‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 18 sur 83 · CbdienoL Même type; au revers : chastenoi (fig. loii · texte numérisé non relu

CbdienoL Même type; au revers : chastenoi (fig. loii

Pendant la seconde période, qui commence dans les dernières années du XIII* siècle, Ferry III émet, à côté des deniers, une monnaie plus forte, le double denier. Cette innovation concorde avec une centralisation complète du monnayage dans Tatelier de Nancy et un perfectionnement de l'outillage. Les deniers conservent quelque peu l'ancien rebord, mais leur frappe est plus soignée ; les doubles deniers ont le flan parfaitement ajusté aux dimensions des coins. Depuis l'introduction de la réforme de Ferry III jusqu'à sa mort, il y eut quatre émissions diverses, dont voici les types :

1 . Doubles deniers portant à l'avers un écu de Lorraine placé dans une étoile à six pointes ; les lettres du mot ferric occupent les angles extérieurs. Au revers : dvx LOTOREGIE avec une croix fleuronnéeet â triples bandes coupant la légende (fig. 1012). Les deniers ont le même avers, mais au revers, le type simplifié se compose d'une croix pattée â triples bandes, cantonnée d'un alérion et du mot dvx.

2. Doubles deniers portant à l'avers le même écu dans la même étoile, mais avec F * dvx * LOTORENGIE cn légende circulaire. Le revers a une épée en pal accostée de deux alérions et moneta de nancei. Sur les deniers, l'avers reproduit celui de l'émission précédente.

Fig. loia Fig. 1013

3. DofiMex imtVrx. Même légende. Givalier tenant une lance munie de son fanion. Au revers, le type de l'épée entre deux alérions est conservé (fig. ici 3). Sur les deniers, les légendes sont simplifiées en F -dvx et nancei.

4. On ne connaît pas de doubles deniers appartenant à l'émission qui semble b dernière du règne de Ferry IH. Les deniers portent F* dvx, le duc en pied tenant une épée et se couvrant de son écu ; au revers, nancei et une épée en pal. '

Les premières émissions de Thibaut II (1303-13 12) comprennent les mêmes espèces que les dernières de son père. Les doubles deniers reproduisent complètement le type du cavalier qui caractérise la troisième émission de Ferry III ; les deniers et les oboles portent le duc en pied et l'épèc en pal. L'atelier de Nancy est seul en activité pendant ce règne.

S60 TROlSlààlE PARTIE

A une époque qu'il est difficile de déterminer exactement, Thibaut II introduisit dans ses états la réforme de saint Louis et frappa des gros tournois au type de France. Nous arrêterons donc ici l'examen du monnayage lorrain pour le reprendre dans la quatrième partie de notre livre.

1) ComU de VaudhnonlK

Le comté de Vaudémont, entre Toul et Nancy, fut démembré du duché de Lorraine vers 1070, en feveur de Gérard, second fils de Gérard d'Alsace. Voici la chronologie, parfois très incertaine, de ses successeurs :

Hugues I Ii20?-ii65? Hélisende de Vergy, veuve, tutrice

?*Gérard II 1165 ?-ii90. d'Henri III, 1299-1301.

Hugues II 1190-1255 ou 1256. * Gaucher de Chàtillon, 2« mari d'Héli-

Hugues III 1235 ou 1236-1246? sende, tuteur, 1301-1305.

•Henril I246?-I279. •Henri III 1305-1339.

* Henri II 1279-1299. Henri IV 1339-1346.

n n'est pas possible de préciser l'époque à laquelle les comtes de Vaudémont commencèrent à etercer les droits monétaires. M. J. Laurent a proposé, tout en la considérant comme douteuse, l'attribution à Gérard II de deux deniers énigmatiques appartenant à la trouvaille de Diarville, mais on n'a découvert aucun exemplaire lisible de ces pièces confirmant cette conjecture.

Les plus anciens deniers qu'on puisse incontestablement attribuer au comté de Vaudémont appartiennent à l'époque d'Henri I et d'Henri II; leur type, copié des monnaies fi-appées à Neufchâteau par Ferry El, duc de Lorraine, se compose du cavalier armé et de la croix pattée entourée delà légende, + HENRICCOM. HENRIC: COM: V. ou HENRICVS CO Y- Quelques-unes de ces pièces ont été attribuées à tort, par des numismates belges, au duché de Luxembourg.

Gaucher de Chàtillon (rappa, comme tuteur de son beau-fils Henri El, des doubles deniers au cavalier et des deniers au guerrier debout, également copiés des pièces de Ferry III; les légendes de ces monnaies sont: G DE CHASTLON — MON WEDEMOTIS et GALCH ouGAVCH — M.VEDEM. Henri III, devenu majeur en 1305, continua le monnayage ; ses deniers et oboles conservent le type du guerrier debout avec ces légendes, +b-C-V — l-MON CAI, moneta Castelli. L'atelier ainsi indiqué est Châtel-sur-Moselle, localité où Henri El, de concert avec sa femme Isabelle de Lorraine, établit une commune par une charte datée de 1317.

I. }. Laurent, Monnaies lorraines, dans la Revue numism,, 1867, p. 27 et suiv.

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L^LLEMAGNÊ 5^1

m). Seigneurie de Neufchdteau.

En 1281, Thibaut, fils aîné de Ferry III, duc de Lorraine, épousa Isabelle de Rumigny ; il reçut en dot les seigneuries de Châtenoy, de Frouard et de Neufchâteau. Cette dernière n'était, pas située enterre d'empire ; elle formait un fief du comté de Champagne ; en conséquence Thibaut dut prêter hommage au roi de France Philippe le Bel. En juin 1300, le seigneur de Neufchâteau obtint de son suzerain le droit d'y firapper monnaie, mais sous la condition expresse que cette monnaie ne pourrait avoir cours en France. Nous n'avons pas cru devoir séparer l'histoire monétaire de Neufchâteau de celle de la Lorraine.

Thibaut copia dans son atelier les espèces de son père ; nous avons de lui des doubles deniers ^ à l'écu de Lorraine brisé d'un lambel, placé dans une étoile à six pointes. Les légendes sontTHEOB— LOTHORENGIE. En 1303, le seigneur de Neufchâteau devint duc de Lorraine sous le nom de Thibaut II .

B. — Pays-Bas.

a). Ateliers impériaux K

Les ateliers des Pays-Bas dont il existe des monnaies royales ou impériales sont assez nombreux; mais, livrés aux mains des vassaux, tous produisirent successivement des deniers féodaux autonomes. Après Henri III, il n'y eut plus dans toute la région qu'une seule ville, Maestricht, où les empereurs eussent conservé, sur un territoire faisant partie de leur domaine direct, un établissement monétaire qui leur fût propre ; encore en laissèrent-ils la gérance au chapitre. Le tableau suivant donnera une idée d'ensemble du monnayage impérial tel qu'on peut aujourd'hui le reconstituer ; on ne connaît pas de deniers signés par Henri l'Oiseleur.

Otton I, 956-973. — Huy, Gimbrai.

Otton II, 973-983. — Maestrîcht.

Otton III. 98J-1002. — Dînant, Liège, Huy, Visé, Bruxelles, Maestricht.

Henri II, 1002- 1024. — Dinant, Li^, Huy, Thuin, Anvers, Namur, Maestricht.

1. Cf. F. Mazerolle, Numismatique lorraine, dans la Rev, belge de numism.^ 1888, p. 276 et suiv.

2. Ch. Piot, Recherches sur les ateliers monétaires... des empereurs d'Allemagne en BeU gique, dans la Rev. belge de numism.^ 1848, p. 322, et i8$o, p. 366. — L. De Coster, Trouvaille de monnaies du 709 siècle (à Maestricht), dans le même recueil, 1856, p. 398 et suiv.

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