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lettres VI (fig.1253), il s'en trouve d'autres où le nom de Louis est remplacé par+ SC-MAVR- VIENS. A ces monnaies succèdent celles dont le type est formé d'un grand S, lettre dans laquelle on a vu l'initiale de l'archevêque Sobon(946); puis nous trouvonslestf^wzVrj portant en toutes lettres le nom de l'archevêque Thibaut (952-1000) + TEVBAVDVS yf(enerabilis)y autour d'un R barré.
Après Thibaut, les monnaies redeviennent anonymes. Quelques-unes portent le monogramme du roi Henri III le Noir (fig. 1254); puis viennent les premiers des innombrables deniers au profil de saint Maurice, à peine interrompus une seule fois, du xii* siècle à la fin du xiii*, par une émission portant les initiales du saint, SM, p. ^^ dans le champ. Les légendes de ces monnaies
'^ "" sont SMAVRICIVS — + VRBS VIENNA. VRBS
VIENNA — + CAPVT GALLIE. + SMVIENNA — MAXIMA GALL. Sur de curieuses oboles, qui reproduisent le type du denier en le réduisant, la ville de Vienne est appelée noble : + NOBILIS — I- VIENNA (fig.i2ss).
q). Èvêché de Grenoble,
On ignore à quelle époque les évêques de Grenoble obtinrent le droit de battre monnaie. Nous les trouvons au xi* siècle frappant des deniers
qui portent à l'avers le nom et l'effigie de saint Vincent. La légende du revers donne le nom de la ville, GRANOPOLIS (fig. I2S6).
A la fin du xiii* siècle, les évoques *^* "^ monnayèrent en commun avec les dau-
phins de Viennois. Nous parlerons de ces émissions dans la quatrième partie de ce Traité.
r). Comté et arclievêcM de Lyon, ,
Le monnayage des comtes de Lyon remonte au milieu du x* siècle. Nous en avons parlé, avec quelque détail, page 274. Il semble que leurs droits aient été le résultat d'une usurpation du droit des archevêques, car l'obituaire de Lyon dit, en parlant de l'archevêque Humbert I (1065-76) : « Humbertus lu^rduttensis archiepiscopus tnonetam sancto Stéphane recuperavit, »
Le 18 novembre 1157, Frédéric Barberousse donna à Héraclius de
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Montboissier le droit de frapper monnaie, que les prédécesseurs de cet archevêque devaient "avoir laissé tomber en désuétude : « Concessimus itaque praefaio archiepiscopo et priniati Eraclio et, per eum, omnibus successoribus ejus in perpetuum, totum corpus civitatis lugdunensis, et omnia jura regalia per omnem ar- ^«- ""
chiepiscopatum ejus citra Ararim, infra vel extra civitatem, in abbatiis et earuin appenditiis, ubicumque sint, comitatibus, foris, duellis, tnercatis, tnonetis, etc. » Le type des monnaies lyonnaises se compose d*abord des lettres LG, puis d'un simple L barré, placé dans le champ (fig. 1257); les légendes sont toujours : + PRIMA SEDES — + GALLIARV. La série se compose de deniers, d'oboles et de demi-oboles; à la fin du xiii* siècle parurent des doubles deniers.
s). Éx/êcM de Saint- Jean-de-Matirietim.
Aucun document écrit ne vient nous renseigner sur les droits monétaires des évoques de Saint-Jean-de-Maurienne ; mais la trouvaille faite en 1843 ^ Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome, a révélé un denier émis incontestablement sous leur autorité. Cette pièce, copiée de celles qui ont été frappées au profil de saint Maurice par les archevêques de Vienne, porte à l'avers: SCI lOHANNIS, autour de la tête de saint Jean et, au revers, MAVRIENNA autour d'une croix pattée.
t). Comté de Savoie 1.
Otton, qui par son mariage (1047) avec Adélaïde, fille de Manfred II, comte de Turin, fonda la puissance de la maison de Savoie en Italie, est le premier des princes de Savoie auquel on puisse reconnaître le droit de battre monnaie. Plusieurs actes mentionnent à son époque les deniers d'Aiguebelle, et des mentions analogues reparaissent sous Pierre I et Amédée II. Les plus anciens deniers d'Aiguebelle, + AQVA BELLA. portent à l'avers une eflSgie de saint Jean, S. lOHANNES, adaptation du type de Vienne*. Il semble que les droits monétaires en cette ville furent partagés entre le comte de Savoie et l'évêque de Saint- Jean-de-Maurienne.
1 . A. Perrin, Catalogue du médailîier de Savoie du tnusà de Cltambèry, Chambéry, 1883, in-8.
2. Les archevêques de Vienne se plaignirent plusieurs fois au xi« siècle de Timitation dont leurs monnaies étaient Tobjet à Aiguebelle. — Cf. H. Morin, Numism, féodal du Daupbinê, pp. 12 à 14.
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Sous Humbert II (1080-1103), un atelier est ouvert à Suse, et nous
voyons apparaître aussitôt des deniers et des oboles ayant pour type une
étoile à six rais et pour légendes + SECVSIA et le nom + VMB€R-
TVS sans aucun titre (fig. 1258).
Sous Amédée III (1103-1148), l'émission de Suse continue, mais
les pièces portent dans le champ trois
globules placés sur une ligne horizontale.
Les monnaies d'Humbert III (1142-
II 88) reprennent le type de l'étoile, et
bien que le règne de ce comte ait duré
^'*' "^* quarante ans, ses pièces sont de la plus
grande rareté. Il en est de même pour le règne de Thomas (1188-
1232), dont il n'a été retrouvé jusqu'à ce jour qu'un seul spécimen,
d'une excellente gravure.
Avec Amédée IV (1232-1253), le nom de l'atelier de Suse disparaît des espèces ; mais il est probable que la fabrication y continua, bien que l'on constate l'existence simultanée des deux autres monnaieries, Chambéry et Saint-Maurice. Amédée IV est le premier souverain de Savoie qui s'intitule, sur ses deniers^ COMES SABAVDIE ; leur type reste invariablement rétoile.
On n'a pas encore de monnaies de Boniface (1253-1263); il est pourtant certain qu'il a battu monnaie à Chambéry et à Saint-Maurice. On peut croire que ses deniers furent analogues à ceux de ses prédécesseurs. Nous retrouvons du reste l'étoile à six rais sur des deniers d'une fabrique très soignée, émis par Pierre II (1263-1268), P. COMES- SABAVDIE. et sur ceux de son successeur Philippe I (1268-1283), Pb' COMES SABAVDIE. Sous ces comtes les ateHers de Saint-Maurice et de Chambéry continuent la production du numéraire.
Avec Amédée' V (1285-1323), nous entrons dans une nouvelle période monétaire. Le comte de Savoie, imitant l'exemple de ses contemporains, introduit dans ses états l'usage d'une monnaie plus forte que l'ancien denier d'argent. Nous étudierons sa numismatique dans la quatrième partie de notre traité.
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