MAS-SIL-IEN-SIS
4^ émission. Le 24 juin 1262 commença à Tarascon un monnayage qui se termina à pareil jour de Tannée suivante. On n*a pas de détails sur les espèces frappées.
S^ émission. Un atelier était en activité à Nice, en 1262. On ignore en quoi consistaient SCS émissions.
6e émission. On possède sur cette émission des renseignements très complets. Le 25 mai 1262, deux entrepreneurs acceptèrent la ferme quinquennale du monnayage comtal de Provence. Saint-Remy fut choisi comme siège de l'exploitation du privilège qui commença le 24 juin 1262. On fabriqua, pendant les cinq années, des deniers tournois pour une quantité minimum de 30,000,000 pièces. Le type fut le même que celui de la première émission.. A partir de 1265, c'cst-à-dirc après la conquête de la Sicile, la légende des tournois devint : -h karolvs .scl' .rex, du côté de la croix, et COMES PviNciE, du côté du châtel. Cette émission fut arrêtée i la suite des réclamations de Louis IX qui, dès 1265, décria toutes « les monnoyes qui sont contrefaites à la senne, c'est assavoir poitevins, pravenceaux, tJjolosaitis. »
7« émission. Elle commença au mois d*août 1267, à Tarascon et à Saint-Remy et consista en deniers coronals et leurs oboles, dont voici le type; + K. D£. gra. rex gicle. Tête couronnée à gauche. Rev. : 4- comes provincie. Croix pattée. Cette émission est la dernière dont nous ayons à parler ici.
c). Marquisat de Provence.
En 990, Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, épousa Emma, fille de Ratbold, comte de Provence. Cette princesse lui apporta en dot un vaste domaine qui s'étendit de la basse Durance à Tlsère et devint le marquisat de Provence. Le monnayage des marquis ne semble pas avoir commencé avant le règne de Raymond V (1148-94). Les deniers raimondins (fig. 1244) et leurs oboles portent à Tavers un soleil et un croissant entouré de la légende + R-COMES. au revers, une grande croix dite de Toulouse, cantonnée des lettres D-V-X-M(archio). Raymond VI (i 194-1222) conserva le môme type, mais Raymond VII
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(1222-49) modifia légèrement l'empreinte; ses monnaies portent: + DVXMARCH'PV et + RCOMESPALACI. et la croix du revers est de proportions réduites (fig. 1245). Suivant M.Blancard, l'introduction'
de ces légendes serait postérieure à la rentrée de Raymond VII en possession légale du marquisat de Provence, qui lui fut restitué par le pape Grégoire IX et dont la possession lui fut confirmée en septembre 1234 par l'empereur Frédéric II.
Alphonse de France (1249-71) introduisit dans le marquisat de Provence l'usage du denier tournois. Ses pièces portent : A-COMES TOLOSE — + MARCH'PVINCIE et le châtel est surmonté d'une petite croix de Toulouse. Les ateliers des marquis de Provence se trouvaient à Pont-de-Sorgues et à Mornas.
d). CotnU de Forcalquier ,
Guillaume IV, comte de Forcalquier (1150-1220), créa le denier guillehnin pour remplacer les espèces viennoises qui formaient de son
temps le numéraire de la haute Provence". Le type du denier guillehnin, purement épigraphique, se composait de quatre lettres, C-O-M-E disposées eu croix autour d'un globule (fig. 1246).
^'^' "<^ L'atelier monétaire de Guillaume IV
était établi à Sisteron. Guillaume V de Sabran, mort vers 1250, transféra l'ateher à Pertuis, mais il conserva intégralement le type de son prédécesseur. Charles I d'Anjou réunit le comté de Forcalquier à ses possessions provençales, mais tel était le crédit que les deniers guillelmins avaient obtenu, que le comte continua à les faire frapper en remplaçant seulement par son nom : + KAROLVS, le nom de + VILEL-MVS.
I. Longpérier attribuait à Manosque, Manuesca, dans le comté de Forcalquier, un denier du xi« siècle, portant la légende manve.'.sce et reproduisant le type barbare du Puy. Si cette attribution est admise, si comme le voulait Poey d'Avant, manve.'.sce. n*est pas une altération de sce.. marie, cette monnaie vient se placer en tête de la série de Forcalquier.
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e). ArchevécJ)é â^ Arles,
Les archevêques d'Arles obtinrent le droit monétaire de Boson, roi de Provence. Vers 920, il fut confirmé à Manassès par Louis TAveugle. De nouvelles confirmations fiirent faites par Conrad III en 1143, par Frédéric Barberousse en 1164 et par le pape Urbain III en 1186.
Nous avons vu précédemment que la Monnaie d*Arles se trouvait, en fait, partagée entre Tarchevôque et le comte de Provence; en 1145, Conrad III avait accordé le droit de frapper dans cette ville à Raymond de Baux et, en 1162, à Raymond-Bérenger III, auquel la veuve et les enfants de Raymond de Baux s'étaient soumis la même année.
La plus ancienne monnaie archiépiscopale d'Arles serait, suivant Cartier et Poey d'Avant, un denier d'aspect encore carolingien, portant autour de la croix la légende + CRI AN A RIIGIO et autour d'un temple le mot CONSTANTINA qui fut, en effet, le nom d'Arles à l'époque de Constantin le Grand. Nous avons cité (p. 536) plusieurs exemples de réminiscences classiques du môme genre sur les monnaies rhénanes et mosellanes du x* et du xi* siècle.
Ce denier est suivi dans la seconde moitié du xii* siècle par une pièce
au nom de saint Etienne, patron d'Arles, dont voici la figure (fig. 1247). L'initiale I est probablement celle d'Alphonse, roi d'Aragon, dont le nom est écrit Ildefonsus dans les textes. A ce monnayage aurait suc- ^*' "^"^ cédé celui des royaux à la mitre, à la suite
de l'accord intervenu, en 1177, entre l'archevêque Raymond de BoUène et le comte de Provence. Cet accord, devant durer huit ans, expira en 1185. Le 10 août de l'année suivante, l'archevêque Pierre Aymard confia à Pierre de Thor la fabrication d'une monnaie « in nomine ecclesie sancti Trophimi et nostro. » Cette monnaie ne nous est pas parvenue ; mais nous possédons plusieurs deniers et oboles anonymes du xni* siècle. Leur type est parfois une reproduction servile des deniers au buste de la Vierge, frappés par les évêques de Clermont, ou des estevenanls au bras de saint Etienne, frappés par les archevêques de Besançon. Les oboles portent habituellement une crosse entourée de + ARCHIEPI ou de EPISCOPVS. et une croix à long pied avec la légende + ARELATEN. Sous l'archevêque Michel deMonrézo (1203-17), l'atelier d'Arles fut transféré à Beaucaire et concédé le 30 janvier 1215a Simon de Montfort, à la condition d'un denier par livre de seigneuriage.
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