I. Sources : p
104e QUATRIÈME PARTIE
Toutes les monnaies de Ferri IV paraissent avoir été frappées à Nancy.
A l'exception de quelques gros tournois avec TVRONVS DVCIS et ', R. LOTHORINGIE, les pièces émises par Raoul (1 529-1 546), qui ajoute ',! à son titre celui de marcliio, portent un type national et se distinguent par de véritables qualités artistiques. Ce type est tantôt une épée nue | accostée de deux écus lorrains, tantôt l'écu, dans une bordure trilobée, est posé sur une épée en pal. Sur quelques doubles deniers, Tépée nue se trouve entre deux alérions, tandis qu'au droit se montre la bande des armes ducales, en plein champ dans un quadrilobe. J
La plus forte monnaie de Raoul est \q gros lorrain valant un peu plus \
des deux tiers du cros tournois.
Le duc avait épousé en secondes noces Marie de Blois, fille de Gui I \
de Châtillon. A sa mort, sur le champ de bataille de Crécy, le gouver- '
nement, ou, comme on disait alors, la mainbournie, passa à sa femme, i
comme tutrice d'un fils mineur, Jean l*'^ •
Nous possédons de fort belles monnaies frappées sous la régence de j
Marie de Blois (i 546-1 348). Ce sont de gTândes plaques ou doubles gros 1
d'argent frappés sur le modèle des pièces que l'alliance monétaire entre
Jean l'Aveugle et Henri comte de Bar avait mises en circulation. Elles
portent l'écu écartelé de Lorraine et de Châtillon, et leurs légendes sont:
lOHANNES • DVX • MARCHIO • DE • LOTORIGIA(fig- 1608), MONETA • j
Fig. 1608
DE • NACEI ou MONETA ; NOVI : CHAS (Neufchâteau), ou encore : MARIE DVCHESE MANBOVRS DE LA DVCHIE. Cette dernière, en français, est très remarquable pour l'époque.
Jean l""" (1 546-1 589), devenu majeur, se servit du même type, à Nancy et au château de Prény. Ses autres ateliers furent Neufchâteau, Siercket Mirecourt.
Il introduit la monnaie d'or en Lorraine. LOTTRI€R DVX ou lOHES LOT • DVX. se lit sur soiJJorins au lis. Ses graveurs de coins ont beaucoup de talent et d'imagination. A défaut de documents écrits, il est impossible de rien préciser quant à l'ordre chronologique des émissions,
et il est presque aussi difficile de donner des noms aux pièces d'argent. Une plaque (double gros) nous montre l'écu de Lorraine surmonté d'une épée en pal entre deux casques cimes d'alérions (fig. 1 609) ; sur une autre,
Fig. 1609
le duc est représenté à mi-corps, dans l'attitude du port d'armes, l'écu national attaché à l'épaule ; le revers de la même pièce a un petit écu penché, tenu par une aigle essorant. Ce type a été reproduit sur des demt-
Fig. 1610
gros (fig. 1610). D'autres gros et demi-gros portent le duc debout tenant l'épée, ou un écu penché sous le heaume. Les motifs introduits par Raoul se retrouvent aussi, et très souvent (Hg. 161 1-1615). Bref, dans toute cette
Fier. t6ii
série de Jean I", il n'y a qu'une seule pièce qui soit inspirée d'une monnaie étrangère : le billon copié sur les doubles de France et portant MAR -cm en deux lignes sous un alérion (fig. 1616).
Blessé à la bataille de Poitiers, Jean !«' fut fait prisonnier et conduit en Angleterre, où il resta jusqu'en 1360.
En 1371, un traité conclu entre le duc de Lorraine et Robert de Bar oblii'ea ce dernier à fournir au duc Jean, dans la ville de Nancy,
Fig. .613
/ffev^ ^,r^ %^\
Fig. 1612
des lingots d'argent pour une somme de vingt mille florins, afin de fabriquer, à Nancy même, des espèces marquées aux noms et armes des deu:; contractants. Les pièces qu'on a retrouvées portent, en effet,
Fig. 1614
Fig. 161 >
l'écu parti de Lorraine et de Bar, avec la légende lOHANES: ET: ROBERTVS : DVX : (fig. 1617), presque toujours suivie d'un S' (socii), ou avec SOCI dans les cantons de la croix. Elles sont frappées à Nancy et à Saint-Mihiel.
Fi". 1616
Fig. 1617
On n'a pas de monnaies d'or de Charles II (1590-14^), mais son règne ne le cède en rien au précédent sous le rapport de la variété des types monétaires. Un grand nombre de coins sont pareils à ceux de
Fig. 1618
Fig 1619
Jean I"' : le duc debout (llg. 1618), l'ccu dans une épicycloïdc ou penché
soUs un heaume. D'autres constituent une innovation ou un retour aux types anciens, par exemple l'écu penché brochant sur une épée en pal, le cavalier fig. (1619), le lion accroupi coiffé d'un heaume et tenant une épée et l'écu de Lorraine.
Les ateliers de Charles II sont au nombre de trois : Nancy, Sierck et Saint-Mihiel. Cette dernière ville faisait partie du duché de Bar; mais René d'Anjou, duc de Bar, ayant épousé en 14 19 Isabelle, fille aînée et héritière présomptive de Charles II, consentit à y frapper monnaie au nom de son beau-père.
Après la mort de Charles 11(1431), son gendre René d'Anjou eut pour compétiteur Antoine de Vaudemont, petit-fils du duc Jean I", qui réclamait la Lorraine comme fief masculin. Les monnaies d'Antoine sont faites à Vézelise. On connaît de lui un gros, un demi-gros et un denier ayant pour type la bande aux alérions lorrains et, au revers, l'épée en pal accostée d'un A et d'un alérion ; puis un gros au type du prince debout. Les légendes sont: ANTHONIVS • V • C • D ■ LOTHO • Z ■ M ou simplement ANTHONIVS • DE • LOTHO' • Z -C, avec MONETA- NOVA • FCA • VESELI. Antoine ne renonça définitivement au duché de Lorraine qu'en 1441.
René I^' d'Anjou (145 1-145 5) a une numismatique lorraine assez insignifiante, et ses monnaies d'argent sont en général de mauvais aloi. C'est lui qui introduit la croix à double traverse, appelée croix de Lorraine, et qui n'est autre que la croix de la maison d'Anjou. On a, de René I", des ^ro5 au duc debout, tenant de la main gauche l'écu à ses armes; puis des gros et leurs subdivisions à l'écu posé sur une épée droite, des pièces aux armes en plein champ etc., toutes frappées à Nancy et à Saint-Mihiel.
Habituellement, le duc prend les titres de DVX • BARREN • LOTH ■ Mi^f'chio), parfois il y ajoute P ■ CO (Propinciae cornes').
En 1453, René, fatigué du poids des affaires, se démit de ses duchés de Lorraine et de Bar en faveur de son fils Jean de Calabre (145 3- 1470). Ce prince ne mit son nom (lOHANS DVX B Z LO) que sur quelques menues monnaies nancéienncs de faible valeur.
Son successeur, Nicolas d'Anjou (1470-1473), est plus mal partagé encore, car on ne possède aucune pièce à son nom. De Saulcy suppose que, sous Jean et Nicolas, les monnaies continuèrent à être frappées au nom du duc René I"'" qui vécut jusqu'en 1480,
Nicolas mourut sans enfants, laissant ses duchés de Lorraine et de Bar à René II de Lorraine-Vaudemon t (1473-1 jo8), petit-fils, par son père, d'Antoine de Vaudemont, l'antagoniste de René I". Son règne marque dans l'histoire par la lutte soutenue contre Charles le Tcmé-
raire, duc de Bourgogne, qui, après d'éclatants succès, vint périr misérablement sous les murs de Nancy.
Pendant qu'il était en guerre avec les Bourguignons, René II fit peindre sur sa bannière un bras armé d'une épée nue et sortant d'un nuage, avec la devise : adjiiva nos Deiis saluiaris noster, ou : /ecit polentiam in bracchio suo. Cet emblème et ces devises se retrouvent sur les monnaies et ont été conservés par la plupart des ducs suivants.
René, qui s'intitule roi de Sicile et de Jérusalem, comme René d'Anjou, eut une série monétaire nombreuse. On y remarque des florins (Hg. 1620) et demi-florins d'or au Saint-Nicolas debout, accosté de la cuve aux trois écoliers ; des ducats d'or, où le buste de Saint-Georges,
Fig. 1620
recouvert d'une armure, la targe à l'épaule et la bannière à la main, apparaît au-dessus d'un écusson parti de Lorraine et de Bar. Les florins i sont de Nancy, le ducat porte le nom de l'atelier de Saint-Dié (M • NOVA • FACTA • I • SCTO DEODATO). Quant aux monnaies d'argent, elles sont très variées.
C'est sous René II que la Lorraine fait les premiers essais du mon- 1 nayage à flan épais. Sans parler d'un écu d'argent de h88, nous avons ! des testons de 1499 et 1 500. j
/Le règne du duc Antoine (1 508-1 544) appartient donc entièrement à la période moderne, bien qu'on ait continué à employer des lettres ! gothiques jusqu'aux premières années de Charles III.
11 n'est pas hors de propos de dire un mot sur le blason des souverains de Lorraine. Jusqu'à Charles II, ils n'eurent d'autres armoiries que celles de leur maison. Lorsque Charles II fut nommé tuteur de son gendre et gouverneur du Barrois, il écartela son écu des armes de Lor- | raine et de Bar. René L"" écartela son écusson d'Anjou avec Bar brochant | sur le tout. Enfm, René II adirme ses prétentions multiples en admet- ' tant dans ses quartiers: Hongrie, Naples, Jérusalem, Aragon, Anjou moderne. Bar, avec un petit écu de Lorraine brochant sur les autres.
§ II. — Comîé, puis duché de Bar^.
Le comté de Barétait situé entre la Lorraine et la Champagne, ayant le Luxembourg au Nord et la Franche-Comté au Midi. Il comprenait aussi quelques petites enclaves, la terre de Mousson, par exemple, que l'empereur Charles IV érigea en marquisat (1354). A partir du xiv*" siècle, la partie occidentale du comté ou, pour mieux préciser, le territoire situé sur la rive gauche de la Meuse, devint un fief de la France; il y eut désormais le Barrois mouvant et le Barrois non mouvant.
C'est sous le règne d'Edouard I (i 302-1 5 57) que s'introduit dans le Barrois la frappe de la grosse monnaie. Le comte avait créé à Saint- Mihiel, en dehors de l'action du roi de France, un atelier monétaire très actif. Nous connaissons ses imitations de la maille tierce de Philippe le Bel; le TVRONVS CIVIS du prototype y est remplace par ED-CO- MESBARRL
Sous Henri IV (1 357-1 544), le monnayage comtal se fait à Saint- Mihiel et à Mousson. Les pièces frappées dans le premier de ces ateliers sont copiées sur les espèces françaises. A l'époque où M. de Saulcy écrivit son livre, on possédait déjà deux variétés de l'imitation barroise du gros tournois à la coî<ro;i;2e de Philippe de Valois, et depuis, la trouvaille d'Autreville a mis au jour un denier tournois (TVRONVS BARRI). A Mousson, les graveurs de coins sont plutôt tributaires du comté de Luxembourg. On y frappe un joli petit gros, où l'écu aux deux bars adossés est entouré de MONETA MONSIONENSIS. puis un double à. l'écu, que sa légende appelle double moussonnais : MOTIONS DV- PLEX.
En 1 342, Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg, et Henri IV, comte de Bar, conclurent un traité pour la frappe de monnaies communes. Le souverain barrois pouvait les fabriquer «en notre ville de Saint-Mihiel et en notre ville de Sten (Étain) ou ailleurs en notre comté de Bar ou ressort ».
Mais la plupart des pièces qui se rapportent à ce traité sont sans nom d'atelier ou viennent de celui de Luxembourg. Une seule plaque porte MONETA : S: MICHAELIS. Nous donnons une nomenclature détaillée de ces monnaies au | relatif au Comté de Luxembourg (p. 1062); le lecteur voudra bien s'y reporter.
I . L. Maxe-Wcrly, Recherches historiques sur les vionuaycurs et les ateliers luouélaircs du Barrois, dans la Rev. hel^e de Nuinism., 1874-1875, 1894-1896.
Henri IV avait épousé, en 1540, Yolande de Flandre, fille de Robert de Cassel. C'est sous la tutelle de cette princesse, que le jeune Edouard II régna dans le Barrois(i 344-1 352). Leurs monnaies viennent de l'atelier de Saint-Mihiel; cependant Yolande monnaya aussi dans le comté de Clermont, qui lui avait été assigné en douaire, et l'atelier de Clermont dura jusque vers 1 554.
Nous possédons d'Yolande de Flandre les pièces suivantes: i» une plaque analo'j^uc à celles de l'alliance d'Henri IV et de Jean l'Aveugle; l'écu est écartelé de Flandre et de Bar; 2^ une dc/ni-plaque au même type; -^^ une imitation des doubles de Philippe de Valois, le champ occupé par le mot BRANCO pour simuler FRANCO; 4° d'autres imitations des doubles et deniers français, avec BRAP-CORV ou BARI- COIT en deux lignes; 5° quelques imitations des doubles avec BRA-NCO en deux lignes sous une couronne.
Le nom d'Edouard 1 1 ne paraît que sur une seule pièce : une plaque de Saint-Mihiel, reproduisant le type de la monnaie d'Yolande,
Robert (1 552-141 1) était encore mineur lorsqu'il succéda à son frère. En 1354, l'empereur Charles IV érigea la seigneurie de Mousson en marquisat, et en 1 5 5 5 le roi Jean conféra à Robert le titre de duc de Bar.
Comme co;?2/e de Bar (1 352-1 355), on ne connaît de lui qu'une plaque, où les armes écartelées d'Yolande de Flandre, conservées pour les pièces d'Edouard IL sont remplacées par un écu barrois plein. Les documents publiés par M. Maxe-Werly nous apprennent qu'elle fut frappée en 1 554.
Les monnaies ducales forment une suite aussi riche que variée, commençant par quatre monnaies d'or. C'est d'abord un florin au lis (ROBERTVS DVX), puis deux autres variétés au florin où le lis épanoui figure au revers d'un type gueidrois, le buste ducal sous un dais gothique. Il y a aussi une belle imitation de Vécu à la couronne de France. L'un des florins à type mixte porte ROBERT • DVX-DVX BARRENS-" Z : MAR; le second et Vécu à la couronne taisent le nom du prince et ne donnent que son titre.
En 1 573, Guillaume de Nancy, maître de la monnaie ducale, rendant compte de l'ouvrage lait depuis 1 370, mentionne des y/o/7«s d'or, des mailles blanches appelées bcguinettes, des deniers blancs appelés heaumes cl des deniers noirs. Il s'en faut que toutes les pièces de Robert soient comprises dans cette énumération.
Pour l'argent et le billon,leduc de Bar s'approprie volontiers les types créés par ses voisins. A la Lorraine il emprunte l'écu penche sous un heaume, et les deux écus accolés de son contemporain Jean 1. La France lui fournit le modèle du gros tournois^ le blanc aux lis de Char-
les V, OÙ le K couronné est naturellement remplacé par un R, le poillevilain à la queue dû' roi J^an, le gros au châtel, le gros à la couronne, le gros blanc à lajleur de lis, \q double tournois à la couronne, le denier parisis etc., du même. C'est exceptionnellement que Robert cherche en Aquitaine, pour l'adapter à ses monnaies, le type du detui-gros au buste couronné frappé par le Prince Noir. Enfin, le duc de Bar frappe des plaques au cavalier et leurs subdivisions, appelées /?^//e/ro/5.
Nous avons déjà parlé de l'alliance /'monétaire que le duc Jean I de Lorraine conclut en 1571 avec Robert de Bar.
M. de Saulcy donne à Edouard III (141 1-141 5) deux monnaies anonymes dont l'une est copiée sur le gros à l'écu de René I d'Anjou et dont l'autre présente un type local curieux, l'archange Saint-Michel debout, armé d'une lance crucigère et de l'écu de Bar et piétinant le dragon. SANCTVS : MIC • ARCHANG et MONETA : DVCIS : BARRENSI sont les légendes de cette pièce.
Edouard 111 mourut sans enfants. Son frère Louis (141 5-1419), cardinal évêque de Châlons-sur-Marne, prit le titre de duc. Aussitôt, sa tante Yolande, reine d'Aragon, revendiqua le Barrois comme lui revenant à elle. Le cardinal, menacé de perdre son procès, prit la détermination de céder son duché à son petit-neveu René d'Anjou (1 ] août 1419). Dans la même année il obtint l'évêché de Verdun ; il mourut en 1450.
Comme duc de Bar, Louis avait fait frapper un gros dont le champ porte l'écu de Bar penché et timbré d'un heaume et dont la légende luidonne le titre de cardinal-duc. D'autres pièces, à types barrois, ne portent que le titre de cardinal.
René d'Anjou (1419-143 1) monnaya comme duc de Bar dès son mariage avec Isabelle de Lorraine (1420), d'abord jusqu'à(i424) sous la tutelle de son beau-père, Charles IL Au revers d\i gros, il ajoute les armes d'Anjou. En 1451, il réunit sur sa tète les deux couronnes ducales de Lorraine et de Bar; mais, sur ses monnaies, le titre de DVX BARRENSIS précède celui de DVX LOTHORINGIAE.
§ IIL — Comté de Vaudemont^.
La terre de Vaudemont, entre Toul et Nancy, fut détachée du duché
I. J. Laurent,' A/oH«a/« lorraines, dans la Rev. nuuiism. de 1867. — G. Rolin, Description de monnaies du xiv^ siècle découvertes à Buissouconrt dans les Mém. de la Soc. des lettres de Nancy de 1845. — Laprévote, Trois monnaies lorraines inédites, dans le Journal de la Soc. d'archéol. lorraine de 1856.
de Lorraine lors du partage des biens de Gérard d'Alsace (1070). Mais le monnayage des comtes de Vaudemont ne paraît avoir commence que vers la fin du xiii' siècle. Il débute par un denier au cavalier- analogue aux pièces de Ferri 111 et portant au revers HENRIC • COM • V. Cette monnaie appartient évidemment à Henri 11 (1279-1299).
En 1301, Helisende de Vergi, veuve d'Henri II, épousa en secondes noces Gaucher de Châtillon qui devint administrateur des terres du jeune Henri III, encore mineur. Le nom de Gaucher est inscrit sur des petits gros au cavalier et sur des deniers au guerrier debout.
Henri III (1299-1^59) fit frapper à Châtel-sur-Moselle des ^^«/er^ et des oboles copiés sur ceux de Thibaut 11 : au droit, un guerrier debout tenant l'épée et l'écu {burélé d'argent et de sable de dix pièces) ; au revers, une épée nue. Légendes : H • C • V — MON • CAL
Nous ne connaissons pas de monnaies des successeurs immédiats d'Henri III: Henri IV (in9-'?4<^)» Marguerite et Anseau de Joinville (n 46-1 351), Henri V (1351-1 574), mais de Jean de Bourgogne, gendre d'Henri V(i 374), il existe une obole d'argent au type lorrain : + lObAR • DÇ-BORcr. Alérion. Rev.: + MOR : D€ : VADCOORT. Grand 1 entre deux rosaces. Elle faisait partie de la trouvaille de Buissoncourt.
§ IV. — Évécbé de Met^K
Le premier évoque de Metz qui rompt avec l'ancien système monétaire est Renaud de Bar (1302-1319), dont il existe des doubles deniers d'Épinal au type du cavalier lorrain ; les deux alérions qui, sur les pro totypes, accostent l'épée en pal, sont remplacés par deux petits bars.
On n'a pas retrouvé de monnaie d'Henri Dauphin (1319-1324). Dom Calmct assure qu'en 1321, l'évèque, frère du dernier dauphin de Viennois, confia ladministration de l'atelier d'Épinal à un bourgeois de cette ville.
Louis de Poitiers (1325-1327), comte de Valentinois, n'a laissé qu'une seule pièce, à son buste de face et à ses armes. Les légendes indiquent à la fois le nom de l'évèque et celui de l'espèce: C0OT?.€TA D VPLCX LVDOVICI — EPISCOPI 00€T€nSIS.
Son successeur, Adhémar de Montcil (1327-1361) fit battre monnaie avant d'avoir reçu son bref d'investiture.
On possède deux deniers de billon où il porte le titre d'electus. L'un, qui faisait partie de la trouvaille de Sierck, est une imitation fidèle de
j. C!i. l^obcrt, Aiiniiaiu Je la Soc. de niiiii., i8S9i8yO.
Vestevenarit de Besançon, à la main bénissante (fig. 1621); l'autre, qui vient du petit trésor d'Autreville, reproduit le châtel des deniers tournois français; sa légende est TVRON(us) DE VlCb-
Fie. lézi
L'évêque fût sacré dans le courant même de Tannée 1 527, et aussitôt le titre d'episcopiis se substitue à celui à'electus sur une série de pièces superbes, qui inaugure la suite des espèces frappées sur flan large et mince, et qui ne comprend pas moins de sept types diff"érents :
1° Plaque imitée de celle de l'alliance entre Luxembourg et Bar (1342). Elle a pour type principal les armes de Monteil : trois croix de Toulouse avec une crosse brochant sur le tout (fig. 1622). Atelier : Marsal.
Fig. 1622
2° Gros. L'évêque à mi-corps, de face, bénissant, est placé entre deux petites croix de Toulouse. Même atelier.
30 Demi-gros représentant la lapidation de saint Etienne (fig. 1625). Le premier
Fig. 1623
martyr est agenouillé, les mains jointes, entre deux hommes qui lui jettent des pierres. Au revers, une crosse posée en pal entre deux écus de Monteil. Même atelier.
40 Tiers de gros frappés à Metz et à Rambervi 11ers. Évûquc à mi- corps, de profil à droite. Revers : croix avec deux soleils et deux croissants dans les cantons.
50 Denier d'argent au même type (Metz).
6" Denier d'argent et son tiers. Même type au droit ; au revers, crosse entre deux croix de Toulouse (Marsal et Rambcrvillers).
Q.UA1RIÈME PARTIE
70 Denier d'argent (Marsal), portant à l'avers : soit l'évêque assis de face, soit son ' écusson ; au revers la croix cléchée des Monteil. I
M. Maxe-Werly veut ajouter à cette suite une imitation du double parisis à la JJeurde lis de Philippe VI, mais la lecture des exem- i plaires connus est douteuse.
Jean 111 de Vienne(i56i-i565) n'est représenté dans nos collections que par deux pièces : un gros et un demi-gros (Marsal). Leur type se ' compose d'un saint Etienne à genoux et d'une crosse entre deux écus ' aux armes de l'évêque : de gueules à l'aigle d'or brisé d'un lambel à \ tro is pen ifa « /s fi g . ( 1 6 2 4) . 1
Ce type a été reproduit dans les premières années de l'épiscopat de Thierry V de Boppart (1 365-1^84) et au même atelier de Marsal ; I mais bientôt, Thierry créa les gros à l'évêque debout qui comptent ' parmi les plus belles monnaies du moyen âge. Sur le tiers de gros, l'effigie est réduite à mi-corps, et \e sixième ne présente plus qu'un buste de face. Le système monétaire de Thierry est complété par un billon, ïangei'ine, qui a pour type une Ç[l gothique. ^
Fig. 1624
Fig. 162;
Le 14 août 1 376, Thierry de Boppart engagea son privilège à la cité de Metz pour une période de dix années, et bien avant l'expiration de son bail (1385) il mit l'atelier messin complètement à la disposition des magistrats municipaux. Les successeurs de Thierry, privés de l'officine de Metz, n'auront plus que celles de Vie, Marsal et Épinal.
Raoul de Coucy (1 387-141 5) a frappé de grands et superbes gro^ — GROSSVS : D: MAR SAL — au type de saint Etienne debout, tenant un des cailloux de la lapidation et la palme du martyre; de chaque côté du saint, on voit l'ccu de Coucy brochant sur une crosse. Un petit gros ou double tiers de gros, la pièce la plus commune de la série, représente saint Etienne en buste au-dessus de l'écu de Coucy ; sur le demi-gros, le saint est agenouillé, et les écus de Coucy et d'Harcourt sont séparés par une crosse ; le tiers de gros porte les armes de Coucy brochant sur une crosse ; le double denier (fig. 1625) et le denier n'ont au revers qu'une crosse droite; enfin Yangevine reste ce qu'elle était sous Thierry de Boppart.
LA lorraîne ët Les trois eveches
Raoul est le seul évêque médiéval de Metz qui ait inscrit sur ses monnaies le nom de sa famille : RAD • D • COCY ou (COVCI) EPVS.
Avec Conrad Bayer de Boppart (141 5-1459) se termine la numismatique messine: ses successeurs jusqu'au milieu du xvi^ siècle renoncent au droit de signer les espèces. Conrad reprend les types de Thierry, mais l'écu de sa famille, écartelé de deux lions et de deux dextrochères tenant un anneau, paraît sur plusieurs pièces de son épiscopat.
§ V. — Cité de Met:(K
En 1334, l'évêque Adhémar de Monteil céda pour deux ans «au « maistre escheving et auz treze et aus paraiges et à toute la commu- « noteit de la citeit de Mes » la fabrication des monnaies.
Fig. 1626
Nous venons de voir comment, en 1385, Thierry de Boppart abandonna complètement aux bourgeois la propriété de l'atelier messin. La
Fig. 162S
Fig. 1629
cité exerça ses nouveaux droits en faisant, avant la fin du xiv" siècle, des émissions considérables da florins d'or, de gros d'argent, de bugnes ou
FJg. 1630
Fig. 165 1
Fig. /G32
tiercelles, de demi-bugnes ou doubles deniers, de deniers et <ïangevines
I. F. de Saulcy, Recherches sur les monnaies de la cité de Met\ dans les Mèm. de l'académie de Met^, 1836.