‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 54 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

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8s O TROISIÈME PARTIE

Canut porte LVND, un doute peut rester dans Tesprit quant au point de savoir si la pièce est frappée à Londres ou i Lund en Scanie. Vers le milieu du règne, nous voyons apparaître quelques empreintes d'inspiration nationale ou continentale : le serpent enroulé en spirale, l'inscription rectiligne entre deux frontons de temple, le tréfeuille ou nœud à trois boucles dans lequel les numismates danois voient l'image symbolique de trois boucliers en partie superposés, la main accostée de deux croisettes. Les ateliers de Canut le Grand furent Lund, Roskilde et Viborg (VIBER), mais souvent les légendes sont si altérées qu'aucun nom de lieu n'est déchiffrable.

Ce que nous venons de dire du monnayage de Canut peut s'appliquer en tous points à celui de Harthacnut (1036-1042). Ses deniers offrent un mélange d'empreintes anglaises et danoises. Nous retrouvons le buste et la croix d'Aethelred II (fîg. 1315), le serpent enroulé, les frontons de temple (fîg. 13 16), à côté de dispositifs nouveaux, tels que le nom et le titre royaux écrits au milieu du champ (fig. 1 3 1 7). Les villes où se trouvent

établies des monnaieries deviennent plus nombreuses; dans le Danemark oriental, Lund, Roskilde et Slagelse (SLAHLOV) fournissent les espèces; dans la région occidentale, où le poids du denier était plus faible (o gr. 75 au lieu de i gr. en moyenne), les ateliers sont Odense ou Hedebij (Schleswig), Aalborg (ALEBV), Viborg (VIBEI) et Aarhus (AROCII).

Fig. I3««

Avec Magnus le Bon (1042-1047), le type anglais devient plus rare et les empreintes nouvelles se multiplient; parfois, ce sont des imitations libres d'images byzantines, le Sauveur assis, le Christ et le roi debout; la croix haussée (fig. 1318a 1320), mais plus souvent des compositions nationales, deux anges, un cerf, un navire, un cavalier, des dessins formés d'ingénieux dispositifs linéaires. La gravure reste belle, la frappe bonne, mais à côté d'un grand nombre de légendes

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correctes qui, selon la mode anglaise, donnent le nom et le titre du roi, le nom du monétaire et de l'atelier, on continue à trouver un nombre bien plus considérable encore d'inscriptions dépourvues de sens, où les simulacres de lettres ne servent manifestement qu'à orner le pourtour du champ. Une certaine quantité de deniers de Magnus le Bon sont bilingues et portent, en même temps que MAGNVS REX, une légende runique

Fig. 13 19

indiquant le nom du monétaire et l'atelier de Lund. Sur le spécimen que nous reproduisons (fig. 13 18), la légende runique transcrite en lettres latines est : Asur Bai i Lundi i Lei, Les ateliers de Magnus le Bon furent, outre Lund, Orbec?, Aarhus, Ribe et Hedebij.

En 1046, le Danemark fut envahi par Harald Haaderaade qui revendiquait le trône de Norwège contre Magnus. Celui-ci offrit à son adversaire une association au gouvernement en échange de la moitié de ses trésors. L'offre fut acceptée, et jusqu'à la mort de Magnus les deux rois régnèrent en commun. Les monnaies viennent confirmer sur ce point les assertions des historiens. On possède des deniers portant en légende les noms des deux princes, + MAHNVS : ARALD REX, autour d'un buste de face couronné; Tatelier d'émission est Odense (ODN).

Fîg. i3aa

Sven II Aestrithson (1047-1076) avait soutenu de longues guerres contre Magnus le Bon, auquel il succéda en Danemark. Son monnayage, d'une fécondité remarquable, présente au point de vue iconographique et épigraphique les mêmes particularités que celui de son prédécesseur : mélange de types anglais, byzantins et danois, de légendes en lettres saxonnes ou runiques, de pseudo-légendes (fig. 1321 et 1322). Ses ateliers d'émission sont : Lund, en Scanie, Roskilde et Slagelse, dans l'île de Sélande, Viborg et Ribe, dans le Jutland.

Le règne de Harald Hejn (1076-1080) ne dura que quatre ans, pendant lesquels la fabrication monétaire paraît s'être ralentie. Les deniers

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deLund ont une figure nimbée debout avec crosse ou croix longue et, au revers, une croix formée de quatre ellipses. Sur les pièces de Roskilde le roi est représenté à mi-corps à droite, couronné et tenant devant lui une épée. La légende du revers des monnaies danoises se compose toujours du nom du monétaire, suivi de l'indication de l'atelier, mais à partir du règne de Sven II et définitivement sous son successeur Harald, l'ancienne formule anglaise, dans laquelle entrait la préposition an, est remplacée par une formule nouvelle avec la préposition danoise /, par exemple : + ESGER I ROSC, + OORGOT I LVN, etc.

Canut le Saint (1080- 1086) était, comme son prédécesseur et ses trois successeurs, un fils naturel de Sven H. Son règne fut signalé par de grandes libéralités faites aux églises; il abandonna notamment à l'archevêché de Lund le quart du monnayage scanien. Les deniers de Lund portent soit le saint debout tenant la crosse, comme sous Harald Hejn, soit une croisette entourée de quatre croissants, dans un cercle. Dans

Fig. ijaj

les ateliers de l'île de Sélande, à Ringsted (RI ou R), à Roskilde (ROSC, ROSC. RO), et à Slagelse (SLAN, SLAH. SLA), le buste couronné*, avec épée à droite, occupe l'avers des espèces. Enfin, dans l'île de Fionie, à Odense (OOE), l'empreinte consiste en un carré orné, chargé d'une croix double.

Olaf Hunger (1086-95), à côté du buste royal de profil (fig. 1323), inaugure le type du buste de face (fig. 1324), qui sera dorénavant l'empreinte préférée de la plupart de ses successeurs immédiats. Les deniers

Fig. I3aj F«g- «î»*

d'Olaf portent parfois au revers la légende circulaire A-S • MARIA F(acra) PAX, mais plus souvent encore nous y trouvons le nom de l'atelier de Lund. Ses pièces sont les dernières qui aient la signature du monétaire. Sous Erik Éjegod (1095-1103), un atelier nouveau, celui de Randers (RANDROS).està signaler; mais de môme que sous Nicolas(ii04-34),

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les émissions furent très peu abondantes. Les deniers de ce dernier roi, ceux d'Erik Émune (1134-37) et d'Erik Lam (1137-47), sont très minces, presque des semi-bractéates. L'empreinte habituelle de l'avers est le buste de face ; au revers, les représentations nouvelles se multiplient : un cavalier tenant l'épéesous Erik Émune (fig. 1325), un agneau Qam en danois) tenant une longue croix sous Erik Lam (fig. 1326). Le règne de ce roi fut troublé par la compétition d'Olaf, auquel les habitants de la Scanie offrirent, en 1138, la couronne; l'atelier de Lund mis à la disposition du prétendant frappa des deniers portan t son buste couronné de face, et au revers, deux bustes de face couronnés et juxtaposés (fig. 1327). En 1147, ÉrikLam abdiqua. S ven Grathe, fils naturel d'Erik Émune, fut élu roi de Danemark par la plus grande partie de la nation; mais il eut un antagoniste redoutable dans la personne de Canut V, qui eut les suffrages de l'autre partie. Us régnèrent concurremment avec des alternatives de paix et de guerre, et périrent l'un et l'autre en 1157. Les deniers de Sven Grathe portent au droit le buste de face et le mot REX ; au revers, un édifice formé d'une arcade que couronnent trois tourelles est entouré de + SVEN DANORVM. A côté de ces pièces bifaces, nous assistons à l'émission de bractéates portant soit SVEN REX et un buste à droite, soit S-V-N-0 dans les cantons d'une croix pattée.

Fig. 1327 Fig. 1318

Les bractéates de Canut V ont également le buste à droite et CANVT REX; mais celles qui furent frappées, à la faveur des troubles, parles villes de Jutland, sont bien plus nombreuses. Nous en avons d'Aalborg (ALA- BVRGA),Aarhus(ARVSIA). Hjoerring(HERINGA), Horsens (+ HORS) et Randers (RANROSIA); leurs types sont les mêmes que ceux des bractéates frappées au nom de Canut V.

Waldemar I le Grand, fils posthume de Canut le Saint, qui s'était fait attribuer dès 1154 une part dans l'autorité royale, fut reconnu souverain unique du Danemark en 1157. Sous son règne, le monnayage entre dans une nouvelle période, et le numéraire se compose, à côté de bractéates, de deniers, le plus souvent muets, dont le titre va sans cesse en s'affaiblissant. Les monnaies bifaces signées par Waldemar I, WALDIMER, WALDAMARVS REX, ont son buste de face ou de profil et au revers un édifice. Sur les bractéates, l'effigie du roi est parfois associée à celle de sa femme Sophie.

De Canut VI le Pieux, associé au trône par son père, en 1170, et son successeur (1182-1202), on n*a que des monnaies dont l'attribution est douteuse par le fait de leur mutisme. Le monnayage épiscopal avait pris du reste dès le milieu du xii* siècle une grande extension en Danemark, et limitait les émissions des rois.

Il n'est pas toujours facile de distinguer les pièces de Waldemar II (1202-41) de celles de son grand-père. Comme produits certains de ses ateliers, on peut citer les deniers où le type est réduit à une simple lettre. II, O ou N, et une croix; les légendes circulaires de ces pièces,

probablement frappées à Roskilde, sont : + WALDEMARVS h REX :

DANORVM.

Sous Erik IV Plouperining (1241-50), les monnaies, rarement signées, ont des types également fort simples, un lis, une épée accostée de R-X, un portail à deux tours, une croix dans un quadrilobe, une croix pattée cantonnée des lettres E-R-l-C. un triangle fleurdelisé, etc. Les pièces muettes sont plus nombreuses et Ton est approximativement fixé sur la chronologie des divers groupes, grâce à la statistique des trouvailles.

Le trésor d'Herlufeholm, enfoui vers 1255, renfermait, à côté de monnaies d'Erik IV, un certain nombre de pièces d'Abel (1250-52), ABEL— REX DANORVM, et de Christophe (1252-59), CRISTO- FORVS — REX DANOR. La grande trouvaille d'Oesterhaesinge se composait presque exclusivement de monnaies de ce dernier roi. Celles de Vrenderup et de Husby, en Fionie, de Thorupled et de Oelst, en Jutland, se composaient de pièces d'Erik V Glipping (1259-86).

Fig. 1329 Fig. 1530

A l'avènement de ce prince la situation financière du Danemark était des plus critiques ; depuis les troubles intestins qui avaient désolé le pays après la longue captivité de Waldemar II, l'altération des monnaies était toujours allée en croissant. Erik V fit de grands efforts pour améliorer le numéraire et pour établir dans ses états l'unité du système ; en 1284, il rendit une ordonnance portant qu'à l'avenir les monnaies de la Sélande et du Jutland auraient la même valeur. Parmi les deniers muets que M. Hauberg classe au règne d'Erik V, nous reproduisons celui où figure un triangle accosté de R-E-X, (fig. 1328), et celui qui copie, en le dénaturant, le type tournois firançais (fig. 1329).

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La mort violente du roi, et les guerres civiles qui suivirent, rendirent vaines les tentatives faites pour ramener Tordre dans le monnayage et les finances du Danemark. La période qui s'ouvre avec Erik Menved (1286-13 19) est la plus triste pour la numismatique, comme pour riiistoire du pays. Les monnaies, déjà aflfaiblies, ne sont plus frappées qu'en un mauvais billon. Le manque de légendes, la variété des types, souvent barbares et rudimentaires (voir par exemple fig. 1330), rendent le classement géographique presque impossible. Quant au classement chronologique, il est inutile d'y songer; les deniers danois, comme les bractéates allemandes, étaient soumis à des refontes continuelles, et tous les ans, le dimanche de la saint Michel (29 septembre), une empreinte nouvelle venait, dans chaque atelier, remplacer celle de Tannée précédente.

b). Les ivécJjù danois.

A partir de la fin du *xi° siècle, certains évèques danois acquirent un droit de participation aux bénéfices de la fabrication dans les ateliers de leur ville épiscopale. Ce droit se développa dans la suite, et d'étape en étape, les évêques en arrivèrent à signer les espèces et accaparer les types. Lorsqu'au xni*' siècle les pouvoirs civil et ecclésiastique furent en lutte, et que les rois eurent besoin d'augmenter le budget des recettes, ils s'efforcèrent de recouvrer la somme de revenus fournie par la possession d'ateliers monétaires ; mais, dit M. Hauberg, ils n'y réussirent que rarement.

ArchevéM de Lund, — L'origine des droits monétaires des archevêques de Lund fut une concession de Ginut le Saint, plus tard confirmée par Waldemar IL Pendant les querelles du roi Erik Menved et de l'archevêque Jean Grand, le nonce papal Isarn adjugea à ce dernier, en 1298, le plein droit de battre monnaie pour la Scanie. Voici la liste des archevêques de Lund :

• Absalon, 1 178-1202. * Thrugot Thorstcnson, 1276-80.

* André Sunesen, 1202- 122 3. * Jean Dros, 1280-89. Pierre, 1223-28. •Jean Grand, 1289-1302.

• Uffo, 1228-52.

• Jacques Erlandsen, 1254-74. *

• Erland Erlandsen, 1274-76.

Les monnaies archiépiscopales portent généralement le buste du roi en même temps que le buste de l'archevêque ou la crosse. Sous Waldemar I et Waldemar II, les légendes indiquent les noms des deux participants : waldmar — abslon ari ; wal

— ANDREA ; WALDEMAR REX — VFO ARC. La plupart

des autres monnaies sont muettes. Celle que nous

Isarn, 1302-10.

Esgerjuel, 13 10-17.

Fig. i}5i

reproduisons (fig. 1331) appartient au règne du roi Erik Glipping (1259-86).

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Èvêc})é de Roskilde. — Vers la fin du xi« siècle, Tévéque de Roskildc reçut le tiers du monnayage de cette ville, le principal atelier de Tile de Sélande. Le premier évèque dont on possède des pièces est cet Absalon qui passa en 11 78 au si^e métropolitain de Lund. Puis il faut citer :

• Pierre II Sunesen, 1191-1214. * Pierre Bang, 1254-77.

♦ Pierre III Saxesen, 1214-23. • Stigot, 1277-80.

• Pierre IV Jacobsen, 1224-25. * Ingvar Hjort, 1280-90.

* Nicolas Stigsen, 1225-49. * Jeao Krag, 1290-1300.

* Jacques Erlandsen, 1249-54. * Oiaf, 1300-20.

Les premiers signent de leurs initiales, p — e ou n — i, placées aux côtés de leur buste mitre ; Tavers porte le buste du roi. Nicolas Stigsen signe en toutes lettres, d'abord avec Waldemar II, puis avec Erik IV. Les deniers de Jacques et de Pierre qui portent encore leur nom : i — a, p., pet ou petrvs, se sont rencontrés en très grand nombre dans la trouvaille de Herlufsholm. A partir de Stigot, le monnayage est muet.

Évéché de Ribe, — Les évéques de Ribe possédèrent les droits monétaires à dater de 1280. On leur attribue des deniers muets de la période des guerres civiles. L*évéque Tucho (1273-88), sous lequel les émissions commencèrent, eut pour successeur Christiern (1288-1313).

ÈviM de Scblesivig, — Vers 11 56, le roi Sven Grathe abandonna aux bourgeois de Schleswig Texploitation de Tatelier de leur ville, sous certaines conditions et moyennant une redevance. La moitié de celle-ci fut cédée en 11 75 par Waldemar le Grand à Tévôque; mais, suivant quelques numismates, Tévèchc de Schleswig se trouvait déjà en possession de certains droits monétaires. M. Lessoè' a publié un dettier qu'il a attribué à Tévéque Espern (1160-61). L'avers représente un buste royal de face tenant une épée et un lis, le revers a le buste d'un évoque et la légende espern ep<V///n.

M. P. Hauberg attribue aux évoques suivants un certain nombre de monnaies muettes de l'époque des guerres civiles :

• Eskil Swarte, 1244-55. * Jacques, 1282-87.

• Nicolas II, 1255-65. • Berthold, 1287- 1307.

• Bondo, 1265-82. ♦ Jean II Bockholt, 1307-32.

c). Le ducJjé de Schleswig.

En 1285, Erik Glipping céda à Waldemar, duc du Jutland méridional ou Schleswig, le droit de battre monnaie au nom du roi. Après la mort d'Erik, le duc fit mettre sur les deniers son initiale W ou son titre D-X, dux.

I. L. Uessôe, Erlàutenmg einiger seUener dàniscUr MCm^en, dans la Zeilsclmft fur Mûnxr» Siegel' und IVappenkmide, t. V, 1845, p. 190.

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§ in. — Norwige.

a). Le royaume de Norwège.

L'introduction de la monnaie nationale concorde en Norwège, comme dans d'autres pays, avec celle du christianisme. L'usurpateur H akon J arl (989-996) copie les deniers d'Aethelred II au buste avec sceptre de profil à droite et à la croix évidée, cantonnée de C-R-V-X. Les légendes

circulaires sont : + AACRNE: IGNVN DEI et REFERE M-OT-AON (fig. 1332). Après Hakon Jarl, Olaf I Trygvesson (996-1000) fut appelé au trône ; il continua à imiter l'empreinte anglaise ; les légendes de ses monnaies sont plus claires; on y retrouve aisément son nom et son titre : + ONLAF REX NOR (fig. 1333). En 1000, OlafI, vaincu par Sven I, roi de Danemark, et Erik, roi de Suède, se tua de désespoir. Ses états furent distribués par les vainqueurs aux fils de Hakon Jarl, mais en 1017, Olaf II le Saint, descendant des anciens rois, mit fin à cette domination en expulsant les Danois, à la faveur d'une expédition de Cinut le Grand en Angleterre. Canut reprit l'offensive et, en 1029, Olaf II fut vaincu et tué. La Norwège fut donnée à Sven, fils du roi de Danemark. En 1035, Magnus I le Bon, fils d'Olaf II, renversa de nouveau la domination étrangère.

Les monnaies norwégiennes de cette époque troublée, s'il en existe, ne sont pas parvenues jusqu'à nous. La série numismatique iseprend avec Magnus I le Bon (1035-47), et sous son règne nous trouvons, à côté de deniers au type d'Aethelred II, d'autres pièces d'inspiration byzantine ou danoise. Les unes ont à l'avers une image dégénérée du Christ, les autres, les deux frontons de temple ou le tréfeuille.

Sous Harald III Haarderaade (1047-66) ce dernier type domine sur les pièces à légendes lisibles (fig. 1234), mais à côté de celles-ci, ils'en trouve un nombre bien plus grand qui conservent une empreinte rappelant celle d'Aethelred II, mais complètement altérée. Le profil n'y a

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plus rien d'humain et il faut suivre toutes les étapes de la dégénérescence pour arriver à reconnaître le point de départ. Les monnaies d*Harald III et déjà celles de son prédécesseur portent fréquemment des légendes runiques associées à des inscriptions en lettres anglo-saxonnes.

Fig. 1334 Fig. »)3S

La trouvaille faite en 1878 à Graeslid est venue, sous ce rapport, enrichir les séries monétaires, encore pauvres à Tépoque où M. Schive écrivit sa monographie. Parmi les légendes runiques, nous citerons, en les transcrivant en caractères actuels : gunar a mot ihisa (Gunar possède ce coin), hfrigs moti (coin de Lefrigs). Askel lopeneg ihcn (Askel possède ce denier), etc. Il s'agit en somme de signatures de monétaires ^

Fig- 1336

Fig. 1338

Fig. 1339

Nous attribuons à Magnus II (1066-69), plutôt qu'à son prédécesseur Magnus I, les deniers à l'effigie couronnée, de face, et à l'édifice, qui portent les légendes + MAGNVS R€X N — + IVL€ ME F€ÇIT (fig. 133s).

Dans la seconde moitié du xi* siècle, les ateliers norwégiens commencent l'émission de petits deniers, très minces, se rapprochant des

Fig. 1340

Fig. 134»

Fig. 1342

Fig. 1343

Fig. 1344

semi-bractéates, auxquels succèdent rapidement les bractcates proprement dites (fig. 1336 à 1338). Ces pièces sont habituellement muettes ou pourvues d'initiales ; rarement on trouve un nom d'atelier tel que BERGIS. Bergen, quiapparaît autour d'une tête royale de face (fig. 1338). Un denier k double empreinte frappé sous Sverre (i 177-1202) porte,

I . S. A Bergsoê, Zur nonvfgisclKn und dâttUcfjeft Mûn^kundâf dans l{i Zeifscbrifi fur Nufnhtnaiik de 1881, p. 339,

autour de la même tête, la légende : + REX SVERVS MAGNVS et, au revers, la syllabe NI quatre fois répétée dans les cantons d'une croix à branches doubles (fig. 1339). La ville d'émission de cette monnaie est Nidaros, aujourd'hui Drontheim.

Les bractéates de petit moduleetempreintesd'unesimplelettre(fig. 1340 à 1 3 44) constituent le numéraire habituel de la Norwège j usqu'à la seconde moitié du xm* siècle. Magnus Lagaboeter (1263-1280) ouvre une nouvelle période. Les monnaies bifaces reparaissent à côté des bractéates et se rapprochent, comme module, comme poids et partiellement comme type, des tsierlins d'Angleterre; l'avers porte REX MAGNVS autour d'une tête de face couronnée, le revers BENEDICTVS DE(us) autour d'une croix pattée. La frappe est très défectueuse.

A la mort de Magnus, la Norwège fut partagée entre ses deux fils ; l'aîné, Erik Prastehader (1280-1299), reçut le titre de roi; le cadet, Hakon V, porta le titre de duc jusqu'à la mort de son frère, auquel il succéda. Erik plaça la tête couronnée de face (fig. 1345), sur ses fortes es-

Fig. I34> Fig IJ46

pèces fi-appées à Bergen, CIVIT AS BERGENSIS. et à Tunsberg, CASTRVM TVNSBERGIS. Hakon V copia la tête de profil des.monnaies écossaises (fig. 1346), sur ses pièces frappées à Oslo, MONETA DE ASLOIA.Acôté de Vesterlin, Erik Prastehader frappa des pièces qui en valaient la moitié et le quart. Vers la fin de son règne, il mit à l'avers des monnaies l'écu de Norwège : de gueules au lion couronné d'or, tenant une hache d'armes d'argent, emmanchée d'or, devançant ainsi la plupart des pays de l'Europe dans l'emploi des emblèmes héraldiques.

b). L'arcJjevicJjé de Drontheim,

Les archevêques de Drontheim ou Throndhjem, l'ancienne Nidaros, possédèrent le droit de battre monnaie depuis la fin du xii* siècle. On trouve vers cette époque des bractéates chargées d'une crosse, dont on leur attribue la Cibrication. En 1220, l'archevêque Guttorm reçut du roi Hakon Hakonson une concession réguHère; mais en 1281, pendant la minorité d'Erik Prastehadçr, le privilège de l'église dç Çrontheim fm révoqué,

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8éO TROISIÈME PArriE

s IV. — Suéde.

L'émission de la monnaie commença dans le royaume de Suède vers la même époque qu'en Danemark et en Norwège» sous le premier roi chrétien Olaf Skotkonung (995-1021). Ses deniers, frappés dans l'atelier de Sigtuna, sont, comme les premières pièces des autres pays Scandinaves, des copies des pennies d'Aethelred II. tes légendes se composent du nom du roi et de son titre, du nom d'un monétaire et de l'atelier, par exemple, OLVF REX ZKEVOR, Olaf rex Zwevorum, et GODKINE MO ZIHT, Godwine manetarius Zihtuna; mais les légendes sont fréquemment incorrectes et reproduisent des syllabes littéralement copiées sur les prototypes anglais. En dehors de Godwine, les monétaires qui travaillèrent à Sigtuna sous Olaf Skotkonung furent: ZNELLINC MO ZIH et PREGR ON ZIT.

Le successeur d'Olaf, Anund Jacob (1022-1050), prit pour modèle les pennies de Canut le Grand ; ses deniers portent le buste à gauche avec casque pointu, accompagné, devant le visage, d'un sceptre à trois boules. La titulature correcte est + ANVND REX Z ou ZY. L'atelier d'émission reste Sigtuna: ZEKINE ON ZIHTVN.OORMOD ON ZIHTV. IFAH IN ZITVN.

Après Anund Jacob, la série monétaire s'interrompt. Du xii' siècle jusqu'à Albert de Mecklembourg (1363-95), le numéraire suédois se compose exclusivement de petits deniers légers ou de bractéates, qui les uns et les autres se dépanissent rarement d'un désolant mutisme. Une bractéate de Canut (1167-1196) porte KANVTVS REX autour d'un buste de face; d'autres ont le nom de Jean I (1215-1222), IH-3-N dans les cantons d'une croix, d'autres encore portent disposé de même manière, V-A-L-R, le nom de Waldemar (1250-1275).

Les petits deniers de l'époque des guerres civiles qui désolèrent la Suède depuis le milieu du xiii® siècle jusqu'à l'avènement d'Albert de Mecklembourg, portent des lettres isolées, considérées jadis, à tort, comme des initiales de noms de rois, une rose entre trois couronnes, une croix, une rosace, et, au revers, le lion de Suède.

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