‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 144 sur 183 · I. Sources: p · texte numérisé non relu

I. Sources: p

de Niim., 1897, p. 43.

A. Sambon, Annuaire de la Soc. de Niim., 1891, et BulUtin

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tari. Sur ce dernier (également unique), on voit le prince à cheval, armé de pied en cap; sur les autres (fig. 1912), un grand K, imitant l'F de Frédéric II, puis une croix longue accostée de deux fl grecs et des lettres 16-XS (lesus Christus), ou une targette aux trois fleurs de lis. Une de ces pièces de 8 tari a été frappée à Tunis, lors de la croisade de saint Louis.

Mais 4a plus jolie monnaie du règne est le carlin (chariots) ou salut d'or, pesant — de l'once (fig. 1913). Après l'installation de l'atelier de Castel Capuano, c'est-à-dire du Castel dell' Uovo de Naples (1277), un

Fig. 191 3

Fig. 1914

des plus habiles artistes du temps, François Formica, fut chargé de la gravure de ce coin, qui rappelle les miniatures des manuscrits. La salutation angélique y est entourée du verset aj'egrac/a/'/e/m^ dojninus (ou dns) tecum, l'écusson est celui de France-Jérusalem, et le roi y prend pour la première fois le titre de roi de Jérusalem. Le demi-salut d'or est de toute rareté. Types et légendes se retrouvent sans changement sur le salut d'argent et son demi.

Quant au billon de Charles d'Anjou, le denier est de 420 à la livre (la livre valait ± d'une once d'or); il porte les sigles KAR (Brindes) ou

K^ (Messine; fig. 1914) dans le champ, plus tard réduites à un simple K ou remplacées soit par trois fleurs de lis, soit par l'écu à la fleur de lis et au lambel, etc. On a aussi le double, triple, quadruple denier, de même que le demi, appelé medaglia (maille). Ceux qui portent le titre de roi de Jérusalem sont postérieurs à l'an 1276. Mais le billon sicilien, qui, à l'arrivée des Angevins, ne contenait déjà plus qu'un quart d'argent fin, était bientôt réduit à JL et devint un des motifs principaux de la révolte de 1282 qui fit passer l'île à la maison d'Aragon.

Pour le monnayage provençal de Charles I'^'", il faut se reporter à la p. 1014, pour celui de Florence à la page 1378.

Charles II (1285-1309) succède à son père dans le royaume de Naples et dans les comtés de Provence et de Forcalquier II continue la frappe des saluis d'or et d'argent et, vers 1304, crée le gillat ou carlin de majesté, au type du prince assis de face sur un pliant orné de têtes de lion. Cette pièce, qui prendra une grande place dans la numismatique du

moyen âge, était imitée des gros frappés par les sénateurs de Rome, qui plaçaient sur leurs monnaies une Rome assise. Au revers, elle a pour légende les paroles du psalmiste: hotior régis iudicium diligit autour d'une croix fleurdelisée et cantonnée de fleurs de lis, d'où le mot gigliaio. Les premières pièces de billon de Charles H : denier (tornesello) et obole, au buste couronné de face (KAROL* SCD' REX), furent démonétisées et remplacées par d'autres, aux armes d'Anjou et à la croix pattée (1299). Dans les documents contemporains, le denier de 1299 est appelé Gherardinus, parce qu'il avait été inventé par le monnayeur Gherardino Gianni de Florence. Sur toutes ses espèces, Charles II indique son numéro d'ordre: KAROL' SCD' (secitndus) ou K*S (voir p. 1014). Nous avons déjà parlé (p. 1039) des monnaies piémontaises de Charles II frappées à Cuneo (1307-09).

Robert (1309-43) renonce à la frappe de l'or; on ne possède deluique des gillats (p. 1015), des billons aux armes d'Anjou, quelques pièces en cuivre pur, figurant son buste casqué (I^ grande R), et des pièces aflirmant ses prétentions à la souveraineté du Piémont (p. 1039). Jeanne 1"^*= (1343-81) et son mari Louis de Tarente (1346-62) ont surtout monnayé en Provence, mais ce que nous en avons dit plus haut (p. 1015-16) s'applique aussi au royaume de Naples. On a des pièces de Jeanne frappées à Cuneo (pour le Piémont). Charles III de Duras (Durazzo, 1382-85), son fils adoptif, n'a frappé que des monnaies aux types accoutumés, surtout à Sulmona. Le nom de Ladislas de Duras (1386-1414) figure sur de rares demis et quarts de carlin et sur des gros de Guardiagrele, etc. Du même on a \q denier de Tocco (|N TOCCHO) dans les Abruzzes'. Nous venons de voir qu'il a aussi monnayé à Rome et à Ascoli, villes dont il avait la seigneurie (141 3-14).

Yolande d'Aragon épousa, l'an 1400, Louis II d'Anjou (1384-1417), dont elle eut deux fils : Louis III, né en 1403, et René. Louis II, dont on ne possède que dei>JIorins au saint Jean et quelques pièces frappées à Aquila, était dépossédé de son royaume napolitain lorsqu'il mourut à Angers (1417); mais Yolande fit valoir ses droits, et plusieurs monnaies d'Aquila (1414-23) portent son nom et son titre (IVLANDA RE- GINA)- On connaît sa cella d'argent (S- PETRVS, le saint assis. 1^ l'aigle d'Aquila), son denier (S- PETRVS- PP- ^FEssor, buste du saint. 1^ AQLA en croix) et son quattrino de billon (I^ DE AQVILA. lion). En Provence, elle signa les actes jusqu'en 1427, mais dès 1424 elle avait cessé d'être tutrice de Louis 111 (1417-55) qui se trouvait alors à Naples auprès de Jeanne II (1414-35), dont il avait été adopté et à laquelle il

I. Comptes rendus de la Soc. de Niini., 1899, p. xiv (A. Sanibon).

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devait succéder. Nous avons fait ressortir (p. 1017) l'impossibilité de distinguer entre elles les monnaies d'or des deux Louis. Jeanne II avait des ateliers à Ortona et à Aquila; un grand Y couronné est inscrit sur ses deniers (très rares) où elle s'appelle reine de Hongrie.

Les prétentions de René d'Anjou (1435) au trône de Naples sont illustrées par une série de pièces des plus intéressantes. On connaît son gillat. dont les exemplaires portent, dans le champ du revers, l'aigle d'Aquila ou la marque de Sulmona (SMPE), ou la lettre L (atelier de Lacce) et les multiples armoiries du roi. Mais sur le quart de gillat (au buste couronné de face), les armoiries sont supprimées et remplacées par la croix fleurdelisée qui est l'emblème caractéristique de la pièce. L'an 1440, René s'était emparé de Sulmona après un long siège. Son denier de billon porte une R couronnée, un autre et le quattrino reproduisent les types des monnaies d'Yolande.

La dynastie de la maison d'Aragon commence avec Alphonse I^'' le Magnanime (1435-58) qui introduit un coin nouveau, le ducaton d'or au cavalier, mais continue la frappe du gillat (Al/onsiîio) en substituant à la croix et aux lis angevins son écusson à lui. Il existe beaucoup de variantes de son denier au buste couronné de face et au champ parti des armes d'Aragon, Jérusalem, Naples et Hongrie. Le roi s'intitule rex Sicilie citra et ultra. Cagliari, dans l'ile de Sardaigne, était un de ses ateliers monétaires'.

§ V. — Villes de l'Italie méridionale.

Aquila. — L'atelier d'Aquila a battu monnaie pour le roi Ladislas (1386-1414), pour Jeanne II (1414-35), Yolande (1414-23) et René d'Anjou (1435-42), pour Ferdinand I<=r (1458-94), temporairement pour les barons révoltés contre l'autorité royale (1459) ^^ po'J'" 1^ pape Innocent VIII (1485-86), dont on possède des quattrini variés, aux types de l'aigle et des clefs en sautoir. Les pièces émises au nom de Charles VIII, roi de France, sont décrites p. 986.

Atri. — Deux ducs d'Atri ont frappé des monnaies d'argent : *Josîas Acquaviva (1459-62). *Matteo de Capoue (1462-64).

Le gros de ce dernier représente saint Nicolas debout.

I. Voir la suite dans notre Traité de niim. moderne, t. I, 469.

Bari (Pou'iWé). — A l'époque de la domination des Normands, un des ateliers de Roger II était installé à Bari (p. 811). Vers la fin du xiv* siècle, probablement pendant quelque interrègne, la ville a frappé des monnaies autonomes'. On connaît un denier de billon (unique) au buste de saint Nicolas et à la croix entourée des mots DE BARIVM,

Campobasso. — Billons frappés par le comte Nicolas II de Montfort (1450-62). Ils ressemblent aux tournois contemporains des princes d'Achaïe.

Chieti. — Métropole des Abruzzes et, depuis 1443, résidence du viceroi. Alfonse I<='" d'Aragon (1443-58) y a frappé monnaie (VRB- THEATINA) aux types des saints Justin et Nicolas, et pendant la révolte des barons (1459) Ferdinand I^"" y a émis un double gros figurant saint Justin en pied. Chieti était le fief de Matteo de Capoue, duc d'Atri (1462-64). L'an 1495, la ville reçut son privilège pour l'émission de pièces au nom du roi de France (p. 986).

Civita-Ducale. — Pendant la révolte des barons contre Ferdinand I" d'Aragon (1459-60), cette ville, restée fidèle au roi, a frappé quelques pièces autonomes en argent et en billon. Elles représentent saint Marin debout.

Guardiagrele. — Les mêmes Orsini qui monnayaient à Manopello, ouvrirent un atelier à Guardiagrele (i 391) avec l'autorisation du roi Ladislas. La charte fut renouvelée en 1424 par la reine Jeanne II de Durazzo (1414-35). Les noms de Ladislas et de Jeanne sont inscrits sur les pièces d'argent de cette provenance (GVAR autour d'une rosace. I^ Buste du pape saint Léon).

Ortona. — Atelier de Jeanne II de Naples (1414-35), qui y frappe des gros d'argent au buste de l'apôtre saint Thomas. — Monnaies autonomes émises pendant la révolte de 1459. — Quattrini au nom de Charles VIII, roi de France (1495).

Sora. — Le duc Pierre-Jean-Paul Cantclmi a frappé d^s gros, à décor épigraphique, pendant l'anarchie de 145 9-61, et des cavalli pour Charles VIII, roi de France (1495). Un de ces derniers lui donne le titre de ALB • SO • DV(x); ALB signifie Alvito. — Voir notre Traité de num. moderne, t. I, 470.

I. PupAiiopoW, Monde itaîiatie itudiU, fasc. IV (1894), p. 19.

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Sulmona. — Charles III de Duras (1382-86) et son fils Ladislas (1386-1414) ont frappé monnaie comme seigneurs de Sulmona. Leurs pièces portent les sigles SMPEdans le champ(voir notre Traitédenum. moderne, t. I, 470). Plus tard, l'atelier travailla successivement pour Alfonse I^^" d'Aragon (1439-58), Ferdinand I«f (1458-94) et pour le roi de France, Charles VIII (1495).

Tagliaco^^o. — Le pape Alexandre V, réfugié à Bologne (1410), donna le comté de Tagliacozzo à Jacques Or si ni avec la permission d'y frapper des gros (TALIA COZO) qui porteraient le nom et le buste du souverain pontife.

§ VI. — Le royaume de Sicile.

Par son mariage avec Constance, Pierre III d'Aragon devint roi de Sicile (1282-85). Un superbe ducat d'or (fig. 1915), du travail le plus fin, date de son règne et fixe immédiatement, pour plus de deux siècles, le type principal des monnaies hispano-siciliennes. A l'avers, l'aigle impériale dans une double légende : COSTA- DE!- GRA- ARAG* SICIL* REG et le XPS* VINCIT de saint Louis; au revers, l'écu aux barres.

également dans un double cercle: P- DEI- GRA* ARAGON* SICIL'* REX et la variante d'un verset biblique : summa potencia est in deo. La même pièce a été frappée en argent.

Les successeurs de Pierre, bien qu'ils ne fussent plus rois d'Aragon (à l'exception de Jacques I" qui reprit en 1291 les deux couronnes et le vieux titre de comte de Barcelone), ont conservé, sur leurs monnaies, et l'aigle et l'écu aux barres :

*Jacques le (1285-96).

'Frédéric II (1296-1337).

*Pierre II (1337-42).

•Louis (1342-55).

•Frédéric III (1355-77).

•Marie d'Aragon (i 377-1402).

•Martin I" (1402-1409).

mais sous les rois suivants, qui furent de nouveau maîtres des deux royaumes :

•Ferdinand I (1412-16). 'Jean II (1458-79).

•Alfonse V (1416-35 ; roi des deux Siciles, 'Ferdinand II le Catholique (1479-1516). 1435-38).

les types deviennent plus variés et plus intéressants.

C'est sur les monnaies de Frédéric II que nous lisons pour la première fois le titre de duc d'Athènes et de Néopatras (NEOPATRIE), équivalant à ceux de nos évêques in partibus. Il se maintient jusqu'à Jean II inclusivement. Frédéric III est le seul qui s'intitule duc d'Apulie tl prince de Capoue.

Le buste couronné de face et l'M couronnée n'apparaissent que sur les quarts de /ar/, en argent, de Marie; le même buste, tourné à gauche, se voit sur le billon de Frédéric II et III, l'M sans couronne sur le billon de Martin. Quelques deniers de cuivre de Frédéric II ont un éléphant au revers. Tous les deniers de billon de cette dynastie sont mal frappés et leurs légendes rarement complètes.

Au point de vue héraldique, on suit avec curiosité les transformations de l'écusson, où les barres espagnoles et les aigles de l'Empire se partagent diversement les quatre quartiers. C'est Alfonse V qui introduit sur son réal d'argent le type napolitain du prince assis de face. Nous le retrouverons sur les ducats d'or de Jean II et de Ferdinand (Traité de num. moderne, t. I, 471). Quant aux lettres monétaires de cette série (GL, W2(;7J, etc.), on n'est pas encore parvenu à les interpréter.

§ VII. — Ville de Catane.

Frédéric II d'Aragon (1355-77) donna la licence monétaire à la ville de Catane, où lui-môme avait un atelier et faisait frapper des billons au type de l'éléphant. La ville fit usage de son droit et mit aussi des billons en circulation.

§ Vin. — Ile de Sardaigne.

i) Les Pi sans.

Au moyen âge, l'île de Sardaigne était divisée en bailliages, trois, quatre ou six. Vers la fin du xiu* siècle, le fameux Ugolino Gherardesca de Pise était le bailli d'Iglesias. De ses deux fils, Guelfe et Lotto

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(1289-95), nous avons un très beau gros tournois {^g. 1916) aux armes des Gherardesca, et qui porte la légende : Guelf et Lott', comités d'Donoratico, et t(er)tie p(ar)tis regni Kall(aguritani) dni; puis au revers : Villa Eccl(es)ie, argenterie d' Sigerro. La fin de l'inscription se rapporte aux mines d'argent de Segario, qui avaient fourni le métal de la

Fig. 1916

pièce'. Un demi-gros tournois au nom de l'empereur Frédéric II, mais frappé bien postérieurement à sa mort, porte aussi, au revers, les mots FACTA IN VILLA ECLESIE P(ro) COMimun)\ PISANO.

2) Villes de Sardaigne.

Sassari. — Le bailliage d'Arborée nous a fourni un gros de Guillaume II, vicomte de Narbonne (1408-13), petit-fils de Béatrix d'Arborée. Cette monnaie a pour type un arbre, l'arme parlante de la ville, et ses légendes sont: G' IVDEX ARBOREE — ET VICE COMES NABOE^ Elle a été frappée à Sassari.

Castelsardo. — Une monnaie de billon, encore unique, porte le nom de Nicolas Doria (1436-48).

3) Royaume de Sardaigne.

En 1297, Jacques II reçut du pape Boniface VIII la souveraineté de l'île de Sardaigne qui appartenait alors à la République de Pise. Le roi d'Aragon ne se rendit maître de son nouveau royaume qu'en 1324 et fit frapper tout de suite un beau réel d'argent qui servit de modèle à tous ses successeurs jusqu'à Ferdinand II :

•Alfonse IV (1327-35).

•Pierre IV (1335-87).

*Jean 1(1387-95).

* Martin (1396-1410).

*AlfonseV (1416-58).

*Jean II (1458-79).

1. La monnaie est encore unique. — Friedlànder et von Sallet, Zeitsch-ift fur Num., t. XII, 387. XIII, 83.

2. Revue nwntsm., 1844, P- 44i- — Variante au catalogue Gnecchi, n. 4919.

aUATRIEME PARTIE

La pièce porte l'écu triangulaire d'Aragon, entouré de rosaces et d'une bordure gothique; au revers, une croix cantonnée de rosaces, dans une bordure pareille. Légende: fortitiido et laus mea dominus (fig. 1917). Le demi-réal date de Pierre IV, qui crée, à côté de ce type, un second

Fig. 1917. Pierre IV (1335-87)

coin, à l'écu en losange et à la croix cantonnée de quatre couronnes, où les mots Aragomun et Sardinie se substituent au verset biblique.

Sur la monnaie de billon, on voit le même écu, tantôt en losange, tantôt cordiforme, mais ce sont surtout les rosaces qui, pendant cent cinquante ans, font reconnaître au premier coup d'œil les espèces sardes. L'atelier de tous ces rois était à Iglesias {villa di C/u'esà); au château de Bosa, on frappait de petites pièces de cuivre pour Jean I^''.

Ferdinand II (1479-1516) remplace l'écu traditionnel par le buste

Hiu roi et choisit pour légende le verset inimicos eiua indiiam confusione.

Sur son blanc de billon, on lit le nom de la capitale de l'île, Cagliari :

CASTRI CALAR(it^ani). Les lettres S et A qui se trouvent quelquefois

dans les cantons de la croix, sont les initiales de Sardinia.

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