chaque lettre séparée de la suivante par un annelet. Elle est du xiv^ siècle, antérieure à l'octroi du droit de monnayage, et ne peut avoir été émise qu'avec l'autorisation de Tabbesse de Frauenmunster qui aura mis son atelier en gage. Le même type, ou l'aigle dans un écusson, reparaissent sur des bractéates rondes, à cercle perlé, qui, d'après les chroniques, datent de 1400. Mais le nom de la ville de Zurich figure déjà parmi les signataires du Rappenbund {\ -^-j-] et 87). Ce ne fut qu'en [425 que la ville obtint formellement, de l'empereur Sigismond, le privilège de battre monnaie.
Lt plappart de billon,à lettres gothiques, ressemble beaucoup à celui de Saint-Gall de 1424. On y voit Charlemagne assis (SANCTVS KAR- LVS)» nimbé, en grand costume, et tenant des deux mains son épée, posée sur les genoux. Au revers, l'écusson de Zurich (MON ETA NO' THVRICENSIS) est timbré de l'aigle impériale. Cette pièce est connue sous le nom populaire de krayenplappart (plappart à la corneille), parce qu'on prenait l'aigle pour une corneille. Une monnaie d'or au type de Charlemagne assis est déjà du xvi^^ siècle, l'écriture gothique s'étant maintenue à Zurich jusqu'en 1 5 30.
§ XL. — Abbaye de Saint-Gall.
L'abbaye de Saint-Gall ne fit frapper, au xiv^ siècle, que des bractéates à Tagneau pascal (/a;nmj!?/ènn/ng^5),quadrangulaires ou rondes. L'agneau est tantôt nimbé, tantôt sans nimbe, et porte une croix avec ou sans
bannière. D'autres bractées, très grandes et d'un très beau travail, ayant pour type le buste du saint, de face, et la légende MON ETA SANCTI GALLI, remontent probablement plus haut, jusqu'au premier quart du xiii^ siècle. Ce sont les Galluspfennings. Quant aux monnaies à l'ours {bdrpfennings), nous savons qu elles sont les dernières de la série, et qu elles ont remplacé les bractées à l'agneau. Quoique unifaces, elles ont déjà une certaine épaisseur.
§ XLI. — Ville impériale de Saint-GalL
L'an 1415, lempereur Sigismond, pendant son séjour à Constance, accorda les droits monétaires à cette nouvelle ville impériale. On croit que les bàrpfennings , cités parmi les monnaies des abbés de Saînt- Gall, et qui représentent un ours entre les lettres S-G. ont été émis, en partie, par la ville. L'an 1424, Zurich, Schaffhouse et Saini-Gall signèrent une convention qui les engageait à frapper des pièces uniformes. Bien que ce traité fût de courte durée, il nous en reste un spécimen inappréciable: la plus ancienne monnaie suisse datée. C'est le gros de 1424, qui porte à Ta vers la légende monda nova Sant. Galli autour d'une croix avec Técusson à l'aigle ; au revers : l'ours debout, caressant saint Gall nimbé et tonsuré (Santius Gallus 1929). La pièce offre, en effet, de grandes analogies avec un plappart de Zurich, et la présence de Taigle impériale défend de Tattribuer à l'abbaye. Vnplappart de billon, à la légende gothique Sanctus Othmarus est de la fin du xv« siècle.
§ XLII. — Ville de Diesscnhofen,
De cette ville, entourée de murs en 1178 par le comte Hartmann de Kybourg, nous avons de petites bractéates de la fin du xiv« siècle (après I ^87), portant une tète de face et la légende + DIONYSIVS. C'est la tète de saint Denis, patron de la cité. Diessenhofen appartenait alors au duc Albert d'Autriche.
§ XLIII. — Abbaye de Rheinau,
Cette abbaye (Augia Rheni) doit avoir continué la frappe de ses bractéates muettes, au type du saumon recourbé, jusqu'en 1408, où son atelier monétaire passa aux mains du comte Jean IV de Habsbourg-
Laufenbourg. Sur les bractées de celui-ci, on retrouve le casque, surmonté du col de cygne, avec Tanneau de mariage dans son bec, maïs placé entre les lettres R-|. D'autres bractées aux lettres R-| représentent le casque couronné et orné de plumes de paon ou de cornes de buffle. Le comte Jean étant mort dans Tannée même de son investiture, labbaye reprit certainement ses droits. L'an 1450, l'empereur Sigismond donna la Monnaie de Rheinau au.x comtes de Sulz, alliés et héritiers des Laufenbourg; en effet, le comte Alwig de Sulz, de même que ses descendants jusqu'au xvii« siècle, ont frappé monnaie aux armes de l'abbaye et de la ville de Rheinau.
§ XLIV. — Fille de Schafjome.
En 1}^, la ville obtint de l'abbaye, contre une faible rente annuelle, le droit de monnayage. Sur ses bractéates figure le bélier héraldique (ses armes parlantes) dans diverses attitudes, tantôt à mi-corps, bondissant hors d'une tourelle à toit pointu, tantôt en entier, à côté de la tourelle ou sans elle. Ces dernières doivent être les plus anciennes, car en 1415 seulement la tourelle entre dans le blason de Schaffhouse. Deux fois (i 577 et 87) la ville s'associa au Rappenbund, mais la monnaie émise en vertu de la convention de 1 ^87 donna lieu à des plaintes. Nous avons vu que peu après, en 1424, les trois villes: Schaffhouse, Saint-Gall et Zurich prirent l'engagement de frapper des monnaies de taille identique; on n'en connaît que de Zurich et de Saint-Gall.