LE PORTUGAL
royal blanc (real branco), une double légende (la même qui se trouve sur les royaux de Ferdinand) entoure l'initiale couronnée Z ou le chiffre
IHNS.
En 141 5, Jean I s'empara de Ceuta. On a cru voir une allusion à cette conquête dans le type des pièces de cuivre qu'il fit frapper sous le nom de ceitil; celles de ses successeurs portent, en effet, un château à trois tours crénelées battu par les flots de la mer.
Jean est le premier roi de Portugal qui ait adopté l'ère chrétienne. Il en prescrit l'emploi sur sa monnaie par une loi de Tan 1422.
Edouard (1433-1438), fils de Jean I et de Philippine de Lancastre, n'a que des écus d'or a. i8 carats et au même poids que les doubles de Pierre I, puis des royaux de billon à son initiale 6, des royaux noirs et des ceitils de cuivre, qui sont très rares.
Sous le long règne d'Alphonse V (1438-1481), de nouvelles monnaies d'or et d'argent apparaissent et donnent à la numismatique portugaise un aspect très différent de celui qu'elle offrait jusque-là :
Monnaie d'or.
Écu d'or (escudo) pesant 4 gr. 97, taillé à 50 pièces au marc. C'est une fort belle monnaie: + DOMINO: ÂLFQ: REX: P0RTVGÀLI6: ALG; dansle champ, ALFQ i^Alfonsiis quintits) sous une couronne royale dans un encadrement de huit lobes. Rev.: + ADIVTOR: €T: PROT€CTOR: MEO: D€0. Ecusson couronné.
Crtiiade (cruzado) pesant 3 gr. 84 et frappée à raison de 64 4 au marc. Son type, conservé par plusieurs successeurs d'Alphonse V, se compose de l'écu couronné de Portugal, et au revers, d'une croix simple dans un quadrilobe (fîg. 1891).
Fig. 1891
Espadin (espadim). Le type caractéristique de cette pièce est une épée que tient par le milieu de la lame la main de la Justice. L'espadin date du 22 août 1460 et rappelle l'institution de l'ordre de l'Épée, créé l'année précédente à la suite d'une expédition heureuse contre les Maures d'Afrique. Il était taillé à 76 au marc.
Ceitil d'or, pièce frappée à Ceuta et portant au revers une forteresse.
Monnaie d'argent.
Gros ou Alphonsin (grosso ou alfonsiin). Type purement héraldique; au droit, l'écu portugais; au revers, l'écu écartelé de Castille et de Léon. En 1475, Alphonse V éleva des prétentions au trône castillan, comme époux de Jeanne, fille et héritière d'Henri IV, roi d'Espagne.
Chinfram ou demi-gros valant trois espadins de billon et ayant pour type le chiffre AL sous une couronne.
Monnaie de billon.
Royal blanc.
Espadin, type analogue à l'espadin d'or. Cotrim au grand A couronné. Cette pièce valait cinq ccitils de cuivre.
Monnaie de cuivre.
Royal noir.
Ceitil.
Jean II (1481-1495), fils d'Alphonse V, fit construire en 1482 sur la côte de Guinée, un fort pour s'assurer la possession d'une mine d'or. C'est sous son règne que Vasco de Gama découvrit le cap de Bonne Espérance.
La frappe des cru^ades et des espadins d'or continua d'abord sans interruption, puis une ordonnance de 1485 vint créer une monnaie nouvelle, plus forte que toutes celles qu'on avait émises auparavant. Il s'agit du juste d'or, taillé à 38 pièces au marc. On y voit le roi assis, l'épée à la main, sur un trône à dossier élevé. La légende, d'où la monnaie tire son nom, est IVSTVS: VT: PALMA: FLOREBIT. Au revers, l'écu national est entouré du nom du roi qui s'intitule maintenant seigneur de Guinée: lOHANES: II: R: PORTVGALIE- ET- A- D- GVIN. Les lettres n'ont plus la forme gothique; nous marchons à grands pas vers l'époque moderne.
En argent, Jean II fit frapper le réal ou vintem et le demi-réal; en cuivre, le ceitil, dont six valaient un réal.
Sous le roi suivant, Emmanuel (1495-1521), se termine définitivement en Portugal la période monétaire du moyen âge. Si les émissions des premières années du règne ne se distinguent en rien de celles de Jean II, dès 1499 on fabrique une pièce d'or e.xtraordinaire, de dix cruzades, appelée Portugue^. Le roi y prend les titres de R- POR- TVGALIE- AL- Citra- yitra- |N- A/rica- Oominus, Ouinee- C- N- C- ETHIOPIE- ARABIE- PERSIE- \ndie. En 1504, on frappe la première pièce d'argent comparable aux écus et aux thalers : le portugue^ de prato.