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de ses gros et demi-gros est emprunté aux gigliati angevins de Naples; il représente le prince assis de face et se maintiendra jusqu'à la fin des Lusignan. Au revers de la première série, assez rare, on voit déjà le lion rampant (fig. 1955). Mais la frappe des besants blancs concaves ne subit
pas d'interruption ; le nom du roi n'y étant indiqué que par une h\ il est difficile de les partager entre Henri et Hugues IV. ^ Amaury de Tyr, pendant les six années de son usurpation (1306- 12), ne prit pas le titre de roi, car il n'était pas sacré. Il nous a laissé deux variétés du gros. Sur l'une, la plus ancienne, c'est le nom de son frère détrôné qui entoure la croix de Jérusalem, tandis que le sien, avec le titre de gouverneur (AMALRIC' GVB'NATOR CIPRI) entoure le lion héraldique. L'autre, dont on a aussi la demie, avec sa double bordure d'inscriptions (fig. 1956), ressemble davantage au gros tournois français
Fig. 1956
et se fait remarquer par cette longue légende: Amalirc(us), Tirensis dominus, Cip(r)i gub(er)nato(r) e(t) re(c)tor, I(e)r(usa)l(e)tn et Cipri régis filius. L'écusson est parti de Jérusalem et de Chypre-Lusignan.
Après son rétablissement sur le trône, Henri II fit frapper de nombreux gros d'argent, non plus au lion, mais à la croix de Jérusalem, qui a désormais sa place assurée sur toutes les monnaies chypriotes. Le lion rampant est réservé aux deniers de billon, où lui aussi restera immobile. Au revers des deniers d'Henri, la croix est potencée et cantonnée de besants.
Hugues IV (1324-59), neveu du précédent, continue sans changement le monnayage de son oncle et, comme lui, emploie pour ses lé-
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gendes la langue française (//wgwe rei de, etc.); mais avec Pierre I*"^ (1359-69), connu dans l'histoire de France pour avoir assisté aux funérailles de Jean le Bon dans l'abbaye de Saint-Denis, une légère modification est apportée au type du gros, le roi assis ayant son écusson près de lui et tenant l'épée au lieu du sceptre, probablement parce qu'il avait crée cette confrérie noble qui s'appelait l'Ordre de l'Epée et qui faisait vœu de combattre sans trêve les infidèles. Les légendes du gros et du demi-gros présentent trois variétés importantes : Piere par la grâce de die (ou de dieu) roi, etc. (fig. 1957), Piere roi de Geru^alem ede Chipre,
Fig. 1957-
Petrus dei gra., etc. Élu au trône de la Petite-Arménie, Pierre I^"" y fit frapper une pièce d'argent au type du cavalier et à inscriptions arméniennes.
De son fils Pierre II (1369-82), nous avons les mêmes gros et demigros à légendes françaises et ne se distinguant de ceux du père que par le sceptre, substitué à l'épée. Ceux de Jacques I*»" (1382-98), avec lacque roi, etc., sont d'une facture absolument barbare, et sur un denier au lion, le nom de Jérusalem est écrit EROZALAM. Janus (1398-1432), fils du précédent, crée une espèce nouvelle, le sixain de billon, valant 6 deniers, mais reproduisant le type du denier simple. Le prince porte les trois titres de roi de Jérusalem, Chypre et Arménie, toujours en français; mais son fils et successeur, Jean II (1432-58) est le dernier roi qui fasse usage de cette langue (/eAa;i roi... ou rei), en mémetempsqu'il revient aux légendes latines et que l'alphabet gothique cède la place à l'alphabet romain. Le style des monnaies de Jean est un peu moins barbare que celui des pièces de Jacques 1", sans cependant mériter aucun éloge.
Le court règne de Charlotte de Lusignan et Louis de Savoie (1458-60) ne nous fournit que deux gros, de grande rareté, l'un à l'écusson et à la légende CARLOTA Dl GRA REG(i)NA. l'autre au prince assis. De nouveaux types surgissent enfin sous Jacqu es II le Bâtard (1.160-73): un gros au cavalier, imité des cavallotti italiens, et un demigros au buste couronné à droite. Cq'S, pièces soui à peu près introuvables, tandis que le sii^ain du même roi, en cuivre pur, est très commun. Sur le ^';oi' de Catherine Cornaro et de son fils Jacques lil de
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Lusignan (1473-74), on voit d'un côté l'écusson,- avec le nom et le titre de Catherine, au revers le nom et le titre de Jacques à l'entour de la croix de Jérusalem. Les gros de Catherine seule (1474-89) sont aussi rares; KATERINA: VENETA: REGINA se lit à l'avers, et leurs types sont tantôt la reine assise de face, tantôt l'écu écartelé.
Sous le règne de Pierre II, l'an 1373, la seconde capitale de Chypre, Famagouste, où les Lusignan se faisaient sacrer rois de Jérusalem, avait été prise par les Génois et leur était restée en gage jusqu'en 1464. Nous avons de petits deniers en billon, au type génois (fig. 1958), portant à la fois le titre du p.^ .^
doge (DVX lANVE) et le nom de la ville
conquise (CIVIT FAMAG)- Ces pièces se rapprochent, par leur style, de celles de Jean II.
Enfin, une séùe de deniers anonymes a été attribuée par Lambros à l'époque de Pierre I'^'" et Pierre II. Il s'agit de ceux qui ont la légende S* DE CHIPRE autour du lion rampant et S- DE lERVZALEM autour d'une croix (non potencée, mais) cantonnée de quatre croisettes. La lettre S est vraisemblablement l'initiale du mot scel. M. Papadopoli {Revue belge, 1900, p. 297) croit que les monnaies de ce type ont été frappées sous la domination vénitienne (1489-1571), à Venise même ou avec des coins envoyés de la métropole. D'après lui, ce seraient les car- ![ie ' mentionnées dans des décrets de 15 15 et 15 18. L'idée est séduisante, mais l'emploi de la langue française resterait un fait inexplicable ^
§ V. — Ile de Rhodes.