LE PORTUGAL I35I
Au musée de Copenhague, on conserve deux esterlins d'argent, l'un de Lisbonne, l'autre de Braga, qui auraient été frappés par Denis I; l'authenticité de ces pièces est non moins douteuse. Le véritable esterlin de Dom Denis, à la tête couronnée de face, a été copié sur ceux d'Edouard I^^", roi d'Angleterre.
Le règne d'Alphonse IV (1325-1357) n'introduit pas de grandes modifications dans le monnayage portugais. Cependant, une pièce nouvelle, qui porte le nom du roi, est à signaler. « Les pauvres et le clergé, dit le chroniqueur Fernand Lopes, ayant supplié le roi d'apporter quelques changements à la monnaie, l'ordre fut donné de frapper de nouveaux deniers dits Alphonsins, dont neuf faisaient un sou; 27 sous valaient un maravédi des pays situés au delà du Douro, et 15 valaient un maravédi d'Estramadure. »
Sous le gouvernement de Pierre 1 (13 57-1367) s'accomplit enfin une grande réforme. Le roi, soucieux des intérêts du commerce, constitue un système absolument nouveau et fait frapper les pièces suivantes:
Monnaie d'or.
Double (^dobra) valant 4 livres 2 sous, pesant 4 gr. 97 et taillée à 50 pièces au marc. — Le type des doubles est l'ne copie de la chaise d'or de France. Le roi (P€TRVS D€l <û^A R€X PORT* ET* ALC) est représenté assis sur un trône à clochetons, tenant l'épée et ayant à sa gauche l'écu portugais. Au revers, une croix ornée est placéii dans un quadrilobe, avec la légende circulaire P6R* CRVC^ÎT?' TVA5T2* SÂLVÂ- ROS- XP€- R6D6ÎT2T. Type imité de l'écu d'or du roi |ean de France.
Demi-double (meia dobra) valant 2 livres i sou.
Monnaie d'argent.
Tournois (tornez) valant 7 sous; on en taillait 65 pièces au marc. Demi-tournois (meio tornez) valant 3 sous — •
Monnaie de billon.
Denier alphonsin (dinheiro alfonsino"), dont 9 valaient un sofc.
Ferdinand 1(1367-1383) aune variété de monnaies plus grande encore :
Monnaie d'or.
Doublon (dobra-pé-terra) valant six livres. Cette pièce porte à l'avers, sous un dais gothique, le roi debout, couronné, l'épée au port d'armes, la main gauche appuyée sur un écu de Portugal; son nom se lit sur les deux faces de la pièce; lettre monétaire L. désignant l'atelier de Lisbonne. Exemplaire unique. C'est \q franc-à-pied de Charles V de France.
Demi-double (meia dobra-pé-terra) valant trois livres.
Gentil (gentil). Cette pièce a pour type le roi assis sur un trône A clochetons. Le revers porte au centre les quinas (axiwcs au Portugal) dans un grènetis; puis, entre deux
Q.UATRIEME PARTIE
grènctis circulaires, huit petits châteaux tiennent la place occupée sur les monnaies de France et d'Allemagne par la It-gende intérieure. La bordure porte: FÇRRÀRDVS: D: G: REX: PORTVGALI: ÀL. Atelier: Lisbonne.
Monnaie d'argent.
Barbue (barbuda), valant à l'origine i livre 20 sous et frappée sur le pied de 53 pièces au marc. Le type est d'une composition très originale : au droit, le buste heaume et
couronné du roi, en cotte de mailles, la visière rabattue, sur la poitrine l'écu penché de Portugal, et sur l'épaule une rosace. Au revers, la légende : SI DNS MICHI* AIVTOR* NON* TO'w^'f); croix pattée chargée, en cœur, de l'écu national et cantonnée de quatre petits châteaux (fig. 1890).
Demi-barbue (meia barbuda).
Royal d'argent (real de prata). Dans le champ, les lettres FR sous une couronne. Une double légende dit : AVXILIVM MEVM A D'NO QVI- F — GCIT- QQLVJR* €• TERAP. Au revers, le nom royal entoure les quittas placées dans un quadrilobe.
Demi-royal (me'io real). Mêmes types, mais une seule légende autour du chiflfre royal.
Fort (forte). C'est la première monnaie portugaise au buste couronné de profil et il faut attendre jusqu'au règne de Jean V pour en retrouver une pareille.
Demi-fort (meio forte).
Grave, taillé à 120 au marc et valant 3 deniers. Targe couronnée, à l'initiale F, sur un petit fanon posé en bande; au revers, un petit écu portugais accosté de quatre châteaux et disposé de façon à former une croix avec eux. Les graves sont frappés à Porto, Lisbonne, Miranda et Valence.
Pilarte (pièce de 3 deniers) à 148 pièces au marc.
Monnaie de biUon.
Tournois (tornez).
Demi-tournois (meio tornez de bilhâo).
Royal blanc.
Denier (dinheiro).
Demi-denier ou maille (meio dinheiro).
Jean I le Grand (1383-1433), fils naturel de Pierre I, après avoir été nommé par le peuple régent du royaume, fut couronné en 1385. Les royaux d'argent frappés pendant sa régence sont aujourd'hui d'une très grande rareté. Comme roi, Jean I a mis en circulation des espèces diverses, généralement semblables à celles de ses prédécesseurs. Sur son