‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 17 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

Googl(

à) ÉviMitTouU.

La trouvaille faite en 1887 à Thion ville a fait connaître les plus anciennes monnaies touloises. Elles remontent à Tépispocat d'Etienne (994-995), dont elles portent l'effigie et le nom, STEPHANV PS; au revers, une croix pattéë, cantonnée de globules ou ceinte du nom d'Otton ni, OTTO REX. Le règne éphémère de Robert (995) ne nous donne encore aucune monnaie frappée à Toul, mais nous verrons plus loin un denier de Saint-Dié qui lui appartient.

Berthold (995-1019) eut pour ses monnaies le même type qu'Etienne ; elles ponent soit le nom d'Otton III, soit celui d'Henri II, mais la mention royale se trouve du côté de la tête, et celle de l'évêque, BERTOLDVS ou BERTOLFVS. du côté de la croix. Berthold ne prend presque jamais son titre d'évêque. Le règne d'Herman (994-

Fig. 98$ Fig. 986

1026) n*est pas encore représenté dans les collections. Les deniers de Brunon (1026-1048) sont connus depuis la découverte de Trschebougne décrite par Leiewel ; leur type se compose d'un édifice maçonné que P.-Ch. Robert compare avec autant d'exactitude que de sens pittoresque à une ruche à miel ; le revers est uniformément occupé par une croix pattée ; l'atelier est indiqué par les mots LEVCHA CIVITAS (fig. 985). En 1048, Brunon devint pape sous le nom de Léon IX, et le siège épiscopal de Toul resta vacant pendant trois années.

Sous Udon (1051-1069), l'édifice toulois reçoit deux étages, et la gravure en est plus recherchée (fig. 986), mais sous Pibon (1069-1 107), les monnayeurs en reviennent à leur « ruche » et la ville abandonne l'appellation de cité des Leuques pour reprendre son nom de TVLLVM. La série monétaire présente un vide pour l'épiscopat de Riquin de Commercy (1107-1126), bien qu'au dire des historiens locaux cet évêque ait obtenu d'Henri V la confirmation de ses droits monétaires.

I. P.-Ch. Robert. Recherches sur Us monnaies des évéques de Toul. Paris, 1844, in-4. — R. Serrure, Monnaies de Berthold, évêque de Toul, dans V Annuaire de la Soc. fr. de num. 1888, p. 230. — L. Q^intard, Le Trésor de Thionville^ dans les Mim, de la Soc. d'arch, lorraine. 1888/

l'^allemagne 547»

Henri de Lorraine (1127-1168) frappa des deniers et dts oboks ; Tavers représente une église à deux tours latérales et à trois portes cintrées. P. Ch. Robert observe à ce propos que l'artiste aura voulu reproduire Timage de la cathédrale de Toul, dont les tours venaient d'être construites. La ville est indiquée par la légende VRBS TVLLL AvecPierrede Brixei (1168-1191) apparaît l'effigie épiscopalc à micorps. Les deniers les plus anciens de cet évêque conservent au revers la croix pattée et ont le âan encore large des monnaies antérieures ; puis, révèque opère un affaiblissement et le module dé ses pièces tombe de 18 à 15 millim. de diamètre. Les types restent, d'un côté l'effigie à mi-corps à gauche, crossée et parfois mitrée, de l'autre, l'église à deux tours ou une dextre tenant une crosse en pal. En 11 68, Pierre de Brixei s'était fait accorder par Frédéric Barberousse le droit d'établir un atelier à Liverdun, qu'il venait de reconstruire : « Naverint itaque fidèles et amici imperii, dit le diplôme impérial, quod cum praedic^ tus episcopus Petrus castrum eulesiae suae quondam dirutum reedificavit, quod Liberdunum dicitur, laude et assensu nostro hoc fecit, et nos libère faciendi ibidem monetam suam et etiam successoribus suis assensutn praebui" mus... ». Les deniers frappés à Liverdun ont une empreinte très originale, d'un côté un édifice maçonné à deux tours crénelées et le nom PETRVS, de l'autre un poisson et LIBDVN ou LVVIRDVN (fîg. 987). Kg. 9«7

On n'a pas encore de monnaies d'Eudes de Vaudémont(ii93-i 198). Celles de Mathieu de Bitche (i 198-1207) se trouvaient en assez grand nombre dans la trouvaille de Diarville. Le type de celles de ces pièces qui ont été frappées à Toul est le buste crosse et mitre, et l'église. Dans un autre atelier, qui doit être Liverdun, le droit des pièces porte un donjon et le revers une croix ancrée. Le nom de Mathieu est MAHE EPou MAHIVS. Renaud de Senlis (1210-1217) ne fut nommé au siège de Toul que trois ans après la déposition de son prédécesseur ; il conserva d'abord les coins de celui-ci, en y inscrivant seulement son nom RINALD'. puis, un peu plus tard, il se ât dessiner bénissant et remplaça au revers l'église par une dextre tenant la crosse. L'atelier de Liverdun paraît avoir été supprimé.

Les monnaies de Gérard de Vaudémont (1217-1218), d'Eudes de Sorcy (1218-1229), de Garin (1229-1230), n'ont pas été retrouvées ou, tout au moins, n'ont pu être déterminées avec certitude. Sous Roger de Marcey (1230-1252), le buste de l'évêque est posé de face et son nom indiqué par une simple initiale; au revers nous trouvons la crosse en pal. Gilles de Sorcy (125 3-127 1) conserva le même type et introduisit

Googl(

548 TROlSlàME PARTIE

des dispositifs nouveaux copiés des pièces messines de Bertram, ou des deniers lorrains de Ferry III : la main bénissant posée sur une croix et le cavalier armé. Les légendes sont écrites soit en latin, soit en français, GILES-TVLLENSIS. GILES AVES- Fig.9M KES-TOVL(fig. 988).

Sous Conrad (1271-1296), les deniers toulois, souvent anonymes, diffèrent seulement par les légendes, CONRAVS, TVLLV. TVLLVS, des pièces messines avec lesquelles elles se sont rencontrées dans le trésor de Saint-Vith. Sous Jean de Sierck (1296-1305), les plus anciens petits deniers portent encore le buste épiscopal de face, la crosse, ou une mitre dans le champ ; puis nous assistons à Tapparition des armoiries, Técu de révêque : d'or à une bande de gueules, chargée de trois coquilles d'argent, avec une crosse en pal sur le tout. On n'a pas encore de pièces de Guy de Perncs (1305-1306), tfOtton de Granson (1306-1308) et d'Eudes O)lonna (1308-1309). Avec Jean d'Arzillières (1309-1320) conmience à Toul l'époque du gros.

e) Coniti àt Taid.

La trouvaille de Tronville décrite par Saulcy' renfermait en même temps que des deniers de Pibon, évêque de Toul (1069-1107), une pièce portant à l'avers la légende + S PETRVS autour d'une tête à droite, et au revers, PETRVS autour d'une croix pattée, cantonnée de quatre globules. Saulcy et Robert attribuent cette monnaie à Pierre, comte de Toul, mentionné dans une charte de 11 18 et qui s'illustra dans la première croisade avec son frère Renard ; elle aurait été frappée dans quelque monastère placé sous le vocable du prince des apôtres, et dont le comte de Toul aurait été l'avoué. Cette attribution est loin d'être certaine. Le monnayage des comtes de Toul reste très problématique.

0 Ahlk^ de Saint'DiéK

En 974, Otton II accorda à Gérard, évêque de Toul, le monastère de Saint-Dié avec la monnaie, le tonlieu et le marché. L'histoire de Saint- Dié est très embrouillée et il est difficile de définir la limite exacte des

1 . De Saulcy. Note sur quelques monnaies inédites du moyen dge trouvées à Tronville, dans les Mém. de la Soc, des antiquaires de Normandie, t. VI, 1851-1833, p. 246.

2. L. Maxe-Werly. Numismatique de Remiremant et de Saint-Dié, dans les Mém, de la Soc. d*ttrch. lorraine. 1879. — Hildebrand. Une monnaie inédite de Robert, Mquede Toul, dans V Annuaire de la Soc. fr. de numism. 1888, p. 373.

Googl(

l'allemagne 549

droits qu'exercèrent sur Tabbaye les évêques de Toul et les ducs bénéficiaires de Haute-Lorraine qui en avaient Tavouerie. On doit à M. Hildebrand la connaissance d'un denier frappé à Saint-Dié par Tévèque Robert (99s) ; son type se compose d'un S barré avec R[OBElRTVS EPS en légende circulaire, et au revers SCI DE[0]DATI en trois lignes. Cette pièce oflfre la plus grande analogie avec celles que forgea vers la même époque à Saint-Dié, Thierry I, duc bénéficiaire de Haute-Lorràine (984-1028) et sur lesquelles la lettre S est répétée au revers, ou est associée à une croix pattée. Les légendes sont DEODERICO et SCS DEODA. Lorsque le duché de Lorraine fiit devenu héréditaire entre les mains de Gérard d'Alsace (1048-1070), celui-ci garda l'avouerie de l'abbaye de Saint-Dié, qui fut affranchie en 1049, parle pape Léon K, de toute l'autorité jadis exercée par les évêques de Toul. Gérard frappa comme avoué des deniers qu'on trouve cités dans une donation de 105 1 ; leur

type se compose d'un côté d'une tête informe de profil à gauche, de l'autre d'un temple avec ces légendes : + S DEODATVS ou VS DEODATVS et + GERAR DVX placé à rebours (fig. 989). Ces monnaies sont d'une extrême barbarie. Le monnayage de Saint-Dié continua au même type sous Thierry II (1070-1115), mais le nom du duc est complètement altéré par l'ignorance et la négligence des tailleurs de coins (fig. 990). Une grande lacune existe entre ces monnaies et les deniers de petit module révélés par la trouvaille de Charmes et fi-appés, par conséquent, dans les dernières années du xii^ siècle. Un document de 1 188, où il est question d'un payement en maneta deodatensis, prouve du reste qu'à cette époque un atelier actif alimentait régulièrement la circulation. Ces deniers portent à l'avers le nom DEODATVS et le buste de face du

Kg. 991 Fig. 991

saint, tenant la crosse et le livre des Évangiles; au revers le mot SAN- CTVS prend place autour d'une croix à branches tulipées (fig. 991). En 1243, Mathieu n, duc de Lorraine, échangea l'avouerie de Saint-

Googl(

Dié contre la seigneurie de Lunéville, mais il la racheta trois ans plus tard. Le dernijer monnayage de Saint-Dié remonte au règne de Ferry III (1251-1303); le type des monnaies de cette époque est absolument semblable à celui des deniers ducaux ordinaires : un cavalier à droite et une épée en pal entourée des mots SAIN DIEI (fig. 992).

g) Abbaye de Remiremont > .

L'histoire du monnayage de Tabbaye de Remiremont peut être résumée dans les indications chronologiques suivantes :

Sous Otton I (936-973), charte de concession, aujourd'hui perdue, en vertu de laquelle les abbesses frappent des deniers au nom du roi de Germanie et au monogramme carolingien, empreinte longtemps popularisée, sur les confins de la Lotharingie et de la France, par les émissions messines au type de Charles le Gros, auxquelles Henri l'Oiseleur avait mis fin.

Vers 984, Thierry, duc de Mosellane, que nous avons vu monnayer à Saint-Dié comme avoué, signe dans des conditions analogues des deniers au type du monogramme carolingien immobilisé. Son nom est accompagné de celui d'Otton III.

Au commencement du xi* siècle, l'abbaye frappe des deniers autonomes, toujours au type du monogramme, mais portant ROMARICVS et le nom de saint Pierre. Ces pièces sont connues depuis la trouvaille de Thionville.

1048-1070. Gérard d'Alsace, duc héréditaire de Lorraine, avoué de Remiremont, signe des deniers et des oboles dont le type est copié sur

Rg. 993 Fig. 994

les pièces de Brunon, évêque de Toul. On y retrouve en effet l'édifice en forme de ruche. Les légendes sont GERARDVS DVX — V SCS PE- TRVS (fig. 993).

Octobre 1070. L'abbesse Gisèle obtient d'Henri IV la confirmation de ses privilèges. Dans cette charte, il n'est point fait mention du droit de battre monnaie, mais il est dit que les monnayeurs de Remiremont

I. R. Serrure. Les pretnières monnaies de Raniremont, dans le Bulletin de numismatique, t. I, 1891-1892, p. 113.

Googl(

devront payer sept livres de poivre, et ceux de Fenestrange, bourg dépendant de l'abbaye, les cinq autres livres qui devaient être fournies à l'empereur : « Moneiarii de burgo Romariensi debent vij libras piptris, monetarii de Filistingis v libras. » Les monnaies de Fenestrange n'ont pas été retrouvées.

1115-1139. Simon I, duc de Lorraine, avoué de Remiremont, signe des denUrs dont le type, saint Pierre agenouillé et tenant ses clefe, est copié des pièces messines d'Adalbéron IV. Ces pièces ont pour légendes : + SCS PETRVS - SIMON DVX. ^

Au milieu du xii* siècle, l'abbaye reprend un monnayage complètement autonome, en conservant le type de saint Pierre agenouillé (fig. 994). Les légendes sont : PETRVS ROMARICVS ; parfois à ces deux noms s'ajoute celui de SCS AMATVS, second patron du monastère. Il y eut de ces monnaies plusieurs émissions successives de poids sans cesse plus affaibli. Ce monnayage dura jusqu'à la fin du xii* siècle.

Au xiii* siècle, l'abbaye émet de petits deniers au buste de saint Pierre. Ce sont les derniers produits de l'atelier abbatial qui cesse de fonctionner, sans doute sous la pression exercée par les ducs de Lorraine.

h) ÉvêchédeVerdun.

• L'histoire monétaire de Vévêché de Verdun, comme celle de Metz et de Toul, a, été étudiée avec le plus grand soin, avec une compétence indiscutable, par P.-Ch. Robert^ Nous emprunterons les éléments de notre résumé succinct à la monographie de ce savant. Le monnayage des évèques de Verdun commence à la fin du xi^ siècle, après la donation du comté et de la moneta faite en 997 par le comte Frédéric à l'évêque Heymon (990-1024). Les plus anciens deniers et oboks de ce prélat portent son nom associé à celui de l'empereur Otton III (996-1002) ;

F'g- 99) Fig. 996

leur type se compose des trois lettres AYG, abréviation du titre d'augustus, qui complète l'inscription OTTO IMP du pourtour; ce dispositif rappelait celui des pièces verdunpises d'Henri l'Oiseleur. Après la mort

I . Monnaies et jetons des évéques de Verdun, dans V Annuaire de la Soc, franc, de numism., 1885, p. 370 et suiv. — F. Liéuard, Note sur une trouvaille de monnaies faite dans les environs de Verdun, dans la Revue numism., 1891, p. 203 et suiv.

d'Otton ni, Heymon changea les coins des deniers qui portèrent désormais sa tête et son nom, HA€IMO, tandis que le nom d'Henri II (1002- 1024) se trouva rejeté autour de la croix du revers.

L'atelier de Verdun resta assez longtemps soumis à la double signature du roi et de Tévéque ; il n^en fut pas de même de ceux que les évêques créèrent dans leurs domaines ruraux, à Dieulouard et à Hattonchâtel. Là nous avons, dès le début, des espèces exclusivement féodales. Le type de Dieulouard est une main qui bénit et une croix pattée ; les légendes sont : DS- LOVVART — HA€imO PSL (fig. 995). Les deniers d*Hattonchâtel classés par P. Ch. Robert au temps d'Heymon sont anonymes; ils portent CASTRVM autour d'un édifice, et HATTONIS autour de la croix. Une obok, sans indication d'atelier, présente à Tavers une tête précédée d'une crosse, sans légende, au revers HA€IMO et la croix pattée.

Le successeur d'Heymon, Raimbert (1025-1039), fut dépouillé de la plus grande partie de ses états par Gothelon, duc de Basse-Lorraine, mais il rentra en possession de ses domaines par l'influence de Conrad le Salique. Cet évêque monnaya à Verdun et à Hattonchâtel. Dans le premier de ces ateliers, les deniers portent le buste impérial barbu et couronné, avec la légende CONRAD* IMP* AVG; le nom de Raimbert, + RAB'T' PSL VRDVNI, ceint la croix (fig. 996). A Hattonchâtel, nous trouvons la tête de l'évèque; les légendes sont + RAHÎBT PRESL et HADONIS CASTRV ; sur les oboles, la tête de Raimbert occupe tout le champ du droit et les pièces taisent son nom.

Nous avons de Richard (1039-1046) des depters verdunois portant la double signature de Tévêque et d'Henri El. Le type est, à l'avers, une tête, au revers, une main qui bénit. L'évèque abandonne le titre de presul pour prendre celui à^episcopus. Dans l'atelier d'Hattonchâtel les émissions complètement féodales se poursuivent ; les deniers reçoivent sur l'une de leurs faces la dextre bénissant, sur l'autre un temple qui tend parfois à rappeler le temple tétrastyle carolingien.

Après Richard, l'influence impériale cesse de se manifester dans l'atelier de Verdun, qui est désormais assimilé aux ateliers ruraux. L'épiscopat du Thierry (1047- 1089) est marqué, au surplus, par une réforme de système monétaire ; si, au début, ses monnaies conservent le flan large qu'elles avaient sous ses prédécesseurs, à une certaine époque, correspondant à la fin du troisième quart du xi^ siècle, il taille ses deniers en flans plus petits et un peu plus épais. Un progrès technique concorde avec cette modification de la taille : les pièces sont d'une gravure plus fine et d'une frappe plus soignée. Les coins employés par les monnayeurs de Thierry portent, pendant la première partie de

Googl(

son épiscopat, un buste de face et un édifice vu en perspective d'un point élevé (fig. 997); le nom de Verdun est, soit VI RDVNVM. soit YRBS CLA- VORVM, dénomination qui se retrouve dans les écrits de Sigebert

Fig. 997

Fig. 998

Rg' 999

de Gembloux et de Laurent de Liège, mais dont Torigine n'est pas clairement établie. Après l'affaiblissement monétaire, les types se multiplient ; nous trouvons cinq combinaisons différentes : Buste épiscopal, avec crosse, à droite. Rev.: Édifice à pignon et à deux tours. — Tête épiscopale de face. Rev.: Croix cantonnée des lettres S-M-RI-A.— Le nom de la Vierge, S-MARI-A, écrit en trois lignes. Rev.: Croix à branches globulées (fig. 998). — Le nom de Tévêque en trois lignes. Rev.: Les mots MARIA VIRGO disposés en croix. Ces types, purement épigraphiques, occupent tout le champ qui n'a pas de légende circulaire (fig. 999). — Tête voilée et nimbée à droite, d'une gravure remarquable. La légende circulaire est SCA MARIA. Rev.: Croix pattée ou globulée

Fig. 1000

Fig. looi

Fig. looa

Les monnaies de Thierry ne portent pas d'autre indication locale que celle de Verdun. Sous Richer (1089-1107), des ateliers furent en activité, non seulement dans cette ville, mais dans les châteaux de Dieulouard, DSLOWART. d'Hattonchâtel, HATTON CASTEL. HAT- TONIS. de Dun-sur-Meuse, DVNYM. et de Sampigny, SAMPINIACVM. On sait en outre qu'en 1099 Richer chargea l'abbé Adalric de battre monnaie pour lui à Saint-MihieU avec les coins de Verdun. Les deniers' et oboles de cet épiscopat présentent des types aussi variés que ceux de l'épiscopat précédent : Tête précédée d'une crosse à gauche. Rev. : Édifice à deux tours (fig. looi). — RICHERVS EP en quatre lignes. Rev.: MARIA VIRGO en quatre lignes. — Le nom de l'évêque écrit sur les branches d'une grande croix pointillée. Rev.: Tête voilée de la Vierge, de face. — Tête voilée de la Vierge, de profil, à gauche. Rev : Croix globulée. — Édifice à trois tours. Rev.: Croix pattée ou globulée (fig. 1002).

Googl(

On n*apas, jusqu'à ce jour, retrouvé de monnaies de Richard II (1108-1114), maison lui attribue dts deniers et oboUs anonymes reproduisant le dernier type que nous avons indiqué pour Richer avec les légendes SALYS MYNDI — VIRDVNVM.

Henri I de Winchester (1118-1130) renouvela en 11241a convention passée en 1099 par Richer avec l'abbaye de Saint-Mihiel. Ses mpnnaies, deniers et oboles, portent le profil voilé de la Vierge ou son buste de face avec la crosse; au revers nous trouvons la croix ou un oiseau prenant son vol. Albéron de Chiny (1131-1156) conserva la tète de la Vierge sur ses pièces les plus anciennes, mais les plus récentes ont sa propre effigie. Le monnayage, très peu actif au temps de son épiscopat, cesse complètement sous ses successeurs, pour ne recommencer qu'au XIV* siècle, après l'époque dénariale.

i) ComU de Verdun,

Nous avons vu plus haut qu'en 997 Frédéric, comte de Verdun, voulant renoncer au monde, fit donation de son comté et de ses droits régaliens à Téglise de Verdun. Herman, frère de Frédéric, fut créé vicomte par l'évêque et se contenta de ces fonctions, mais son firère Gothelon, duc de Basse-Lorraine, lui ayant succédé, voulut revenir sur la donation de 997 et se pourvut au conseil impérial pour la faire casser. Le jugement de ce tribunal ne lui ayant pas été favorable, il prit Verdun. Les renseignements font presque totalement défaut pour cette époque ; Y Art de vérifier les dates assure que Gothelon conserva le comté

jusqu'à sa mort arrivée en 1043. Cette affirmation est contredite par la numismatique puisqu'il existe un denier verdunois de l'évêque Raimbert au nom de Conrad H, empereur. Il semble néanmoins que Toc- ^'«- '^' cupation de Verdun par Gothelon fut assez

longue pour qu'il pût dans cette ville exercer les droits régaliens. Nous lui attribuons les deniers au buste de la Vierge, patronne de Verdun, accompagné de la légende se MARIA, qui portent au revers GOZELO DVX et l'image du duc de Basse-Lorraine, debout, à droite, avec le globe et la bannière; puis encore ceux où sont représentées la tête diadémée de Gothelon et deux figures debout tenant ensemble une colonne ou un arbre. L'évêque Richard semble avoir joui paisiblement des domaines de son église, mais le 25 août 1047, Godefroid le Grand, fils de Gothelon I et duc de Basse-Lorraine comme son père, s'empara de nouveau de Verdun, dont la cathédrale fut incendiée. La ville fut probablement

Googl(

rendue à Tévêque Thierry Tannée suivante, lorsque l'empereur dépouilla Godefroid de sts fonctions ducales; il n'en est pas moins certain que Godefroid eut le temps d'ouvrer dans l'atelier de Verdun des deniers à son coin. Avec P.-Ch. Robert, nous classerons à cette époque les pièces portant un buste à droite avec les mots GOTDEFRIDVS DYX. et ayant au revers le mot YIRGO en trois lignes, avec SCA MARIA en légende (fig. 1003). Ce type de revers se retrouve avec de légères variantes sous l'évêque Thierry.

j) Comté de BarK

M. Monnier attribuait aux comtes de Bar l'émission de deniers au type immobilisé des monnaies 'verdunoises d'Henri l'Oiseleur. Ces pièces, dont la fabrication fut arrêtée, à Verdun même, lorsqu'Heymon commença le monnayage épiscopal, furent frappées, jusqu'au milieu du XII' siècle, dans la région comprise entre la Champagne et la Meuse. La trouvaille de Dieulouard, qui comprenait des espèces d'Adalbéron de Chiny, évêque de Verdun (ii3i-iisO> ^^ d'Henri, évêque deToul

Fig. 1004 Fig. loos

(1127-1186), n'en contenait pas moins de 130 exemplaires, ce qui témoigne jusqu'à l'évidence d'une circulation contemporaine très active. Sur les plus récentes de ces monnaies immobilisées, le type primitif a subi une altération profonde (fig. 1004); le mot REX de l'avers est devenu CIX. XI P, CIX; les légendes sont remplacées par des traits informes, les globules du grènetis intérieur reçoivent des proportions démesurées. L'aloi est aussi altéré que le type : on trouve des exemplaires saucés, d'autres de cuivre pur.

Les premières monnaies signées par un comte de Bar appartiennent au règne d'Henri III (1297-1302), c'est-à-dire à la fin de la période dénariale. Leur type se compose de deux bars adossés et d'une croix pattée cantonnée de deux lis; les légendes sont + HENRICV COME — BARRI DYCIS (fig. 1003). Ces monnaies se rapprochent par leur

I. F. de Saulcy, Recherches sur les monnaies des comtes et ducs de Bar, Paris, 1843, in-4. — Maxe Werly, Études sur les monnaies au type altéré de Henri l'Oiseleur, dans les Mémoires de la Soc. des lettres de Bar-le-Duc, t. IX, 1879.

aloi, leur module et leur aspect général, des espèces frappées en Champagne par les feudataires français; il est bon de rappeler qu'en 1297, à la suite d'une guerre malheureuse contre le roi de France, le comtfc de Bar fut obligé de lui rendre hommage pour tous ses domaines^allo* diaux situés sur la rive gauche de la Meuse.

V) DucM de Lorraine K

En 1048, à la diète de Worms, Gérard d'Alsace fut créé duc héréditaire de Lorraine. Ce prince, pas plus que son fils et successeur Thierry (1070-1 113), ne paraît avoir monnayé dans ses possessions ducales ; les seules monnaies qui rappellent leur souvenir ont été frappées dans les abbayes de Saint-Dié et de Remiremont, où les ducs de Lorraine exerçaient les droits d'avoués. Nous en avons parlé précédemment. Simon I (1115-1139) occupa la ville d'Épinal, SPINAL, dont il s'était emparé sur l'évêque de Metz; il y frappa des deniers portant son nom, SIMON DVX ; leur type est un temple à trois colonnes.

En 1163, Mathieu I (1139-1176) acquit à son domaine la ville de Nancy. La trouvaille de BidestrofF* a prouvé que le duc y ouvrit un atelier monétaire dont les premiers produits, marqués d'un temple dans le genre de celui d'Épinal, sont anonymes. Ces pièces sont très mal frappées. Notre fig. 1006 en donne le type reconstitué d'après plusieurs exemplaires. Dans les dernières années de son règne, Mathieu I plaça sur ses deniers nancéens, mieux soignés, son nom MAHVS et son effigie; l'indication de l'atelier, NANCEI, fut conservée autour de la croix du revers (fig. 1007).

Fig. 1006 Fig. 1007

Mathieu I avait épousé la sœur de Frédéric Barberousse, Berthe de Souabe. Cette princesse fut régente du duché de Lorraine, vraisemblablement pendant la croisade de son fils, le duc Simon II (1176-1203). On ne possède aucune monnaie signée par Simon II, mais le nom de sa

1. F. de Saulcy, RechercJjcs sur les monnaies des dncs IMMtaires de Lorraine, Metz, 1841, în-4. — Description de la collection de M, P. -Cljarles Robert. Paris, 1886, in-8.

2. Maxe Wcrly, Trouvaille de Bidestroff, dans les Mclan^'cs de uumism,, t. 1, 1874- 187), p. 442 et suiv.

Googl(

mère Berthe, BERTA. figure sur un curieux denier frappé à Nancy. La régente est représentée à mi-corps et tenant une fleur de lis. Un autre denier, évidemment contemporain, car il s'est rencontré dans les mêmes trouvailles ^ porte à l'avers un buste féminin couronné, tenant de la main droite une branche de chardon fleuri ; la légende est A RI- CA ; on y a vu une allusion aux piquants du chardon et l'origine de la devise et des armes de Nancy. Ces pièces pèsent en moyenne o gr.65; leur module est de 21 millimètres de diamètre. Nous assistons à l'aflaiblissement progressif du denier lorrain.

La trouvaille Élite en 1863 à Diarville' renfermait, en même temps que deux pièces de Berthe deSouabe, quelques exemplaires d*un denier, jusqu'alors inédit, appartenant probablement à Ferry II (1205-1213). L'avers de ces pièces porte une épée nue, posée en pal, et la légende circulaire FERRI : le revers, une croix pattée, avec NANCEI.

On n'a pas encore de monnaies certaines de Thibaut 1(1213-1220)5. La fabrication des espèces devait être, du reste, très limitée dans le premier quart du xni* siècle : le duché était ruiné lorsque Mathieu II (1220-125 1) en prit possession, et ce fut l'administration sage et prudente de ce prince qui y ramena quelque prospérité. Ce duc monnaya

Fig. lOoS FIg. 1009

dans cinq ateliers différents : à Nancy, NANCEI, au château de Prény, PRINEI (fig. 1008), à Mirecourt, MVRICORT. ville du Toulois dont il s'était emparé et qu'il garda quelque temps, à Lunéville, LINIVILE, acquise par échange en 1243, enfin, à Sierck, CIRKES, acquise de l'église de Metz en 1247. Le type des deniers se compose uniformément à l'avers d'un cavalier armé, et au revers, d'une aigle ; à Sierck, l'aigle est placée

1. G. Rolin, Mém, sur quelques monnaies lorraines inédites du xi* et du xn* siiele, Nancy, 1841, in-8 (Trouvaille de Charmes). — Bretagne et Briard, Notice sur une trouvaille de vionnaies lorraines faite à SaulxureS'les-Vannes, dans les Mim, de la Soc, d*arch. lorraine» 1884, p. $85 et suiv.

2. J. Laurent, Notiu sur une découverte de monnaies lorraines faite à Diarville, dans les Annales de la Soc, d'Émulation des Vosges, t. XI, 1864, p. 129 et suiv.

3. M. Bretagne attribue à Thibaut I un denier anonyme de la trouvaille de Sionviller, frappé â NeufchAteau. Cette pièce porte novo, une aigle et castbllo, une croix pattée. Nous croyons qu'elle appartient au temps de Mathieu II, mais b question reste douteuse. — Cf. Bretagne, Découverte de monnaies lorraines à SionvUler, dans les Mém, de la Soc. d^archéologie lorraine, 1874, p. ^^ et suiv.

Googl(

dans un écusson triangulaire. Les monnaies de Mathieu II ne mentionnent jamais son nom ; quelques-unes ont cependant un 5n sous le cavalier, mais cette initiale peut n'être qu'un différent. Le poids, o gr. 55, et le module des pièces, 15 millim., témoignent d'un nouvel affaiblissement. On aura remarqué que les noms des ateliers inscrits sur les deniers de Mathieu II sont en langue vulgaire. Les historiens rapportent que ce duc ordonna que tous les actes publics fussent écrits en français dans la Lorraine française et en allemand dans la Lorraine allemande; cette mesure équitable se reflète jusque sur les monnaies.

Le classement des pièces frappées pendant le long règne de Ferry III (125 1 -1303) a fait d'énormes progrès depuis la publication de l'ouvrage de F. de Saulcy '. On peut aujourd'hui distinguer deux périodes monétaires très tranchées. Pendant la première, la plus longue, les émissions se bornent à de petits deniers que six ateliers livrent à la circubtion. Voici une énumération rapide des ateliers et des types de cette période:

FIg. loio Rg. :oii

1. Kancy. Première variété : ferri. Écu de Lorraine, qui est d'or â la bande de gueules chargée de trois alérûms d'argent. Rev.: nancei dans les cantons supérieurs d*une croix à la tête recroisctée ; deux lis occupent les cantons inférieurs (ûg. 1009). — 2« variété : Givalier à droite ; parfois sous le cheval, feri, fer, fe ou un symbole. Rev.: nancei autour de l'épée de marquis posée en pal et souvent accostée de deux symboles, lis, croissants, roses, etc. — 3« variété: Môme cavalier. Rev.: nancei. Dcxtrochèrc tenant une épéc en pal (fig. loio). — 4« variété : Même cavalier. Rev.: nancei. Écu de Lorraine. — 5« variété: Même cavalier. Rev.: -h • F • dvx * lot. Croix. Cette dernière, variété ne mentionne pas l'atelier, mais il est ceruin, pour nous, qu'il s'agit de Nancy.

2. Sierck, i^ variété : F'd'lotoreg'. Le duc à mi-corps de face. Rev.: cirkes autour d'une aigle éployée. Ce type, qui se rapproche beaucoup de celui de Mathieu II, doit être des premières années de Ferry III. — 2« variété : Cavalier d droite. Rev.: qrkes. Croix pattée.

3. Neufcbdteau. i>« variété : Même type que la 2« variété de Sierck, mais portant au revers : nvefchatel, novicastri, novocatri. — 2« variété : Même type que la 2« variété de Nancy. — }• variété : Même type que la 3* variété de Nancy.

i. Cf. J. Hermerel, Numismatique lorraine. Essai de classificatioti des monnaies de Ferri II et de Thibaut H, dans \ Annuaire de la Soc. fr, de numism,, 1891, p. 27 et p. 183. — M. Qpintard a proposé de restituer à Mathieu II un certain nombre de deniers anonymes aux types de Ferry III ; son opinion mérite une sérieuse attention, mais ne nous paraît pas encore appuyée d'arguments suffisants pour pouvoir être définitivement acceptée. Cf. Mém. de la Soc, d'arch. lorraine, 1876, p. 351 et suiv.

Googl(

l*allemagne 559

4. Mirecourt. Même type que la 2« variété de Nancy, mais au revers : mvricort, MERicoRT. La ville de Mirecourt, qui avait appartenu peu de temps à Mathieu II, fut réunie en 1284 au duché par Ferry III; cette circonstance fixe la date du type du cavalier et de Tépée en pal.

5 . Lunéville. Même type que la 2« variété de Nancy, sauf la légende du revers :

UNIVILLE.

Page 1