I. Revue niinnsin., 1897, p. 372 et 495 (van Gcnnep
Michel Sténo (1400) est le premier doge qui ait frappé des deniers de billon destinés aux villes de Vérone et de Vicence; ses successeurs y ont ajouté d'autres deniers pour le Frioul(?) et Brescia, et bientôt des pièces de quatre deniers (quattrini) ont été mises en circulation pour Padoue et la Terre ferme, de même que des demi-quattrini pour Ravenne. Une croix sur chaque face, quelquefois cantonnée de points ou de lettres, le buste ou la tête de saint Marc, le lion tenant soit un livre, soit une bannière ou une épée, sont les types constants de ces petites pièces.
Ce n'est qu'à la fm de la période qui nous occupe, sous Christophe Moro (1462), que la première monnaie vénitienne en cuivre fait son apparition. On l'appelle /7/cco/o. Son avers représente le buste du doge, tourné à gauche; son revers, un lion assis.
Vérone^. — De 1259 à 1387, Vérone était gouvernée par les Scaliger, qui continuèrent d'abord la frappe des deniers au nom dégénéré de Frédéric II, puis imitèrent les gros tiroliens de Méran. Le nom du patron de la ville, saint Zenon, figure sur ces imitations, autour de l'aigle éployée, et se retrouve sur un petit denier dt la fin du xin^ siècle (SANT ZENO DE VERONA) pareil aux pièces à deux croix que l'on monnayait sous Frédéric. Sous le gouvernement des frères Bartolameoet Antoine 1 1 délia Scala (1375-81), on créa le soldo (à 12 deniers), portant le buste du saint, et le quattrino (de 4 deniers) qui a pour type l'échelle des Scaliger. D'Antoine II seul (1381-87), il nous reste un gros extrêmement rare, avec la figure du saint en pied.
L'an 1387, Vérone fut occupée par Jean-Galéaz Visconti (1387- 1402), qui y introduisit le système monétaire du duché de Milan : le grosso ou pegione (de i soldo -V le soldo, \esesino(jSo\do = édeniers^ et le denaro. Sur son grosso, dont il existe deux variétés, on voit saint Zenon assis et bénissant; sur \c soldo, le buste du même.
Enfin, à l'époque vénitienne, le doge Michel Sténo fit frapper un soldo (ou me^^anino) d'argent et un denaro (ou piccolo) de billon à l'usage spécial de Vérone et de Vicence, mais aux types purement vénitiens. Les doges suivants continuèrent cette frappe jusqu'à Nicolô Tron, qui, l'an 1472, y ajouta une monnaie de cuivre à son effigie.
Vicence. — L'an 1404, Venise-a fait frapper pour Vicence des monnaies d'appoint, mais qui ne portent aucun signe distinctif.
I. Perini (Quintilio), Le moneU di Verona. Rovercto, 1902, gr. in-S".
L ITALIE 1373
§ IL — La ville de Rome et les papes.
Monnayage sénatorial^. — Le beau gros d'argent, introduit par Brancaleone d'Andalô (1253-56), représente Rome assise de face (ROMA CAPVT MVNDI) et au revers un lion passant (SENATVS P- Q- R), parfois avec le blason d'un sénateur, rarement avec son nom (BRAN- CALEO S* P'Q* R)- Les blasons sont ceux des Savelli (1291 ou 1297), des Colonna-Orsini et des Orsini-Anibaldi (1345). Charles I^r d'Anjou fut trois fois sénateur, d'abord de 1265 à 1267, puis de 1268-78 et finalement en 1281; son nom figure non seulement sur les anciens deniers provinois, mais sur toute une série de gros et demi-gros du nouveau type, marqués des armes d'Anjou. Tantôt il s'appelle KAROLVS tout court, tantôt REX SO'ciliae) ou R(ex) VI CARI VS. vicaire du pape. Son carlin, probablement frappé à Naples, est aux mêmes types (avec CAROLVS REX SENATOR VRBIS) et porte en exergue une F. initiale du nom de son lieutenant (Fasanella 1275, ou Jean de Fossames 1277). On connaît aussi son demi-carlin.
Du tribun Cola di Rienzi (1347) nous n'avons que des deniers au peigne champenois (N* TRIBVN* AVGVST*); d'autres deniers de cette époque portent, autour de la croix, les mots ALMVS TRIBVNAT(«s). Ce n'est que sous le pontificat d'Eugène IV (1439) que le peigne disparaît.
De 141 3 à 1414, Lad i si as, roi de Naples, a frappé quelques deniers en sa qualité de seigneur de Rome.
Le dernier gros sénatorial est à peu près contemporain de ces pièces; on y voit l'écusson de Rome avec les sigles + SPQR en guise de bande. A partir de ce moment, l'autorité papale se manifeste dans le choix des types. On crée le samperino, qui représente les saints apôtres Pierre et Paul debout, l'un à l'avers, l'autre au revers. Légendes: