Évèchi de Passau
Les droits monétaires de Passau remontent à un diplôme d'Otton III de Tannée 999. Henri IV fit, en 1067, àTévêque Altmannune nouvelle concession en lui donnant: « villatn quandam Tyensfurt dictant... cum... niercatis, thloniis, momiis ». La monnaie de Passau est plusieurs fois mentionnée dans le cours du xiii* siècle et donne lieu en 1262 à un conflit entre Tévêque Otton et Henri I, duc de Bavière. Obermayer attribue à Passau des deniers muets ; un loup sautant, armes de Tévêché, entre le plus souvent dans la composition de leurs types.
g). Margraviat cl ducU â^ Autriche » .
Pendant le dernier quart du x* siècle, Léopold I de Babenberg se trouvait margrave de la marche orientale de Bavière ou Autriche. Il transmit ses possessions à ses descendants. Le monnayage commence vers 1070 et se compose de deniers muets, parfois carrés à angles arrondis. La fantaisie étrange qui préside à la composition de leurs types rend ces premières monnaies autrichiennes très caractéristiques et très curieuses, mais défie toute espèce de classement chronologique.
En II 56, TAutriche fut érigée en duché en faveur de Henri II Jasomirgot, duc de Bavière. La maison de Babenberg s'éteignit en 1246 avec Frédéric II le Belliqueux. L'empereur Frédéric déclara l'Autriche terre héréditaire des rois d'Allemagne et plaça un statthalter à Vienne. L'administration impériale mit le pays dans la plus grande détresse, si bien que les états appelèrent, en 123 1, comme duc, le roi de Bohême, Ottakar II, second époux de Marguerite, sœur de Frédéric II le Belliqueux. Ottakar gouverna le pays avec sagesse, reprit, en 1259, laStyrie aux Hongrois, hérita de la Carinthie, d'une partie de la Carniole et du
Frioul, mais, en 1276, il dut abandonner tous cts pays au roi Rodolphe de Habsbourg, qui donna l'Autriche à ses fils, Albert (1282-1308), et Rodolphe (1289-90). Les ateliers monétaires de l'Autriche ^**' "'* étaient établis à Vienne et à Neustadt. Un
denier frappé par Ottakar II dans la première de ces villes porte le nom
I . A. Luschin von Ebcngrcuth, Zur oestenreichischen Mûn\kufide des XIII und XIV Jahrbunderts. EinkrHisdfer Vnsuch, Vienne, 1869, gr. in-8.
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l'allemagne 767
(le l'auteur: WIN, entre deux bustes couronnés, et, au revers, AVSTRIE autour de Técu : fasci de gueules et d'argent de trois pièces. Sur un autre %juiener pfennig, ou denier viennois, nous trouvons le buste du roi de Bohème, OTAKER et un écusson chargé d'un T, initiale du maître de la Monnaie, Conrad von Tuln (fig. 1238)/ Comme la monnaie était renouvelée tous les ans, les types de ces wienerp/ennige^ presque toujours muets, sont innombrables et le plus souvent les pièces sont si négligemment frappées que le revers est complètement indistinct. L'atelier de Neustadt fut créé en 1228, par le duc Léopold VI.
h). Duché de Carinthit 1.
La Carinthie, d'abord unie à la Bavière, passa ensuite à la maison d'Eppenstein, puis en 11 22 à celle d'Ortenbourg. En 1335, elle fut réunie aux possessions de la maison de Habsbourg. Voici la liste de ses souverains entre ces deux dates :
Henri II, 1122-1124. •Bernard II, 1201-1256.
Engclbcrtll, 1124-1134. *UlricIII, 1256-1269.
Ulric I, 1 1 34-1 144. Ottakar II, roi de Bohème, 1269-1276.
Henri III, 1 144-1 161 . •Meinhard II, comte de Goricc et de Ty-
Hermann, xi6i-ii8x. roi, gouverneur, puis duc, 1276-
Ulric H, 1181-1201. 1286-1295.
Les premières monnaies carinthiennes connues appartiennent à Bernard II, +DVX BERNART, qui créa en 1234 un atelier monétaire à Landestrost, + LANDESTROSEN. Un second atelier se trouvait à Laibach en Carniole, pays qui dépendait, pour la plus grande partie, de la Carinthie. Bernard II monnaya également en commun avec les évoques de Brixen ; les pièces qui résultent de cette convention portent à Tavers le duc armé avec le sceptre et la bannière; son nom forme la légende circulaire; au revers figure l'agneau tenant la banderole.
Sous Ulric III un atelier fut ouvert à Saint-Veit, SANTVEIT, sur la Glan, et sous Meinhard, cette Monnaie est citée concurremment avec celle de Vôlkermarkt.
i). Margraviat et duché de Styrie >.
Les margraves de Styrie sont issus des comtes de Traungau. Otta-
1. H. Grotc, Die Mûn^en des sûdlicl)eti OeslerreicJis im Mittelalter, dans les Mûn^stU" dien, t. I, p. 9 et suiv. — A. Jellouschek, Das Mûttj;wesen Krain's im Mitlelaller, Laibach, 1854, in-8.
2. Fichier, Reperlorium der steierisclKn Mûnxkunde, Graz, t. III, 1875, in-8.
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7^8 TROISlàME PARTIE
kar V (1129-64) accrut ses domaines de ceux des comtes de Putten, et son fils Ottakar VI (1164-1192) prit, le premier, le titre de duc. Les armes de la Styrie sont : de sinople à la panthère d'argent.
Les commencements d'un monnayage propre à la Styrie nous reportent à la seconde moitié du xii* siècle. Les plus anciens ateliers furent établis à Neunkirchen (vers 1160) et à Fischau (1166-1184). En 1185, une Monnaie se trouvait également à Enns. Les pièces frappées 1 cette époque sont muettes; elles présentent la plus grande analogie de style et de fabrication avec celles de la Bavière ; leur type habituel se compose de la panthère styrienne dans un encadrement multilobé et d'un dragon.
A la mort d'Ottakar VI, la Styrie passa par héritage à Léopold VI le Glorieux, duc d'Autriche. Sous son règne (i 192-1230), un atelier fut ouvert au château ducal de Graz ; de là Tofficine fut transférée en 1222 à Pettau, où le duc monnaya en commun avec Eberhard II, archevêque de Salzbourg. Les deniers frappés dans ces conditions sont copiés des monnaies de Freisach ; Tavers représente le duc assis, tenant un sceptre entouré soit de + DVX-LIV-POLDVS. soit de EBERHA-RDVS EPS; le revers montre un buste épiscopal sous une arcade.
En 1232, Tatelier de Graz fut rétabli par Frédéric II le Belliqueux (1230-1246). Les fréquents changements que celui-ci apporta dans le, cours des espèces, pour augmenter ses revenus seigneuriaux, provoquèrent de telles plaintes, qu'en 123 1 l'empereur Frédéric II intervint pour régler les droits réciproques du duc et de ses sujets. Ce règlement fut confirmé en 1277 par le roi Rodolphe I.
A la mort de Frédéric le Belliqueux, la Styrie suivit les destinées de TAutriche. On attribue à l'administration impériale de 1246 a 125 1 de curieux JfniVj portant à l'avers l'inscription allemande: -f SCHILT- VON-STEIR autour de la panthère, au revers une tête couronnée sous une arcade, et une aigle.
En I2S3, la Styrie fut conquise par Bêla IV, roi de Hongrie, mais le duc d'Autriche, Ottakar II, roi de Hongrie, la reprit en 1239. Pendant l'occupation hongroise, le ban Etienne, qui gouverna le pays de 1254 ^ I2S8> sous le titre de duc d'Agram, frappa des deniers portant d'un côté un lis accosté de l'écu de Hongrie et de ses armes personnelles, au-dessus d'une tête couronnée ; le revers représente une aigle. D'autres pièces unifaces frappées, en Styrie de 1258 à 1259, P^^^ Etienne V, roi de Hongrie, portent: + REX STEPHANVS et un buste couronné entre deux tours.
. Ottakar II continua les émissions dans l'atelier de Graz ; quelques pièces ont son nom; d'autres portent l'inscription allemande + MVNE- GRETZ, autour d'un écu de Bohême.
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Le monnayage particulier de la Styrie fut poursuivi après Tavènement de Habsbourg; mais les documents constatent un affaiblissement continuel des espèces. Au commencement du xiv« siècle, un denier de Graz valait un demi-denier de Vienne; en 1336, il n'est plus évalué qu'un cinquième de ces mêmes deniers^
j). Évécbé de Brtxen i .
L'évêché de Brixen fut établi dans cette ville dans la première moitié du XI* siècle; il se trouvait auparavant à Seben. Quelques historiens du Tyrol assurent que les évêques obtinrent leurs privilèges monétaires en 977; maison possède un diplôme deConradlI, par lequel celui-ci accorde, en 1039, à révoque Poppon : ^ jus et usuin et potestatent constiiuandae monetae ». Ce droit fut confirmé en 1179, dans les mêmes termes, par Frédéric Barberousse. Les armes de Tévôché étaient : de gueules à l'agneau pascal d'argent, nimbé d'or, tenant une banderole d'argent clxtrgée d'une croix de gueules.
Les monnaies connues pour Brixen sont en très petit nombre. Obermayer en signale quelques-unes de la seconde moitié du xn* siècle ; elles portent généralement un buste mitre et crosse, et Tagneau pascal. Nous avons parlé précédemment des monnaies frappées par Tévêque, en commun avec Bernard II, duc de Qrinthie (1201-1256).
k). Comté de TyrolK
La première maison des comtes de Tyrol s'éteignit en 1253 et le pays passa par mariage à Meinhard I, comte de Gorice. Celui-ci eut deux fils, Meinhard II et Albert II, qui administrèrent leurs biens en commun jusqu'en 127 1 ; ils procédèrent alors à un partage et Meinhard II obtint le Tyrol :
♦Meinliard II, 1271-1295. Henri, 1310-133$.
Otton, 1295- 13 10.
Les comtes de Tyrol se trouvaient déjà en 11 89 en possession du droit d'exploiter leurs mines argentifères, droit auquel celui de mon-
1. A. Busson, Kleitte Beitrâge ^r miltelaUerlichen Mfm^lutide Tiroïs, dansh Numism. Zeitsclmft, t. XIX, 1887, p. 263 et suiv.
2. P. Ladurner, Ueber die Mûrt^e und dos Mûn^wesen in Tirol vom i^ Jabrh, bis ^um iSi9' Innsbnick, 1868, in-8. — A. Luschin, Zur mitteîaîierîicheti Mûn^kunde Tiroh, dans la Numism. Zeitschrift, 1869, p. 149 et suiv.
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nayage se trouvait toujours attaché. Les plus anciennes pièces connues ne sont toutefois pas antérieures au milieu du xiii* siècle ; ce sont de belles monnaies, d'aspect italien, frappées à Méran, DE-MA-RA-NO, portant une aigle et une croix. Ces pièces auxquelles leur type fit donner le nom dégrossi aquilini servirent de prototypes à de nombreuses monnaies de l'Italie septentrionale. Meinhard II met son nom sur les grossi qui, avant lui, étaient anonymes et portaient simplement COMES TIROL ; après sa mort, son type paraît avoir été immobilisé.
1). Comté de Gorice • .
Lors du partage fait en 127 1, entre les deux fils de Meinhard I, comte de Gorice et de Tyrol (1232-1238), le comté de Gorice fut adjugé à Albert IL Voici la liste des possesseurs de Gorice jusqu'au milieu du xiv* siècle :
•Albert II, 1 271-1304. Jean-Henri, 1323-1338.
•Henri II, 1304-1323. •Albert IV, 1338-1374.
Les comtes de Gorice monnayèrent d'abord à Gorice, mais en 1233, l'atelier fut transféré à Lienz. Leurs monnaies sont de très bonne gravure et de frappe soignée ; comme celles du Tyrol, elles sont plutôt italiennes d'aspect, qu'allemandes. Un dénier de Meinhard II frappé avant 1271 porte son nom autour de l'écu tyrolien à l'aigle et au revers une croix coupant la légende: + DE-LY-ON-ZE. Les deniers d'Albert II ont à l'avers un lion passant à gauche, au revers une rosace. Les légendes sont: + ALBERTVS COMES et + GORICIE. DE LVONXE ou + ALBERTVS COMES et + MONETA DE LVONXA. Sous Henri II, l'écusson de Gorice : tranché au i*^ d'azur au lion d'or, au 2* bandé d'argent et de gueules de quatre pièces, commence à figurer sur les espèces.
1 F. Schweitzer, Abrégé de Vhistoire des comtes de Gorice et série de leurs monnaies, Trieste, 1851, in-4.
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