‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 128 sur 183 · L ESPAGNE · texte numérisé non relu

L ESPAGNE

Ion (COMES ROCILIONIS)- Leurs premières pièces (gros et demi-gros, denier et obole) remontent à Ferdinand I^"" (1412-16); elles ont le type de l'esterlin : buste couronné de profil; croix de Barcelone coupant la légende et cantonnée des lettres PP. Sur les monnaies d'Alfonse V (1416-58), les deux p sont supprimés (fig. 1888); mais Jean II (1458-79) les reprend comme marque de l'atelier de Perpignan.

Après la conquête du Roussillon par une armée française (1462-93), toute une série de pièces d'or, d'argent et de billon fut frappée par les rois de France Louis XI et Charles VIII. Ces monnaies portent le p de Perpignan au centre de la croix.

Plus tard, Ferdinand II (1479-1516) se servit à la fois des types consacrés et de l'innovation faite par Louis XL Sur son croat (ou réal) d'argent, la croix porte un p au centre, et il existe une intéressante suite de billons, au type du saint Jean debout et à la légende ecce agjius dei, dont le revers montre un pp gothique entouré des mots: VILLE PERPINIANL Du reste, l'usage de placer une lettre monétaire au centre de la croix remonte à Ferdinand I*^'" d'Aragon, roi de Sicile.

Fig. I

§ X. — Seigneurie de Montpellier.

L'an 1273, Jacques I^^"" d'Aragon (1213-76), sur les instances des consuls de Montpellier, ordonna la frappe, à Castelnau, d'une grosse monnaie d'argent fin (denier et obole) à 60 pièces au marc, et son fils Jacques II de Majorque (1276-13 II) eut hâte de ratifier cette ordonnance en 1277. Il s'agit des beaux gros d'argent à la légende DOMINVS MONTISPESVLANl. qui représentent à l'avers une croix à branches égales couronnées, au revers les barres catalanes et les armes de Montpellier, un tourteau, dans une bordure de roses et de trèfles (fig. 1889).

Jacques III vendit la seigneurie, en 1349, au roi de France, moyennant 120000 écus d'or.

Fig. 1889

§ XI. — Royaume de Majorque et de Minorque.

Un an après la conquête de Valence, l'île de Majorque fut reprise sur les Mores par Jacques I^^"" d'Aragon. Mais le monnayage espagnol n'y commence qu'en 1300, sous Jacques II, et se continue pendant plus de deux siècles, jusqu'aux Rois Catholiques. Le type du réal d'or et de ses divisions (demi, quart et huitième) est le roi assis de face dans un cadre gothique, tenant le globe et la main de justice; au revers, la croix patriarcale, à double traverse, dans un encadrement non moins gracieux. De Pierre IV (1343-87), on en a toute la série; ses successeurs n'en ont plus frappé. L'argent et le billon portent le buste couronné de face, avec ou sans bordure, et une croix à long pied est le type immobile de leur revers. Dans les cantons de cette croix, on relève une grande variété de symboles : roses, rameaux, étoiles et molettes d'éperon, coquilles, fleurs de lis, écus pointus ou losanges, lions, taureaux et chiens, qui ne peuvent être que des différents monétaires. Le réal, son demi et son quart, forment la série d'argent; les billons s'appellent dobler, diner et malla. Le roi porte toujours le titre de rex Maioricarum ou, à partir de Pierre IV, celui de rex Aragonutn et Maioricarum.

Naturellement, le royaume de Majorque comprenait aussi les îles adjacentes; mais Alfonse V (1416-56) fit frapper un petit diner de cuivre (au buste couronné), dont la légende ALFONSVS REX se termine au revers par MINORICARVM. L'exemple n'a pas trouvé d'imitateur.

§ XII. — Royaume de Portugal'.

La fabrication d'une monnaie supérieure au denier remonte en Portugal au règne de Denis I*^'" (1279-1325), si on admet l'authenticité d*un/or/e dont la valeur devait être celle du gros tournois de France. Le type de cette pièce est formé de cinq petits écussons ou quinas disposés dans le champ : + DIONISII REGIS PORTVGALIE ETALGARBI; au revers, une croix pattéc est entourée d'une double légende: ADIV- TORIVM NOSTRVM- IN- NOMINE DOMN — QVI FECIT CELVM ET TERRAM. Mais l'écriture est postérieure à l'époque de ce roi, et la monnaie, dont il n'existe que deux exemplaires, doit être une restitution faite pour les collectionneurs de gros.

j. SouRcr.s, p. 816.

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