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cuivre, figurant sainte Marie en prière, est frappée pour la Dalmatie, avec légendes latines; mais les pièces d'or d'Etienne qui ont surgi, il y a une trentaine d'années, sont l'œuvre d'un faussaire '. Quant aux monnaies de Voukachin et de ses deux fils, elles portent, dans le champ du revers, de longues légendes slaves, comme les gros d'Etienne Douchan dont nous avons fait dessiner un spécimen, et rappellent les pièces byzantines du ix'= siècle et les petits deniers russes.
La numismatique de la dynastie des Brankovilch offre quelques détails nouveaux. Lazare se sert de la langue slave et s'intitule tantôt kna^, knei (prince), tantôt kralj (roi), excepté sur de petites pièces d'argent frappées à Novobrodo (NOVOMONTE), qui lui donnent le titre italien de conte Lasaro. Son fils Etienne s'appelle cotite Stepan sur des monnaies semblables, où il figure debout, tenant une masse d'armes, et dont le revers(tète de Christ) porte la légende |€88 CRI2TV2. Cependant, toutes les autres pièces de ce règne ont des textes slaves : gospodin despot Stefan, etc., Qt représentent le Christ debout dans l'ovale perlé ou le Christ assis des matapans de Venise. Ce dernier coin fut employé, presque exclusivement, par Vouk Brankovitch, contemporain d'Etienne, mais au revers d'une des monnaies de Vouk on voit déjà le lion héraldique qui tiendra une grande place dans les séries de Georges Brankovi tch (fig. 1945), à côté de la tête du Christ (fig. 1946) et de la
fig. 194;
Fig. 1947
Hg. 1948
signature du roi (fig. 1947-48), tracée, comme à la plume et au bas d'une charte, en superbes caractères slaves. Rudnik et Smederevo étaient les ateliers de Georges, dont on possède, en dehors de ses monnaies serbes, une petite pièce d'argent (DESPO GVRG, prince assis de face) frappée en commun avec Jean de Hunyad, lieutenant du roi de Hongrie (lOHANES D : HW : GV- R- VNGARI, écusson), et une autre frappée de concert avec le ban Etienne Thomas de Bosnie. Le même a placé son nom et celui de son fils Lazare au revers d'une monnaie figurant le Christ assis.
I. [Ljiibic en a soLitenu l'authenticité dans les Minoires âc V Acthh'm'w Jugoslavi , t. XXXIV. Agram, 1876. — A. H.)
Nous arrivons aux derniers rois : Lazare et Etienne Giorgiévitch; qui choisissent pour tvpe un casque à cornes de baffle. L'inscription italienne conte Stefan reparaît encore une fois.
§ IX. — Villes de Serbie.
Nous possédons des gros d'argent de trois villes serbes: Pri^ren, Skopelje et Stefan. Ce sont des fractions de gros {demis et quarts) au type du Christ debout, avec, au revers, le nom de la ville écrit sur deux lignes. L'émission doit être contemporaine du despotat de Jakob (vers 1400).
§ X. — Despotes de Serbie et d'Albanie.
Dans la seconde moitié du xiv^ siècle, un grand nombre de nobles serbes s'affranchirent de l'autorité royale et réussirent à gouverner quelque province frontière dans une complète indépendance. Le plus ancien de ces rebelles est Jean Oliver (1341-63), dont le gros, au Christ assis et à l'aigle bicéphale (fig. 1949), porte la légende : MONITA DESPOTI OLI. Une autre inscription latine (S- STEFANV- SCVTARI) se lit sur un gros de Constantin, despote de Durazzo (1377- 1401), eten explique le type qui représente saint Etienne de Scutari. Constantin y prend le titre de roi, tandis que ses pièces à textes slaves l'appellent despote. L'épigraphe latine d'un gros de Vlatko (vers 1380) est incompréhensible (CONTAPES SPTNGAP)- Nicolas Fig. I9J9 Altomanovi tch (1564-74), les joupans Ropa (vers
1580) et Rig (vers 1390), ensuite Dmitar (vers 1590) et Jakob (vers 1400) ont frappé des gros et demi-gros au Christ assis ou debout, avec leurs noms seuls, ou leurs noms et titres, dans le champ du revers. Ces légendes sont en langue slave. Seul, le joupan Bran ko (vers 1370) conserve le type du casque au coussinet.
Au xiv^ siècle, la Zetta était un des grands fiefs du royaume de Serbie, le Monténégro en faisait partie, et Scutari en était la capitale. Vers 1560, sous l'empereur Urosch IV, le prince de la Zetta se déclara indépendant. Il s'appelait Baischa (en italien Bal^a); pendant 60 ans, sa dynastie sut se maintenir sur le trône' Baischa 11 eut môme des succès dans une
LES PAYS SLAVES DU SUD
guerre contre son voisin, le roi de Sicile, et prit le titre de duc de Durazzo (1385). Voici le tableau généalogique des Balschides :
Balscha I (1360-68)
Stratsimir Georges I Balscha II
(ti375) (+1579) (1368-86)
* Georges II (i 386-1405)
* Balscha III (1405-21)
On connaît des gros de Georges II Stratsimirovitch au type du saint Laurent (de Trau), et d'autres figurant un heaume timbré d'une énorme tête de loup (fig. 1950), avec, au revers, une inscription slave.
Fig. 1950
Balscha III Georgiévitch (M- D- BALSA- D- GORGI) a frappé toute une série de gros au saint Laurent, en choisissant pour type du revers le même casque, de facture moins barbare.
§ XL — Villes d'Albanie.
Catiaro. — Vers 1340, l'empereur de Serbie, Etienne Duschan, monnayait à Cattaro; on connaît plusieurs variétés de son gros au type de saint Tryphon (voir p. 1400); d'autres gros sont frappés par son fils Urosch IV. Sous la domination vénitienne, les monnaies portent l'image de saint Marc et le lion ailé.
L'an 1381, Venise céda la ville à Louis ^^ d'yVnjou, roi de Hongrie (1370-82). Deux jg-ro5 d'argent rappellent cette annexion éphémère: !c premier, au buste de saint Tryphon, le second, au Roi assis de face (revers: le saint debout, S. TRIPHON CATAREN). Après la mort de Louis, le roi de Bosnie s'empara de Cattaro (voir p. 1405), qui ne recouvra sa liberté que pour se donner de nouveau à Venise (1423).
Scutari. — Atelier monétaire de Constantin, despote de Serbie. — L'an 1404, la ville fut cédée aux Vénitiens par Georges II Balscha. On a des pièces d'argent au type de saint Etienne, de facture barbare, émises par les gouverneurs que la République de Venise y envoyait, et qui plaçaient les initiales de leurs noms sur les monnaies :
*Bcrtucci Civran, 1436.
'Paul Morosini, 1458.
'François Querini, 1442.
§XII
La Dahnatie.
L'empereur de Serbie, Etienne Urosch IV (1355-67) a frappé une monnaie de cuivre, au type de la sainte Vierge en prière, pour la Dalmatie. Une pièce hongroise, émise pendant l'interrègne qui suivit la mort de Ladislas Jagiello (1444), porte la légende : MONETA REGNI VNGA- RIE DALMACIE CROACIE ETC (p- 1321). Plus tard, les armes de Dalmatie, trois tètes de léopard couronnées, figurent sur les monnaies de Ladislas Postume. roi de Hongrie (1452-57).
Ragiise '. — Jusqu'à la tin du xiii<= siècle, on fabrique de petiisfollari de cuivre, représentant une tète laurée ou casquée et, au revers, une forteresse (CIVITAS RACVSII). Du xin<^ au commencement du x\i'^ siècle, la ville met en circulation des gros et demi-gros d'argent (figure en pied, buste ou tète de saint Biaise. I^ Le Christ dans une bordure ovale, la mandorla)K
Un texie de 1365 nous apprend que le ban de Bosnie faisait graver ses coins à Raguse.
Spalato ne se soumit à la République de Venise qu'en 1420. De
l'époque antérieure, on possède un piccolo autonome à la tète de saint Domnin, un autre dont l'avers est occupé par l'inscription SPALATINO.
et des demis et quarts de gros, frappés par le duc Hervo'ia (1405-15).
'^' ''"' Ces pièces représentent saint Domnin
martyr, debout et bénissant (fig. 1951), ou sa tète seulement.
1. Adamovic (Vincenzo), dcUa monelaiione Ragus,-a. Raguse, 1874. Broch. de 28 pages.
2. Voir la suite dans notre Traité de ntini. moderue, t. I, 485.
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Zara appartenait définitivement à Venise depuis 1409. Il existe deux variétés d'un son d'argent au type de saint Marc debout, de face, les bras ouverts. Au revers, un écusson de famille est entouré des mots : MONETA DALMATIE. écrits en lettres semi-gothiques (fig. 1952). Ces pièces ont été frappées, avec la permission du Sénat de Venise, par Jacques Surian, gouverneur de Zara (1410-16) '.
§ XIII. — Banat puis royaume de Bosnie.
Nous ne citerons que les bans qui ont frappé monnaie, Etienne II Kotromanitch (1322-54) imite le matapan de Venise (Christ assis) et les gros des rois de Serbie (prince assis, avec l'épée sur ses genoux), tout en continuant d'employer le coin de ses prédécesseurs (ban debout, tenant l'épée nue et la c-oix). Il s'appelle STEFANVS BANVS BOSNE. Le règne d' Etienne Tverdko I*^"" se divise en deux périodes distinctes: de la première, pendant laquelle il portait le titre de ban (1354-76), nous n'avons qu'un gros (fig. 1953, TVERTCO BANI BOSNE); les pièces qui lui donnent le titre de roi (1376-91) sont plus abondantes et plus variées.
Gros et doubles gros représentent saint Grégoire de Nazianze avec, au revers, l'écu penché sous un heaume (DNS TVERTCO ou TVARTCO REX BOS- NE) ; des pièces de cuivre, à la couronne ou au T couronné, sont frappées à Cattaro et portent l'image de saint Tryphon. Les gros de Cattaro se retrouvent sous Etienne Ostoïa (1398-1404, 1408-18) qui s'appelle STEPNOS : RASIE: ET: BO : T : REX; mais saint Grégoire reparaît sous Etienne Tverdko II Tverdkovitch (1404-08, 1.415-43).
La série numismatique d'Iùienne Thomas (1443-61) abandonne presque complètement les vieux types bosniaques, et son chiffre STM couronné ou son écusson à la barre accostée de fleurs de lis rappellent la monnaie hongroise. GOSPODI (ou DNS) et CRA(lj) ou REX BOSN sont ses titres. A côté de saint Grégoire de Nazianze, il admet aussi saint