‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 140 sur 183 · I. Perini, h monete di Treviso. Rovereto · texte numérisé non relu

I. Perini, h monete di Treviso. Rovereto

François Foscari (1423-37) et Christophe Moro (1462-71) reproduisent la croisette sur leurs cuivres frappés pour Trévise {piccolo et ^Ma//r//io); Augustin Barbarigo (1486-1501) y met le lion de saint Marc et la figure, en pied, de saint Libéral (S. LIBERALIS TARVIXI)-

Tnes/e (Autriche italienne). — Avec Rodolphe Morandino de Pedrazzani (1302-1320) se termine la série des monnaies épiscopales. Le denier représente l'évêque assis de face (REDVLFVS EPS) et, au revers, une licorne nimbée debout sur une colline. Légende : TERGES- TINVS. Le prélat avait une licorne dans ses armes'.

Venise-. — Venise avait son gros d'argent, le matapan, depuis 1192, et son sequin d'or depuis 1284. Sur la pièce d'or, appelée ^ecchino parce que la ^ecca était l'atelier monétaire, on voyait le doge agenouillé, recevant une bannière des mains de saint Marc (S. M. VE- NETI), et au revers le Christ debout dans un ovale étoile, entouré de la légende : sit tibi, Christe. datus quem tu régis iste ducatus, qui forme un vers léonin. Le mot ducat vient du dernier mot de cet hexamètre. Chaque émission du sequin portait des points secrets. Le matapan représentait saint Marc et le doge debout; un Christ byzantin, assis de face entre les sigles grecques IC-XC, formait le revers de la pièce, qui valait 3 soldi de 12 deniers. Ces types sont restés pour ainsi dire immobiles et se retrouvent, avec les modifications que nous allons indiquer, sous tous les doges suivants :

*Pietro Gradenigo, 1289-1311. *Marco Corner, 1 365-1 368.

*MarinoZorzi, 1311-1312. * Andréa Contarini, 1 368-1 382.

•Giovanni Soranzo, 13 12-1328. * Michèle Morosini, 1382.

*Francesco Dandolo, 1329-1339. * Antonio Venier, 1382-1400.

•Bartolomeo Gradenigo, 13 39- 1342. 'Michèle Sténo, 1400-1413.

•Andréa Dandolo, 1343-1354. *Tomaso Mocenigo, 1414-1423.

•Marino Faliero, 1354-1355. *Francesco Foscari, 1423-1457.

•Giovanni Gradenigo, 1 355-1 556. •Pasquale Malipiero, 1457-1462.

•Giovanni Dolfin, 1356-1361. •Cristoforo Moro, 1462-1471. •Lorenzo Celsi, 1361-1365.

Le dernier matapan (g^ros^o) d'ancien modèle est de Jean Gradenigo (1355); à partir d'André Contarini (1368), on y place, au revers, une étoile et l'initiale du nom d'unofîicier de la Monnaie (massaro); \egros à deux étoiles (à l'avers) et au Christ assis sur un trône (TIBI LAVS ET

1. Puschi, Annuaire de la Soc. de Numisnialique, 1888 (article sur les patriarches d'Aquilce).

2. Papadopoli (Nie), Le mouete di Veneiia. Venise, 1893, in-40.

l'italie 1371

GLORIA) date d'Antoine Venier (1382), Thomas Mocenigo (1414) remplace les étoiles de l'avers par deux initiales, et enfin, François Foscari (1423) fait frapper un gros nouveau, le grossone de 8 soldi, représentant le doge, soit debout à gauche, soit agenouillé, la bannière à la main. Au revers, la figure traditionnelle du Christ assis est remplacée par saint Marc à mi-corps, de face, bénissant et tenant l'évangéliaire. Mais le type du grossone n'est que la reproduction pure et simple du plus ancien demi-gros (jne^^anino) créé, un siècle auparavant, par François Dondolo (1329) et modifié bientôt par André Dandolo (1343)-

Sur le demi-gros de Dandolo et de ses successeurs, on voit saint Marc debout recevant du doge, également debout, un cierge, et le revers est réservé au Christ sortant de son tombeau, la croix et l'étendard aux mains. Légende: XPE RESVRESIT. Le soldino d'argent, qui remonte aussiàFrançoisDandolo(i329), aplusieurs fois changé de type. D'abord, le doge y figurait à genoux, armé de la bannière, et le lion rampant du revers tenait aussi une bannière; mais depuis André Contarini (1368), le lion est assis et tient l'évangéliaire. François Foscari (1423), sans toucher à ce revers, substitua au doge agenouillé un doge debout.

Quant à la série de billon, elle se compose de quatre espèces anciennes : le denier, le blanc (demi-denier), le double quartarolo et le quartarolo. Le denier, qu'on appelle aussi jy/'cco/o, est le plus facile à reconnaître; il porte une croix sur chaque face, jusqu'à François Foscari (1423) qui préfère à l'une des croix le lion sans ailes, rampant vers la gauche. Sur le bla7ic, il y a d'un côté le buste de saint Marc, de l'autre une croix. Les quarlaroli, double et simple, portent les lettres VNCE (Venecie) disposées en décor cruciforme, et au revers une croix cantonnée de quatre lis.

Sous André Dandolo (1343), une cinquième espèce divisionnaire vient s'y joindre, le tornesello (petit tournois), dont les types sont une croix inscrite dans un cercle et un lion assis qui, à en juger par la légende, VEXILLIFER: VENECIAR(um), devrait tenir un étendard, mais qui tient l'évangéliaire de son patron. Ce tornesello était destiné aux colonies vénitiennes du Levant, où la République possédait, en dehors de ses établissements de Constantinople et des côtes de la Thrace et de la Macédoine, le royaume de Candie (1207-1669), quelques îles de l'archipel grec, Coron et Modon en Messénie, plus tard le duché de Nauplie, l'Attique, l'île de Négrepont, les îles ioniennes (1386), Chypre (1467) et môme, pendant quelques années, la ville de Salonique (1425-30). En Egypte, au commencement du xv° siècle, le ducat vénitien exerça une influence considérable sur le poids des pièces d'or arabes '.

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