‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 40 sur 83 · Évêcl)é et seigneurie â^Apl · texte numérisé non relu

Évêcl)é et seigneurie â^Apl

La ville d'Apt était partagée entre les évèques d'Apt et les comtes de Forcalquier, mais la part de ces derniers passa ensuite à la maison de Simiane, qui en faisait hommage aux évêques. Les auteurs de la Gallia Christiana affirment, sans apporter de preuves de cette allégation, que les évêques d'Apt possédaient le droit monétaire. D'autre part, une sentence arbitrale du 6 janvier 1253 conserva à Guiraud IV de Simiane^ seigneur d'Apt et de dseneuve, et à Raimbaud, son frère, le droit de frapper monnaie qui leur était contesté par les consuls. Aucune monnaie d'Apt n'a encore été retrouvée.

g). Commit lie d* Avignon,

En décembre 1239, Frédéric II, par un diplôme daté de Crémone, donna le droit de battre monnaie à la commune d'Avignon, h^s deniers

frappés à la suite de cet octroi por-

^ tent une clef, attribut des consuls, qui

jî avaient le « jus tenendi claves porta-

Y riwi » ; la légende commence au droit

et se termine au revers : + AVI N 10-

^»8. «M NE-NS-IS-:+: (fig. 1248).

Les émissions municipales d'Avignon durèrent une dizaine d'années.

Elles cessèrent le 7 mai 125 1, par la soumission de la ville à Charles

d'Anjou et à Alphonse de Poitiers.

h). Principauté d'Orange,

En 1178, Bertrand de Baux, seigneur en partie d'Orange, obtint de l'empereur Frédéric Barberousse le titre de prince et le droit de battre monnaie. Il mourut en 1183. Le 9 octobre de l'année suivante, l'empereur, reconnaissant des services que le défunt et ses frères lui avaient rendus, accorda à ses fils Guillaume, Bertrand et Hugues, l'autorisation de battre monnaie dans la ville d'Orange et d'en garder tout le profit'.

I. M. Maxe-Werly, dans ses Recltercljes sur Us monnaies des arcJxviques d^Embrum, p. 21, attribue au Bertrand de Baux mentionné dans le diplôme de 11 84 le denier représenté par notre fig. 1249 et qui reproduit le type du Puy. La légende du revers COMES ed'ne n'a pas encore reçu d'explication satisfaisante ; suivant le même numismate, elle pourrait être rendue par' la formule cornes et dominus suivie d'un nom de localité tel que Neian, Négles, Néoules et Ners, terres qui appartenaient à la maison de Baux. Si nous parlons ici de cette pièce, ce n'est nullement pour en enrichir la série d'Orange, mais seulement pour attirer, faute de pouvoir le faire ailleurs, l'attention sur un des problèmes irrésolus de la numismatique provençale.

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En 1213, Guillaume reçut de Frédéric II la confirmation du privilège monétaire. Cest à ce Guillaume (1183-1219) que l'on attribue les plus anciennes monnaies d'Orange, deniers et oboles. Elles portent un cornet, emblème héraldique de la principauté, l'initiale et le titre du prince W- PRICEPS-AVRASIC. et au revers, le contre-seing impérial (fig. 1250).

Fig. 1249 Fig. 1150

Dans le cours du xni' siècle, le monnayage d'Orange reste anonyme et, à part un certain nombre de deniers au type du cornet et aux légendes PRINCEPS AVRASICE. toutes les pièces sont imitées de celles émises dans les contrées voisines. Les princes d'Orange prirent ainsi pour modèles les deniers à l'L barré des archevêques de Lyon, ceux à la rosace des évoques du Puy, ceux au buste de la Vierge des évoques de Clermont, les esievenants de Besançon.

i). ÉvécJ)é de Saint- Paul-Trois-OxHeaux,

L'évoque Guillaume de Saint-Paul-Trois-Chiteaux reçut en 11 54 de Frédéric Barberousse la confirmation du droit de frapper monnaie. Jusqu'à la fin du xni* siècle, les espèces épiscopales furent anonymes et se composèrent de deniers et d'oboles portant une mitre ou reproduisant le type de la rosace du Puy, de la crosse et de la croix longue d'Arles, de la tête nue de profil à gauche des pièces viennoises. Les légendes sont: EPIS — SPAVLI, EPISCOPVS — SCI PAVLLI. EPICOPVS — SANTI PAVLI ou EPISCOPVS TRICASTRIN'.

j). ÈvécU de Valence,

Les droits monétaires des évoques de Valence remontent à une concession donnée en 11 57 à Eudes de Chaponnay par Frédéric Barberousse et confirmée en 1238. Les deniers et oboles de Valence portent une aigle très barbare de face ; les légendes se composent du nom de la ville, + VRBS VALENTIA. et du nom de saint Apollinaire, + S-APOL- LINARIS. qui occupa le siège au vi^ siècle.

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k). Éviché de Die.

En 1178, Frédéric Barberousse donna aux évoques « Diani civitaicm cutn sua propria maneta ». La numismatique de Die est encore très pauvre ; elle comprend quelques monnaies anonymes frappées au xiii* siècle, portant la tête de la Vierge, de face ou de profil, et les légendes: + AVE GRAPLENA. — CIVITAS DIEN.

1). Èvêcbé de Viviers.

En 1149, G)nrad III accorda à Tévêque de Viviers le droit de battre monnaie; cette concession fut confirmée en 1177 par Frédéric Barberousse et en 1214 par Frédéric IL

Les premières monnaies de Viviers sont anonymes et portent une tête mitrée de profil à gauche. Sur des oboUs un peu plus récentes nous' trouvons une crosse à droite et une croix à long pied, type que nous avons déjà rencontré sur des monnaies artésiennes. Les légendes sont : + EPISCOPVS — VIVARH. Sur quelques pièces à la crosse on lit : A- EPISCOPI — h VIVARIEN. légendes dans lesquelles on voit communément le nom de Tévôque Aimon, qui vivait en 1260.

A la fin du xiii* siècle, les évoques reconnurent l'autorité du roi de France et, en 1293, Philippe IV permit à Bernard de Fulgard de donner cours à la monnaie qu'il faisait battre au château de TArgentière.

m). Archevédd àt Embrun *.

Les archevêques d'Embrun obtinrent en 11 47 de Conrad III, roi des Romains, la juridiction de leur ville, le droit de battre monnaie et le droit de péage tant sur la terre que sur la rivière de la Durance. En 1276, cette concession fut confirmée par Rodolphe de Habsbourg. On n'a pas encore retrouvé de monnaies d'Embrun de la période dont nous nous occupons ici.

n). Éviché de Gap.

L'évêque Grégoire reçut de Frédéric Barberousse, le 30 juillet 1178, l'octroi de tous les droits régaliens, omnia regalia, et par conséquent du droit de battre monnaie. Les deniers de Gap reproduisent le type de h

I. L. Maxe-Wcrly, Recherches sur les monnaies des archevêques d^ Embrun, dans le BuU. de h Soc, ttarchhî. et de statistique de la Drame, 1890.

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rosace du Puy (fig. 125 1) et celui de la tète de profil de Vienne (fig. 1252). Les légendes sont : + BEATE MARIE - + VAPIENSIS ou +ESPICOPVSVAPICENSIS: sur une variété que l'on a attri-

Fig. ia$i Fig. ia$a

buée à Hugues, évoque de Gap en 12 15, la légende placée autour de la tête de profil est S-H-EPISCOPVS. Suivant M. Laugier, Hugues aurait mis sur ses monnaies les initiales de son patron, saint Hugues, pour rendre plus parfaite l'imitation des deniers de Vienne, où la légende commence par les initiales de saint Maurice.

o). Comté d'Albon.

Guignes V, fils de Guignes IV Dauphin, « Guigo cornes qui vocaiur Delphinus », reçut en 115 5 de Frédéric Barberousse la confirmation de tous les bénéfices héréditaires de la maison d'Albon ; l'empereur y joignit le don d'une mine d'argent située à Rame, dans le Briançonnais, et le droit de battre monnaie à Sézanne, au pied du mont Genèvre : « Polesiatem cudendi et fabricaiidi novam nwnetam in villa qtiae dicitur Sesana, quae sita est ad radicem niontis Jani, quia ibidem nwnetae fabrica non erat. » Les premières monnaies des comtes d'Albon, dauphins de Viennois, ne sont pas antérieures à la fin du xni* siècle. Leur type est un dauphin.

p). ArcJjevêcJjè de Vienne,

On ne connaît pas le diplôme par lequel les archevêques de Vienne obtinrent certains droits sur l'atelier situé dans leur ville. Dès le temps

Fig. ia$3 Fig. 1254

de Louis l'Aveugle, les deniers dénotent une influence archiépiscopale,

car à côté de ceux qui portent le nom du roi : LVDOVICVS, et les

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