‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 15 sur 183 · IÔ · texte numérisé non relu

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Annecy, OÙ, de i]S^h 1362 et de 1374 à 1391, ils firent frapper toute une série de jolies pièces : sizains, deniers et mailles, sans s'inquiéter des droits régaliens ni de l'évêque de Genève, ni du comte de Savoie. •! L'empereur Charles IV leur avait conféré ce privilège en IJ55. Nous ! possédons les monnaies de deux comtes; Amédée 111 (1320-1 365), créé < Prince de l'Empire, etPierre (1 371-1 $94). Leur sixain d'argent (AMED: COMES: GEBENSou PETRVS: CO: GEBENES), de type tout savoisien, porte, dans le champ ou dans unquatrcfeuilles, l'écu de Genevois penché sous un casque. Le casque se termine, sur les pièces d'Amédée par deux cornes de chèvre, sur celles de Pierre par une tête humaine ; barbue et munie des mêmes cornes. Au revers, on lit: FIDELIS IM- PERII autour de la croix. Le type des deniers et mailles est purement | héraldique, mais leurs légendes sont moins abrégées. Les deux princes ' ont fait frapper des florins d'or, analogues à ceux de la Savoie. |

Au commencement du xv^ siècle, le Genevois fut cédé à la Savoie. *

§ XXL — Évêché de Genève. \

Dans toute cette période, les deniers et oboles à la tête de Saint-Pierre J

Fig. 160;

ne cessent d'être frappés à profusion (1^ souvent GENEVAS), et leur aspect devient de plus en plus barbare (hg. 1605).

§ XXIL — Évêchê de Lausanne*.

A partir de 1375, les évêques cessent de frapper des monnaies anonymes, et, en même temps, le demi-gros d'argent, appelé sixain parce qu'il valait 6 deniers, vient prendre place à côté des deniers et mailles en usage. Gui de Prangins (1375-1394), pour opérer cette innovation, fait venir à Lausanne un maître llamand, Pierre Manfred. Son demigros (sesen), avec GVIDO EPS LAVSAN. imité des pièces milanaises au

I. Morel-l-atio, Histoire monc taire de LdMiUHMf (1394-1496). Lausanne, s. d.

type du Saint-Ambroise assis, représente un évêque assis et bénissant, la crosse à la main, le blason de famille à ses pieds. Au revers, une croix pattée, inscrite dans un quatre-feuilles, est entourée de la légende : sit nomen domini benedictiim.

De Guillaume de Menthonay (i 594-1406), nous avons des pièces identiques et un trésel (valant trois deniers) au type de l'évêque à micorps, la croix cantonnée de coquilles ; maison retrouvera, un jour, son gros d'argent, et même son écu d'or, car le monnayeur milanais, Jean de Canturio, qui entra au service de l'évêque en 1 396, prit l'engagement de frapper ces espèces, en dehors des demi-gros, deniers et oboles.

Sous Guillaume de Challant (1406-1451), nous voyons deux types nouveaux : la Vierge à l'enfant et, au revers de quelques pièces, une croix chardonnée. Georges de Saluées (1440-1462) donne à ses armes de famille une importance particulière en les plaçant toutes seules sur l'avers de ses monnaies. En 1452, le duc de Savoie accorde aux florins d'or de Lausanne l'autorisation de courir librement dans ses Etats.

Guillaume V de Varax (1462-1466) a frappé le premier double gros d'argent; une seule pièce, à son écu personnel, est connue de Jean Michaëlis (1466-1468). Après lui, pendant une longue vacance de siège (1469-1472), l'évèché fut administré par Barthélémy Chuet, évêque de Nice, dont le gros porte la légende: B: EPS: NICIENS: ADMINISTRATOR: LAVSA". Enfin, il existe une petite monnaie de Julien de la Rovère (1472-1476), portantun | gothique dans le champ. Il n'est pas besoin d'insister sur la rareté extrême de presque toutes ces pièces.

On attribue aux différentes vacances de siège les monnaies anonymes qui portent, d'un côté, un temple (SEDES LAVSANE), de l'autre, une croix (CIVITAS LAVSANE). La légende CIVITAS LAVSAN(e) se retrouve en effet sur des deniers de Guillaume de Challant.

§ XXIIL — Comié de Neuchâtel.

En 1547, Louis L"'' de Chalon (1 545-1 375) reçut de l'empereur Charles IV le droit de frapper de la monnaie d'or et d'argent, et ce droit fut confirmé en 1554 et 1558. On connaît trois variétés de deniers qui portent son nom, LVDOVICVS. et dont l'avers représente une façade de temple avec la légende NOVI CASTRI. De la fille de Louis, Isabelle

I. Revue num., 1863, p. 43. Les mots pukra nt Itina, electa ut sol, qui entourent le buste de la sainte Vierge, sont tirés de l'ancien Testament.

(' ?73-' î90> o" "^ ^"^ de petites bractéates quadrangulaires, figurant un casque à cimier, la visière rabattue, entre les lettres gothiques II • G". Cependant, Neuchâtel se trouve en dehors de la zone des bractéates, dont la limite extrême va de Bâle à Fribourg.

§ XXIV. — Abbaye de Saint-Oyen (Saint-Claude).

Après avoir obtenu de l'empereur, en 1360, le renouvellement de droits monétaires très anciens (voir p. 773), l'abbé Guillaume IV de Beauregard (1348-1380) fit frapper àiQs francs à pied en or, dont un seul exemplaire est parvenu jusqu'à nous. Sous un dais orné de crosses, et dans un champ semé de fleurs de lis, on y voit l'empereur debout, couronné, tenant l'épée et la main de justice. Légende : G • DEI ■ GRACIA • ABAS (sic). SANTI • OGEND'; le revers est celui des écus royaux de France. Si le nom latin de saint Oyen (Eugendius) y est écrit Ogendius, cela s'explique par l'orthographe médiévale: Saint-Ouyan.

L'an 1 574, le même abbé contrefaisait, à Moirans, les blancs du roi. On ignore la date exacte à laquelle l'abbaye prit le nom de Saint-Claude.

§ XXV. — Archei'êché de Besançon.

Pendant deux siècles encore, le xiv* et le xv% les archevêques ont continué la frappe des estevenants anonymes, au type de la main bénissante. Les deniers à l'O long doivent être placés à cette époque, ceux à l'O rond sont moins anciens. L'an 13^7, l'empereur Charles IV permit aux prélats de frapper de la monnaie d'or, et ce privilège leur fut confirmé en 1425 par Sigismond ; mais il n'est pas probable qu'ils en aient profité.

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