‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 14 sur 183 · lîlanchet, Revue nuin.fr. 1901, p · texte numérisé non relu

lîlanchet, Revue nuin.fr. 1901, p

3. D. Promis, Monete dei Rcalidi Savoia. Turin, 184 1 . 2 vol. in^". — Perrin (André), Calalof;ues des mèdailliers de Savoie à Chambèry (1883)0! li Annecy (1885). — G. Vallier, Glanurcs monétaires de Savoie. Chambcry, i88i.

vers le milieu du xiv^ siècle, ils n'avaient pas moins de huit ateliers : Aiguebelle, Suse, Chambéry, Saint-Maurice-d'Agaune, Saint-Syniphorien-d'Ozon, Bourg-en-Bresse, Pont d'Ain et Saint-Genix. Plus tard, ils en ouvrirent d'autres à Pierre-Châtel, Nyon, Cornavin et Aix-les- Bains. Aussi, dès Amédée V (1285-152^), qui adopta le système de Saint-Louis, nous trouvons de jolies séries de pièces et dont les coins offrent d'innombrables petites variétés. Le gros de Piémoiit (fi". 1 coo)

Fig. IS99

équivalant à peu près au double esterlin, a pour type une aigle à deux têtes, car le comte était prince de l'Empire. Un autre gros, à l'aigle éployée regardant à gauche, porte la légende IN ITALIA MARCHIO. Le denier conserve le type des vieilles monnaies savoisiennes, l'étoile à six rais, mais au revers il offre tantôt la croix cantonnée des lettres AMED', tantôt l'écusson de Savoie.

L'étoile est supprimée par Edouard (i 323-1 329) qui n'emploie pour le fort que l'écusson (de gueules à la croix d'argent) et un grand A gothique entouré d'étoiles, tandis que Vobole porte un grand Ç gothique, initiale de son nom. Son frère Aimon (i}2C)-i->y^-^), sur un grand denier blanc, inscrit en plein champ ce même A et le complète par la légende marginale IMO:COMES (hg- 1600). Sur d'autres monnaies, il dispose

en croix les lettres A-l-M-0. Son dou^ain reprend les douze besants de l'csterlin, en même temps que les fractions du douzain, selon leur valeur, n'admettent que quatre ou deux besants. On a publié son imitation du double parisis de Philippe de Valois, frappée à Chambérv (1540-1341); le nom AIMO y est accompagné de deux lis, et la croix du revers est fleurdelisée.

1038 Q.UATR1RME PARTIE (

Amédée VI (134?-! 385) est le premier comte qui ait frappé de la monnaie d'or -.florins au lis (+ AMED' COMES). agneh et écus d'or au type français. Sa plus belle pièce d'art;ent, un gros, représente dans un quadrilobe allongé 1 ecu de Savoie penché sous un heaume, entre deux 1 lacs d'amour. Une imitation du coronat porte la légende énigmatique: j KBTRO ITB DVX.

D'Amédée VII (i 385-1 591), nous possédons un florin d'or modifié, \ le lis ayant cédé la place à l'écu heaume. Sur ses monnaies d'argent, on | rencontre déjà la croix formée de quatre lacs d'amour aboutés, qui était comme sa devise parlante, et la tête de lion ailée commence à orner le 1 cimier du heaume. Au pays de Vaud, redevenu savoisien, il rouvrit ' l'atelier de Nyon et y fit frapper des pièces à la tète de Saint-Pierre, j ressemblant à celles des évêques de Genève. Dans le champ d'un de ses j gros, on lit les mots EN PREU. accostant le heaume, et sur un autre, il emprunte au roi de France la légende benedictum sit tiomen, etc. La croix de Saint-Maurice figure pour la première fois sur un ecu d'or frappé à Avigliana (1 391).

Amédée VIII, d'abord avec le titre de comte (1391-1417), puis avec celui de duc (1417-1439), se distingue par de nombreuses innovations. Tout en conservant l'A gothique traditionnel, il emploie de préférence j le cimier de Savoie ou cette mystérieuse devise FERT qui se retrouve sur ses sceaux. La croix du revers des pièces d'argent est parfois celle de ' Saint-Maurice, tréflée, parfois elle est formée de lacs d'amour. L'initiale S figure sur quelques billons. La croix alaisée et l'écu losange ont 1 prisées formes 50us le règne d'Amédée VIII. Un gros tournois représente Saint-Maurice à cheval; sur le demi-gros, le même saint est debout, tenant l'étendard, et sur les ducats de 1430, frappés après l'érection du comté en duché, il reparaît, donnant la bannière au duc agenouillé. Ce dernier type est naturellement inspiré par les sequins de Venise, mais les personnages y prennent une position inverse à celle de Saint-Marc et du doge. Enfin, on voit sur une obole le buste nimbé, de face, du bienheureux Amédée. Les titres du prince sont : cornes Sabaudie dux Cliab(laisii), in Italia marchio princeps, ou simplement t/ux Sabaudie; la formule dei gracia se lit sur un demi-gros de 1 392.

La plus belle pièce de Louis (1459-1465) est le cavalier d'or à la légende p\cu<,c deus in adiutorium nostrum intende. Le duc y chevauche au galop, armé de pied en cap, comme sur toutes les monnaies similaires du moyen âge. Sur l'argent et le billon, une grande L gothique se substitue à l'A des Amédée et, sur une obole, une grande S dans le champ se complète en inscription marginale par ABAVDIE- La croix du revers est parfoih cantonnée de lacs. Au revers d'un double gros d'argent, la

figure du saint d'Agaune est remplacée par une croix de Saint-Maurice entourée des mots : Sanctus Mauricius dux Theob (sic). Parmi les titres du prince, on remarque : /?r/;2ce/js ;;;2/?er/ï e^er('n/j, et, dans l'orthographe des légendes, un 0 grec maladroitement substitué au D (LV90- VlCVSeVX SABAVeiE).

Amédée IX (1465-1472) continue la ïra^^^e. du ducat d'o7' au cavalier (fig. 1 601) et de la plupart des monnaies d'argent et de billon de son prédécesseur. Même le 9 grec s'y retrouve, car, autour du grand A gothique de son nom, il y a : ME9EVS DVX.

Dans la série monétaire de Philibert I" (1472-1482), c'est le grand P et c'est la croix de Saint-Maurice qui reviennent le plus souvent.

§ XVI. — Seigneurie de Piémont.

Amédée IV, comte de Savoie, laissa à son frère cadet, Thomas II, la seigneurie de Piémont (1244). Thomas III, mort en 1282, fit l'acquisition de la ville dePignerol.Son fils Ph i lippe (i 301-1 ^54) épousa à Rome l'héritière de la Morée, Isabelle de Villehardouin, et prit le titre de Prince d'Achaïe (1 501). Après un séjour de deux ans en Grèce, où il fit frapper de nombreuses variétés du denier tournois (PHS • D • SAB • P • ACHE. I^ Châtel. DE CLARENCIA), Philippe revint en Italie (150$), et son atelier monétaire de Turin émit toute une série de pièces, les unes aux types savoisiens, les autres copiées sur des coins étrangers. Son gros de Piémont à la double aigle et à la croix cantonnée de P- H - I - L est exactement pareil à celui d'Amédée V ; son gros tournois, bordé de lis, et ses denier et obole tournois à l'étoile ont pour légendes: PHILIP PRICES et TORINVS CIVIS. Mais en même temps les com,tes de Provence (irent valoir leurs prétentions à la souveraineté du Piémont, et nous avons des gros et deniers tournois de Charles II d'Anjou, qui portent, après le titre de Roi de Sicile, celui de CO(i'n)ES PED' MONTIS. Il en est de même du petit coronal de Robertd'An jou. Jacques d'Achaïe (1 554-1367.) monnayait dans sa résidence de Pigne-

roi. On voit le buste de Saint-Donat, patron de cette ville, sur une pièce j d'argent ; d'autres types sont l'écu brisé de Savoie et un grand | gothi- ] que, initiale du nom de Jacques. Le même écu brisé se retrouve sur le ; Jlorin d'or et le demi-gros d'Amédéc d'Achaïe (1 567-1402), mais penché sous le heaume au lion, et l'image de Saint Jean, en pied sur le j y/cr/;;, reparaît, visible jusqu'aux genoux, sur le demi-gros de Turin; en buste, sur le billon. Deux grandes S dans le champ, ou les lettres prin, | bordées de traits parallèles, rappellent les monnaies savoisiennes. Le ' frère d'Amédée, Louis d'Achaïe (i40 2-i4i8),emp'.vjie les mêmes coins, \ légèrement modifiés, avec l'L gothique, qui se complète, sur un tiers d'obole, par la légende circulaire VDOVICVS. A sa mort, la branche cadette étant éteinte, le Piémont fut réuni au duché de Savoie.

§ XVIL — Seigneurie de Vaud

Louis I*'' de Savoie (1284-1 502), devenu seigneur de Vaud, obtint ' de l'empereur Rodolphe le droit d'y battre monnaie et ouvrit un atelier j à Nyon (non pas à Thierrens), ville qui dépendait au spirituel de l'évêque de Genève. Ses deniers portent le vieux type du temple carlovin- 1 gien,et leur légende, + LVDCVICVS DE SABAVDIA, est répartie entre les deux faces de la pièce. Les évêques de Genève et de Lausanne mirent opposition à ce monnayage. Mais Louis II (1502-13 50) parvint à s'entendre avec Genève, à la condition de choisir des t}pes différents de ^ ceux de l'évêque et de lui abandonner une part des bénéfices de la fabri- j cation. En dehors de ces deniers et oboles au temple, les monnaies de }

Louis II, frappées à Nyon et à Pierre- " Chastel, sont toutes des contrefaçons. Il | imita Yesterlin de l'empereur Louis de Bavière, le delphinal de Guigues VIII, ^ le^ro.ç tournois (RETRCORV autour du chàtel), puis \c<, gros à la couronne et à la Heur de lis et même le double parisis (fig. 1602) de Philippe de Valois. Après sa mort, sa fille Cathe- j rinc vendit la seigneurie à son cousin Amédée VI, comte de Savoie. '

I. Rn<ue ik tiiiin., 18^0, p. i }2. 1860, p. i$i. 1866, p. 461. — Rod. Blanchct, ^L'^ moire sur les vionuaks des jniys voisins Ju IJiimii (Lausanne, 1854), p. 81.

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§ XVIII. — Évêché de Coire^.

Au xiv^ siècle, les évêques de Coire continuent la frappe des bractéates unifaces au type du bouquetin grimpant, d'abord sans différent monétaire, plus tard avec les lettres C, H, O. P, selon qu'ils s'appellent Conrad, Henri, Ortlieb ou Paul (fig. 1603).

Fig. 1603

Fig. 1604

Mais déjà d'Ortlieb de Brandis (i4$8-i49i) on connaît une pièce de 3 kreuzer aux armes de l'évèque (^ SALVE • CRVX • DIGNA), et un sixième de batzen au même revers (fig. 1604) existe de Paul Ziegler (1 503-1 541) que nous retrouverons au volume suivant.

§ XIX. — Évêché de. Sion^.

Les premières monnaies de cet évêché, un des plus anciens de la Suisse, sont de Walther II de Supersax (1458-1482), qui venait de se soustraire à la tutèle séculaire des ducs de Savoie. On a de lui quelques vierer à son écusson personnel et à la légende WALTHER' • EPS' • SE- DVN'; au revers, un grand w et la suite de ses titres : PREF' ET COMES VALLES(iae). Au même prélat, on attribue un haller uniface à la tête de Saint-Théobald (S • T) de Montferrat. L'époque moderne commence à Sion avec le successeur de Walther II, JossedeSilinon.

§ XX. — Comté de Genevoise.

Les comtes de Genevois eurentleur capitale et leur atelier monétaireà

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