‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 36 sur 83 · II · texte numérisé non relu

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architecturaux, parfois accompagnés de l'effigie de saint Boniface. Les plus anciennes portent des légendes explicites et complètes, par exemple, sous Conrad I : SANCTVS BONIFACIVS CONRADVS ABBAS. sous Hermann I: HEREMANNVS DE GRACIA ABBAS IN VYLDAHA. etc. Au XIII* siècle, le module des pièces diminue et les légendes sont raccourcies, réduites à des initiales ou complètement absentes.

n). Comté de HmnébergK

Le comté de Henneberg embrassait un vaste territoire sur les deux rives de la Werra, entre la Hesse et la Thuringe. En 1226, Poppon, comte de Henneberg, reçut de Frédéric II tous les privilèges attachés à l'exploitation des mines, qui comprenaient le droit de frapper monnaie. A la mort de Poppon (1245), ses deux fils Henri III et Hermann I se partagèrent l'héritage paternel ; l'un obtint Henneberg et Schleusingen ; l'autre Cobourg. Ils possédèrent ensemble le droit monétaire à Schweinfurt et, en 1259, ils accordèrent à Iring, évêque de Wurzbourg, une part dans le bénéfice que leur procurait la fabrication des espèces.

En 1262, à la mort de Henri III, ses fils formèrent trois lignes, dont l'aînée augmenta encore ses possessions, au xiv* siècle, de toute la partie du comté échue en 1245 à Hermann I. En 1330, Frédéric de Habsbourg confirma les droits monétaires des comtes de Henneberg.

Les plus anciennes monnaies retrouvées appartiennent à Jean de Brandebourg, comte' de Henneberg-Cobourg (1308-17), et consistent en petits deniers portant à l'avers lOHANES et une tête d'aigle, au revers, un oiseau.

o). Lanâgraviat de Hesse ^.

Les premières monnaies de la Hesse ont été frappées par Sophie, duchesse de Brabant, régente du landgraviat (1247-84) pendant la minorité de son fils Henri I, dans les ateliers de Marbourg, MAREBORG, de Frankenberg et de Grûnberg, MON ETA IN GRO. La duchesse mentionne sur certaines pièces son titre de SOFIA DVCIS. DE BRA, ou simplement: SOFIA DVCIS. Le type des deniers se compose à l'avers de l'effigie de Sophie de Brabant, assise de face ou représentée

1. L. Fikentscher, Beitràge x^r hennebergischen und hessischen Mûn^kunde im Miitelaller, dans la Zeitschrift fur Numsmatik, t. XVIII, 1891.

2. J. Hofmeister, Historisch-kritiscbe Beschreibung aller bis jetxf hékannt gewordcfun hessischen Mûnien, 1. 1. Leipzig, 1862, in-4.

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en buste; le revers porte tantôt un édifice (fig. 121 1), tantôt l'image

du jeune Henri I, tantôt le lion de Hesse.

Devenu majeur en 1265, ce prince, COMES

HENRICVS HA. monnaya à Wolfliagen,

VVLFHAGEN CIVITAS, mais après sa mort,

arrivée en 1308, les émissions prennent fin.

Dans le cours du xiv» siècle, les documents ^^' ""

mentionnent encore les denarii hassienses, mais aucune pièce n'a été

retrouvée.

p). ComU de Ziegenhain,

Les comtes de Ziegenhain apparaissent au xii® siècle. Au commencement du xiii" leurs domaines s'accrurent du comté de Nidda. De bonne heure les comtes possédèrent le droit de battre monnaie, comme en témoignent les pièces de Berthold.

En 1297, le comte Godefroid fit un contrat avec Gérard, archevêque de Mayence, dans lequel il est dit : « u/ nummi neustadienscs, si forte Gerardo officinam monetariam ibidem aperire placuerit, non minus in terris comitatus :(iegenhainiensisin usu sint, quamqui Treysae signarentur. » Cet atelier comtal de Treysa est mentionné dans d'autres documents de 1261 et de 1306.

q). Seigneurie d^Ortenberg * .

Roscmann d'Isenbourg (1232-63) était seigneur de Kempenich, dans la région mosellane, et d'Ortenberg en Wetteravie. On possède de lui de petits deniers analogues aux monnaies d'Ârnould II, archevêque de Trêves, portant RVZEMA////, qui furent fi-appés très probablement à Kempenich, puis des deniers dt 17 miUimètres et de flan épais frappés à Ortenberg. Leur type se compose d'un buste avec épée et sceptre crucigère entouré delà légende: ROISEMAN DE C(empenich), et, au revers, d'une arcade à trois tourelles dans laquelle est placée une rose. Le mot ORDENBEREC indique l'atelier d'origine.

r). Comté de Battenberg,

Les comtes de Battenberg, issus de la maison de Wittgenstein,

I. H. Grote, Die Mûtu^en und MedaUUn des Hanses Isenhurg, dans les Mûnistudien t. VU, 1868, p. 190 et suiv.

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s'éteignirent en 13 14. Hermann, fils de Wedekind H, avait vendu en 1291 ses domaines à l'archevêché de Mayence. On possède de Wedekind II (1238-91) des deniers bifaces, à l'avers desquels paraît un buste avec épée et sceptre fleurdelisé sur une arcade ; au revers figure un édifice flanqué de deux tours. Les légendes sont : WEDECINT et BADTENBORG.

s). Ahbaye de Fritilar.

En 732, saint Bonîface établit à Fritzlar un monastère dont saint Wigbert fut le premier abbé. On connaît de cette localité des deniers contemporains des empereurs de la maison de Saxe; ils reproduisent le type de Cologne et portent au revers + FRIDESLARO autour de la croix cantonnée de globules. Au xni* siècle Fritzlar, étant passé sous l'autorité des archevêques de Mayence, devint un de leurs ateliers.

t). Seigneurie de Mûnienberg '.

Les seigneurs de Mûnzenberg, dont la race s'éteignit en 1246, frappèrent, dans la première moitié du xiii* siècle, des bractéates représentant une tige de menthe (en allemand Mûn:(e) s'élevant entre deux tourelles à toits aigus ; parfois, la tige de menthe est remplacée par une croix longue. Concurremment avec ces bractéates^ Ulric I (1214-45) ou son successeur Ulric II (1245-56), firappa des deniers bifaces portant à l'avers: OLRICVSN, le seigneur assis tenant un sceptre et le globe crucigère ou une croix; au revers, MINCENBERG, une voûte surmontée de deux tourelles, entre lesquelles est la tige de menthe. Outre l'atelier ouvert dans la capitale de ses terres, l'un des Ulric de Mûnzenberg eut une officine à Assenheim, CIVITAS ASSENHEIM, où il frappa des deniers bifaces d'un type analogue.

u). Comté de Nassau >.

La plus ancienne monnaie des comtes de Nassau est un denier frappé à Siegen par Ruprecht (1124-51). Le comte y est représenté assis de

1 . H. Grote, Mùn^en aUsgestorhentr Dynasten in Hessen, dans les BîdtUr Jur Mûn^" hunde, t. I, n» 12.

2. H. Dannenberg^ Nassaus MiUeîalter-Mûn^en, dans la Zeitschrift fur Numism., t. VII, p. 165. — J. Isenbeck, Das nassauisclK MUnjwesen, dans les Annaîcn des Vereins ' fur nassauiscbe Alierthumskunde, t. XV, 1879.

face, nu tête, tenant une lance et une palme; au revers, nous retrouvons l'église à trois tours au-dessus d'un mur. Les légendes sont RVO- BERDVS CO et SIGENENSIS CIV. Cette monnaie est encore isolée, mais elle permet d'espérer d'autres découvertes dans la numismatique du pays de Nassau, que Leitzmann ne croyait pas antérieure au diplôme de 1329 par lequel Louis IV de Bavière accorda à Gerlach, comte de Nassau- Wiesbaden, le droit de frapper des Mler en cette ville.

§ VL — Souabe et Suisse ^

a). Atdiers impériaux.

Les ateliers impériaux de la Souabe et de la Suisse à l'époque saxonne et franconienne sont au nombre de sept : Brisach, Strasbourg, Esslingen, Zurich, Constance, Coire et Augsbourg. Tous ces ateliers passèrent successivement aux mains de seigneurs ecclésiastiques.

Brisach. — OttonlII frappa dans cette ville des deniers au type de Cologne dont le nom est remplacé par SBRIISE-A* en croix. Indépendamment de CCS pièces signées par un souverain allemand seul, la plupart des monnaies des ducs d'Allemanie portent la mention royale ou impériale.

■ Strasbourg. — On possède des monnaies exclusivement royales ou impériales d'Otton I. Leur type se compose, à l'avers, du buste couronné à gauche, et, au revers, du temple ; les légendes sont: + OTTO REX PACIFI- CVS et ARGENTINA CIVITAS (fig. 1212).

D'autres deniers ont, au droit + OTTO MAGNYS autour du même buste et, au revers, + SCA MARIA autour d'une croix. ^'^' ""

Le monnayage fut poursuivi sous Otton III, dont les espèces portent le temple, la croix ou STRA-ZBVRCH en deux lignes. Quelques deniers et oboles ont, à l'avers, une fleur de lis, mais comme, au revers, la croix est cantonnée d'une crosse, il y a lieu de les ranger plutôt dans la série épiscopale.

X. D. E. Bcyschlag, Verstich eitier Mm^eschichle Augsburgs in dem MlUdaller, nébst Beytrâgen %iir MùnigeschicbU der ûbrigen aîemanniscJj-sueviscJjen Landen in dem nâmîicben Zeitraume. Stuttgart, 1835, in-8. — H. Grote, SchwàbischaUmannische Geld- und Mûnigôschicbte des Miiteîaliers, dans les Mûnistudien, t. VI, 1865. — G. E. von Hallcr, ScJ)weiieriscJjes Mûni-md Medailkn-Kàbinet, Berne, 1780-81, 2 vol. in-8.

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Sous Henri II, roî, Tempreinte principale est une couronne ou le profil à couronne parfois radiée; un dispositif épigraphique formé du nom de la ville, ARGEN-TI-NA. et une sorte de temple alternent au revers des deniers. Après le couronnement impérial de Henri II, son buste est campé de face; au revers des monnaies le mot ARGEN-TI-NA. posé en croix, est accompagné de deux édifices à tourelles. Conrad II et Henri III conservèrent le buste de face et en revinrent au temple tétrastyle des Carolingiens.

Concurremment avec cette série impériale, il y eut à Strasbourg, dès la fin de Tèpoque carolingienne, des monnaies émanant directement des évoques. Ces pièces, dont nous parlerons plus loin, continuèrent longtemps à porter le contreseing du souverain de l'Allemagne.

Esslingen. — Les seuls deniers de cet atelier signés par un empereur appartiennent à Henri II, dont elles portent le buste couronné, de profil à droite. Au revers, une dextre brochant sur une croix est entourée du nom du patron d'Esslingen : S • VITALIS.

Zurich. — Sous Otton I les deniers de Zurich ont, à l'avers, une croix entourée de OTTO IMPERAT; le revers montre le nom de la ville : TVRECVM, écrit horizontalement entre deux filets et surmonté d'une branche d'arbre. Sous Otton II une croix, cantonnée ou non d'annelets, occupe les deux faces des deniers. Enfin, sous Henri II l'empreinte se compose de son buste couronné et d'une croix cantonnée de globules.

Constance. — Les monnaies frappées en cette ville sous Otton II et Otton III ont d'un côté un temple, de l'autre le monogramme cruciforme de OTTO. Sous Henri II l'avers porte un buste de face, le revers un clocher à deux étages. Le nom de l'atelier est: CONSTANTIA.

Coire. — On a de beaux deniers frappés à Coire par Otton I. Le nom du souverain, OTTO C^SAR, entoure à l'avers une petite croix pattée. Le revers représente un édifice à coupole accosté des lettres CVRA.

Augsbourg. — Le monnayage d'Augsbourg, relativement très soigné,

se rapproche davantage de celui de la

Bavière que de celui de la Souabe. On

I possède de cette ville, AVGVSTA CIV.

des deniers de Henri II et de Conrad IL

L'avers est toujours occupé par le profil

Fig. laij royal couronné, aux côtés duquel sont

placées, en plusieurs lignes, les lettres de la légende ; le revers est

chargé d'un temple, d'une croix et parfois d'une main sortant des

nuages et accompagnée du mot REX (fig. 1213).

Vers le milieu du xi* siècle, le monnayage impérial de Souabe subit

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une éclipse, qui dure plus d'un siècle, et quand nous retrouvons des espèces émanant du pouvoir central, elles reflètent les changements qui se sont introduits dans les mœurs commerciales et la circulation métallique. Tandis qu'en Alsace l'usage des deniers bifaces est généralement conservé, au delà du Rhin et en Suisse nous nous trouvons aux prises avec d'innombrables bractéates.

Alsace. — On rapporte au xir siècle un petit denier de Haguenau portant IMPERATOR et HAGENOWE. puis au règne de Frédéric II (1220-50) un petit denier strasbourgeois dont les légendes sont IMPERATOR et ARGENTINA; le type des deux pièces se compose d'un buste de face couronné, puis, au revers, d'un édifice à portail. Les trouvailles de Guémar et de Minderslachen ont fait connaître un grand nombre de deniers alsaciens muets, chargés d'emblèmes impériaux.

Souabe proprement dite. -^ Les bractéates de la Souabe, impériales ou autres, présentent un ensemble de particularités qui permettent de les reconnaître facilement. De petit module et d'un métal épais, elles sont très régulièrement circulaires et d'un travail élégant ; sur leur circonférence elles portent, au lieu de légendes, une série d'ornements répétés, gros grenetis, petits rectangles alternant avec des croisettes ou des besants, croissants, etc. La période pendant laquelle les bractéates impériales de Souabe ont été émises « commence vers 11 80 pour finir avec le premier quart du xiv' siècle; l'époque de leur plus grande extension correspond au règne des Hohenstaufen ; une foule d'entre elles paraissent avoir été frappées sous Otton IV de Brunswick. Les principaux ateliers des empereurs en Souabe furent avant tout Augsbourg, où les empereurs séjournèrent si fréquemment, à l'occasion des nombreuses descentes qu'ils firent en Italie, puis encore Lindau, Reichenau, Kempten, Hall, etc. » Voici, telle que l'a dressée M. G. Schlumberger, la liste des types principaux des bractéates impériales frappées en Souabe :

Tôtc de Tcmpercur de face (une foule de variétés; la tétc est placée entre deux tours, deux clochers, parfois à c6té d'un lion également couronné, à côté d'une aigle, etc.,

Fig. 1214 Fig. I2>> Fig. iai6

fig.1214 à 121 7); — lion et dcmi-aigle adossés et placés sous une grande couronne; — l'empereur couronné chevauchant sur un lion; — lion couronné passant devant un arbre (Lindau; fig. 1218); — lion couronné passant (Ueberlingen); — lion couronné

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et ailé passant (Reîchcnau?); — tète couronnée entre deux rameaux d'arbres (Lindau) ; — deux têtes de face couronnées, séparées par une croix et par un sceptre fleurdelisé (Frédéric II et son fils Henri) ; — tête couronnée de face avec de grandes boucles retombant sur les côtés du cou ; — l'empereur couronné, assis, les jambes croisées, tenant le sceptre et le globe impérial ; — tête couronnée de face entre des rameaux fleuris ou entre un rameau et une tourelle ; — tête couronnée de face accompagnée d'une main tenant une couronne, une fleur, un sceptre fleurdelisé ou une épée et un rameau ; — tête couronnée et aigle éployée, séparées par une croix ; — buste couronné de face avec, dans la main gauche, une fleur de lis, à sa droite une tourelle; — tête couronnée sous une arcade qui unit deux tourelles; — tête couronnée au-dessous d'une croix,

Fig. iai7 Fig. laiS Fig. 1119

entre deux oiseaux; — lion passant couronné, à tête humaine et dont la queue se termine par une fleur de lis (le lion guelfe d'Otton IV) ; — l'empereur couronné, assis, avec le sceptre et le globe (nombreuses variétés muettes ou avec les légendes fride- Ricvs CESAR pour Frédéric II, heinricvs césar pour son fih ; souvent la légende est indéchiflrable); — buste couronné, avec l'épée et la croix; au-dessus, aigle planant; buste couronné avec la légende plus ou moins correcte hilticar regina (Kemptcn).

A la fin du xiii* siècle, Tatelier impérial de Hall-sur-le-Kocher commença l'émission de deniers bifaces ou heller, denarii hallenses, qui devinrent, dans le cours du siècle suivant, le modèle du numéraire d'un grand nombre d'ateliers en Souabe, en Franconie et en Bavière. Le type de ces heller est une main, emblème des armes municipales, et une croix (fig. 1219); les pièces semblent, après avoir reçu leur empreinte, avoir été martelées sur les bords de manière à entourer le centre du flan d'un carré aplati, appelé par les auteurs allemands quadratum supercussum.

b). Évêchc de Strasbourg '.

L'ingérence des évoques de Strasbourg dans la fabrication des espèces remonte, comme nous l'avons vu (p. 270), à l'époque carolingienne ; elle continua à se manifester de la même manière sous les premiers souverains de Germanie de la maison de Saxe. Les initiales des évoques Richwin (913-932) et Eberhard (933-934), puis le nom d'Udon III (950-965), ont été reconnus sur des deniers de Henri I l'Oiseleur et

I. A. Engel et E. Lehr, Nutnisntatique de VAlsau. Paris, 1887, in-4, p. 146 et suiv.

l'allemagne 745

d'Otton le Grand (fig. 1220). En 974, Otton II accorda à Tévêque Erkembold le droit monétaire dans toute son étendue et, en 988, Otton III renouvela cette importante concession. C'est en effet avec Erkembold que la signature épiscopale se montre pour la première fois en toutes lettres et suivie du titre d'episcopus. Voici l'indication sommaire des types employés sous cet évèque et ses successeurs immédiats :

Erkembold (965-991): Buste impérial. Rev.: Edifice (sur les dmiers au nom d'Otton I ou d'Otton II; fig. 1221). — Figure symbolique composée de trois ogives entrelacées et représentant la sainte Trinité. Rev.: Édifice (sur les dmiers signés par révéquc seul).

Widerold (991-999) : Buste impérial couronné, à droite ou à gauche. Riv. : Édifice. — Buste couronné de face. Rev, : Buste de face, avec crosse sous un portail. — Buste couronné de face. Rev. : Q.uatre lis posés en croix autour d'un globule. Toutes les monnaies de WiJerold portent le nom d'Otton III.

Aliwic (999-1001) : Buste couronné à droite ou à gauche. Rev.: Édifice. Les pièces de cet évoque portent le nom d*Otton III.

Fig. 1:20 Fig. 1221

Werner ou Wicelin de Habsbourg (1001-1028) est le premier évêque de Strasbourg dont aucune monnaie ne porte la signature impériale. Son nom, sur les deniers comme dans les textes, est écrit soit vicelinvexi, soit wernerevs ep ou weriner EPI. Les types sont plus nombreux que sous ses prédécesseurs : Couronne. Rev. : argen- Ti-NA en croix. — Tête à gauche. Rev. : Temple. — Buste de face. Rev. : Main sur une croix accostée de A et m. — Buste à gauche. Rev. : Croix cantonnée de globules.

Après Werner, à l'époque qui correspond précisément au plus grand développement de la puissance féodale, les monnayeurs ou Husgenossen strasbourgeois vont désormais consacrer leurs soins à l'émission de pièces anonymes. Une seule pièce, de l'évêque Henri I de Hasenbourg (1180-90), porte le nom HEINRICVS; le type est, à l'avers, le buste mitre et, au revers, une sorte de temple. Les trouvailles de Guémar, de Sausheim, de Bœrsch et de Minderslachen ont fait connaître de nombreux petits deniers muets à effigies ecclésiastiques, dont les évêques de Strasbourg peuvent réclamer une grande part.

Outre l'atelier établi à Strasbourg, les évoques possédèrent à Altorf et à Châtenois des monnayeries qui furent supprimées en 1296 lorsque l'évêque Conrad de Lichtenberg engagea sa Monnaie à un groupe de bourgeois de sa capitale. Cet engagement fut l'origine du monnayage de la ville de Strasbourg.

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c). Abbaye de Wissembourg,

L'abbaye de Wissembourg, fondée au vu* siècle, s'appuyait pour battre monnaie sur un diplôme apocryphe de Dagobert (624). Ce droit lui fut confirmé en 1275 P^^ Rodolphe de Habsbourg.

Les deniers abbatiaux, généralement muets, portent, à Tavers, un buste avec crosse et livre, et, au revers, un édifice à clocher et à tourelles; très souvent, une couronne surmonte le portail. Les rares légendes qui se montrent autour de l'édifice sont une altération du nom de Wissembourg : WIDENÇIRC. VICDEN6IN, WIZ-.N...KC. etc.

d). Landgraviat de Basse-Alsace,

Les landgraves de Basse-Alsace ont très probablement battu monnaie, et il faut chercher leurs espèces parmi les nombreux deniers^ encore indéterminés, des trouvailles de Guémar et de Mindeslachen, qui sont en étroite parenté de fabrique avec les pièces certaines de Strasbourg et de Wissembourg. Suivant M. Dannenberg, un des types qui devrait être attribué aux landgraves est celui du cavalier tenant une lance ou une bannière; le revers de ces deniers muets au cavalier présente généralement un édifice crénelé.

e). Duchés d*Alemannie et de Souahe >.

En 926, Hermann I, comte de Franconie, reçut de Henri l'Oiseleur les duchés d'Alemannie et de Souabe. De son règne datent les premières monnaies frappées à Brisach et à Zurich. Les deniers de Brisach comportent quatre types différents dans la composition desquels entrent tour à tour le buste couronné de profil, une croix cantonnée ou non

de globules, une sorte de rosace à quatre feuilles, le mot OTTO posé en croix (fig. 1222), enfin deux dispositifs épigraphiques formés des mots HRMANN et PRISC, partiellement monogrammatiques, placés en ^'«- "" croix et accompagnés de branches ou de

volutes. Le nom d'Otton I est associé à celui de Hermann, sauf sur une variété où le duc est seul mentionné. A Zurich, la signature d'Otton I

I. J. de Pfaffenhoffen, Die Mûnxen der Heriôge von Alemannien, Carlsruhc, 1845, in-4.

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est toujours absente; Tavers des pièces porte HERIMANNYS autour d'une croix, le revers, les syllabes TV-RE-CV-DC attachées aux bras bifurques d'une croix que cantonnent des globules.

Liutolf ou Ludolphe (949-954), fils d'Otton I et gendre de Hermann, se révolta en 953 contre son père. Il entraîna dans son parti Conrad, duc de Lotharingie, Frédéric, archevêque de Mayence, et plusieurs autres princes; mais les coalisés furent vaincus et Liutolf perdit ses duchés. Nous retrouvons, sous son règne, des deniers de Brisach et de Zurich, puis d'autres frappés à Augsbourg et à Ratisbonne, ville bavaroise qui fut en son pouvoir pendant la guerre. Les monnaies des deux premiers ateliers reproduisent avec de légères variantes les types épigraphiques du règne précédent. A Augsbourg et à Ratisbonne, l'avers porte un temple et le revers une croix cantonnée.

Burcard II (954-972) reçut le duché de Souabe d'Otton I après que celui-ci en eut dépouillé son fils. A Brisach, la plupart des deniers et des oboles portent + BVRCHARD DVX autour d'une petite croix pattée et les mots OTTO PRISACHA, écrits en trois lignes le long des branches d'une croix patriarcale. Une monnaie d'un type insolite et qui est visiblement copié des espèces byzantines montre le Christ assis de face et bénissant; la légende, mal venue, est évidemment IHS XPS REX REGNANTIVM ; le revers, d'une gravure beaucoup moins habile, porte un clocher entouré de BVRCHVPDVS VX. Nous retrouvons, à Zurich, le nom de la ville de TVREC entre deux filets et surmonté d'une sorte de branche, que nous avons précédemment signalée sur les deniers impériaux d'Otton I.

Otton, fils de Liutolf, fut désigné en 973 pour succéder à Burcard II. En 976, il ajouta à ses possessions le duché de Bavière, dont il avait dépouillé Henri le Querelleur. Nous ne parlerons ici que de ses monnaies frappées en Souabe, à Brisach et à Augsbourg ; les produits de l'atelier de Zurich n'ont pas encore été retrouvés. A Brisach, le type, des plus simples, ne comporte qu'une croisette, au droit et au revers ; à Augsbourg, l'empreinte locale est le temple et la croix cantonnée.

Conrad I (982-997) conserva à Brisach les coins de son prédécesseur, en ne modifiant que le nom, et les monnayeurs de Zurich suivirent à peu près le même modèle. Nous assistons à la décadence du monnayage ducal qui présentera désormais d'énormes lacunes. On n'a d'espèces ni de Hermann 11(997-1004), ni de Hermann 111(1004-12). L'un des deux Ernest qui se suivirent de ioi2ài030 nous a laissé des deniers zurichois : leur type consiste en une croix et un clocher; leurs légendes sont : DVX ERNST et TVRECVM.

Le règne de Hermann IV (1030-39) nous apporte encore un denier

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748 TROISièME PARTIE

frappé à Brisach. Cette pièce termine la série actuelle des ducs bénéficiaires de Souabe.

f)* Comté de BrUgau < .

Le 29 mars 999, Berthold, comte en Brisgau, reçut d'Otton III la momta de Villingen, localité de la Forêt-Noire, dans l'ancien patrimoine de la maison de Zaeringen : <c in quodam suo loco Filingun dicto puhlicum faciendi et canstruendi tncrcatum cum moneta, tchmeo ac totius publicacrei banno ». Les monnaies qui ont pu être frappées à la suite de cette concession n'ont pas encore été retrouvées ; celles que les auteurs allemands attribuent à l'atelier Villingen appartiennent à Berthold, évêque de Toul. Leur présence dans la trouvaille de Thionville a rendu évidente la légitimité de cette restitution. (Voir p. 546).

g). Comté de Fribourg-en-Brisgou.

Après la mort de Berthold V, duc de Zaeringen (12 18), sa sœur Agnès, femme d'Egon IV, comte d'Urach, hérita de Fribourg-en-Brisgau. Berstett et Meyer attribuent aux comtes de Fribourg-en-Brisgau des bractéates portant un écu à l'aigle ou un aigle dans le champ ; ces pièces sont d'un travail souvent très grossier. Sur une autre bractéate attribuée aux mêmes comtes paraît une figure debout, tenant une épée à bras tendu et chevauchant sur un lion à tête d'aigle.

h). Margraviat de Bade-Hockberg.

Les margraves de Bade-Hochberg étaient une ligne cadette de ceux de Bade, issue du second fils de HermannlV, mort en 1190. Leitzmann a attribué à Henri I (i 190-123 1) ou à son successeur Henri H (1231-97), deux bractéates sur lesquelles figure un aigle planant entre deux tourelles au-dessus d'un lion passant.

i). ÈvêcJjé de Bdîe,

Le monnayage des évêques de Bâle commence à la fin du x« siècle ou au commencement du xi*, et débute par une série continue de deniers appartenant aux épiscopats suivants :

I. A. de Berstett, Mûn^eschichte des xâJjritigisch'badiscJxn FûrsteulMuses, Fribourg-cn- Brisgau, 1846, in-4.

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. *AdalbéroD II, 999-1025. *Thicrry, 1041-1055.

*Adalric» 1025-1040. •Bércnger, 105 5- 1072.

Ces monnaies bâioisessont d'une fabrication particulièrement affreuse, irrégulièrement circulaires et souvent fort abîmées à coups de marteau. Le type usité par les deux premiers évêques est le temple et la croix. Sous Thierry, dont les deniers annoncent déjà les semi-bractéates, le nom de Tévêque est écrit dans le champ de Tavers et celui de la ville dans le champ du revers. De véritables semi-bractéates se montrent au XI* siècle, et Ton rapporte au temps de Rodolphe de Frobourg (U07-1122), celles qui portent un R entouré de + BASILEA. Ces monnaies bâloises offrent, comme le constate M. Schlumberger, un aspect tout particulier qui ne se confond avec aucun autre. « La plupart du temps on s'est servi pour les frapper d'un coin de forme carrée, ce qui donne quelque chose de fort incomplet et de très barbare à la physionomie de l'empreinte ; toute cette fabrication accuse la plus grande négligence ; les lettres sont grandes et mal formées ; les édifices religieux, les ornements architecturaux, sont d'un caractère grossier et très primitif qu'on ne retrouve nulle part ailleurs que dans cette partie sud-ouest de l'empire germanique. »

Les bractéatesbâloises, d'abord rondes, reçoivent à la fin du xiii* siècle la forme carrée spéciale aux pièces de ce genre frappées en Suisse à cette époque. Leur type est généralement un buste d'évêque, parfois de face, plus souvent de profil, accosté de deux lettres ou de divers symboles : deux calices, deux roses, deux lis, deux croix, deux crosses, une crosse et l'initiale de Bâle (fig. 1223), etc., qui différencient les émissions. Peu d'évêques sont nominativement désignés sur les bractéates; le nom de Lutold (1230-49) y figure toutefois en entier et l'on a signalé les initiales de quelques-uns de ses successeurs : P-E pour Pierre de Rychenstein (128^-96) ou Pierre II (1297- 1306), 1-0 pour Jean de Châlons (1325-35) ou un ^- »"'

de ses successeurs homonymes, H-S pour un des évêques du nom de Henri. Outre l'atelier de Bâle, les évêques possédaient celui de Brisach, où les bractéates reproduisent le type bâlois de la tête de profil entre les lettres B-R.

j). Évêché de Constance t , Le premier évêque de Constance dont les monnaies soient connues

I. H. Mcycr. DieDenare und BracUaUn dcr ScJjweiti, 2e édition. Zurich, 1858, în-4.

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7S0 TROISlfellE PARTIE

cstRudhard (1018-22). Ses (fenî^-j portent : EPS: RVODHA... autour d'un buste à gauche, et CONSTANTIA autour d'une église. Son successeur Heymon (1022-26) met à l'avers de ses pièces le buste nimbé d'un saint, au revers, unedextre. M. Dannenberg cite encore des monnaies qu'il attribue à Warmond de Kybourg (1026-34), et à son successeur, Eberhard (1034-46), mais la lecture de leurs légendes est incertaine.

A partir de la seconde moitié du xi* siècle, le monnayage des évèques de Constance consiste en semi-bractéates, auxquelles succéderont plus tard les bractéates véritables. En 1155, Frédéric I confirma à Tévêque Hermann tous ses droits, y compris le droit monétaire. Les deniers de Constance sont fréquemment mentionnés dans le cours du xn« siècle et du xin*, mais ils ne sont pas encore bien nettement débrouillés des autres bractéates souabes. Quelques pièces portent bien la légende CONSTANTIA, mais la plupart sont muettes. Les types les plus fréquents sont, suivant M. Schlumberger, une tête d'évôque de face souvent placée entre le soleil et un croissant, deux crosses verticales ou en sautoir accostées d'étoiles et de croissants, etc. « On doit, en général, rattacher à Constance toutes les bractéates au type de Souabe, marquées du soleil et de la lune ou d'étoiles. » Dans le cours du xin* siècle, les bractéates de Constance abandonnent parfois leur forme ronde et deviennent quadrangulaires, comme celles qui furent frappées en Suisse, à cette époque, et notamment à Saint-Gall. En 1240, l'évêque Henri décida que dans son diocèse il ne circulerait d'autres pièces que celles qui seraient frappées à Constance, Saint-Gall, Radolfezell, Ueberlingen, Ravensburg et Lindau ; le même texte fixe à 42 schillings au marc la taille de ces petites monnaies.

k). ÉvécJjé de Caire*.

L'évêché de Coire obtint en 958 ses droits monétaires qui lui furent confirmés en 1040 et 1061. On possède des deniers de l'évêque Ulric de Lenzbourg (1002-26); leur type, très singulier, se compose toujours, à l'avers, des lettres 8 en monogramme, commencement du nom de l'évêque qui se trouve complété par la légende Fig. 1324 circulaire : + DELRICV *EP. Le revers est occupé

tantôt par un édifice religieux accompagné de CVRIA, CHVRIA ou

t. C.-F. Trachsel, Die Mûnîçen und MedailUn Grauhûndens. Berlin, 1866^, in-8.

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CVRIA CIV, tantôt par une main tenant une crosse. Le monnayage de Hartmann I (1026-39) est beaucoup moins incontestable, mais il existe encore, pour le xi* siècle, des deniers anonymes avec S — D +X — V en trois lignes et CVITAS CVRIA autour d'une croix cantonnée; puis quelques affreuses pièces de la trouvaille de Steckborn. Henri II d'Arbon (1180-93) fr^PP^ des deniers légèrement concaves, d'aspect italien, imités des monnaies milanaises de Frédéric Barberousse. Leur type se compose des lettres EPS et d'une étoile sous un trait abréviatif; la légende est: HENRICVS. Au revers, CVR-IEN-SIS est écrit en trois lignes.

A la fin du xiii® siècle, les évêques de Coire frappèrent des bractéates portant le type ordinaire des Grisons, le bouquetin (fig. 1224).

1). Abbaye de Reicfjtttau,

Cette abbaye bénédictine, Augia dives, fut fondée en 724 sur une île du lac de Constance. L'abbé Allawic II reçut en 999 d'Otton III la nioneta d'AUensbach, concession qui fut confirmée en 1075 à l'abbé Eckhard par Henri IV. Cet atelier fut transporté plus tard à Radolfezell. On attribue à l'abbaye de Reichenau des bractéates au type souabe, à bord composé de petits rectangles alternant avec des croiseites et portant dans le champ un lion ailé à hct humaine.

m). Abbaye de Stein,

En 1005, Henri II transféra à Stein, sur le Rhin, non loin de sa sortie du lac de Constance, l'abbaye, dédiée à saint Georges, de Hohentwiel. U résulte d'un diplôme confirmatif de Frédéric II, daté de 1232, qu'à l'époque de son transfert, l'abbaye obtint les droits monétaires. Les monnaies de Stein n'ont pas encore été déterminées.

n). Abbaye de Zurich 1 .

L'époque à laquelle l'abbaye de femmes de Zurich, dédiée à saint Félix et à sainte Régule, obtint le droit de battre monnaie, est ignorée. En 1153, on trouve mention d'un monnayeurde l'abbesse, et dès 1125, un texte parle de turicensis moneta. Les plus anciennes espèces abbatiales consistent en. grandes et minces semi-bractéates, analogues à celles de

I . H. Meyer, Die àltesten MûnT^en von Ziirich, oder Zùrichs Mûn^eschichte im Mittel' aller, Zurich, 1840, in-3.

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Bâle; le champ de ces pièces est limité par un carré grossièrement fabriqué à coups de marteau; dans ce carré figurent, sur une face, un édifice religieux, sur l'autre, une croix. Une variété présente la tête de saint Félix. Les légendes, toujours mal venues, présentent des portions des mots TVREGVM MONETA. Au xiii* siècle, ces semibractéates furent remplacées par des bractéates beaucoup plus petites, parfois rondes, plus souvent quadrangulaires; le type le plus ancien est une petite croix entourée du mot ZVRICH ; puis on trouve les têtes accolées des deux patrons, un édifice entre deux sceptres, la tête de saint Félix, etc. Très souvent les légendes ZVRICH, TVRECVM ou les lettres Z-V accostant le type, indiquent, d'une manière indubitable, la provenance de ces monnaies. Au xiv« siècle, les bractéates, toujours quadrangulaires, mais d'un beau travail, portent le buste de l'abbesse, voilée et souvent diadémée (fig. 1225).

o). Possessions suisses de la maison de Zaeringen,

La maison de Zaeringen possédait de vastes domaines en Suisse, tels que la Thurgovie, Zurich, Soleure, Berne, Fribourg, etc. Apres son extinction en 12 18, les fiefs auraient dû passer à la maison de Teck, branche cadette de celle de Zaeringen, et les alleux aux sœurs de Berthold V de Zaeringen. Les comtes de Teck cédèrent tous leurs droits à l'empereur Frédéric II, qui ménagea un arrangement équitable entre toutes les parties. On a très peu de renseignements sur les monnaies que les ducs de Zaeringen ont pu frapper en Suisse. L'existence de leur atelier de Fribourg est constatée en 12 14.

p). Comti de Frohourg,

Les comtes de Frobourg frappaient monnaie à Zofingen. Cet atelier existait dès le commencement du xiii* siècle, car un document y cite en 1235 un manetarius; un peu plus tard, un texte nous apprend que dans tout le pays soumis à la juridiction monétaire de l'abbaye de Zurich, le seul atelier non abbatial était celui de Zofingen. On possède des bractéates fi-appées à cette époque ; leur flan est quadrangulaire et porte la tête couronnée de face, rarement de profil, de saint Maurice, tantôt avec la légende ZOVI, tantôt entre les lettres Z-O, ou entre la lettre Z et une fleur de lis. Ces bractéates ressemblent fort à celles des abbesses de Zurich. En 1285, à la suite d'une guerre contre le roi Rodolphe, le

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comte de Frobourg perdit Zofingen, qui fut réunie aux possessions suisses de la maison de Habsbourg.

q). Possessions suisses de la maison de Habsbourg,

Les possessions suisses de la maison de Habsbourg furent accrues en 1264 par l'héritage que fît Rodolphe des terres maternelles de Kybourg. Dès le XIII* siècle, les comtes de Habsbourg, qui portaient aussi le titre de landgraves de" Haute Alsace, eurent en Suisse plusieurs ateliers monétaires. Un document de 1232 paraît indiquer Texistence d'une fabrique d'espèces à Brugg, où en cette année un monetarius signe comme témoin. Un atelier est constaté en 1309 a Dissenhofen. En 13 10, un texte parle de monnaies de Frobourg, ville qui avait été cédée en 1277 à Rodolphe de Habsbourg.

Au xiv* siècle, Zofingen devint l'unique atelier de la maison d'Autriche en Suisse et frappa de nombreuses bractéates carrées reproduisant le type de la tête abbatiale de Zurich avec les légendes ZOFIGEN, ZOVI ou ZO.

r). Ville de Berne.

Berne fut bâtie en 119 1 par Berthold V, comte de Zaeringen. Après sa mort, en 12 18, ses domaines rentrèrent sous la dépendance directe de l'empire. L'empereur Frédéric II confirma à Berne sts libertés et permit d'ouvrir dans ses murs un atelier monétaire. Dès 1228, la monnaie bernoise est citée dans les chartes, et ces mentions deviennent plus nombreuses à mesure qu'on avance dans le cours du xiii* siècle.

Les monnaies de Berne sont des bractéates quadrangulaires, parfois rondes, à cercle perlé au type uniforme de Tours ; parfois au-dessus de l'ours figure la tête couronnée de l'empereur, le profil de saint Vincent ou l'aigle.

s). Abbaye de Saint-GalU

En 947, Kralon, abbé de Saint-Gall, obtint d'Otton I la momta de Rorschach, sur le lac de Constance. Un diplôme d'Henri, évèque de Constance, en date de 1240, prouve qu'à cette époque l'atelier abbatial avait été transféré à Saint-Gall même.

Les plus anciennes monnaies de l'atelier de Rorschach consistent en aflfreuses semi-bractéates dont la trouvaille de Steckborn est venue II. 48

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révéler rexistence M quelques-unes portent le nom d'Ulric de Tegernfeld abbé de Saint-Gall de 1167 à 1199; ce nom est écrit : VORARICVS. VOPARIC. VODARI. 8DAL. VLRIC, etc. Nos figures 1226 et 1227 représentent deux de ces deniers trouvés à Steckborn. A ces pièces succèdent, au commencement du xiii' siècle, des brac-

Fig. Il 16 Fig. 12x7

téates rondes, à pourtour orné de globules, de style souabe, et représentant, soit latûte de face de saint Gall: MONETA*SANCTI *GALLI. soit l'agneau pascal. Au xiv* siècle, les pièces deviennent carrées comme les autres bractéates suisses, et l'agneau pascal continue à en former le type usuel.

t). Abbaye de ScJjafffjoitse.

L'abbaye de Schaôhouse, placée sous le vocable de tous les saints, reçut ses droits monétaires à la fin du xi* siècle. On possède des bractéates du xiii* siècle dont le type est un bélier passant. En 1333, Tabbaye céda ses droits monétaires à la ville.

u). AbÎHiye de RJjeiuau,

Cette abbaye, Augia Rbeni, fondée par le comte de Kybourg, possédait les droits monétaires dès le xii* siècle. Sur de belles bractéates du type souabe, du même style que celles qui portent le chef de saint Gall, figurent deux poissons couchés l'un au-dessus de l'autre en sens inverse, avec cette légende explicite: MONETA ABBATIS AV- GIENSIS. Au XIV* siècle, Tabbaye frappa des bractéates muettes, quadrangulaires, de type suisse, représentant un poisson à gueule énorme, recourbé sur lui-même.

v). Abbaye de Soîetire,

L'abbaye de Saint-Ours, à Soleure, fut fondée en 930 par Berthe, femme de Rodolphe II, roi de Bourgogne, qui lui aurait donné, suivant

I. C.-F. Trachsel, TrotivaiUe de Steckborn, Lausanne, 1884, in-8.

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la tradition, les droits monétaires. Il faut toutefois passer au xii* siècle pour trouver, en 1146, la mention Atsex librae Solodorensium. Les plus anciennes monnaies de cette abbaye qu'on ait retrouvées, sont des bractéates quadrangulaires, du commencement du xiv* siècle, représentant la tête de saint Ours, de profil, avec la légende : S-VR2VS ou VRSVS.

w). Abbaye de Keinpten,

On admet généralement que l'abbaye de Kempten fut fondée par Hildegarde, femme de Charlemagne. Quelques auteurs font remonter l'obtention de ses droits monétaires à l'époque carolingienne, mais le plus ancien document qui les constate est un diplôme de Frédéric II de 1219. D'après ce diplôme, qui fut confirmé en 1262 parConradin, l'abbé renonce à ses droits de monnaie en échange de l'avouerie.

Beysclîlag attribue à l'abbé Berthold Hochberg (i 187-1208) des bractéates de style souabe portant l'image de l'abbé, assis de face, ou son buste mitre, dans un cercle perlé ou orné de triangles (fig. 1228).

Fîg. iai8 Fig. 1229

Son successeur, Rodolphe Wolfgang de Kônigseck (1208-20) écrit parfois sur ses bractéates, à la place du cercle perlé, la curieuse légende : PRINCEPS CAMPIDONH (fig. 1229).

x). Abbaye de Weingartm,

Les droits monétaires de cette abbaye, fondée au viii* siècle, ne sont constatés par aucun texte. Bcyschlag lui attribue des bractéates portant deux pampres (weintrcbe) séparés par une croix, type parlant.

y). CoinU de Montfort,

Ce comté s'étendait près de Bregenz et du lac de Constance. M. Trachsel attribue aux comtes de Montfort plusieurs deniers du xii* siècle, de la trouvaille de Steckborn, portant d'un côté un cavalier tenant une bannière, et de l'autre un lion ou une main tenant une crosse. Ces

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pièces présentent les mêmes défectuosités de fabrication que les monnaies de Saint-Gall provenant du mûme trésor. Les comtes de Montfort formaient une branche cadette de la maison des comtes palatins de Tubingen et portaient, comme la branche aînée, une bannière dans leurs armes. Cette circonstance rend difficile Tattribution a Montfort plutôt qu'à Tubingen de bractéates de la seconde moitié du xiii* siècle représentant un édifice religieux et une bannière dans un cercle perlé.

2). ÈvicJjé à^Augshourg.

Le monnayage épiscopal d'Augsbourg remonte à Ulric de Dillingen (923-73) et présente beaucoup plus d'analogie, au début, avec celui de la Bavière qu'avec celui de la Souabe. Les deniers portent uniformément un temple dont les colonnes sont remplacées par des lettres indiquant un nom de monétaire (fig. 1230). On trouve ainsi: sous Ulric, les noms: AZO, AZZO, IZO. ENG, ENCI; sous Henri 1(973-82), ENCI: sousLutolphe (987-96), VVI; sous Sigefroid (1000-6), VVI.

Brunon (1006-29), après avoir employé l'empreinte exacte de son prédécesseur, adopte successivement les types suivants :

Fig. lajo Fig. 12)1

a). Grande croix occupant tout le champ, portant Tinscription brvno xesx ; cette croix est cantonnée de quatre petits triangles entourés chacun de trois globules. Rev, : H- AVGSTA civ. Temple comme précédemment avec le nom du monétaire immo.

b). BRVN-EPS. Grand buste, la tête tonsurée de l'évoque, à droite. Rev, : avgvsta civ. Croix cantonnée.

Eberhard (1029-47) en revient au temple tétrastyle carolingien, mais le nom du monétaire KVON ou KVONRAD cantonne la croix ou forme une légende intérieure entourant une croisette. Henri II (1047- 63) met sur ses deniers le buste de saint Pierre et un temple sur lequel son nom HIN-NR-VS occupe l'espace libre entre les deux colonnes latérales. Pendant la seconde période du monnayage d*Augsbourg, le numéraire se compose de semi-bractéates dont les plus anciennes, celles de Conrad (1150-57), se rattachent encore aux traditions artistiques et à la fabrique bavaroise ; Tavers représente TévÊque bénissant des figures

agenouillées, le revers porte un édifice i tourelles crénelées entre lesquelles se montre le buste de saint Ulric ; les légendes sont : CONRA- DVS EPISCOPVS et VODALRICVS AVGVST.

Les bractéates (fig. 123 1) commencent dans le dernier quart du xu* siècle. Elles sont caractérisées en général, dit M. Schlumberger, « par les petits croissants qui bordent leur circonférence, d'autres fois, par un bord perlé ; elles possèdent, du reste, tous les autres caractères des bractéates souabes, champ entouré par un bord circulaire d'un relief considérable, épaisseur du métal, netteté de l'empreinte, etc. » Les types ne sortent pas de la tradition habituelle des empreintes épiscopales : « tantôt c'est la tête seule du prélat, de face, coiffée d'une mitre très basse, ordinairement à double pointe ; tantôt de chaque côté de la tête du prélat figurent ses deux bras ou ses deux mains, tenant divers attributs ; tantôt enfin le prélat figure en entier, soit assis ou plutôt accroupi de face, soit plus rarement passant, avec la tête de face, tenant la croix dans ses mains et portant attachées aux épaules de grandes ailes d'ange. » Il serait téméraire de vouloir répartir, comme l'a essayé Beyschlag, ces pièces muettes entre les divers évêques d'Augsbourg'; le classement géographique n'est lui-même pas toujours indubitable. En 1270, l'évêque d'Augsbourg afferma sa monnaie à un groupe de bourgeois, et en 1272 à la ville elle-même, pour trois ans. Cet affermage fut l'origine du monnayage municipal.

aa). Comié de Hirscliberg,

Les comtes de Hirschberg portaient : d'or au cerf d'argent. Comme leurs voisins les comtes de Sigmaringen avaient les mêmes armes, il est difficile de décider à qui appartiennent les bractéateis, de fabrique souabe, ayant pour type un cerf ou un massacre de cerf dans un cercle perlé.

§ VIL — Bavière et Autriche.

a). Ateliers impériatix.

On ne peut pas considérer comme monnaies royales ou impériales celles que frappèrent, dans leurs domaines héréditaires, les trois ducs de Bavière qui furent élevés successivement au trône de Germanie, sous les noms de Henri H, III et IV. Les seules monnaies de la période fi-anconienne pouvant être considérées comme royales appartiennent à

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Tatelier de Freîsingue. Conrad II, roi, frappa en cette ville desrf^nitrs portant son buste à droite et une croix cantonnée d'ornements cunéiformes; les légendes sont: CH8NRAD REX et FRIGISINGA ENGH ; ce dernier mot est un nom de monétaire. Les pièces de Freisingue présentent une grande analogie avec celles qui ont été forgées sous G)nrad H, à Augsbourg. La signature de ce môme souverain, mais suivie du titre impérial, accompagne celle du duc de Bavière, Henri VI, sur les deniers de Ratisbonne.

b). DucJjé de Bavière i.

Dans les premières années du x* siècle, la Bavière se trouvait gouvernée par Arnulphe le Méchant, dont la puissance tenait en respect celle du roi de Germanie. Ayant refusé de reconnaître Conrad I et son successeur, Henri I l'Oiseleur, il fut combattu par eux, puis chassé, en 917, de sa capitale Ratisbonne (en allemand: Regensburg, en latin : Regina civitas, Radaspona ou Ratispona). En 921 toutefois, Arnulphe fut confirmé dans son pouvoir ducal et obtint le droit de nommer, dans toute rétendue de la Bavière, les nouveaux titulaires des évôchés vacants. Il régna jusqu'en 937. Voici la nomenclature de ses successeurs :

• Eberhard, fils d' Arnulphe, 937-938.

* Bcrthold, frère d' Arnulphe, 938-94$.

* Henri I, gendre d'Eberhard, 945-9$$.

[En 9$ 3 ^Liutolf, duc de Souabe, envaliit la Bavière et se rendit maître Je Ratisbonne, qu'il occupa jusqu'en 9$4.]

• Henri II, fils de Henri I, 9$ $-976.

• Otton, duc de Souabe, fils de Liutolf, 976-982 .

♦ Henri III, le Jeune, fils de Berthold, 982-98$.

* Henri II, rétabli, 985-99$.

• Henri IV, fils de Henri II, 99$-ioo2-ioo4.

[En 1002, le duc de Bavière, Henri IV fut élu roi de Germanie sous le nom de

I. H. Grote, Mûnxgeschichte Baierns im Zeiialier der vor-WelfisclKii Herbage, dans les Mm^studien, t. VIII, 1871. — H. TU. Cappe, DicMûnien der HcriCy^e von Baient, der Bnrggrafen von Regensbtirg uud der Biscljôfe von Augshurg, Dresde,- 1850, in-8. — B. de Koehne» Die Mûn^en der HemÔge von Baiern und BisM/e von Augshurg, dans les hièmoires de la Soc. d*arcUoh et de numism, de Sain l-Pc 1er sbourg, t. IV. — J. E. Obermayer, Historische Nacliricht von hayeriscîxin Mûn^en, oder ErkUirung derer in Reicljeuljall ausgegrabenen Mûn^en. Francfon-sur-le-MQmt 1763, in-4. — J. von Widmer, Dowiitf witUlsbachetisis numismatica. Munich, 1784-8$, ? vol. petit in-4. — F. Streber, Die àJtesten von den Wittelshachern in der Oberpfal:^ geschîagenen Mfmien, dans les Ahlxmdlungender K, bayeriscJjen Akademie der Wissensclmjten, i8$8, in-4. — J.-P. Beierlein, Die bayerischen Miin:(en des Hanses Wiltelsbach von dem Ende desi2ten bis lur Mittedes lôien Jahrhunderts, Munich, 1868, in-8. — J.-V. Kull, Reperiorium znr Mûnjkunde Bayerns, Munich, 1890/ in-8.

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Henri II; il continua à gouverner la Bavière jusqu'en 1004 ; à cette époque, il en céda le gouvernement à Henri V, fils de Sigefroid, comte de Luxembourg.]

Henri V de Luxembourg, 1004-1009.

[Le roi Henri II reprit le gouvernement direct de la Bavière en 1009 ; il devint empereur en 1014. En 1017, il céda de nouveau la Bavière à * Henri V de Luxembourg, qui garda le duché jusqu'en 1026.]

* Henri VI, le Noir, 1026- 1028- 1040.

[En 1028, le duc de Bavière, Henri VI, devint roi de Germanie sous le nom de Henri III. Il céda, en 1040, la Bavière à Henri VII, fils de Frédéric, comte de Luxembourg.]

* Henri VII de Luxembourg, 1040- 1047.

[De 1047 ^ 1049, ^^ ^^^ Henri le Noir reprit le gouvernement de la Bavière, qu*U céda ensuite à Conrad I, comte de Zutphen.] Conrad I, 1049- 105 v

Henri VIII, roi de Germanie sous le nom de Henri IV, 105 3-1055. Conrad II, frère du précédent, 1055.

Agnès de Guienne, mère des précédents, 1056-106 1.

Le monnayage de la Bavière présente depuis Arnulphe jusqu'à Henri VII, une série ininterrompue, remarquable, pendant tout le x« siècle, par la stabilité du système et la fixité du type; malheureusement la succession de divers ducs du nom de Henri a rendu la classification chronologique des monnaies extrêmement difficile. Mader considérait cette classification comme impossible. Dans la première moitié de ce siècle, Koehne et Cappe ont chacun proposé un rangement ; mais c'est à Grote et à Dannenberg qu'appartient l'honneur d'avoir résolu les points les plus essentiels du problème. Nous suivrons ce dernier savant qui, travaillant isolément, est arrivé, à quelques différences près, aux résultats de son illustre devancier.

Les types que nous rencontrons dans le monnayage bavarois peuvent être, si l'on omet les différences de détail, considérées comme étant au nombre de huit :

I*») A l'avers, un temple, et, au revers, une croix pattée. De chaque côté, des légendes circulaires donnant les noms du prince régnant et de l'atelier d'émission. Le temple est analogue à celui de certaines monnaies carolingiennes d'Italie où les colonnes sont remplacées par des lettres ; ici, ces lettres indiquent un nom de monétaire. Au revers, la croix est cantonnée de globules, de groupes de globules ou de signes cunéiformes ; ce sont ces différences de cantonnement qui ont servi de base à la répartition des monnaies entre les divers ducs homonymes. Le type n*» i resta invariable jusqu'à l'époque où Henri IV, roi sous le nom de Henri II, reprit l'administration du duché (1009). Voici la liste chronologique des ateliers où ce type fut usité ; les noms indiqués entre parenthèses sont ceux des principaux monétaires :

Arnulphe : Ratisbonne (got, enci, ozi, fig. 1233), Salzbourg (am). Eberhard : Ratisbonne (fer, wo).

Berthold : Ratisbonne (cvn, Ewa, ozi, wo). Liutolf : Ratisbonne (per, gvv, adal, fig. 1 234).

Henri I et II : Ratisbonne (adal, eov, ellin, enc, erg, erh, ozi, rat, wol, ECCHO, ENCI, ENO, ARPo), Cham? (w), Salzbourg (per, ivi, wi), Naabbourg (per).

Fig. lajj Fig. iaj4

Otton : Ratisbonne (eccio, elln, sigi, wo), Naabbourg (ana, wil, wi).

Henri III : Ratisbonne (eccn, ell, hei), Cham (wil), Naabbourg (wil).

Henri II, rétabli : Ratisbonne (ecco, ellin, gval, sic, wi, mro), Naabbourg (wl), Eichstaedt, atelier désigné par le nom du patron saint Willibald (eith), Salzbourg (coi), Neubourg (diot).

Henri IV, avant son élection royale : Ratisbonne (enc, elln, sic, ric, wici), Naabbourg (dicci, vivv), Salzbourg, atelier désigné par le nom du patron saint Rudbert (cEio, 010, WAZi), Neubourg (diot).

Henri IV, devenu roi sous le nom de Henri II : Ratisbonne (anzo, ecco, acco, ENa, sicci, WN, Hwo, HECiTo), Cham (hecil), Naabbourg (eqg), Neubourg (rotp).

2®) Le second type monétaire de la Bavière paraît avoir été introduit . après 1009, parle roi Henri II (IV en Bavière). Il consiste, à l'avers, en un buste couronné, tourné à droite ou à gauche, et, au revers, en une croix pattée. Le nom du souverain HE-NI-RI-C et son titre RE-X sont écrits horizontalement, en plusieurs lignes, dans le champ, aux côtés du buste. Le nom de Tatelier et celui du monétaire entourent la croix, sur les pièces, deniers et oboles, frappées à Ratisbonne (ACIZO. CANNOi VECCHO) ; à Salzbourg, la légende du revers est fournie par le nom de saint Rudbert.

3®) Buste nu avec la légende circulaire HENRICVS M. Revers : + RA- TISPONA CIV, autour d'un temple tétrastyle. — M. Dannenberg attribue ce dispositif à Henri IV (II), empereur (1014-17), qui paraît l'avoir conservé peu de temps.

4®) Buste couronné comme au n** 2. Revers : Temple tétrastyle. — Cette empreinte fut également usitée à Ratisbonne, par Henri IV (II), empereur (fig. 1233). Elle fut reprise par le roi, puis empereur, Henri VI (III) le Noir, à Salzbourg (SALZBVRG Cl VIT) et à Ratisbonne, mais, dans cet atelier, avec une différence dans le temple, qui est cintré au lieu d'être à pignon.

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l'Allemagne 761

5*») Grande croix coupant tout le champ ; elle est cantonnée de globules et d'ornements cunéiformes et porte sur ses branches l'inscription HINRIC DVX plus ou moins altérée. Revers : Temple à un degré dont les colonnes sont remplacées par un nom de monétaire (fig. 1236). —

Fig. 1235 Fig. 13 ;é

Ce type est celui des deniers et des oboles de Henri V de Luxembourg (1017-1026); il fut usité à Ratisbonne (ADALO. AZO, CONRAT. EC- CHO. ECCO) et à Salzbourg (FRIZO. PAR. AL).

6** Le nom de l'empereur Conrad II en légende circulaire ; au centre une petite croix pattée, cantonnée ou entourée du nom de Henri. i?ez^^rj ; Temple tctrastylc entouré de l'indication de l'atelier de Ratisbonne, RADASPONA. — Ce [dispositif appartient à Henri VI, le Noir, Il en est de même du suivant.

7°) HEINRICVS REX. Tétc couronnée de face. Revers: RADAS- PONA. Édifice à trois tours, ou édifice avec enceinte.

8*») HEINRIC* DVX. Buste diadème, la tête bouclée, à droite. Revers : RATISPONA C. Église à pignon. — Ce type est celui des deniers du duc Henri VII de Luxembourg.

Après Henri VII, la riche série des monnaies de Ratisbonne est brusquement interrompue et nous ne possédons aucune pièce de ses successeurs immédiats, ni des ducs de la maison guelfe, qui reçurent en 106 1 le gouvernement de la Bavière :

Otton, 1061-1070. Henri X le Superbe, 1126-1138.

Guelfe IV, 1070-1077. Léopold V d'Autriche, 1139-1141.

Le même, rétabli, 1096-1101. Henri XI Jasomirgott, 1143-1156.

Guelfe V, 1101-1120. ♦Henri XII le Lion, 1156-11 80. Henri IX le Noir, 11 20-1 126.

Il est très probable que parmi les grands deniers muets frappés au xi* et au XII* siècle, dans le sud de l'Allemagne, un certain nombre doit être revendiqué pour ces princes. On est toutefois à cet égard dans une incertitude qui n*est pas près de se dissiper. La première monnaie d'attribution assurée est un grand denier de 23 mm. de diamètre, frappé sous Henri II le Lion: HEINR... L'empereur donnant une bannière au duc ; revers : un lion, tels sont les types de cette pièce ; elle se rapproche infiniment de celles qui furent émises par Eberhard II, arche-

TROISifeME PARTIE

vêque de Salzbourg. Autour d'elle viennent se grouper un grand nombre de monnaies analogues qui se signalent en général par l'originalité et le caractère pittoresque de leurs types.

En II 80, Henri le Lion fut contraint de renoncera la Bavière. Le duché fut donné au comte palatin Otton I de Wittelsbach qui fit souche d'une nouvelle maison. Voici le tableau généalogique de sa descendance :

Otton I, 1 1

Louis I, 1 1 devenu comte palatir

i du Rhin en 1214.

Otton II, rillustre,

Btuse-Bavière

Haute-Bavière et Palatiiiat

*Henri I, 1253-1

Louis II, I

•Otton III

Louis III

• Etienne

Bavière

Palatiiiat

Henri III 1312- 1333

•Loub(IV)

devenu roi des

Romains en 13 14

' Rodolphe I le Bègue

Henri II

Otton IV

1310-1317 (Voir page 732.)

1310-1339 Jean

et empereur en

Plusieurs des grands deniers anonymes fr;ippés en Bavière au xii* siècle ont une portée commémorative. Il en est deux notamment qui se rapportent, à toute évidence, à l'investiture d'Otto n I de Wittelsbach. Sur l'une, l'avers représente l'empereur assis et Otton devant lui, le revers, un guerrier chassant le lion guelfe. Sur l'autre, Otton tient une aigle dans la main droite et brandit, au revers, son épée audessus d'une tête de lion. L'émission de ces monnaies de grand module

Fig. 1237 et 12)8

cesse peu de temps après l'avènement de la maison de Wittelsbach, pour faire place à la fabrication d'une nombreuse série de deniers plus petits. Ces nouvelles espèces montrent ce martelage carré nommé par les auteurs allemands quadratum sttpercussuvi, que nous avons déjà signalé à

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propos du monnayage souabe. Les principaux ateliers ducaux de la Bavière étaient situés à Munich, Amberg, Ingolstadt, Landshut, Oetting, Schongau et Ratisbonne.

Munich, — En 11 58, Tempcreur Frédéric I confirma un accord intervenu entre Henri le Lion et Otton, év6que de Freisingue, à la suite duquel Tatelier de Vôrnigen fut supprimé et un atelier ouvert à Munich. L*évéque devait percevoir le tiers des bénéfices de la fabrication et le duc une part égale des profits de l'atelier que Tévêque avait la faculté d'ouvrir. Les deniers de Munich, denarii monacettses, sont très fréquemment cités dans les documents à partir de cette époque. Au commencement du xiv« siècle, les monnaies de Wittelsbach, frappées à Munich, ont pour type une tète de moine, emblème parlant de la ville, ou Técu de Bavière : îosaiigé d'argent el d'azur. Un texte contemporain de Louis II établit la relation suivante entre les monnaies de Munich et celles de Ratisbonne : « so lih. manac. date sunt pro jo îih, ratisp, »

Amberg, — Cette ville, capitale du Palatinat supérieur ou Oberpfalz, eut un atelier à partir du commencement du xiv» siècle.

Ingolstadt. — L'atelier d'Ingolstadt, sur le Danube, est cité pour la première fois en 1291. En 1307, les ducs Rodolphe I et Louis IV vendirent à leurs sujets les ateliers de Munich et d'Ingolstadt, de sorte que le monnayage fut organisé conformément aux voeux de la population.

Landshut. — La monnnaie de Landshut fut créée en 125 1 , par Otton II l'Illustre, mais elle fut supprimée en 1255, par Henri I, sur les réclamations de l'évèquc de Ratisbonne.

Oetting. — Atelier de la Basse-Bavière cité en 1255 comme existant après la suppression de celui de Landshut.

ScJjongau. — Cette ville, qui appartenait aux Hohenstaufen. fut cédée par eux en 1266, à Louis II, duc de Bavière. Elle eut un atelier monétaire dans la seconde moitié du xiii« siècle.

Ratisbonne K — L'antique atelier de Ratisbonne appartenait en commun aux ducs de Bavière et aux évoques. Un diplôme de 1205, donné par Philippe, roi des Romains, dit : « Ratisponensis episcopatns cuin ducatu Bavariae ab iniperio monetam, tJjeïonea et quaedani judicia Jxtbet communia ». Les deniers de Ratisbonne portent des types extrêmement variés : tels que les figures des deux souverains associés, l'image du duc jointe à celle du patron, saint Pierre, ou aux clefs, emblèmes du prince des apôtres, etc., etc. Nos figures 1237 et 1238 représentent deux deniers de Ratisbonne de la fin du xiii« siècle, provenant de la trouvaille de Zuholfing. Peu d'exemplaires portent : r.a.t.i. s.p.o.N.A ou H.DVX, nom du duc Henri I. Plus tard, on trouve sur les pièces les simples initiales de l'évêque et du duc, par exemple H-o, pour l'évêque Henri II et le duc Otton III. Vers cette même époque apparaissent les deniers plus spécialement connus sous le nom de « regenshttrgenser » ; l'avers porte un buste, le revers, deux bustes sous deux arcades. Les bourgeois de Ratisbonne exerçaient un droit de contrôle sur les espèces fabriquées dans leur ville ; on lit ce qui suit dans le diplôme qui leur fut octroyé en 1230 par l'empereur Frédéric II : « Item tribus in anno vicibus cives, prout expediens fuerit, devoluntate episcopiset diu^is monetam intrabunt cummagistris al episcopo et duce ad monetae ojficium deputatis, et denarios examinabunt, et si qua in eisdcm inventa fuerit falsitas, praefati episcopus et dux judicabunt ».

I . Schratz. Mulhnuissliclje Zutheiluftg der Regenshurger Genuinscfjaftsmùnien voti Mitte des II. bis Mitte der ij. Jahrhunderts, dans la Nutnism. Zdtschrijt, t. XXII, 1890, p. 25 et suiv.

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7^4 TROISièME PARTIE

c). Évicld de Ratishanne,

L'évêché de Ratisbonne fut fondé au milieu du viii« siècle. On place l'origine de ses droits monétaires à l'an 996, mais le texte de la concession est perdu. Les plus anciennes monnaies épiscopales connues appartiennent à Gebhard II de Sundergau (1023-36) ; ce sont des deniers portant à l'avers le buste et le nom de l'empereur Henri II, au revers la légende GEBEHARDS EPS et un temple. Le successeur de cet évêque, Gebhard III de Franconie (1036-60), omet sur ses pièces la mention impériale; elles ont d'un côté S. PETRVS APX et le buste de saint Pierre, à droite, de l'autre RATISBONA CIVITA autour d'un temple sur lequel est écrit en deux lignes : GEBE-HAR.

Après Gebhard III la numismatique épiscopale subit une éclipse jusqu'au xiii« siècle, époque à laquelle les droits monétaires des évoques et des ducs de Bavière furent exercés conjointement, en participation (voir le paragraphe précédent). Cette exploitation commune de l'atelier donna lieu à de fréquents conflits.

d). ÉvêcJjé de Freisittgue,

L'évêché de Freisingue fut fondé en 717 par saint Corbinien, qui en partagea plus tard le patronat avec la Vierge. Dès 903, l'évêque Waldo avait obtenu le droit monétaire à Voeringen. En 996, Otton III accorda à Gottschalk le droit de frapper « vwnetam radasponensetn in loco Frisinga dicta ». Cette concession fut successivement confirmée en 1029 par Conrad II, en 1039 par Henri III, et en 1067 par Henri IV. En 1069, le même roi donna à Ellenhard les droits monétaires dans les six localités suivantes : Cubida, Counca, O^pe, Ba^firi, Trusculo et Steitia.

Les plus anciennes monnaies connues de l'évêché de Freisingue appartiennent à Egilbert de Moosbourg (1006-1039); elles reproduisent le type de la large croix et du temple que nous avons signalé sous Henri V de Luxembourg (1017-26), duc de Bavière.

Vers le milieu du xii* siècle, les évêques de Freisingue frappèrent des deniers, signalés par Obermayer, dont le type est forme de l'effigie de saint Corbinien. Ces pièces sont les dernières que nous ayons à signaler.

e). ArcIjcvêcJjê de Sal^ffourg ' .

L'évêché de Salzbourg fut créé au commencement du vin* siècle et

I. G. Zeller, Des Er^stiftes Sal^burg Mfm^ecbt tind Mnu:i;wesen. Salzbourg, 1883, in-4.

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élevé au rang d'archevêché en 798. Otton III accorda, le 28 mai 996, à l'archevêque Hartwich d'Ortenbourg (991-1023), le droit de frapper de la monnaie conforme à celle de Ratisbonne. Le monnayage commença presque aussitôt. Les deniers de Hartwich reproduisent les types n** 2 (buste et croix) et n° S O^rg^ croix et temple), que nous avons décrits pour les ducs de Bavière contemporains. Le nom de l'archevêque est écrit H ARTVVICVS EPS ou H ARTVICS EPS sur lesexemplaîres les plus corrects.

On n'a pas encore retrouvé de monnaies de Gunther de Misnie (1024-25), mais avecDietmar 11(1025-41), la série dénariale reprend. Les pièces sont empreintes successivement de deux types. Le plus ancien se compose d*un temple tétrastyle entouré du nom du patron de Salzbourg : S-R8DBERTVS; au revers, la légende TIET" MARVS ARCHI entoure une croix pattée cantonnée de E-P-S-S. Le second type de Dietmar se compose d'un côté de deux inscriptions concentriques : +TIETMARVS AR — CHIEPS. et de Tautre, du nom de saint Rudbert, autour d'une croix cantonnée de G-E-0-N.ou C-N-O'N, signature du monétaire.

L'archevêque Hartwich s'était contenté de prendre^ sur ses espèces, le titre (i'episcopîis; Baudouin (1041-60) en revint à cette désignation modeste : BALDVVIN EPS sur des deniers portant un buste à droite, précédé d'une crosse, et un temple à six colonnes.

Les successeurs de Baudouin ne donnent pas de monnaies certaines. Les attributions qui ont été faites, en ce qui les concerne, par Obermayer, sont toutes considérées comme inexactes.

En 1045, l'archevêché de Salzbourg reçut de la comtesse Hemma la ville et le territoire de Friesach, en Carinthie, dont le comte Guillaume et sa mère Hemma avaient obtenu, en 1015, de l'empereur Henri II, le droit de battre monnaie. A la fin du xn* siècle, les archevêques de Salzbourg commencèrent à Friesach, en commun avec les ducs de Carinthie, l'émission de deniers qui furent appelés à une vogue énorme et jouèrent un rôle prépondérant dans la circulation métallique de l'Autriche. Ces pièces, que les documents, à partir de 1190, appellent /rwachenses ou frixachenses y portent à l'avers un buste entouré de FRIA- CENCV)ECV), et au revers un fronton de temple. Les flans ont une tendance vers la forme carrée et portent des traces de martelage subséquent à la frappe. Les légendes sont fréquemment altérées.

Sous l'archevêque Eberhard II de Truschen (1200-46), les deniers de Friesach les plus caractéristiques portent son nom EBER- HARDCO. son effigie en pied, et, au revers, le buste ailé d'un ange, entoure de la légende FRISACH.

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