‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 88 sur 165 · Zeitschr if t fur Ntim., t. XIX, 20 (Buchenau · texte numérisé non relu

Zeitschr if t fur Ntim., t. XIX, 20 (Buchenau

3. Voir p. 658.— Grote, Mûnistudien, t. VII, 492.— Zeitschrifl fur Num., t. XIX, 24 (Buchenau).

I28o QUATRIÈME PARTIE

(FREDER- MILES DO') et au saint Swidbert assis (SANCTE SVE- NOIER); mais d'autres sont anonymes (MON ETA VILDESHVS) et ne portent que les noms des saints Paul, Swidbert et Rembert (REI- GNEVS)'.

§ XXIII. — Seigneurie de Diephol'^^,

Le monnayage de Diepholz commence par de petites bractéates muettes de Rodolphe III (1300-50), figurant les armes du seigneur: deux bois de cerf en pal. Les ^ew/er^ de Jean II (i 577-1421), pareils à ceux de Munster et d'Osnabruck, sont au type de l'évêque assis et portent, au revers, soit l'écusson seul {bois de cerf; lion et aigle), soit la tète de saint Paul avec l'épée. Beaucoup de ces pièces ont la légende MONETA WESTER (Twistringen?). ht florin ^'or anonyme, au saint Etienne (MONETA- NOVA- AVREA- DE- DIPH'). frappé sous Rodolphe VII (1473-15 10), est perdu; mais on a le schilling dt Rodolphe, son quart de schilling et plusieurs pfennings, unifaces ou bifaces (NOBL' RODOLP' D* DIPHOLT), copiés sur les monnaies d'Osnabruck et presque tous à décor héraldique. Les mêmes espèces ont été frappées sous Conrad VIII (1493-15 14) et son frère Jean V (1 510-45), mais nous n'en possédons plus la série complète. Notre Traité de numismatique jnoderjie, t. I, 240, s'occupe des monnaies de Frédéric V^.

§ XXIV. — Comté d'Oldenbourg^.

L'atelier monétaire n'est pas mentionné avant 1 310. Dans le privilège accordé. Tan 1345, à la ville d'Oldenbourg, le comte se réserve les droits régaliens. On donne à Otton III (7 1 301) et à son fils Jean V de petites bractéates muettes, à bords rayonnes, portant Técu triangulaire à deux fasces, ou bien un casque à cinq pavillons fascés, ou simplement un O. A Jean XI (| 1 345), on attribue les premiers g^ro5 tournois avec rMronw5c/m (MONETA- OLDENB'. ou lOHANES- COMES), à Conrad I" (1345-68) ceux qui ont CONRADVS COMES. Le gros imitant

2. Les mots corrompus SVENOIER et REIGNEVS ont toujours semblé énigmatiques. Nous adoptons l'explication de M. Frôhner.

2. Grote, MûtiT^studien, t. IV, 252. — Buchenau, ZeitscÎTrift f. Xum.,x.. XIX, 16.

3. Grote, Mfinisludien, t. III, 65. — Merzdorf, Oldenburgs Mûn:^en und Mcddiïîen (Oldenbourg, 1860). — Buchenau, Zeitschrijt Jïir Nuvt., t. XIX, 28.

Ceux de Brème et de Munster fait son apparition (anonyme ou avec le nom du comte) un peu plus tard, sous Conrad II (1342-1401) et son frère Christian VI (7 1398), qui s appelle KERSTIANIS. On y voit révêque bénissant, tenant Técu d'Oldenbourg (SANCTVS- LAMBER- TVS). ^ tête mitrée ou sans mitre, avec la main armée d'une épée; dessous, reçu à deux fasces (MONETA OLDENBORE). Frappe et conservation de cette pièce sont toujours défectueuses. Du commencement du xv*' siècle datent les blancs de Lubeck au buste de chérubin derrière un écusson. ^L CRVX BENEDICAT.

Un mur à trois tours est le type des gros de Thierry le Fortuné (1423-40) et de Nicolas de Delmenhorst, ex-archevêque de Brème (1425-47). La croix pattée du revers de ces pièces est caractéristique, car Tune de ses branches se termine en pointe de clou. La pièce de 4 gros, élit flindrich, frappée par Gérard le Valeureux (1440-83), Adolf (1482-1500) et Jean XI V (1483-1526), conserve ce type populaire, et c'est une exception s'il le remplace par Técu comtal.

A partir de 1 502, l'écu penché sous un heaume devient le type préféré, et le millésime (ANNO DOMI^/ MCCCCCII, etc.) est inscrit régulièrement sur les monnaies.

§ XXV. — UOstfriseK

La Frise orientale était divisée en cantons, gouvernés chacun par un chef à la fois laïc et ecclésiastique, bien qu'il fût marié. Ces chefs, qui prenaient sur leur numéraire les titres de capttaneus, capitalis (captai), propositus (prévôt), domicellus, se faisaient continuellement la guerre, et leur histoire n'est qu'un tissu de batailles gagnées ou perdues, de villages conquis ou abandonnés, de familles nobles cherchant à s'évincer les unes les autres. Jusqu'ici, on possède les monnaies suivantes, toutes très bien frappées et fort intéressantes :

I. Emden, — Après quelques deniers anonymes du xiv« siècle, c'est une pièce d'Hisko Abdena (1400-29) qui ouvre la série des monnaies portant des noms de chefs. Un lion debout à gauche est l'emblème d'Hisko et de son fils Imelo Abdena (1429-33) qui conserve les titres de son père {propositus et capitalis in Ameda) sur un gros imité du

I. Friedlànder (J.), ZeilscJjrift fur Num., t. I, 245. II, 20. 158. VI, 103. — Dannenberg, ibid., 1. 1, 268. — Tergast, Die Mîmien Ostfrieshnds bis i466(Emden, 1883). et Zeiischrijt fur Num.,\. XXIII, 67. -^ Blàtter fiïr Mùnifretinde, 1885, p. 1122. 1178 (Erbstein); 1902, p. 2699 (Buchenau).

cromsieert des Pays-Bas (fig. 1833) et sur un autre (fîg. 1834) au type de reçu au lion brochant sur une rosace.

L'an 145 1, Emden tombe au pouvoir des bourgeois de Hambourg, qui la gardent jusqu'en 14^9, la cèdent à Edzard Cirksena, la reprennent en 1448 et la donnent finalement à Ulric Cirksena, en 1453. Une pièce

Fig. 1835

(MONETA NOVA EMEDENSIS) au lion debout età Técu de Hambourg au centre d'une croix cantonnée des lettres HAMB' (légende : benedictus dominus deus) rappelle ces événements.

Ulric Cirksena a frappé un gros à ses armes {sirène entre quatre molettes) avec les inscriptions VLRICVS CAPITAL T(er)RE EMDENSIS — MONETA NOVA DE EMDENSIS. Nous le retrouverons (p. 1283) dans le Norderland.

2. Faldern, — Le village de Faldern, propriété des chefs d*Uphusen,

était situé dans le voisinage d'Emden, si près que, de nos jours, il est un des faubourgs de la ville. Une pièce anonyme de Wiard (1427- 61) porte, d'un côté, Técu à trois lis (d'Uphusen), entouré du verset deus est alpha et o\dM revers, la légende MONETA DE FALERNA(fig. 18^5). Elle doit être antérieure à 1408.

Fig. 183;

3. Brookmerland, — Les monnaies de ce canton, dont Oldeberg était le chef-lieu, se répartissent entre quatre princes : Ocko I, Widzeld, Kcno et Ocko IL

Ocko 1 tom Brook, Taîné (i 376-89), qui avait été Tamantde la reine Jeanne de Naples, s'appelle toujours miles^ ce qui le distingue de son homonyme. Son blason est une aigle couronnée (sans pattes) entre quatre molettes (fig. 1836); son nom OCKO remplit les cantons de la croix qu'entoure la légende MONETA DE BROCA. H avait un fils illégitime, Widzeld (cité de 1 381 à 1 399) qui a frappé deux jolies monnaies: Tune à l'aigle cployée et à la croix cantonnée de quatre couronnes.

L*EMPIRE D^ALLEMAGNÉ I283

l'autre (fig. 1837) au W couronné. Les mots frisons WIDZALDI KE- NISNA signifient «descendant d'un Keno». Du chef Keno (1 389-1418), son contemporain, nous avons un denier d'argent pareil à celui d'Ocko 1er, avec KENO dans les cantons de la croix. Il prend le titre de DOMICELL(mO in BROCA, de même que son successeur Oc ko II (1417-27. 1432-35) qui conserve le type de l'aigle et ne remplace qu'une

Fig. 18 57

seule fois la croix du revers par une couronne (MONETA DE BROECCA). Les pièces des deux Ocko sont les moins rares de la série frisonne; on les appelait Ockengroet, et elles avaient la même valeur que les gros de Munster. Une monnaie anonyme, avec moneta de Broca sur les deux faces, ressemble, au point de vue de la fabrique, à celles de Keno.

4. Aurich, — On sait qu'un des Cirksena, Ulric, était le chef de ce canton, vers 1440; mais on n'a pas encore retrouvé de ses monnaies.

5. Norderland, — Udo Ukena (1421-32), deuxième fils de Focko, se signale par l'émission de c\n(\florins d'or variés, dont l'un, imitant les florins de Rodolphe de Diepholz. évêque postulant d'Utrecht, représente saint Ludger debout, tandis que d'autres portent sur leurs deux faces reçu au lion debout (MONETA NOVA VDONIS — CAPITALIS IN NORDA). Du même chef, on possède un gros (^appelé Jlindrich) pareil à celui d'Imelo Abdena, avec l'écu au lion dans une bordure d'arcs de cercle, mais la croix cantonnée de quatre étoiles (MONETA NOVA NOR- DENS). Edzard Cirksena (-1439) s'intituleca/7/7a//5//'er;re.Vorâfe«5/5; une sirène couronnée, entre quatre étoiles, est dans son blason (fig. 1838). Ulric Cirksena (1441), frère du précédent, était en même temps chef d'Aurich et, depuis 1453, d'Emden; il reçut en 1463 le titre de comte de Norden, puis, l'année suivante, celui de comte d'Ostfrise; mais ses monnaies ne connaissent que le capitalis t(er)re Nordensis ou le CAP- IN NORDA. Lui aussi, en dehors A' \xn florin d'or au saint Pierre et au globe impérial, a frappé un florin au saint Ludger (I^ écu à la sirène). Parmi ses monnaies dargent, on remarque le gros à l'écu penché sous un

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heaume, le heaume orné du lis d*or que saint Louis avait accordé au chef Edzard Cirksena, son compagnon de croisade. Toutes ces pièces sont destinées au canton de Norderland, moneta nova Nordensis, sauf une seule qui appartient à Emden. Une monnaie anonyme, au type de la sirène et avec quatre étoiles autour de la croix, se fait remarquer par l'inscription : benedictus dominu(s) deus nos(ter). Nous plaçons à la fin de cette série le gros de Theda (1466-78), femme d'Ulric, qui, après la mort de son mari, gouverna le pays comme tutrice de ses deux fils, Enno et Edzard. On y lit: MO TEDE COITIS OSTFRISIE autour d'un écu au lion, et au revers le millésime 1473. \jn florin d^or rhénan, au type de saint Charlemagne et à la légende : MO'- NO'* AVR'- CO*- OIE'TAL*' PHRISIE doit avoir été frappé sous cette régence.

6. Mormerland, — La plus ancienne monnaie d'un chef frison est

Fig. 1839

\tgros tournois d'Uko, de type français, à la légende UKE DOMI- C(e//)VSD (fig. 1839).

7. Reiderland. — Un chef du nom d'Unko, prévôt du village de Weener, a frappé la pièce que nous faisons reproduire ici (fig. 1840). Les lettres disposées autour de la croix, VNKO, permettent de compléter

Fig. 1840

la légende du revers : MONETA VNK[o«25j; à lavers, on lit [Pj(ro)PO- SITI DEi^WE^NERA; mais ni la lecture ni l'attribution ne sont absolument certaines.

8. leverland^, — Il existe de rares gro^ tournois, aux légendes TV- I. Merzdorf, Mûn\en tind MedailUn levcrlands ÇOld^nhowxg, 1862).

l'empire d' ALLEMAGNE I285

RONVS CIVIS et MONETA IN lEVAR. qui ne peuvent avoir été frappés que dans le leverland, d'autant plus que nous connaissons un autre gT05 tournois frison. Voici la liste des chefs dont on possède des monnaies :

•Edo ou Fredo Wiemken I (13 55-1414). •Tanno Dùren (1442-68). •Sibeth Papinga (1414-^3). 'Edo Wiemken II (1468-1511).

•Hajo Harles (1433-42).

Sur toutes leurs pièces on voit le lion de lever, non couronné, ou bien leur écusson, soit au même lion, soit à Taigle. Edo I" s'appelle CAP lEV' ou capitan(e)us in Wange, et une de ses monnaies porte le verset biblique: dapace(m) dne in diebu(s) nrs. Les mots moneta de levere sont parfois accompagnés de lever in Os ter ing ou Oestring. Sibeth (SIBODI) ajoute à son nom: in Rustringia, et son gros porte moneta nova Rustringe. Enfin, Ha jo Harles et ses successeurs prennent le titre de capitaneus d* lever. De Tanno on signale une pièce à la légende: ben(edictum) sit nom(en) dni. 1489 est le premier millésime qu'on rencontre. Quelques rares pièces sont anonymes.

Vil. — LA BASSE-SAXE.

§ L — Archevêché de Magdebourg ^

La frappe des bractéates (p. 691) continue pendant tout le xiv« siècle, mais Taloi s'abaisse d'année en année, jusqu'à ce qu'il ne reste plus la moindre parcelle d'argent dans les monnaies. Sous l'archevêque Frédéric III (1445-64) paraît le premier gro^ au saint Maurice; Jean de Simmern (1465-75) y ajoute des pfennings concaves aux armes de Bavière. Ernest de Saxe (1479-15 13) frappe aussi un demi-gros au Christ debout (1^6 croix longue entre deux écussons) et, dans son atelier de Leuckfeld, un autre à la figure de saint Maurice.

§ IL — Chapitre et ville d'Halbersiadt,

L'an 1363, l'évêque Louis de Misnie vendit ses droits monétaires au Chapitre et à la ville, qui ne semblent pas les avoir exercés souvent.

I. ZeiiscJ^rift fur Mmt:(^, Siebel' ufidWappenkunde. Nette Foïgc. Berlin, 1859-62, in-40, p. 340 (Dan lien bcrg).

On apposait des contremarques sur les raderalbus de Cologne, une b pour leur donner la valeur de 4 pfennings, et une b couronnée lorsqu'ils devaient en valoir cinq. Des gros de faible aloi ont été frappés en 1477. D'après un document de 1490, \ts pfennings concaves avaient pour type la tête de saint Etienne, entourée de trois cailloux. Voir la suite dans notre Traité de num. moderne, t. I, 287.

§ III. — Abbaye et ville de Quedlinbourg ^ .

Au XIV* siècle, on fabriquait des bractéates informes au type de la tête de face. De 145 1 à 14595 l'abbesse Anne de Plauen permit à la ville de frapptr des pfennings; ce sont les pièces unifaces à Taigle éployée, entourée des lettres: +-Q-W-6-D ou +-Q-6-D-L. Le gros fut introduit par Hedwige de Saxe (1458-1 5 1 1).

§ IV. — Fille impériale de Goslar^,

Il existe un très beau gros d'argent frappé en commun par Tévèque d'Hildesheim, Jean III de Hoya et son alliée, la ville de Goslar (i 399). Au revers de cette pièce, l'apôtre saint Mathieu, en buste, tient la hache et l'évangéliaire; l'inscription est: MONETA- HILDENS* Z* GOS- LAR. Plus tard, trois sortes de gros ont été frappés à Goslar : le gros des paysans aux types des saints Simon et Jude et de lëcu (aigle éployée) sous un heaume (1477); le gros au saint Mathieu (vers 1496) figurant l'apôtre debout avec la hache; enfin (1505) le gros de Marie avec la Madone debout dans une gloire (MARIA* MAT- GRACIE), et cette dernière espèce s'est maintenue très longtemps. En dehors de la forte monnaie, on avait le petit gros (kôrtling) au saint Mathieu, dont 45 valaient un florin, et le pfennings dont 12 faisaient un gros de Marie.

§ V. — Duché de Brunsmc-Lunebourg.

La généalogie des ducs est extrêmement compliquée, mais nous ne jugeons pas indispensable de la retracer ici. Le petit gros de Bernard Je*"

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