‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 51 sur 83 · LES ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

LES ILES BRITANNIQUES

en vertu d'une bulle du pape Adrien IV, qui avait donné Tlrlande aux rois d'Angleterre, Henri II Plantagenet fit une descente dans Tile et en soumit une partie.

a). Période Ubertuhâanoise.

Royaume de Dublin, — Suivant M. Aquila Smith', qui a fait de la numismatique irlandaise une étude particulière, les plus anciennes monnaies des rois danois de Dublin appartiennent à Sihtric III (989-1029). Ses pennies sont copiés de ceux qu'a frappés Aethelred II, roi d'Angleterre. Le monnayage continua sous quelques-uns des successeurs de Sihtric III :

•Anlaf V, 1029-1034. Gilalve, 1094-1109.

•Sihtric IV, 1034-1041. Torfin, 1109-1125.

•Anlaf VI, 1041-1050. Regnald III, 1125-1147.

•I(iirs III, 10^0-1054. Godfrcd VI, 1147-1149.

Eachmargach, 1054-1064. Broder, 1149-1159.

Maelnambo, 1064-1066. * Askel Mac Torquil, 1 1 S9-1 17 1 .

Godfred Crovan, 1066-1076. Roderic O'Conor, 1 171-1200.

Godfred V Mcrmach, 1076- 1094.

Les monnaies hiberno-danoises portent des légendes danoises, le plus souvent très altérées. Sur le penny d'Anlaf V que nous reproduisons

(fig. 13 13), on lit + C ANLF CVN MLH.

sur ceux d'Ifars III on trouve IFARZN-

DIFMX Dl ou IF- CVNVNC; enfin, sur ceux

d'Askel, il y a ANCIL-COV. Outre les

pièces portant ces légendes autonomes, il y

'^'** '^'^ a lieu de donner à l'Irlande les deniers aux

noms d'Aethelred II et de Canut le Grand qui portent au revers le

nom de l'atelier de Dublin : DIFNLIN, DIFL. etc.

Royaunu'de Waterford. — Lindsay a attribué à Regnald 11(1023- 1036) un denier portant d'un côté le tréfeuille ou nœud à trois pointes, de l'autre une inscription rectiligne entre deux frontons de temple. Cette attribution reste incertaine.

Le même auteur attribue aux rois irlandais indigènes des xi® et XII* siècles des bractéates d'argent, que l'on a retrouvées à diverses reprises dans l'Ile, notamment en grande quantité en novembre 1837,

I. IVIhii was iiioneyfirst coined in Irelatid ? dans le Numismalic OiroHicîe de 1882. — Lind^y faisait remonter les débuts du monnayage de Dublin â Ifars I (870-872), mais son opinion parait controuvée.

Googl(

près de Fermoy. Ces pièces anépigraphes reproduisent grossièrement les types des revers de certaines monnaies de Harold I, de Guillaume le Conquérant et de Henri I.

b). Période anglaise.

Le 16 octobre 1171, le roi d'Angleterre débarqua en Irlande et s'empara d'une partie du pays. Quelques années après, il reçut l'hommage féodal de Roderic O'Connor, roi de Dublin. Henri II donna l'île ;\ son fils Jean sans Terre. Celui-ci frappa à Dublin et à Waterford des halfpennies et des farthings d'argent. Les halfpennics portent une tête de face avec la légende + lOHANNES DOM ou + lOHANNESDOMIN- IBER: au revers, une croix évidée, cantonnée de globules et placée dans un grénetis, est entourée des noms du monétaire et de l'atelier : ADAM ON DWE, NORMAN ON DWELI (Dublin), MARC ON WATER. WHILELMVS ON WA (Waterford).

En 1183, Jean de Curcy, qui avait été créé en 1181 comte d'Ulster, obtint le gouvernement de l'Irlande. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1189. Durant cette courte période il frappa à Carrickfergus, + CRAGF ou CRACFEVF. et à Downpatrick, + PATRICII. des farthings à son nom: +GOAN D- QVRCI ou D* DE DVNO. seigneur de Downpatrick. Les types consistent des deux côtés en une croix évidée ou pattée^

Lorsque Jean sans Terre fut devenu roi (1199-1216), il émit en Irlande des pennies, des halfpennies et des farthings. L'avers de toutes ces pièces porte une tête de face dans un triangle, dispositif qui restera désormais particulier aux monnaies irlandaises. Les légendes sont: lOHANNES REX ou lOHAN RE et, au revers, un nom de monétaire suivi de ON-DIVE (Dublin), ON LIME (Limerick) ou ON WAT (Waterford). Ce monnayage continua sous Henri III (1216-1272), mais l'atelier de Dublin paraît avoir seul fonctionné. Les seules pièces connues pour ce règne sont des pennies. Sous Edouard I, la monnaie d'Irlande reçut les mômes perfectionnements matériels que celle d'Angleterre.

§. in. — UÊcosse.

L'origine du monnayage de l'Ecosse est, dit Lindsay, comme les débuts de l'histoire de ce pays, enveloppée de profondes ténèbres. On doit

I. Cf. sur ce monnayage, un travail de M. Aquila Smith, dans le Nnmismalic Cffronicle de 1863.

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